Déclaration politique commune de Madrid sur la promotion de sociétés pacifiques et démocratiques au moyen de l’égalité des genres, du respect des droits de la personne et d’une politique étrangère féministe sous les auspices de la « 5e Conférence ministérielle sur la politique étrangère féministe : construire la paix et la démocratie », qui s’est tenue à Madrid les 2 et 3 juin 2026[i][ii]
Déclaration
Le 3 juin 2026 - Ottawa (Ontario) - Affaires mondiales Canadat de la
Préambule
Nous, les ministres et hauts représentants des gouvernements signataires de l’Albanie, de l’Andorre, de l’Arménie, de la Belgique, du Canada, du Cap-Vert, de Chypre, de la Colombie, de l’Espagne, de l’Estonie, de la France, de l’Irlande, de l’Islande, de la Lituanie, du Luxembourg, de la Macédoine du Nord, du Mexique, de la Moldavie, du Monténégro, de la Norvège, du Portugal, du Royaume-Uni, du Rwanda, de la Thaïlande, du Timor-Leste, de la Tunisie, de l’Ukraine et de l’Uruguay, réunis à Madrid à l’occasion de la 5e Conférence ministérielle sur la politique étrangère féministe, guidés par les buts et les principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que par les normes communes visant à promouvoir le respect universel et l’application des droits de la personne et des libertés fondamentales énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, fondement d’un ordre international juste, pacifique et inclusif, et rappelant les obligations assumées par les États parties au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et de son protocole facultatif, ainsi que les engagements pris lors de la Conférence internationale sur la population et le développement et dans son Programme d’action, la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, le programme sur les femmes, la paix et la sécurité, tel qu’ancré dans la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (2000) et des résolutions ultérieures, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses objectifs de développement durable intégrés et indivisibles, réaffirmons notre engagement inébranlable à faire progresser l’égalité des genres, la pleine jouissance de tous les droits de la personne et le renforcement du pouvoir de toutes les femmes et filles dans l’ensemble leur diversité, sur la base de l’égalité et de la non-discrimination.
Nous exprimons notre profonde préoccupation face aux crises multiples, interdépendantes et mutuellement renforcées qui touchent actuellement la communauté internationale, notamment la crise géopolitique et sécuritaire, le recul de la démocratie, les menaces pesant sur la pleine jouissance des droits de la personne, l’affaiblissement du multilatéralisme ainsi que la perturbation et la violation des règles internationales existantes, la triple crise planétaire des changements climatiques, de la perte de biodiversité et de la pollution, ainsi que l’instabilité économique, qui menacent de réduire à néant des décennies de progrès et ont un impact disproportionné et ciblé sur les femmes et les filles, exacerbant les inégalités structurelles existantes et creusant les écarts entre les genres.
Nous réaffirmons notre engagement indéfectible en faveur d’un ordre multilatéral fondé sur le droit international et humanitaire, les droits de la personne et un système multilatéral renforcé, adapté au présent et à l’avenir, avec les Nations Unies en son centre, et les buts et principes de la Charte des Nations Unies comme fondement et mandats fondamentaux, un système capable d’offrir un avenir meilleur pour les populations et la planète, nous permettant de respecter nos engagements existants tout en relevant les nouveaux défis et en saisissant les nouvelles possibilités. (Sur la base de : Charte des Nations Unies; A/RES/79/1)
Nous reconnaissons que, si les démocraties partagent des caractéristiques communes, il n’existe pas de modèle unique de démocratie et que la démocratie n’appartient à aucun pays ni à aucune région. Nous reconnaissons en outre le lien intrinsèque et synergique entre la gouvernance démocratique, l’état de droit, la paix et la sécurité, les droits de la personne, le développement durable, la justice économique et sociale et l’égalité des genres. Nous insistons sur le fait que la liberté d’opinion et d’expression, tant en ligne que hors ligne, est une condition préalable fondamentale à la participation pleine, égale et significative des femmes à la vie politique et publique à tous les niveaux, et qu’elle est essentielle pour préserver la démocratie et catalyser les changements structurels transformateurs nécessaires à la réalisation de l’égalité des genres. (Sur la base de : A/RES/60/253; A/RES/77/268; A/78/288; A/RES/67/1)
Nous réaffirmons l’Engagement de Séville, qui met de l’avant des solutions sensibles au genre dans l’ensemble du programme de financement du développement, afin de lutter activement contre la pauvreté et sa féminisation, et d’éradiquer les inégalités sous toutes leurs formes.
Nous réaffirmons en outre notre engagement en faveur de la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir, reconnaissant son importance pour le renforcement du multilatéralisme, le respect des obligations et des engagements en matière de désarmement et la protection des civils dans les conflits armés, ainsi que pour la lutte contre les inégalités mondiales, tout en veillant à ce que l’égalité des genres et les droits des femmes et des filles restent au cœur de la gouvernance mondiale et des efforts de coopération internationale.
Nous réaffirmons notre engagement à obtenir des résultats ambitieux en matière d’égalité des genres et de renforcement du pouvoir de toutes les femmes et filles dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), de l’Accord de Paris, de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, et nous réaffirmons notre soutien sans faille aux principes du Pacte pour la prospérité, les personnes et la planète (4P), notamment par le truchement de moyens de mise en œuvre tenant compte des questions de genre.
En nous appuyant sur les engagements et les progrès réalisés lors des précédentes conférences ministérielles sur les politiques étrangères féministes, notamment celles qui se sont tenues en Allemagne (2022), aux Pays-Bas (2023), au Mexique (2024) et en France (2025), ainsi que sur leurs documents finaux, nous sommes déterminés à renforcer davantage nos efforts collectifs et à traduire nos engagements en actions concrètes, mesurables et transformatrices.
Appel à l’action
Dans ce contexte, nous déclarons solennellement, dans un esprit d’amitié et de respect mutuels, notre engagement à travailler ensemble pour :
1. Respecter, promouvoir, protéger et réaliser tous les droits de la personne, y compris ceux de toutes les femmes et filles tout au long de leur vie, en particulier dans une perspective intersectionnelle, en reconnaissant que ces droits sont universels, indivisibles et interdépendants. À cet égard, nous appelons tous les États membres à se conformer à leurs obligations internationales et à envisager de ratifier et de mettre effectivement en œuvre la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), et la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la Convention relative aux droits de l’enfant, ainsi que leurs protocoles facultatifs respectifs, et à limiter la portée de toute réserve. Nous appelons à un accès égal à la justice et aux voies de recours en cas de violations des droits des femmes et des filles, et nous nous engageons à veiller à ce que les organes internationaux indépendants de responsabilisation puissent s’acquitter efficacement de leurs mandats. Nous nous engageons en outre à lutter contre l’impunité pour les crimes internationaux, y compris les crimes sexuels et fondés sur le genre, notamment en garantissant la reddition de comptes en vertu du droit international pour la mise en place de régimes institutionnalisés qui entraînent une oppression et une domination systématiques fondées sur le genre, en soutenant les efforts en cours visant à tenir les États membres responsables des violations de la CEDAW, et en veillant à ce que la Cour pénale internationale dispose des ressources et de la coopération nécessaires pour mener des enquêtes et poursuivre les responsables.
2. Instaurer une paix juste et durable, fondée sur le plein respect de l’égalité souveraine de tous les États membres, les principes de l’égalité des droits et de l’autodétermination des peuples, ainsi que l’obligation de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, et s’engager à élaborer et à mettre en œuvre des mécanismes d’alerte précoce, à mettre en place et à appliquer des mesures de confiance, à intensifier le recours à la diplomatie pour apaiser les tensions, à soutenir le rôle des organisations régionales et sous-régionales dans la diplomatie et la médiation, et à régler les différends internationaux par des moyens pacifiques. Promouvoir la participation pleine, égale, sûre et significative des femmes à tous les niveaux de prise de décision dans le cadre des processus de résolution des conflits et de paix. Nous nous engageons également à assurer l’accès à la justice, à des recours efficaces, à des réparations et à une assistance complète pour les victimes et les survivantes de violences sexuelles et de violence fondée sur le genre dans tous les contextes humanitaires, y compris les situations de conflit en cours et d’après-conflit, ainsi que pendant et après les catastrophes et les urgences sanitaires, conformément au droit international applicable, en accordant une attention particulière aux personnes les plus vulnérables, notamment les réfugiés, les femmes et les filles déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les personnes touchées par les conflits armés. (Sur la base de : S/RES/1325; A/RES/76/304; A/HRC/RES/45/28; A/RES/79/1)
3. Accélérer les efforts visant à atteindre l’égalité des genres dans tous les domaines de la politique étrangère, notamment en favorisant une représentation équitable des femmes au sein du corps diplomatique, des instances internationales et des instances multilatérales. Nous nous engageons en outre à prendre toutes les mesures appropriées, notamment au moyen de lois, de politiques sociales et de programmes, pour éliminer les obstacles structurels et systémiques qui restreignent ou découragent la participation égale, pleine, effective et concrète des femmes dans toutes les sphères et à tous les niveaux de la vie publique, économique et politique, réduisent leur espace politique et sapent leur capacité d’agir aux niveaux national et international, notamment par la désinformation sexiste, les discours de haine ou la violence fondée sur le genre facilitée par la technologie, dans un continuum en ligne et hors ligne, qui touche de manière disproportionnée les femmes en politique, les journalistes, en particulier les journalistes féministes, et les femmes qui militent pour les droits de la personne. Par conséquent, nous nous engageons en outre à tirer parti de la transformation numérique, y compris le développement, le déploiement et l’utilisation de l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes, en favorisant une innovation technologique inclusive, fondée sur les droits et sensible au genre, en comblant le fossé numérique entre les genres, et à renforcer la réglementation des plateformes de médias sociaux afin d’assurer la transparence, la reddition de comptes et le respect des procédures régulières ainsi que l’accès à des recours efficaces pour les utilisateurs, et à promouvoir une diligence raisonnable fondée sur les droits de la personne et sensible au genre de la part des entreprises, conformément au droit international des droits de la personne. (Sur la base de : CEDAW, art. 8; CEDAW/C/GC/40; A/78/288)
4. Promouvoir des approches féministes, intersectionnelles et transformatrices en matière de genre dans l’ensemble de nos politiques étrangères et de développement, notamment par l’adoption de politiques étrangères et de développement féministes, le cas échéant, comme éléments essentiels pour démanteler les inégalités structurelles, y compris le patriarcat, le racisme et les pratiques et héritages coloniaux, ainsi que les causes profondes de toutes les formes de discrimination, transformer les relations de pouvoir inégales à tous les niveaux, prévenir les conflits armés et d’autres formes de violence, et contribuer à des sociétés plus démocratiques, égalitaires, pacifiques, résilientes et inclusives.
5. Défendre le droit des femmes et des filles, dans toute leur diversité, à l’autonomie corporelle afin qu’elles puissent prendre des décisions éclairées concernant leur vie et leur corps, à l’abri de toute contrainte, discrimination et violence, et assurer et promouvoir davantage la santé et les droits sexuels et reproductifs, qui sont essentiels à la réalisation de l’égalité des genres. À cet égard, nous nous engageons à assurer un accès universel, complet, abordable, rapide et équitable à des services intégrés de santé maternelle et de santé sexuelle et reproductive, y compris dans les situations de conflit armé. Cela comprend des soins de haute qualité pour les grossesses et les accouchements, la prévention des grossesses non désirées, en mettant l’accent sur des interventions ciblant les adolescentes, notamment l’accès à des moyens de contraception modernes, ainsi que la prestation de soins d’avortement sûrs, conformément aux normes internationales de santé et au droit international des droits de la personne. Nous nous engageons également à adopter et à mettre en œuvre un processus d’enseignement et d’apprentissage, fondé sur des programmes scolaires, portant sur les aspects cognitifs, émotionnels, physiques, sociaux et liés aux droits de la sexualité, qui permette aux personnes d’exercer leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive et de protéger leur autonomie et leur intégrité reproductives. Nous nous engageons également à prendre des mesures efficaces pour prévenir et éliminer les menaces régressives visant à restreindre l’exercice des droits sexuels et reproductifs, et à lutter contre la discrimination et les obstacles auxquels sont confrontés les groupes marginalisés de femmes, d’adolescentes et de filles, notamment les femmes et les filles autochtones, migrantes, réfugiées et en situation de handicap. (Sur la base de : CEDAW, art. 12; CIPD; CIPD+25)
6. Impliquer les hommes et les garçons dans toute leur diversité en tant qu’alliés et agents du changement et bénéficiaires de l’égalité des genres, en mettant l’accent sur leurs masculinités respectives, afin de transformer les relations de pouvoir inégales entre les genres et les structures patriarcales, ainsi que leurs causes profondes qui perpétuent les stéréotypes de genre, préjudiciables aux femmes et aux hommes, aux filles et aux garçons. (Sur la base de : Déclaration politique de Paris).
7. Prendre les mesures appropriées pour créer un environnement sûr, favorable et exempt de violence pour toutes les femmes et filles, dans toute leur diversité, et adopter, financer et mettre en œuvre des plans d’action nationaux visant à éliminer toutes les formes de violence fondée sur le genre à l’égard des femmes et des filles, dans les sphères publique et privée, y compris la violence sexuelle telle que le harcèlement sexuel, le viol, les homicides liés au genre, les féminicides, la traite des personnes, l’exploitation et les abus sexuels, les pratiques traditionnelles préjudiciables, la violence institutionnelle et politique, ainsi que la violence fondée sur le genre facilitée par la technologie, tout en mettant en place des systèmes d’information intégrés et des mécanismes de coordination interinstitutionnelle pour prévenir, éliminer et combattre la violence à l’égard des femmes, y compris les femmes âgées, les adolescentes et les filles, tout en améliorant la reconnaissance et la documentation des formes de violence fondée sur le genre sous-identifiées et émergentes, ainsi que la réponse à ce phénomène, qui comprend notamment la violence institutionnelle et la violence par procuration. (Sur la base de : E/CN.6/2026/L.2
8. S’engager à transformer les systèmes financiers mondiaux, régionaux et nationaux afin de faire progresser l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir de toutes les femmes et filles, en entreprenant des réformes structurelles visant à placer l’égalité des genres au cœur de l’architecture financière internationale et de tous les efforts de financement du développement, notamment en intégrant systématiquement une perspective de genre dans la mobilisation des ressources nationales, les dépenses publiques et les marchés publics afin de soutenir les entreprises détenues par des femmes, la coopération internationale au développement et le financement privé. Nous étendrons, le cas échéant, la fiscalité progressive et limiterons les impôts régressifs qui touchent de manière disproportionnée les femmes, et nous encouragerons les évaluations d’impact selon le genre pour toutes les politiques fiscales, les allocations budgétaires et les plans d’investissement public, tout en nous attaquant au fardeau insoutenable de la dette souveraine qui entraîne des répercussions différentes sur les femmes et les filles. Nous reconnaissons que les banques multilatérales de développement et les banques publiques de développement doivent jouer un rôle clé à cet égard, afin de renforcer le caractère inclusif de l’architecture internationale et des systèmes nationaux et de réduire le coût de l’exclusion fondée sur le genre. Nous mettrons en place des mesures incitatives pour soutenir une participation économique égale, établirons des systèmes de suivi des dépenses en faveur de l’égalité des genres, et publierons des données ventilées par genre ainsi que des rapports financiers réguliers sur les allocations publiques consacrées à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes. Nous nous efforcerons d’intensifier, de protéger et de prioriser les investissements visant à éradiquer la féminisation de la pauvreté, et à promouvoir l’accès des femmes aux ressources économiques et à la propriété foncière, ainsi que leur accès aux biens, aux terres et aux logements, et la propriété et le contrôle de ceux-ci, quel que soit leur état civil, et à un niveau de vie adéquat, y compris à un logement convenable. En outre, nous nous engageons à renforcer la transparence, la reddition de comptes et les mécanismes de gouvernance inclusive afin de garantir que les ressources parviennent effectivement aux femmes et aux filles dans toute leur diversité, en particulier celles qui se trouvent en situation de vulnérabilité. (Source : Engagement de Séville; E/CN.4/2005/25)
