Le Canada, un chef de file de la recherche sur la littératie financière

Le 19 juin 2019

Par Bruno Lévesque, directeur, Éducation, politiques et recherche, Agence de la consommation en matière financière du Canada

Le Canada est un chef de file mondial dans le domaine de la recherche sur la littératie financière.

Il le doit en grande partie à sa Stratégie nationale pour la littératie financière et à son Plan national de recherche – des feuilles de route claires que nous avons élaborées avec l’aide d’experts de partout au pays.

En tant que président de notre comité national de recherche sur la littératie financière, je suis fier de ce que nous avons accompli. Non seulement nous aidons les personnes et les familles ici au pays, mais également, nous établissons des relations avec nos collègues de partout sur la planète et nous avons un impact à l’échelle mondiale.

Ce n’est que récemment que la littératie financière a commencé à émerger des disciplines connexes pour devenir un domaine d’étude autonome.

Nous, au Canada, sommes à l’avant-garde dans ce domaine, et je suis ravi de vous parler de nos derniers travaux.

Un symposium de recherche démontre que la collaboration est essentielle

En novembre, nous avons organisé conjointement le Symposium national sur la recherche en littératie financière de 2018 avec Behavioural Economics in Action at Rotman (BEAR).

Nous avons réuni d’éminents chercheurs et praticiens du Canada et du monde entier. Ces spécialistes de divers domaines ont présenté leurs travaux ainsi que leurs points de vue sur la façon dont la recherche peut influencer les pratiques dans la vraie vie.

Centré sur le thème « Utiliser la recherche pour améliorer le bien-être financier des Canadiens », ce rassemblement a témoigné de la reconnaissance croissante du fait que la recherche peut faire une différence dans la vie quotidienne des gens.

Nous venons de publier notre rapport sur le symposium, que vous trouverez ici. Il présente les principales idées exprimées et les leçons à retenir, tout en mettant en lumière les nouvelles recherches.

Par exemple, le rapport explique comment les gens de la classe moyenne qui sont fortement endettés sont de plus en plus vulnérables financièrement. Par conséquent, nous constatons que de nombreux Canadiens vivent un plus grand stress financier. De plus, nous avons aussi entendu parler de la façon dont le stress financier nuit aux capacités cognitives des gens et fait en sorte qu’il est difficile pour de nombreux Canadiens de prendre des décisions éclairées au sujet de leur argent.

Le rapport met également en lumière la recherche sur le bien-être financier. Fait intéressant, nous avons relevé une constante entre un certain nombre de pays : les personnes qui sont des épargnants actifs sont plus susceptibles d’être résilients financièrement et d’avoir un niveau de bien-être financier plus élevé. 

Tout au long du symposium, nous avons vu des chercheurs repousser les limites des connaissances au sujet de la littératie financière. Nous avons également constaté un renforcement continu de la relation entre la recherche et les interventions financières sur le marché.

En d’autres termes, nous mettons la recherche en pratique.

Changer les comportements relatifs à l’établissement d’un budget

À l’ACFC, notre travail sur l’établissement d’un budget est un exemple de mise en pratique de la recherche. Dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les capacités financières (ECCF), une enquête nationale que nous effectuons tous les cinq ans, nous avons appris que de nombreux Canadiens n’ont pas de budget. Mais lorsque les Canadiens ont un budget, ils ont tendance à s’y tenir. 

En 2016, nous avons mené une étude pilote en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve-et-Labrador. Au cours de celle-ci, des gens ont reçu des messages d’éducation financière par l’entremise d’une application sur leurs appareils mobiles. Notre objectif était d’habiliter ceux qui n’utilisaient pas de budget à établir et à suivre un budget.

Ce fut un succès : 14 % de ceux qui n’établissaient pas de budget ont commencé à en établir.

En 2018, nous avons fait un suivi pour évaluer l’impact à long terme du projet pilote. Nous avons constaté que la majorité de ceux qui avaient commencé à établir un budget le faisait encore, plus de 18 mois après le projet pilote initial, et qu’ils s’en tiraient beaucoup mieux que ceux qui n’avaient pas adopté de comportement lié à l’établissement d’un budget, notamment en respectant mieux leurs engagements financiers, en réduisant leurs dépenses et en ayant recours au crédit moins souvent que les gens qui ne font pas de budget.

Nous avons présenté les résultats préliminaires de cette étude budgétaire longitudinale au symposium et nous venons de publier un rapport complet sur celle-ci, que vous pouvez trouver ici.

Porter la recherche à un niveau supérieur

Nous faisons d’importantes percées, mais il reste encore beaucoup à faire.

Cette année, nous sommes de retour sur le terrain pour recueillir d’autres données en vue de la prochaine édition de l’ECCF. J’ai hâte de vous en communiquer les résultats.

Entre-temps, j’encourage tous ceux d’entre vous qui s’intéressent à la recherche sur la littératie financière à se joindre à nous dans cet effort, peu importe votre discipline. Portez vos recherches en cours à de nouveaux sommets, partagez vos idées de nouvelles études et dites-nous ce qui a fonctionné au Canada et dans le monde.

Continuons sur notre lancée!

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :