Résumé des coprésidents – Kaja Kallas, haute représentante et vice-présidente de la Commission européenne; Marta Kos, commissaire chargée de l’élargissement; Anita Anand, ministre des Affaires étrangères du Canada; et Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine
Déclaration
Le 12 mai 2026 - Bruxelles, Belgique - Affaires mondiales Canada
Réunion de haut niveau de la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens, Bruxelles, le 11 mai 2026
Kaja Kallas, haute représentante et vice-présidente de la Commission européenne; Marta Kos, commissaire chargée de l’élargissement; Anita Anand, ministre des Affaires étrangères du Canada; et Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, ont coprésidé une réunion de haut niveau consacrée au retour des enfants ukrainiens illégalement déportés ou transférés de force par la Fédération de Russie dans le cadre de sa guerre d'agression contre l’Ukraine. La réunion de haut niveau a été ouverte par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelenskyy.
Les ministres des Affaires étrangères et les hauts représentants de la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens, des pays invités non membres de la Coalition et des organisations internationales se sont réunis pour veiller à ce que les enfants ukrainiens illégalement déportés ou transférés de force par la Fédération de Russie soient au centre de l’attention internationale, ainsi que pour renforcer les efforts collectifs visant à assurer leur retour en toute sécurité, leur réintégration et leur réadaptation.
La réunion s'est déroulée dans un contexte d’obstruction continue de la part de la Russie et de pression internationale croissante. Malgré des circonstances difficiles, un cadre opérationnel mis en place dans le contexte de l’initiative « Bring Kids Back UA » a permis, à ce jour, le retour et la réintégration de plus de 2 100 enfants.
S’appuyant sur les efforts en cours, la réunion a permis de sensibiliser les participants à la nécessité de protéger ces enfants, de défendre leurs droits fondamentaux et de veiller à ce que l’obligation légale de la Russie de les rapatrier demeure une priorité dans toute négociation de paix, conformément au droit international humanitaire et au droit international en matière de droits de la personne. Cette réunion de haut niveau a permis de maintenir ce sujet au premier plan de l’agenda politique et d’informer les participants des progrès réalisés dans six domaines clés :
- Renforcer la recherche et la vérification des données
- Intensifier les retours organisés
- Renforcer la voie diplomatique
- Renforcer la réintégration et la réhabilitation après le retour
- Faire progresser l’imputabilité
- Coordonner les sanctions
Au cours de la réunion :
Les participants ont souhaité la bienvenue aux nouveaux membres de la Coalition. Depuis la dernière réunion de haut niveau de la Coalition à New York en septembre 2025, Chypre, Monaco, le Panama, la Suisse et l’Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont rejoint la Coalition en tant que membres.
Les participants ont réaffirmé leur engagement indéfectible en faveur de la protection des enfants touchés par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, conformément au droit international humanitaire et à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant.
Les participants ont souligné que la déportation illégale et le transfert forcé d’enfants constituent une grave violation du droit international humanitaire et une atteinte profonde aux droits de la personne. Ils ont souligné que cette pratique s’inscrit dans un schéma plus large d’abus systématiques commis par la Russie dans les territoires ukrainiens temporairement occupés, notamment l’effacement de l’identité ukrainienne, le refus de l’enseignement en langue ukrainienne, l’endoctrinement, y compris la militarisation des enfants, et la séparation d’avec leurs familles. Ces actes injustifiables peuvent constituer des crimes de guerre.
Les participants ont noté avec inquiétude que des milliers d’enfants ukrainiens se trouvent toujours en Russie et dans les territoires temporairement occupés, séparés de force de leurs proches et de leurs communautés.
Les participants ont réaffirmé que le retour de ces enfants est à la fois un impératif humanitaire et un élément central pour parvenir à une paix juste et durable en Ukraine.
Les participants ont discuté de la nécessité de tenir la Russie responsable des crimes odieux commis lors de la déportation, du transfert forcé ainsi que de l’endoctrinement et de la militarisation des enfants ukrainiens, en mettant particulièrement l’accent sur l’adoption d’une approche holistique de la responsabilité.
Les participants ont souligné que tous les outils et mécanismes disponibles doivent être utilisés pour faire pression sur la Russie, y compris le maintien de sanctions ciblant les personnes et entités responsables de ces crimes, afin d’assurer le retour immédiat, sûr et inconditionnel de tous les enfants ukrainiens qui ont été illégalement déportés et transférés de force par la Fédération de Russie.
Les participants ont réaffirmé leur engagement à continuer de travailler en collaboration avec tous les partenaires mondiaux, tant dans les instances internationales que dans le cadre d’échanges bilatéraux.
Lors de cette réunion, les coprésidents ont annoncé différentes mesures de soutien. L’Union européenne (UE) a annoncé une aide de près de 50 millions d’euros destinée à renforcer le système de protection de l’enfance en Ukraine, afin de garantir que chaque enfant rapatrié ait accès à des services de soutien rapides, adaptés à ses besoins et ancrés dans la communauté. Ce soutien contribuera également à renforcer les initiatives en matière d’éducation de la petite enfance et à favoriser l’accès à une justice adaptée aux enfants pour les enfants et les familles touchés. De plus, ce financement contribuera à renforcer les capacités numériques de l’Ukraine, notamment les systèmes permettant aux citoyens de déposer des demandes d’indemnisation, y compris au nom d’enfants illégalement déportés et transférés de force.
Le Canada a annoncé une nouvelle aide en faveur de l’Ukraine, dont 3,4 millions de dollars canadiens destinés à la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine. La ministre Anand a également signé la Convention établissant une Commission internationale des réclamations pour l’Ukraine, faisant du Canada le premier pays hors d’Europe à y adhérer. Enfin, la ministre Anand a annoncé la tenue de la prochaine conférence à Toronto les 28 et 29 septembre 2026, qui sera organisée par le Canada, l’Ukraine et la Norvège, et qui portera sur le rapatriement et la réintégration des enfants ukrainiens, des civils détenus illégalement et des prisonniers de guerre.
Un effort coordonné en matière de sanctions a également été mené. L’UE a annoncé des mesures restrictives à l’encontre de 23 personnes et entités supplémentaires ciblées pour leur responsabilité dans la déportation systématique, le transfert forcé, l’assimilation forcée, y compris l’endoctrinement, l’éducation militarisée et l’adoption illégale de mineurs ukrainiens par la Fédération de Russie.
Le Canada a annoncé l’adoption de nouvelles sanctions visant 23 personnes et 5 entités impliquées dans les violations commises à l’encontre d’enfants ukrainiens. Ces mesures s’ajoutent aux sanctions que le Canada a déjà imposées aux personnes et entités responsables ou impliquées dans la déportation illégale, le transfert forcé, l’endoctrinement et la militarisation d’enfants ukrainiens.
Les participants ont souligné l’adoption, le 3 décembre 2025, de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies intitulée « Retour des enfants ukrainiens » (ES-11/9), qui, entre autres, demande au Secrétaire général d’user de ses bons offices pour faciliter le retour des enfants ukrainiens et reconnaît le rôle de la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens dans la poursuite de ces efforts.
Les participants ont discuté de l’importance de réaliser de nouveaux progrès et de répondre aux besoins concernant la réintégration des enfants, les mécanismes de vérification et de recherche, la responsabilité, les sanctions et les efforts diplomatiques.
Enfin, les participants ont salué cette réunion comme une occasion précieuse d’échanger des points de vue et de mettre en place de nouvelles formes de soutien adaptées à l’évolution des besoins de l’Ukraine. Ils ont souligné qu’il demeurait important de maintenir l’attention internationale et de traduire les engagements en une aide concrète. Les participants ont également mis en avant l’intérêt pour les États et organisations intéressés d’envisager à s’engager en tant que membres ou observateurs de la Coalition, ou d’apporter leur soutien par d’autres moyens, en fonction de leurs mandats et capacités respectifs.
Contexte
La Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens a été lancée à Kyiv en février 2024 par l’Ukraine et le Canada. L’UE en est devenue membre en septembre 2025.
Lors du discours sur l’état de l’Union européenne de 2025, la présidente von der Leyen a annoncé que l’UE accueillerait un événement dédié à la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens. Dans sa déclaration du 23 novembre 2025, elle a confirmé que cet événement serait co-organisé avec l’Ukraine et le Canada.
La réunion de haut niveau a été précédée d’un Voyage d’étude des ambassadeurs et ambassadrices et d’une Journée de la société civile et des experts, qui se sont tenus à Kyiv les 28 et 30 avril, respectivement.
Au cours du voyage d’étude, les ambassadeurs et ambassadrices ont eu l’occasion de visiter plusieurs sites pertinents (tels qu’un centre de réadaptation pour enfants) et de rencontrer des parents d’accueil, afin de s’informer des progrès, des défis et des perspectives liés à la mise en œuvre de la réforme « Better Care » ainsi que des liens avec le programme de retour et de réintégration en Ukraine.
La Journée de la société civile et des experts a réuni la société civile et la communauté des experts afin d’élaborer des recommandations pratiques en amont de la réunion de haut niveau. La liste des recommandations, qui a également été présentée aux organisateurs de la réunion de haut niveau dans une déclaration, est disponible ici (en anglais seulement).
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