Notes d’allocution du ministre du Commerce international, l’honorable Maninder Sidhu, prononcées à l’Empire Club au sujet de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne et de la diversification commerciale
Discours
Le jeudi 5 mars 2026
Toronto, Ontario
L’allocution prononcée fait foi
Bonsoir à tous. Merci pour cette aimable présentation.
Je tiens à remercier l’Empire Club de nous accueillir ici aujourd’hui.
Et bien sûr, je souhaite la bienvenue à notre commissaire, au commissaire européen au Commerce, mon ami Maroš Šefčovič, qui est venu à Toronto pour se joindre à nous alors que nous faisons progresser nos relations commerciales.
Avant de commencer, je tiens à remercier chacun d’entre vous pour tout ce que vous faites pour promouvoir le Canada sur la scène internationale, y compris notre amie Arlene [Dickinson].
Arlene, je t’ai vue à plusieurs reprises sur la route, notamment à Singapour il y a quelques semaines, alors merci d’être une ambassadrice du Canada aussi formidable.
Monsieur le commissaire, la journée d’aujourd’hui a été productive et bien remplie, et je tiens à vous faire part de ce que nous avons accompli.
Mais tout d’abord, prenons conscience du monde dans lequel nous évoluons.
Le monde semble instable.
La situation politique est volatile.
Les chaînes d’approvisionnement sont mises à rude épreuve.
La géopolitique est tendue.
Et dans des moments comme celui-ci, les pays du monde entier recherchent un partenaire de confiance, un partenaire stable et un partenaire fiable.
Et le Canada est ce partenaire. Nos liens avec l’Europe ne cessent de se resserrer.
C’est pourquoi le partenariat entre le Canada et l’Union européenne est si important à l’heure actuelle.
Depuis l’entrée en vigueur de notre accord commercial [l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne – l’AECG], le commerce bilatéral de marchandises a augmenté de plus de 75 %.
Le commerce des services a [presque doublé].
Et l’année dernière, le commerce de marchandises a atteint un niveau record de 134 milliards de dollars.
De 2016 à 2025, les échanges commerciaux réalisés dans le cadre de l’AECG ont connu une croissance plus rapide que les échanges commerciaux du Canada avec le reste du monde, y compris les États-Unis, le Mexique et la Chine.
Oui, cela mérite d’être souligné.
Et ce n’est pas un hasard. Un commerce fondé sur des règles et un partenariat de confiance ont permis une telle croissance.
Et aujourd’hui, nous avons renforcé encore davantage ce partenariat.
Nous avons lancé des négociations en vue d’un accord de libre-échange numérique entre le Canada et l’Union européenne.
Nous avons renforcé les protections en matière d’investissement prévues par l’AECG pour les petites et moyennes entreprises.
Et nous avons célébré l’entrée en vigueur de l’Accord de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles pour les architectes. Cet accord ouvre l’accès au marché européen de la construction, qui représente 1,1 billion de dollars.
Voilà à quoi ressemble une journée de travail.
Mais aujourd’hui, un partenariat ne se limite pas à un accès aux marchés. Il représente un alignement stratégique. Il repose sur la résilience. Il consiste à travailler avec des démocraties de confiance pour mettre en commun les ressources et renforcer les chaînes d’approvisionnement qui alimentent le XXIe siècle.
Et c’est là que le Canada apporte quelque chose d’unique.
Le Canada abrite 31 minéraux critiques considérés comme prioritaires. Nous disposons de 10 des 12 minéraux critiques nécessaires pour la défense de l’OTAN, c’est-à-dire les matériaux requis pour la fabrication de batteries et de semi-conducteurs, pour l’aérospatiale, pour la fabrication de pointe et pour la défense.
Comme l’a déclaré cette semaine le ministre Hodgson ici même à Toronto, ce sont là des atouts que nous avons en main. Non pas comme une menace, mais comme un levier dans un monde où la sécurité des chaînes d’approvisionnement est plus importante que jamais.
C’est pourquoi le Canada a signé des accords sur les minéraux critiques avec l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Union européenne, ainsi qu’avec des partenaires de la région indo-pacifique et au-delà.
C’est pourquoi nous avons récemment conclu, il y a quelques jours à peine, un accord d’approvisionnement en uranium d’une valeur de 2,6 milliards de dollars avec l’Inde.
Et c’est pourquoi notre gouvernement a annoncé le mois dernier des partenariats d’investissement dans les minéraux critiques d’une valeur de 12,1 milliards de dollars avec 12 pays alliés.
Comme l’a déclaré le premier ministre Carney à Davos, les puissances moyennes doivent agir de concert, car si nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu.
Et le Canada est certainement à la table, travaillant avec des partenaires du monde entier pour diversifier ses échanges commerciaux et ratifier de nouveaux partenariats économiques et de sécurité.
C’est aussi pourquoi notre objectif de doubler les exportations canadiennes vers des pays autres que les États-Unis au cours de la prochaine décennie n’est pas ambitieux en soi.
Il s’agit de définir des options, de trouver de nouveaux marchés, de conclure de nouveaux contrats et de générer de nouveaux emplois pour les travailleurs canadiens.
À cet effet, nous avons signé des accords avec l’Indonésie, l’Équateur et les Émirats arabes unis.
Nous avons adhéré au programme SAFE, le plan de préparation à l’horizon 2030 de l’Union européenne pour les marchés publics de défense. Cette mesure permettra d’ouvrir de nouveaux débouchés aux fabricants canadiens dans les domaines de la technologie spatiale, de la fabrication de pointe, de la cybersécurité et bien d’autres encore.
Nous avons obtenu près de 100 milliards de dollars d’investissement direct étranger l’année dernière, soit le montant le plus élevé en 18 ans. Cela représente des milliards de dollars investis dans des projets liés aux minéraux critiques, à l’énergie et aux infrastructures qui renforcent la sécurité économique du Canada.
Et nous ne nous arrêtons pas là. Après avoir signé un nombre record d’accords et attiré les plus importants investissements directs étrangers de ces dernières années, nous avançons à une vitesse sans précédent.
Nous négocions avec le Mercosur, l’ANASE, l’Inde, les Philippines et d’autres pays. Le Canada se diversifie et nous le faisons avec des partenaires qui partagent nos valeurs.
Les puissances moyennes ont le plus à perdre dans un monde de forteresses et le plus à gagner dans un monde de coopération, comme l’a dit le premier ministre Carney.
Le Canada est une puissance moyenne, une nation commerçante, un pays qui possède les ressources dont le monde a besoin et les valeurs qui les appuient.
L’Europe est notre partenaire dans la construction de ce monde coopératif. Et le moment n’a jamais été aussi propice pour aller plus loin ensemble.
Monsieur le Commissaire, comme vous le dites – je vais essayer de le dire très lentement – bez práce nie sú koláče [sans travail, pas de gâteau]. Aujourd’hui, nous avons travaillé et, ce soir, nous poursuivrons ce travail ensemble.
Merci beaucoup à tous.