Avant et après les solutions : comment les défis et prix contribuent à l’atteinte d'objectifs stratégiques généraux

Julie Greene, Chef, Capacité et partenariats

En 2017, le gouvernement canadien a pris des mesures audacieuses et concertées lorsqu’il a créé l'Unité de l’impact et de l’innovation (UII) dans le but d’accélérer l’utilisation d’approches novatrices pour améliorer les résultats en ce qui a trait aux questions importantes pour les citoyens. À l’UII, qui est instaurée au sein d’un organisme central, soit le Bureau du Conseil privé, on nous a demandé d’expérimenter de nouveaux modèles de prestation de programme et d’évaluer s’ils contribuent à la transition entre l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies.

Sous la direction d’Impact Canada (qui fait partie de l’UII), les principales approches que nous utilisons sont les défis et prix, les modèles de financement selon le paiement à la réussite et l’introspection comportementale. Depuis son lancement en 2017, Impact Canada a connu une croissance rapide et dispose de plus de 720 millions de dollars dans le cadre de ses autorisations de programme et d’un important portefeuille de projets en lien avec l’introspection comportementale. Pour en savoir plus sur ce que nous faisons et sur la façon dont nous nous y prenons, vous pouvez consulter notre rapport annuel.

Je m’appelle Julie Greene, et j’ai le privilège d’être membre du centre d’expertise d’Impact Canada. Nesta Challenges (en anglais seulement) est un partenaire à part entière de notre équipe : cette fondation a guidé et appuyé nos efforts de co-conception de défis et prix avec certains des premiers clients d’Impact Canada.

Dans ce blogue, je souhaite aborder des choses importantes que nous avons apprises au cours des deux dernières années lorsque nous avons établi la portée des défis et prix et que nous les avons conçus, lancés et évalués. Lorsque nous réfléchissons aux raisons pour lesquelles un programme ou un ministère pourrait vouloir lancer un défi, nous tenons habituellement compte des choses suivantes :

Ce sont souvent là nos premières considérations lorsque nous examinons un problème donné que nous pourrions aborder ou mettre de l’avant dans le cadre d’un défi assorti d’un prix.

Dans le cadre de notre travail avec de nombreux ministères pour lancer des défis qui portent sur des questions de première importance pour les Canadiens (villes intelligentes et technologies propres, logements de qualité pour les Autochtones, crise des opioïdes), nous avons appris que lorsque les partenaires décident de consacrer le temps et l’énergie nécessaire pour définir et lancer un défi bien étayé et bien conçu, ils tiennent compte de ce qui pourrait être accompli au-delà des solutions que le défi pourrait apporter.

Du début de la planification à la première étape de l’évaluation, nous ignorons les possibles solutions que le défi pourrait nous apporter. Nous avons défini au meilleur de nos capacités ou, comme le dirait Olivier Usher (en anglais seulement) de Nesta avec son accent écossais : « nous sommes raisonnablement certains », que nous comprenons le problème, les approches actuelles et les obstacles au succès. Nous savons également qu’il existe une lacune à combler ou une occasion à saisir au moyen d’un défi s’accompagnant d’un prix. Cependant, nous n’avons aucune idée à ce moment-là de ce qui se passera réellement lorsque le défi sera lancé! Ainsi, lorsque nos partenaires examinent les raisons de lancer un défi, ils souhaitent exprimer ou explorer des objectifs stratégiques généraux en offrant un prix. En voici deux exemples.

Santé Canada est le ministère responsable de l’intervention en matière d’opioïdes, et le Canada est présentement en pleine crise. Le nombre de surdoses et de décès causés par les opioïdes, dont le fentanyl, a fortement augmenté et continue d’augmenter. Nous avons lancé le Défi des technologies de vérification des drogues pour « améliorer les technologies de vérification des drogues pour permettre aux personnes qui consomment des drogues et à celles qui les soutiennent de prendre des décisions plus informées, selon la composition de la drogue ». Cette introduction sur la plateforme du Défi envoie un message très clair au public : la réduction des méfaits (soit les mesures qui réduisent les conséquences négatives de l’usage de drogues ou de substances chez les consommateurs et dans les collectivités, sans en exiger l’arrêt) est un pilier de l’approche du gouvernement. Bien que les détracteurs de la réduction de méfaits soient d’avis que cette approche normalise un comportement risqué ou retarde la décision de suivre un traitement ou de cesser de consommer chez les personnes dépendantes, la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances « soutient les mesures visant à atténuer les conséquences sanitaires, sociales et économiques néfastes de la consommation de substances ».

Le fait de lancer un défi pour « mettre au point un appareil ou un instrument de vérification rapide, précis, facile à utiliser et peu coûteux qui peut être utilisé avec un minimum de formation et de travail préparatoire » exprime de façon claire et directe que notre priorité stratégique est de diminuer le nombre de décès à la suite d’une surdose d’opioïdes en utilisant tous les moyens possibles. Existe-t-il une façon plus directe de communiquer cette priorité que d’inviter des innovateurs de tous les milieux à aider à enrayer les surdoses? Comme le dit Tris Dyson (en anglais seulement), « nous voulons utiliser ces prix (en anglais seulement) pour résoudre ces problèmes de la meilleure façon possible, et ce rapidement, en tirant le meilleur parti de la motivation, des idées et des talents partout où ils se trouvent. »

La côte Est canadienne, où la pêche commerciale et la construction navale sont des moteurs économiques importants, est un autre exemple de la façon dont les défis permettent de communiquer et de mettre de l’avant des priorités générales. La région de l’Atlantique compte près de 13 000 bateaux de pêche côtière qui utilisent du carburant diesel pour se rendre dans les zones de pêche lucratives. Afin d’améliorer les résultats pour l’environnement et l’économie, l’Agence de promotion économique du Canada atlantique a lancé un défi aux constructeurs de bateaux : mettre au point une coque novatrice qui maximise l’efficacité énergétique, diminue les coûts opérationnels et réduit l’émission de gaz à effet de serre.

Pourtant, le Défi de l’efficacité de la conception des coques a de plus grandes aspirations : envoyer le message clair et transparent qu’il est possible d’encourager l’adoption de technologies propres dans un secteur qui s’est toujours appuyé sur des « méthodes éprouvées », souvent transmises de génération en génération. L’adoption d’approches nouvelles, novatrices et plus efficaces peut se heurter à des obstacles, notamment sur le plan financier et des comportements à changer. Dans ce cas-ci, en concevant un défi assorti de mesures incitatives et de soutien précises qui feront progresser les idées vers leur commercialisation, le gouvernement définit un espace clair pour l’innovation dans le secteur des technologies propres et, respectueusement, il encourage des progrès plus rapides dans un secteur presque aussi vieux que le monde.

Lorsque vous vous demandez si un défi assorti d’un prix serait le meilleur moyen réaliser des progrès en lien avec une question stratégique, il vaut aussi la peine de réfléchir à la façon dont cette approche peut vous aider à structurer et à communiquer clairement vos positions stratégiques au public, aux intervenants et aux innovateurs que vous ciblez.

Alors demandez-vous ceci : qu’est-ce que les défis et les prix peuvent faire d’autre pour moi?

Apprenez-en plus sur les défis d'Impact Canada.

Ce blogue a d’abord été publié (en anglais seulement) le 7 novembre 2019 par Nesta Challenges.

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