Un coup de pouce vers une nouvelle direction : l’économique comportementale et la littératie financière

Loupe avec un graphique et téléphone avec des photos de plusieurs personnes

Le 14 mai 2018

Par Jane Rooney, chef du développement de la littératie financière du Canada

Comment peut-on modifier les comportements afin de les améliorer? C’est une question qui a donné du fil à retordre à plusieurs chercheurs depuis longtemps. Il y a au moins une conclusion à tirer ici : ce n’est pas chose facile.    

Les chercheurs du domaine de l’économie comportementale reconnaissent que les êtres humains ne se comportent pas toujours de manière rationnelle et qu’ils sont influencés par des « biais comportementaux », ce qui signifie que les gens modifient leur comportement en fonction de la situation et du contexte. Aujourd’hui, nous commençons à mieux connaître le domaine de l’économie comportementale et les façons dont il peut nous aider à comprendre le comportement des gens dans divers contextes. Ces connaissances peuvent nous aider à améliorer la conception des programmes et des interventions liés à la littératie financière.

Trois études prévues dans notre Plan national de recherche sur la littératie ont tiré parti de l’introspection comportementale pour obtenir des résultats utiles.

L’initiative Refund to Savings (R2S)

La première étude s’appelle Refund to Savings Initiative (R2S) et est la plus vaste expérience liée aux épargnes menée aux États-Unis. Il s’agit d’un exemple classique de l’utilisation de l’introspection comportementale pour proposer un comportement financier positif aux consommateurs, soit le choix d’épargner une partie ou la totalité du montant du remboursement d’impôt. Cette étude a eu recours au logiciel de préparation de déclarations de revenus Turbotax, Intuit, pour faire la promotion des épargnes auprès des personnes ayant des revenus faibles ou moyens. L’ensemble des participants à l’étude étaient admissibles à l’utilisation gratuite de Turbotax en ligne pour faire leurs déclarations. Cette expérience a tiré parti de plusieurs éléments de l’introspection comportementale, notamment des messages invitant les participants à épargner, « l’architecture des choix » qui met l’accent sur le choix d’épargner, et l’« ancrage » en présentant dans le logiciel une proportion précise du remboursement d’impôt qui pourrait être épargnée. Les résultats de l’étude sont très prometteurs jusqu’à présent. Rien qu’en 2015, l’initiative R2S a incité un nombre supplémentaire de 21 012 personnes ayant des revenus faibles ou moyens à épargner. Ces personnes ont déposé un montant global de 35,6 millions de dollars (USD) dans des instruments d’épargne. Nous sommes tellement impressionnés par ces résultats que l’ACFC examine la possibilité de prendre des mesures comparables pour aider les ménages canadiens à épargner une partie de leur remboursement d’impôt.   

Trousse de littératie financière

Un autre moyen de se servir de l’introspection comportementale pour favoriser des comportements positifs est de simplifier le processus de prise des décisions financières. Deux projets récents ayant cet objectif ont été menés récemment au centre de recherche Behavioural Economics in Action (BEAR) de l’École de gestion Rotman à l’Université de Toronto. Le premier, intitulé Trousse de littératie financière, cherche à simplifier le processus de prise des décisions financières. Il vise à obtenir ce résultat, en partie, en rappelant aux consommateurs qui doivent prendre une décision financière les leçons qu’ils ont apprises grâce aux interventions précédentes en matière d’éducation financière. Cet outil met actuellement l’accent sur les épargnes au moyen du Régime enregistré d’épargne-études et du Régime de pensions du Canada. Les rappels juste-à-temps de cet outil sont conçus pour veiller à ce que les connaissances acquises grâce à l’éducation financière soient utilisées par les consommateurs quand ils en ont besoin.

Comportement financier en ligne

Un deuxième document du centre de recherche BEAR préconise l’utilisation des « avatars », ou d’icônes qui ressemblent au consommateur à différentes étapes de sa vie (p. ex. étudiants, personnes à la retraite, parents) pour faciliter la prise des décisions en ligne. Ce travail est fondé sur des éléments probants découverts dans le domaine de l’économie comportementale selon lesquels les consommateurs ont tendance à chercher les opinions des personnes qui se trouvent dans des situations comparables aux leurs et à copier leurs décisions. Ainsi, les avatars simplifient le processus de prise de décisions en proposant aux consommateurs des options qui correspondent bien à leur contexte.

Leçons

Il y a plusieurs conclusions importantes à tirer de ces études qui pourraient faciliter la conception de futures interventions.

  • Il pourrait être utile d’envoyer un courriel de suivi au bon moment (période de déclaration des revenus ou saison des REER) à ceux qui participent aux programmes pour leur rappeler les principales leçons apprises pendant un atelier.
  • Les ressources en ligne pourraient être améliorées en utilisant des techniques visuelles et d’autres éléments pour tirer parti des normes sociales et de l’ancrage (p. ex. icônes ou avatars) pour permettre aux consommateurs de trouver rapidement des stratégies décisionnelles et de faire le bon choix.  
  • Il y a également des possibilités d’utiliser des solutions technologiques comme les applications mobiles et des incitatifs, comme des récompenses, pour rendre l’éducation financière intéressante aux yeux des Canadiens.  

J’aimerais aussi profiter de cette occasion pour féliciter notre sous-comité de recherche de 2016-2018 qui a fait un excellent travail.

À suivre!

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