Bulletin de la littératie financière – Numéro spécial : Rapport d’avancement sur le plan national de recherche du Canada sur la littératie financière 2016-2018

De : Agence de la consommation en matière financière du Canada

Comprendre la littératie financière — Au-delà des livres!

Mot de la chef du développement

Bienvenue dans cette édition spéciale du Bulletin de la littératie financière soulignant la publication d’un rapport d’avancement sur le Plan national de recherche sur la littératie financière 2016-2018, que je vous encourage à lire. 

  • Entre autres constatations du rapport, mentionnons les suivantes
  • Le Canada se classe au troisième rang mondial en matière de connaissances, d’attitudes et de comportements financiers
  • Quatre-vingt-cinq pour cent des Canadiens estiment que leurs connaissances financières sont moyennes ou supérieures, mais seulement 61 pour cent sont en mesure de répondre correctement à cinq des sept (70 pour cent) questions sur les connaissances financières
  • L’argent est la principale source de stress pour de nombreux Canadiens
  • Plus de la moitié des adultes canadiens aimeraient avoir accès à de l’éducation financière sur leur lieu de travail
    • Les programmes les plus recherchés sont ceux qui enseignent comment planifier et épargner
  • Les peuples autochtones font face à des obstacles uniques concernant leur bien être financier
    • Ces obstacles doivent être pris en compte dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des interventions en littératie financière
  • Les connaissances financières seules ne suffisent pas à adopter des comportements financiers souhaitables
    • La confiance en matière de finances est un facteur complémentaire clé qui est lié aux comportements financiers et au bien-être financier
  • Il est important que les élèves apprennent à gérer l’argent tôt dans la vie
    • Les élèves qui détiennent un compte bancaire et les élèves qui discutent de questions d’argent avec leurs parents une ou deux fois par semaine obtiennent de meilleurs résultats que les autres à l’évaluation de la littératie financière
  • Les interventions en littératie financière ciblées reposant sur une application mobile permettent d’améliorer les connaissances et la confiance des personnes qui n’établissent pas de budget à l’égard de la tenue d’un budget
    • Ces interventions favorisent également l’adoption d’un budget chez les personnes qui n’en tenaient pas auparavant

L’équipe de l’ACFC aimerait connaître vos points de vue sur le rapport. Vous pouvez les partager avec moi directement à l’adresse suivante leader-chef@fcac-acfc.gc.ca ou communiquer avec nous sur les médias sociaux en utilisant nos comptes Facebook et Twitter. Nous sommes également présents sur YouTube et LinkedIn. Utilisez le mot clic #RechercheLitFin lorsque vous mentionnez le rapport sur les médias sociaux pour aider les autres à suivre la discussion. Je suis impatiente d’entendre ce que vous avez à raconter.

Ce mois-ci, j’aimerais vous faire part d’articles intéressants sur des sujets abordés dans le Plan national de recherche, y compris une stratégie novatrice pour sensibiliser les enfants aux questions d’argent et une entrevue avec des chercheurs se penchant sur les enjeux de littératie financière et de bien-être financier. Si vous trouvez quelque chose qui vous plaît dans ce bulletin, n’hésitez pas à le partager avec votre réseau. 

Comme toujours, je vous encourage à consulter l’éventail d’outils et de ressources accessibles sur notre site Web!

Jane Rooney

Chef du développement de la littératie financière

Si vous avez reçu ce courriel de la part d’un ami et que vous souhaitez vous abonner à notre liste d’envoi, cliquez ici.

Quoi de neuf?