9. Promouvoir une vision transformatrice du développement fondée sur le paradigme de la société de soins, en reconnaissant les soins comme une composante essentielle de la réalisation des droits de la personne, un bien public et la pierre angulaire d’un contrat social renouvelé qui favorise l’égalité, la cohésion sociale, la sécurité et le bien-être, ainsi que des économies durables et inclusives, et s’engager à promouvoir des systèmes de soins et de soutien complets, universels, accessibles, adaptés, dignes, suffisants, durables et de qualité, fondés sur la coresponsabilité entre les États, les marchés, les communautés et les ménages, qui reconnaissent, réduisent et redistribuent les tâches de soins et le travail domestique non rémunérés, qui pèsent de manière disproportionnée sur les femmes, tout en garantissant un travail décent et des droits aux travailleurs du secteur des soins en tant que travailleurs essentiels, et en renforçant les politiques publiques et le financement, la coopération internationale et les investissements conformes à cet objectif.
10. Reconnaître l’existence de diverses formes de familles, qui doivent être protégées par les États et respectées par les sociétés en tant que levier pour l’égalité des genres, et reconnaître que tous les enfants, pour le développement plein et harmonieux de leur personnalité, devraient grandir dans un environnement familial, dans une atmosphère de bonheur, d’amour et de compréhension, et que les parents, les tuteurs légaux, les membres de la famille et les autres membres du foyer ont la responsabilité première de l’éducation et du développement de l’enfant. (Verbatim de la Déclaration politique de la 4e Conférence de Paris)
11. Reconnaître et honorer les luttes historiques et actuelles des mouvements féministes et des organisations de femmes partout dans le monde, dont l’action collective, le leadership et la solidarité ont joué un rôle fondamental dans la promotion de l’égalité des genres et dans l’obtention des droits et libertés que nous défendons aujourd’hui; nous rendons également hommage aux femmes défenseures des droits de la personne et des terres qui ont perdu la vie dans cette lutte. Nous nous engageons à renforcer, à préserver et à élargir un environnement favorable aux organisations de la société civile, aux organisations de base et aux organisations féministes, notamment en protégeant l’espace civique et en luttant contre la progression des lois et pratiques restrictives qui menacent leur existence autonome, ainsi qu’en combattant activement le recul mondial croissant de l’égalité des genres. Nous nous engageons en outre à défendre les droits des femmes défenseures des droits de la personne et des terres, ainsi que des femmes artisanes de la paix, y compris les jeunes leaders, en luttant contre les menaces, les restrictions et les formes de criminalisation en plein essor auxquelles elles sont confrontées à l’échelle mondiale, y compris dans les espaces numériques. Nous nous engageons également à assurer un soutien financier durable, flexible et accessible aux mouvements féministes et aux organisations de femmes, et à promouvoir leur participation pleine, significative et sûre aux processus décisionnels à tous les niveaux, en reconnaissant que leur travail est indispensable à la réalisation d’une démocratie pleine et entière, d’une paix et d’une sécurité justes et durables, du respect des droits de la personne, du développement et de l’égalité des genres, ainsi qu’au renforcement d’un multilatéralisme efficace, inclusif et responsable.
[i] « La Principauté d’Andorre interprète le paragraphe 5 de la présente Déclaration conformément à sa Constitution, à sa législation nationale et à ses engagements internationaux existants, étant entendu que leur mise en œuvre doit s’effectuer en harmonie avec l’ordre juridique interne et les pouvoirs souverains de l’État. »
[ii] « La République tunisienne interprète le paragraphe 10 de la présente Déclaration conformément à sa Constitution, à sa législation nationale et à ses engagements internationaux existants, étant entendu que leur mise en œuvre doit s’effectuer en harmonie avec l’ordre juridique interne et les pouvoirs souverains de l’État. »
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