Les élèves du Canada sont parmi les meilleurs en littératie financière au monde

Par Jane Rooney, chef du développement de la littératie financière au Canada

Le 24 mai 2017

J’ai de très bonnes nouvelles cette semaine : le Canada arrive parmi les trois pays affichant les niveaux de littératie financière des jeunes les plus élevés au monde.Ce résultat encourageant découle de la toute première participation du Canada à une enquête internationale sur les compétences en littératie financière des jeunes de 15 ans (en anglais seulment).

Le Canada se classe deuxième, au même rang que la Belgique, à l’évaluation de la littératie financière du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a mené en 2015. Le volet de l’étude qui porte sur la littératie financière couvre 10 pays de l’OCDE et 5 pays partenaires. Environ 3 400 élèves canadiens de 7 provinces ont pris part à l'enquête.

Les résultats montrent que 87 % des élèves possèdent au moins le niveau de base de compétences en littératie financière, que l’OCDE définit comme la capacité à participer pleinement à la société moderne. Au total, 22 % des élèves du Canada atteignent un niveau élevé de compétences, un rendement bien supérieur à la moyenne de l'OCDE.

Ces résultats témoignent de la pertinence de la Stratégie nationale pour la littératie financière – Compte sur moi, Canada ainsi que des efforts que les provinces et les autres organismes consacrent pour atteindre nos enfants et nos jeunes. Certains constats particuliers de l’enquête illustrent les progrès accomplis, d’autres nous indiquent les domaines où nous pourrions collaborer davantage pour améliorer la littératie financière de notre jeunesse.

D’abord, les jeunes qui discutent d’argent avec leurs parents obtiennent en général de meilleurs résultats que les autres, et les élèves chez qui cette discussion a lieu une à deux fois par semaine atteignent les scores les plus élevés. Ce bilan fait écho à l’un de nos messages récurrents : commencez tôt à parler d’argent avec vos enfants et parlez-en souvent.

J’ai été chanceuse de grandir dans une famille où mes parents étaient à l’aise de parler d’argent. En tant que mère de deux fils adolescents, je me fais un devoir de leur parler d’argent régulièrement. Par exemple, quand nos enfants ont rapporté à la maison leur premier chèque de paie, mon mari et moi les avons guidés pour qu’ils ouvrent un compte bancaire, et nous leur avons expliqué les déductions qui figuraient sur leur talon de chèque. Nous discutons souvent aussi de l’importance de mettre de l’argent de côté pour atteindre des objectifs à court et à long termes.

On connaît l’importance de parler d’argent à la maison, mais comment favoriser ces conversations? À l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) où je travaille, nous offrons une gamme de ressources fiables et objectives en ligne. Deux exemples : la page Sensibiliser les enfants aux questions d’argent ainsi que notre base de données sur la littératie financière, un répertoire de programmes et d’activités, dont plusieurs s’adressent aux enfants et aux jeunes.

Une autre priorité de l’ACFC consiste à améliorer les programmes de littératie financière destinés aux adultes dans leur milieu travail, en partie dans l’optique qu’ils partagent ces enseignements avec leurs enfants et d’accroître leur confiance en leurs connaissances financières. Nous savons qu’en donnant la chance aux adultes d’améliorer leur littératie financière, nous stimulerons les discussions sur l’argent à la maison. Pour soutenir cet objectif, nous avons collaboré avec les Comptables professionnels agréés du Canada, et l’organisme a mis sur pied un atelier de littératie financière qui se donne maintenant un peu partout au pays. Vous trouverez des renseignements à ce sujet sur notre page Web consacrée à la littératie en milieu de travail.

L’enquête PISA montre que ces efforts portent leurs fruits : la majorité des élèves ont la capacité de retarder la satisfaction de leurs désirs, une compétence associée au bien-être financier. Quelque 63 % des élèves canadiens affirment que s’ils manquaient d’argent pour acheter quelque chose qu’ils voulaient vraiment, ils épargneraient pour y arriver. Une tranche supplémentaire de 17 % d’entre eux disent qu’ils ne l’achèteraient simplement pas. Ces données signalent que les messages sur l’épargne en vue d’achats importants atteignent les élèves tôt dans leur vie. Il s’agit d’une bonne nouvelle, car les études prouvent que les habitudes d’épargne et d’achat se forment à un jeune âge, et qu’elles se répercutent dans la vie adulte.

L’étude PISA souligne également que les jeunes qui ont de l’expérience à gérer leur propre argent ont des compétences plus élevées que les autres en littératie financière. Les élèves canadiens qui ont occupé des emplois occasionnels, de gardiennage ou de jardinage par exemple, obtiennent en moyenne les meilleurs scores en littératie financière. On sait aussi que la plupart des adolescents canadiens ont un compte bancaire, et donc de l’expérience à gérer des produits et services financiers. Cette expérience semble leur être bénéfique.

Il y a encore du travail à faire pour améliorer la littératie financière. L’ACFC reconnaît le besoin de faire progresser notre compréhension des enjeux à l’aide de la recherche pour obtenir de meilleurs résultats dans ce domaine. D’ailleurs, ce billet conclut ma série sur le Plan national de recherche sur la littératie financière 2016-2018.

Le résultat de l’enquête PISA le plus profitable réside probablement dans le fait qu’elle offre aux chercheurs une mesure importante de base pour évaluer nos efforts en enseignement de la littératie financière aux jeunes canadiens.

Nous sommes sur une excellente lancée. Les jeunes constituent l’avenir de notre économie, et les adolescents d’aujourd’hui sont les consommateurs de produits et de services financiers de demain. Les résultats de l’enquête PISA profitent donc à tous les Canadiens ainsi qu’à l’économie canadienne dans son ensemble.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :