Catherine McKenna, ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, s’adresse à la séance de la Conférence GLOBE 2020 «  Climate Crisis: Mobilizing Capital »

Discours

C’est formidable d’être ici, de retour parmi des amis. Je suis évidemment ravie d’être de retour ici dans mon nouveau rôle de ministre de l’Infrastructure et des Collectivités.

J’aimerais commencer en soulignant que nous sommes sur le territoire non cédé des peuples salish du littoral, qui comprend les territoires des nations Musqueam, Squamish et Tsleil‑Waututh.

C’est extraordinaire d’être de nouveau ici, au GLOBE, ne serait-ce que pour parcourir le salon professionnel et voir toutes ces formidables entreprises qui proposent de nouvelles solutions. C’est là que vous pouvez réellement sentir que nous changeons, que le monde change. Et c’est très positif, non seulement parce que le changement climatique est une réalité, mais aussi parce que nous accordons de l’importance à l’air, à l’eau propre, à l’innovation, à l’emploi et à la croissance économique. 

Vous le savez, je sais, il n’y a pas de contradiction entre la croissance économique et l’action en faveur du climat. Elles doivent absolument aller de pair.

Compte tenu des impératifs liés au changement climatique et de notre devoir d’agir envers nos enfants et nos petits-enfants, nous entrons dans une période où la croissance économique sera avant tout liée au souci de bâtir un avenir plus résilient et à faibles émissions de carbone. Nous connaissons les estimations selon lesquelles le marché mondial du développement de l’énergie propre, des technologies propres, des solutions propres représente une possibilité se chiffrant à 26 billions de dollars. 

C’est assez amusant de voir des gens qui cherchent à vérifier ce chiffre, et de les entendre dire « est-ce vraiment de 26 billions? Ne s’agit-il pas seulement de 23 billions… ou peut-être est-ce 34 billions de dollars canadiens? »

Quoi qu’il en soit, le montant est énorme, et je ne pense pas qu’il soit utile de se chicaner sur le chiffre exact. Il représente la plus belle possibilité économique qui soit pour notre génération, et c’est dans ce contexte que je vois mon rôle de ministre de l’Infrastructure et des Collectivités du Canada.

J’ai beaucoup parlé de mes principales priorités comme ministre. Lorsque vous entrez en fonction, et alors que vous êtes littéralement en poste depuis cinq minutes, les médias vous demandent « quelles sont vos grandes priorités? Mais c’est toujours bon de situer les choses. Alors, la première de mes priorités, c’est de travailler avec les provinces et territoires, les municipalités, les peuples autochtones pour que les projets soient réalisés rapidement et améliorent la qualité de vie de tous les Canadiens. 

Deuxièmement, c’est de construire des projets qui font croître notre économie, créent des emplois locaux et stimulent notre productivité. 

Troisièmement, c’est de veiller à ce que tous les projets contribuent à créer un avenir plus résilient et à faibles émissions de carbone.

En ce qui concerne les infrastructures, quand le Canada bâtit, le Canada grandit. 

Nous ne pouvons vraiment pas discuter d’innovation et de durabilité d’entreprise sans reconnaître le défi que pose le changement climatique. Nul besoin de vous parler de toutes les études qui soulignent qu’investir dans des infrastructures propres, à faibles émissions de carbone, est l’une des meilleures façons – sinon la meilleure – de préparer l’économie de demain.

Si vous vous référez au rapport du conseil consultatif sur l’économie du ministre des Finances, vous y verrez qu’on y désigne les infrastructures comme étant le moteur le plus puissant de la croissance et de la productivité, à court et à long terme, pour le développement des économies locales et la création de bons emplois dans tout le pays.

Ce rapport était important pour moi, comme pour le ministre des Finances. Il était vraiment axé sur la façon dont nous pouvons tirer parti du secteur privé. Comment profiter du financement privé pour accomplir des choses extraordinaires qui feront croître notre PIB, qui augmenteront la productivité et qui, bien sûr, nous aideront à lutter contre le changement climatique.

Nous connaissons déjà les retombées. Comme l’ont souligné des groupes comme la Fédération canadienne des municipalités et le Bureau d’assurance du Canada, des investissements importants dans des infrastructures résilientes peuvent nous faire économiser des milliards de dollars. Le National Institute of Building Sciences, aux États-Unis, a calculé un bénéfice national de 11 dollars pour chaque dollar consacré à l’atténuation des risques naturels.

D’autres ont estimé que ce bénéfice pouvait atteindre 14 pour 1. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas investir. Je pense qu’il est vraiment temps de commencer à planifier de façon très stratégique en vue des prochaines décennies. C’est ce que nous faisons avec nos investissements dans les infrastructures. Et je suis également fière de dire que c’est aussi ce qui se passe avec le secteur privé et avec les solutions propres que nous observons. Une fois de plus les entreprises canadiennes font plus que leur part. Douze entreprises canadiennes ont été inscrites sur la liste des 100 premières entreprises mondiales de 2020 en matière de technologies propres.

Ce sont des entreprises comme Carbon Engineering, ici même à Squamish, qui est à l’avant‑garde des technologies de capture et de réutilisation du CO2 présent dans l’atmosphère, et CarbonCure Technologies de Dartmouth (Nouvelle-Écosse) –l’entreprise nord-américaine de technologie propre de l’année – qui fait des affaires dans le monde entier en injectant du carbone dans le béton.