Ressources de l’ACFC

À inscrire à votre calendrier

Expérience en classe sur l’économie virtuelle

Il a été établi dans le rapport d’avancement sur le Plan national de recherche sur la littératie financière que la meilleure façon de sensibiliser les enfants aux questions d’argent est d’utiliser des méthodes expérientielles. D’un point de vue pratique, nous avons voulu donner un exemple concret de la façon dont les méthodes expérientielles sont appliquées dans les salles de classe au Canada et présenter les résultats obtenus. En cherchant des histoires inspirantes sur la sensibilisation des enfants aux questions d’argent, nous avons découvert l’histoire de l’« économie virtuelle » créée en 2013 par Nichole Van Sickle pour sa classe de 6e et 7e année en Colombie-Britannique. Mme Van Sickle a conçu une économie fonctionnelle pour ses élèves qui leur permet d’apprendre sur les finances. Le projet leur a permis de se sentir comme des adultes en leur donnant une fenêtre sur la façon dont fonctionne le monde des finances dans la réalité. 

Voici son histoire fascinante dans ses propres mots.

« Je crois que la littératie financière est d’une importance capitale pour l’expérience éducative de nos élèves.

Au tout début de ma carrière d’enseignante, j’ai lu un excellent livre de Rafe Esquith intitulé “Teach Like Your Hair’s on Fire” [traduction : Enseignez comme s’il y avait le feu]. Il y avait un chapitre sur le système économique qu’il utilisait dans sa classe et j’ai trouvé que le concept semblait excellent non seulement comme outil de gestion de classe, mais aussi comme moyen de garder les élèves motivés et enthousiastes à l’idée d’apprendre. C’était aussi la première année après mon mariage; les temps étaient durs financièrement pour mon mari et moi — il fallait payer les dettes de mariage, d’études et d’automobile — et j’étais très consciente du peu de connaissances financières que j’avais à l’âge adulte. En repensant à ma propre expérience éducative, je ne pouvais pas me souvenir d’avoir appris beaucoup de choses sur l’argent et le budget à l’école, à part un projet au secondaire.  

L’éducation financière est une des connaissances pratiques les plus essentielles qui devraient être enseignées dans les écoles, et il semble qu’elle passe à travers les mailles du filet. L’endettement est l’une des principales causes de suicide, et pourtant les étudiants terminent généralement leurs études en ayant très peu de connaissances financières. (Depuis que j’ai commencé mon programme d’économie, en 2012, la Colombie-Britannique a adopté un nouveau programme d’études dans lequel la littératie financière est abordée chaque année.) En 2012, j’ai pensé que l’introduction d’un système économique dans ma classe serait un moyen amusant et participatif de commencer à présenter des concepts financiers essentiels dans la vie quotidienne.

Le chapitre du livre d’Esquith a servi de base à ma propre économie de classe. Comme Esquith, mes élèves ont postulé pour divers “emplois” au sein de la classe, ils ont reçu des salaires différents selon leur emploi et ils ont payé un loyer pour leur bureau. Tout comme dans le système d’Esquith, mes élèves pouvaient économiser assez d’argent pour acheter leur bureau et devenir propriétaires. Ils pouvaient également acheter les bureaux d’autres élèves et percevoir un loyer auprès d’eux. Le système d’Esquith prévoyait également que les élèves pouvaient gagner différentes primes ou être pénalisés par des amendes. Les élèves avaient aussi la possibilité de dépenser leur argent bien mérité lors des enchères tenues dans la classe à la fin de chaque semaine.

Pour des raisons de temps et d’argent, les enchères hebdomadaires semblaient irréalistes pour ma classe (nous ne faisons que deux enchères par an – une au milieu de l’année et une en juin), et je voulais trouver un moyen de maximiser la fréquence des transactions pour que les enfants aient vraiment l’impression d’avoir à faire des choix difficiles et quotidiens sur la façon de dépenser leur argent.

Je voulais enseigner les bases de l’établissement d’un budget, alors j’ai élaboré un plan budgétaire qui tentait de refléter autant que possible le langage des budgets réels. Les “services publics” correspondaient au fait de quitter la salle de classe pour aller chercher un verre d’eau (le service d’aqueduc) ou utiliser les toilettes pendant les heures de cours (le service des eaux usées); la catégorie “vêtements” offrait la possibilité de porter un chapeau en classe, des lunettes à la Kanye West ou toute autre chose un peu hors de l’ordinaire habituellement interdite; la “nourriture” donnait la possibilité de manger des collations pendant les heures de classe, etc. Les élèves préparaient un budget au début du mois. Ils étaient incités à la fois à épargner et à faire des dons de charité (à des pairs sans le sou). À la fin du mois, ils devaient réfléchir sur leur capacité à respecter leur budget.

Les élèves ont également eu l’occasion de lancer leur propre entreprise, ce qui leur a offert un autre moyen de dépenser de l’argent. Toutes sortes d’entreprises ont fait leur apparition. La fabrication de portefeuilles en ruban adhésif (pour ranger l’argent et les cartes de crédit de l’économie de classe), la vente de bonbons, de biscuits et de petits gâteaux et le service de location d’un ballon d’exercice personnel sur lequel les autres élèves pouvaient s’asseoir pendant les heures de classe sont parmi celles qui ont le mieux réussi.

Il était très gratifiant de voir comment les élèves contribuaient à l’évolution du projet. Par exemple, au cours de la première année, certains élèves ont suggéré que nous devrions avoir des cartes de crédit et m’ont apporté une machine à cartes numériques d’un jeu de Monopoly moderne pour me la montrer. Nous avons acheté cinq jeux de Monopoly et nous avons ensuite pu lancer un système de cartes de crédit dans la salle de classe, tout cela grâce à l’idée des élèves.

La première année, nous avons aussi eu des garçons très motivés qui m’ont donné l’idée de permettre aux élèves d’acheter des actions. Ils suivaient le marché boursier réel et faisaient affaire avec deux “gestionnaires de placements” (deux élèves se débrouillant bien en finances) qui leur donnaient des évaluations des risques et des suggestions pour leurs portefeuilles. Lorsque nous avons commencé notre leçon sur les investissements, un élève souvent démotivé a sauté de son siège et a crié : “Cela va changer ma vie!” Il s’est avéré être l’un de nos investisseurs les plus prospères. »

Cet automne, Mme Van Sickle planifie également d’évaluer les connaissances financières de ses élèves à la fin de l’année et de les comparer à celles du début de l’année. L’évaluation s’ajoutera à la réflexion mensuelle sur la tenue d’un budget qui fait déjà partie du programme.

Elle espère ses élèves appliqueront les leçons tirées de leur expérience de gestion financière d’un an dans leur vie d’adultes. Ce qui semble être le cas; la mère d’un élève lui ayant même confié que ces activités en classe (démarrage d’une entreprise) avaient joué un rôle clé dans le processus de choix de carrière de son fils.

Aux personnes qui lui demandent conseil parce qu’elles envisagent de mettre en place un système similaire dans leur propre classe, Mme Van Sickle répond que la cohérence et le suivi sont essentiels. « Si l’enseignant ne prend pas le système au sérieux, les élèves ne le feront pas non plus et il s’effondrera. De plus, allez-y lentement. Ne vous sentez pas obligé de créer un système complexe dès le départ. C’est mieux pour tout le monde (y compris l’enseignant) de commencer petit et de laisser les choses se développer de façon organique, en impliquant toujours les élèves dans le processus. » [TRADUCTION]

En septembre, Mme Van Sickle enseignera à des élèves beaucoup plus jeunes, en 2e année, où l’objectif de littératie financière est d’apprendre aux élèves à connaître les pièces de monnaie canadiennes. Elle prévoit mettre en œuvre une version simplifiée de son système utilisant uniquement de l’argent comptant et y apporter plusieurs autres modifications pour aider les enfants de sa classe à en apprendre davantage sur les dollars et les cents.

Si ce projet vous semble familier, c’est peut-être parce que J. Michael Collins, de l’Université du Wisconsin, a évoqué lors de la Conférence nationale sur la littératie financière de l’ACFC de 2017 les bons résultats obtenus générés par « My Classroom Economy », un système économique simulé dans lequel les élèves se voient attribuer des emplois, gagnent de l’argent et prennent des décisions en matière d’épargne, de dépenses et de budget. Il s’agit d’un autre programme inspiré du livre d’Esquith.

Après dix semaines, les élèves des classes qui utilisent « My Classroom Economy (MCE) » affichent régulièrement des gains en matière de connaissances financières, d’établissement de budget, de socialisation financière (c.-à-d. de discussion avec les parents au sujet de l’argent) et d’expérience économique. L’effet est d’ampleur variable, mais il est toujours statistiquement significatif et positif. Dans l’ensemble, les résultats de cette étude sont encourageants et mettent en évidence le potentiel des programmes d’apprentissage expérientiel comme MCE pour les élèves du primaire.

  • Les élèves utilisant MCE sont plus nombreux que les autres à avoir un compte bancaire et à adopter des comportements de gestion financière à l’extérieur de l’école.
  • Le taux de parents qui trouvent que leur enfant reçoit de l’enseignement en matière de finances est beaucoup plus élevé chez les parents d’élèves utilisant MCE que chez les autres parents.
  • Les enseignants affichent un degré de satisfaction élevé à l’égard de MCE; 95 % d’entre eux prévoient continuer de l’utiliser.

MCE attire les enseignants à la fois comme système de gestion de classe et comme programme d’éducation financière. Des enseignants de divers horizons ont mis le programme en œuvre avec succès.

La Trousse de littératie financière

Au cours de l’été 2016, des étudiants de l’École de gestion Rotman, l’école de commerce de l’Université de Toronto, ont travaillé à l’élaboration d’un ensemble d’outils dans le cadre d’un projet du centre de recherche sur l’économie comportementale de Rotman (Behavioural Economics in Action at Rotman — BEAR) portant sur la Trousse de littératie financière (TLF), un des projets annoncés dans le rapport d’avancement sur le Plan national de recherche sur la littératie financière.

Le projet a porté ses fruits, le BEAR ayant axé ses efforts sur la façon dont l’information est présentée aux consommateurs, l’influence qu’a la présentation sur l’opinion que les consommateurs se font de l’information et, en fin de compte, l’incidence de ces éléments sur la prise de décisions. Les chercheurs du BEAR ont mis l’accent sur la façon dont les gens, dans les situations complexes, choisissent souvent la voie de la facilité, c’est-à-dire l’inaction.

L’objectif de la TLF est de simplifier la prise de certaines décisions financières en fournissant un nouvel ensemble d’outils pour combler l’écart entre les connaissances et la prise de décision efficace. Le but ultime de la TLF est de faire en sorte que l’éducation financière se traduise par la prise de meilleures décisions en matière de finances. 

Pour ce faire, la TLF permet notamment de mettre en évidence et de rappeler certaines connaissances financières déjà acquises lorsque les gens se trouvent devant une décision de nature financière. Ce rappel leur permet de mieux prendre conscience des options financières qui s’offrent à eux dans une situation donnée et de prendre une décision éclairée.

Les concepteurs se sont fondés sur un nombre croissant d’indications selon lesquelles l’éducation ne suffit pas, à elle seule, à améliorer le bien-être financier des Canadiens. L’équipe a intégré des approches issues des sciences du comportement, de l’architecture des choix et du monde de la conception.

La Trousse de littératie financière met actuellement l’accent sur trois domaines : 

  1. Intérêts composés — simplifier un concept complexe pour le rendre plus abordable. 
  2. Épargne-études — augmenter la participation au régime enregistré d’épargne-études (REEE). 
  3. Prestations de retraite — inciter les gens à réfléchir au moment optimal pour commencer à percevoir leurs prestations du Régime de pensions du Canada (RPC). 

En contribuant à accroître les connaissances et la confiance au sujet de l’éducation financière et des comportements en matière de prise de décisions financières, la TLF permet aux Canadiens de composer avec ces enjeux importants à toutes les étapes de leur vie. 

Visitez la page du projet pour davantage de renseignements sur la Trousse de littératie financière (lien en anglais seulement).

Chercheur en littératie financière sur le terrain : David Rothwell

Nous entendons souvent parler des résultats de la recherche en littératie financière, mais il est plus rare d’entendre l’histoire des personnes qui se chargent de cette recherche. Voici David Rothwell.

M. Rothwell est professeur à l’Université d’État de l’Oregon (et ancien professeur à l’Université McGill). Il siège au sous-comité de la recherche du Comité directeur national sur la littératie financière (le Comité directeur national guide et conseille Jane Rooney, chef du développement de la littératie financière; le sous-comité de la recherche contribue à déterminer les conseils en question, comme il l’a fait pour le rapport d’avancement du Plan national de recherche sur la littératie financière).

Ancien travailleur social, M. Rothwell s’intéresse principalement à la pauvreté et considère la littératie financière (ou les « capacités financières », terme plus général qu’il privilégie) comme un prolongement naturel de ses recherches. Celles-ci portent également sur la mesure de la pauvreté, sur les politiques sociales en matière de pauvreté, sur la redistribution des revenus et sur le système de protection sociale lié à la pauvreté. M. Rothwell souligne que l’une des mesures à prendre pour lutter contre la pauvreté consiste à améliorer les capacités financières des gens.

La littératie financière est le fait de disposer des connaissances, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour prendre des décisions financières responsables, alors que les « capacités financières concernent les possibilités, y compris l’accès aux produits et services financiers, qui s’offrent à une personne lorsqu’on l’observe dans un contexte précis » [TRADUCTION].

Ce type d’observation tient également compte des facteurs contextuels, comme les caractéristiques de l’économie et les politiques sociales. Par exemple, on trouve fréquemment dans les sondages internationaux sur la littératie financière une question du genre : « Si vous deviez faire face à une urgence inattendue, auriez-vous accès à [XX dollars]? » [TRADUCTION]. Or, les résultats de cet indicateur varient fortement d’un pays à l’autre. Dans ses recherches, le M. Rothwell examine la cause de ces différences en tenant compte du contexte financier et social des gens. 

Interrogé sur la source de sa passion pour la littératie financière et l’inspiration de ses recherches sur la pauvreté, M. Rothwell répond que tout découle simplement du fait « de vivre et d’observer les inégalités sociales dans notre société et de penser à la manière de contribuer [à trouver une solution] comme personne ». Il s’est intéressé au volet recherche du problème et s’est dit qu’il s’agissait peut-être du meilleur moyen pour lui de contribuer à améliorer les connaissances sur le sujet et, idéalement, à réduire certaines de ces inégalités.

Son travail au sein du sous-comité a permis à M. Rothwell de prendre conscience de certaines améliorations possibles pour l’Enquête canadienne sur les capacités financières. Selon lui, c’est aussi une occasion unique d’aider les étudiants des cycles supérieurs avec qui il travaille et d’offrir aux nouveaux doctorants une expérience précieuse, car ils ont l’occasion de voir les décideurs en action. 

Par exemple, l’un des étudiants de M. Rothwell, Mohammad Khan, a été invité à présenter brièvement ses recherches lors du symposium de recherche de l’ACFC en novembre 2016.

À propos de son travail au sein du sous-comité de la recherche, M. Rothwell ajoute : « J’ai vraiment aimé en apprendre davantage sur le travail des gens, voir comment il est lié à ce que nous faisons. En tant que chercheur, je trouve gratifiant de participer à ce processus et de partager mon point de vue pour orienter les politiques de l’avenir et les recherches en littératie financière » [TRADUCTION]. 

Chercheur en littératie financière sur le terrain : Mohammad Khan

Après David Rothwell, c’est au tour d’un de ses étudiants au doctorat, Mohammad Khan, de nous communiquer sa passion et de nous faire faire un tour d’horizon de ses recherches en littératie financière. 

Mohammed Khan termine son doctorat en travail social, dans lequel il met l’accent sur la pauvreté et le développement social. Ses recherches portent principalement sur les capacités financières au Canada, chez les particuliers et dans les familles à faible revenu, tandis que sa thèse cherche à expliquer les écarts de littératie et de connaissances financières selon le groupe d’âge, la catégorie de revenu et le sexe.

M. Khan explique que l’accès aux ressources est un facteur clé dans ses recherches, où il applique une perspective de travail social aux questions de capacités financières, de connaissances financières et d’inclusion financière. « Il ne s’agit pas que de facteurs individuels, affirme M. Khan. C’est aussi structurel. L'inclusion financière, par exemple, comprend l’accès aux services financiers » [TRADUCTION].

L’intérêt de M. Khan pour la lutte contre la pauvreté remonte à son enfance. « Je suis originaire du Bangladesh, et il y avait beaucoup de pauvreté dans la région où j’ai grandi… les gens mouraient de pauvreté et de faim, souligne-t-il. Ensuite, quand je suis venu au Canada pour faire mon doctorat, tout a pris son sens; la littératie financière, c’était le mot pour décrire ce que je voulais faire, ce qui me manquait » [TRADUCTION].

Publiée en deux parties, l’étude de M. Khan utilise des données sur la littératie financière qui s’étendent sur plus de deux décennies pour dresser un tableau complet de la littératie financière au Canada.

Dans la première partie de son étude, M. Khan cerne les lacunes dans les connaissances financières des Canadiens et détermine leur capacité à évaluer leur niveau de connaissances financières. Par exemple, M. Khan a découvert que les personnes âgées de 65 ans et plus ont tendance à surestimer leurs connaissances financières, ce qui pourrait expliquer leur vulnérabilité à la fraude financière, à l’exploitation et à d’autres abus du genre. Cette découverte pourrait contribuer à créer des stratégies pour contrer ces problèmes. 

Dans la deuxième partie de son étude, M. Khan a conçu une mesure de la connaissance financière à partir des éléments de l’Enquête canadienne sur les capacités financières (ECCF). Il a ensuite sélectionné des données de l’enquête qui n’étaient pas biaisées en fonction de la catégorie de revenu pour trouver une mesure normalisée permettant de comparer les différents groupes de revenu. Il a constaté que les personnes à faible revenu affichent un niveau de connaissances financières nettement inférieur à celui des autres groupes, même après ces ajustements. 

L’étude de M. Khan a également causé une surprise. Comme il le dit lui-même : « C’est la première selon laquelle il n’y aurait pas d’écart entre les sexes en matière de connaissances financières au Canada » [TRADUCTION]. Il précise que cette constatation s’applique à la population du Canada dans son ensemble. Puisque la culture a un effet important sur la confiance et les connaissances en matière de finances, il pourrait y avoir des écarts entre les sexes au sein des communautés d’immigrants, en raison d’une participation moindre, voire nulle, d’un des sexes aux finances du ménage. M. Khan souligne que les interventions d’éducation financière peuvent changer les choses, lorsqu’elles sont bien faites.

« Il y a des initiatives ici au Canada pour aider les personnes à faible revenu, rappelle-t-il. Ces personnes ont peut-être un faible niveau de connaissances financières, mais ce n’est pas représentatif de leurs capacités. Cela reflète plutôt le fait qu’ils sont moins exposés aux activités financières. Lorsque ces personnes ne disposent d’aucune ressource, le simple fait de leur donner des connaissances financières n’est pas très utile. Il faut les combiner (avec une exposition aux activités financières). Parce que lorsque vous combinez possibilités et connaissances, il peut en résulter quelque chose de très beau » [TRADUCTION].

