Les enjeux financiers propres aux femmes

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18 novembre 2021

Par Rubina Ahmed-Haq, experte en finances personnelles

Quand il est question d’épargner pour l’avenir, les femmes font face à des enjeux uniques par rapport aux hommes. Que ce soit la plus grande responsabilité quant aux soins aux enfants, l’espérance de vie plus longue ou l’équité salariale, les femmes ont bien plus de choses à considérer afin de déterminer le montant qu’elles devraient épargner.

Un rapport de HSBC Canada intitulé "L'avenir de la retraite : combler le fossé" a révélé que 51 % des femmes ne savent pas combien elles doivent épargner pour leur retraite ou n'ont pas encore commencé à épargner. Compte tenu des nombreux facteurs auxquels les femmes sont confrontées, elles devraient presque doubler leur épargne-retraite par rapport à celle de leurs homologues masculins pour arriver à avoir autant d’économies.

Voici pourquoi c’est important que les femmes épargnent davantage.

L’espérance de vie

Au Canada, l’espérance de vie moyenne d’un homme est de 80 ans alors que celle d’une femme est de plus de 84 ans. Les femmes ont donc, en moyenne, plus d’années de retraite à planifier. Qui plus est, une femme mariée à un partenaire masculin plus âgé peut passer plus d’années à gérer seule son argent.

Dans le livre d’Ardelle Harrison et de Leslie McCormick intitulé Bank on Yourself: Why Every Woman Should Plan Financially to Be Single, Even If She’s Not, les auteures soulignent que la probabilité que les femmes soient célibataires à la retraite est statistiquement très élevée. Elles affirment que 90 % des femmes sont susceptibles de gérer seules leur argent à la retraite. Cela peut être dû au fait qu’elles sont veuves, divorcées ou qu’elles n’ont jamais été mariées. Pour toutes les femmes, se préparer à cette éventualité est la clé du bien-être financier.

Les années de travail

Le problème des conseils sans distinction de genre est qu’ils supposent que nous allons tous travailler à temps plein pendant 40 ans et cotiser à notre épargne-retraite pendant toutes ces années. Toutefois, pour les femmes, la réalité est que beaucoup d’entre elles travaillent à temps partiel pendant des années ou prennent du temps pour élever leurs enfants ou prendre soin de leurs parents âgés.

D’après les données de Statistique Canada, en 2017, la raison la plus courante pour laquelle les femmes âgées de 30 à 39 ans travaillaient à temps partiel était les soins aux enfants. Pour les femmes âgées de 35 à 39 ans, près de la moitié travaillaient à temps partiel afin de s’occuper des enfants. Ces années peuvent être des années charnières pour ceux et celles qui veulent bâtir leur carrière et obtenir une promotion. De nombreuses mères qui travaillent ne peuvent tout simplement pas être présentes pendant cette période.

Le potentiel de gains

L’équité salariale continue d’être un problème pour les femmes sur le marché du travail. Celle-ci est définie comme « un salaire égal pour un travail de valeur égale », un objectif que les travailleuses n’ont pas encore atteint.

Selon la Commission des droits de la personne, en 2020, une femme au Canada gagnait 0,89 $ pour chaque dollar gagné par un homme. Cela équivaut à un écart salarial horaire de 3,52 $ (ou 11 %) entre les hommes et les femmes. Les femmes doivent donc travailler davantage pour pouvoir économiser autant que les hommes.

Selon un vieil adage, il faudrait économiser 10 % de son revenu avant impôt pour avoir assez d’argent pour la retraite. Or, comme les femmes gagnent moins, cette formule ne fonctionne pas. En 2018, le revenu médian annuel des femmes était de 28 120 $, et celui des hommes était de 40 890 $.

Le travail non rémunéré

Les femmes sont également plus susceptibles de faire du travail non rémunéré, ce qui leur donne moins de possibilités de se concentrer sur l’économie salariale ou sur l’éducation pour faire avancer leur carrière.

Un rapport d’Oxfam Canada et du Centre canadien de politiques alternatives intitulé Making Woman Count révèle que les femmes font six heures de travail non rémunéré par jour. Les hommes, quant à eux, n’en font que 30 minutes.

La réalité financière des femmes

Selon le Forum économique mondial, au Canada, les femmes sont 1,5 fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté à la retraite que les hommes. Cette source indique également que l’épargne pour la retraite des femmes est de 30 % à 40 % inférieure en moyenne à celle des hommes.

Les femmes devraient placer leur épargne-retraite avant toute autre épargne, y compris le REEE de leurs enfants. Il existe une multitude de bourses et de subventions pour les étudiants, mais rien de tel n’existe pour les Canadiens qui prennent leur retraite. Par exemple, il n’existe pas de « bourse pour personnes âgées ».

Par ailleurs, une personne qui s’absente du travail pour élever ses enfants devrait continuer d’épargner et prendre des dispositions pour que son partenaire qui travaille contribue à son régime d’épargne-retraite. Enfin, il est important de suivre de près l’évolution de notre épargne. À l’aide d’une simple calculatrice de retraite comme la Calculatrice du revenu de retraite canadienne du gouvernement du Canada, il est possible de connaître l’état de notre épargne et de demeurer sur la bonne voie sur le plan financier.

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