En fait, j’étais en Californie hier; j’ai pu y visiter les bureaux de LinkedIn et voir CarbonCure en action. LinkedIn fait appel à CarbonCure pour la construction de nouveaux bureaux à Mountain View, en Californie. J’ai également rendu visite à Apple, qui s’est engagé à utiliser l’aluminium sans carbone fabriqué au Canada par Elysis. C’est, vous le savez sans doute, une coentreprise d’Alcoa Corp et de Rio Tinto basée à Montréal et soutenue par les gouvernements du Canada et du Québec.


Je suis ensuite allée voir le premier bâtiment en bois lamellé-croisé construit à San Francisco. Ils ont changé leur code de construction afin de pouvoir créer de grandes structures en bois. C’est du bois qui vient du Québec, qui a été prédécoupé et qui s’assemble comme des briques. Nous offrons des solutions que le monde entier utilise. Nous créons un avenir à faibles émissions de carbone.

Bien sûr, il s’agit de créer des emplois ici, de stimuler la croissance économique ici et j’espère aussi dans le monde entier. Bâtir des infrastructures propres, intelligentes, durables et résilientes mettra le Canada à l’avant de la scène à mesure que nous gérons la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Regardez où nous investissons nos fonds publics : dans le transport en commun, ce qui est extrêmement important. 

Je rencontre tous les maires de la région de Vancouver, et ils ont tous hâte de parler de leur vision des choses pour un meilleur transport en commun ici. Si vous pensez à la Canada Line entre Richmond et Vancouver, qui a ajouté quatre trains supplémentaires le mois dernier – en partie grâce au financement du gouvernement du Canada. Cela va augmenter la capacité aux heures de pointe de 15 %. Pensez aussi à Guelph, en Ontario, où j’ai participé à l’annonce du projet de transport en commun vert de la ville, dans le cadre duquel on prévoit le remplacement de 35 autobus au diesel par des autobus électriques à longue distance à court terme et 30 de plus à long terme, ainsi que des stations de recharge sur les itinéraires.

C’est formidable, car c’est une occasion que nous devons saisir d’électrifier tous nos autobus. Tous les maires m’en ont déjà parlé. Ils veulent savoir comment nous pouvons travailler avec les sociétés de transport en commun pour atteindre notre objectif de 5000 autobus électriques d’ici les cinq prochaines années.

La bonne nouvelle, encore une fois : un argument économique clair. J’étais à Winnipeg, au Manitoba, pour une séance de réflexion du Cabinet, et j’ai visité New Flyer – nous avons une formidable occasion de collaborer avec New Flyer.

Ainsi que Novabus, un autre leader sur le marché de la technologie des autobus électriques.

Notre engagement est que d’ici 2023, tous les nouveaux fonds pour le transport en commun viseront des options zéro émission.

Une autre histoire – j’adore les histoires. Je me suis rendue à Summerside, une ville de 15 000 habitants de l’Île-du-Prince-Édouard. Ses dirigeants viennent de réimaginer la façon d’assurer l’approvisionnement en énergie de leur ville. Avec l’aide du gouvernement, de la province et du secteur privé, la Ville va construire sa propre exploitation d’énergie solaire et ses propres installations de stockage.

La Ville fait équipe avec Samsung pour créer un réseau plus intelligent et plus efficace. Elle réalise des économies, crée des emplois et montre que de tels projets ne sont pas réservés aux grandes villes; tous peuvent y participer. La Ville répondra aux deux tiers de ses besoins en électricité grâce à l’énergie renouvelable, et elle réduira les émissions de carbone de 21 000 tonnes par année.

C’est un exemple de la façon dont nous pouvons améliorer la qualité de vie, transformer des collectivités et créer des emplois. Et pour ce qui est des risques – je n’ai pas besoin de vous en parler, vous vivez en Colombie-Britannique, vous les voyez – qu’il s’agisse d’inondations, de feux de forêt ou d’érosion des côtes, le défi est énorme.  

N’oublions pas que d’après le Forum économique mondial, le changement climatique est le risque le plus important, et que six des principaux risques cernés par les chefs d’entreprises sont liés à l’environnement et au changement climatique.

Mark Carney vient de parler de l’immense possibilité économique qui s’offre à nous. Et c’est de cela que dont nous devons vraiment discuter. Nous devons laisser de côté nos querelles, et nous concentrer sur ce que l’avenir nous réserve et sur la façon de veiller à aller dans la bonne direction. Comment réunir les bons intervenants et comment nous assurer de disposer des fonds nécessaires, parce que les coûts pour réussir sont très élevés.

Le gouvernement ne peut certainement pas y arriver seul, et nous avons des partenaires motivés. Je pense que nous devons modifier notre façon d’envisager les modèles de financement. Nous devons changer et examiner cette immense possibilité économique. Nous devons élargir notre perspective. Je pense que le Canada peut être un véritable modèle pour le monde entier à cet égard. C’est pour cette raison que je suis extrêmement heureuse d’occuper mes nouvelles fonctions de ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, pour contribuer au succès du Canada. Pour moi, « Quand le Canada bâtit, le Canada grandit », et c’est exactement ce que nous allons faire! Merci.

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