À suivre : billets de blogue rédigés par Jane Rooney, chef du développement de la littératie financière du Canada

L’Agence de la consommation en matière financière du Canada et le sous-comité de la recherche ont consacré beaucoup d’énergie à la mise en œuvre du Plan national de recherche. Rien d’étonnant, alors, à ce que nous ayons tellement de choses à vous dire qu’elles n’entrent pas dans un seul bulletin.

Jane Rooney, chef du développement de la littératie financière du Canada, fait un suivi hebdomadaire sur son blogue depuis la publication du Plan national de recherche. Lisez-la pour avoir un résumé des activités sur le sujet et profitez de ses explications approfondies sur les résultats des études entreprises dans le cadre du Plan. 

Voici un résumé des articles du blogue (cliquez sur les liens pour en apprendre davantage!).

1. Faire la différence : Résultats du Plan national de recherche

Il y a deux ans, un groupe important d’experts en recherche a été nommé pour faire partie du premier sous-comité de la recherche de l’ACFC. Leur tâche était de travailler en collaboration avec d’autres intervenants sur des sujets de recherche, tout en me conseillant, ainsi que mon Comité directeur national. 

Je suis très fière du travail effectué par ce sous-comité afin de faire progresser les efforts de recherche dans le domaine de la littératie financière. Alors que son mandat tire à sa fin, j’ai voulu utiliser cet espace pour vous informer des progrès phénoménaux réalisés par ses membres afin d’atteindre les objectifs du Plan national de recherche sur la littératie financière 2016-2018.

2. Un élément de base de la recherche en littératie financière au Canada : l’importance de la confiance

Lorsqu’il s’agit de la littératie financière, la confiance compte pour beaucoup. C’est le message principal du billet d’aujourd’hui dans lequel je soulignerai un certain nombre des constatations intéressantes présentées dans le Rapport d’avancement : Plan national de recherche du Canada sur la littératie financière 2016-2018 que nous avons publié la semaine dernière.

3. Un coup de pouce vers une nouvelle direction : l’économique comportementale et la littératie financière

Comment peut-on modifier les comportements afin de les améliorer? C’est une question qui a donné du fil à retordre à de nombreux chercheurs depuis longtemps. Il y a au moins une conclusion à tirer ici : ce n’est pas chose facile. 

Les chercheurs du domaine de l’économie comportementale reconnaissent que les êtres humains ne se comportent pas toujours de manière rationnelle et qu’ils sont influencés par des « biais comportementaux », ce qui signifie que les gens modifient leur comportement en fonction de la situation et du contexte. Aujourd’hui, nous commençons à mieux connaître le domaine de l’économie comportementale et les façons dont il peut nous aider à comprendre le comportement des gens dans divers contextes. Ces connaissances peuvent nous aider à améliorer la conception des programmes et des interventions liés à la littératie financière. 

4. Le chemin parcouru et les prochaines étapes : une entrevue avec Dilip Soman.

Dans ce billet de blogue, Mme Rooney fera part d’une conversation avec un membre du sous-comité, Dilip Soman, qui a récemment été nommé titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences du comportement et en économie. Elle lui a demandé d’évaluer nos progrès jusqu’à maintenant et de nous donner une idée des étapes qu’il reste à franchir. 

Bonne lecture!

Vous pouvez également nous suivre sur nos comptes Facebook et Twitter pour savoir quand les nouveaux billets de blogue seront mis en ligne!

Faites-nous part de vos nouvelles et événements

Le bulletin de l'Agence de la consommation en matière financière du Canada a pour objectif de faire connaître les initiatives qui sont menées partout au Canada afin de promouvoir les pratiques exemplaires et de faire naître de nouvelles initiatives ou nouveaux partenariats qui nous permettront de progresser sur la voie menant vers un Canada plus instruit en matière financière.

Si vous désirez partager vos succès en matière de littératie financière avec l​’ACFC, envoyez un courriel à leader-chef@fcac-acfc.gc.ca.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :