Mot d'ouverture pour l'honorable Patricia A. Hajdu, C.P., députée ministre de la Condition féminine à l'occasion de la The A Word: Reclaiming Advocacy Congrès organisé par l'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) et la Société Elizabeth Fry d'Ottawa

Discours

Le 3 juin 2016
Ottawa (Ontario)

La version prononcée fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada.

Bonjour, c’est un plaisir d’être parmi vous ce matin.

Avant de commencer, je tiens à souligner que nous nous trouvons sur le territoire non cédé de la nation algonquine.

Je veux d’abord vous dire à quel point j’aime le nom de cette conférence. En effet, lors de mes expériences de travail antérieures, j’ai souvent eu l’impression que le terme advocacy — la « revendication » — était tabou. J’ai lutté pour les droits fondamentaux que sont l’abri et la nourriture pour les membres de notre société qui sont les moins visibles, pour des personnes qui vivent en marge de la société et dont les besoins les plus élémentaires sont souvent ignorés.

Dans le cadre de cette lutte, on m’a souvent demandé d’expliquer pourquoi ces gens méritaient qu’on les aide — et la question venait souvent des décideuses et décideurs. Quand je répondais, parfois avec patience, d’autres fois avec une colère à peine dissimulée, on ne comprenait pas toujours. Et je suis convaincue que cette réaction découle du mythe nord­américain voulant que l’effort individuel soit le facteur le plus déterminant de la réussite. Ce mythe nous permet de blâmer de façon implicite les personnes les plus éprouvées par le malheur. Et mes efforts de revendication à titre d’alliée de ces personnes ne suffisaient pas.

La revendication, dans sa forme la plus pure, a pour objet de faire respecter le droit à l’égalité par la persuasion, la persistance et l’insistance.

Bon nombre de nos plus grandes avancées sociales, nous les devons au courage de personnes qui ont forcé le pouvoir à voir les faits en face.

Aujourd’hui, les femmes ont le droit de vote parce que les suffragettes ont lutté pour l’obtenir. La protection des droits des Autochtones a été améliorée parce que les Premières Nations se sont levées et ont vigoureusement exigé un changement — il reste beaucoup à faire, mais un dialogue a été amorcé. Le mariage entre personnes de même sexe est légal aujourd’hui parce que des militantes et militants l’ont revendiqué.

Croyez-moi, le militantisme et la revendication ne sont pas faciles. C’est souvent un travail ingrat, exigeant et solitaire. Les militantes et militants courent souvent un risque au plan personnel. Et bon nombre m’ont avoué que la lenteur des changements pouvait devenir décourageante; car la résistance est grande à l’intérieur des systèmes et structures en place. Le Canada, tel que nous le connaissons aujourd’hui, doit cependant son existence aux efforts de personnes comme vous. Alors, je vous remercie pour votre persévérance.

Bien sûr, les changements sont loin d’être finis et il reste bien du chemin à parcourir pour faire de l’égalité entre les sexes une réalité.

Malgré les progrès accomplis, rarement fait-on mention des fondements patriarcaux de notre culture. Et le patriarcat continue d’exercer une influence sur chaque aspect de la société canadienne, y compris notre perception des femmes et des hommes et des rôles qui reviennent à chacun, la manière dont nos enfants sont socialisés et les suppositions que nous formulons au sujet du genre. Et l’un de nos plus grands défis réside dans le mythe que l’égalité entre les sexes serait déjà un fait accompli et que la défense des droits des femmes ne serait donc plus nécessaire. Nombreuses sont les jeunes femmes qui ont été élevées pour croire qu’il n’existe plus d’obstacle fondé sur le genre au Canada.

Pourtant, des obstacles systémiques profondément enracinés dans nos structures continuent de freiner les femmes et les filles. Ils incluent l’écart salarial entre les sexes, une sous­représentation dans les postes d’influence et des taux de violence inacceptables. Et, bien sûr, ces obstacles augmentent fortement le risque qu’une personne soit exclue et vive dans la pauvreté, deux situations que vous connaissez bien à titre de défenseuses et défenseurs des droits des femmes aux prises avec la justice pénale.

Dans notre histoire, c’est souvent le secteur bénévole qui a été à l’avant-garde du changement et défriché le terrain pour nous faire avancer.

J’ai hâte de travailler avec vous à titre de ministre de la Condition féminine, afin d’élargir la portée de vos efforts. Avant d’être élue, j’étais directrice générale d’un refuge pour les personnes sans abri. Je sais donc que les organisations comme les vôtres ont beaucoup à offrir, mais encore faut-il vous faire une place autour de la table où se discutent les problèmes et se conçoivent les solutions.

À titre de ministre, je suis fière de représenter un gouvernement qui vous accueille à cette table.

Notre gouvernement s’est engagé à faire preuve d’ouverture et à écouter des points de vue diversifiés. Il s’est engagé à prendre des décisions qui se fondent sur des faits et tiennent compte du savoir-faire et du vécu des personnes qui seront directement touchées par ces décisions.

Notre décision de rétablir le questionnaire détaillé obligatoire du recensement est un aspect de cet engagement.

La consultation des collectivités et parties prenantes en est un autre aspect. Notre gouvernement s’apprête à revoir des programmes et des mesures législatives d’importance, et nous savons bien qu’il est essentiel d’entendre ce que les Canadiennes et les Canadiens ont à dire pour renforcer leur confiance en nous.

Le gouvernement du Canada mène de nombreuses consultations en ce moment.

Le mois dernier, ma collègue, la ministre de l’Emploi, du Développement de la main­d'œuvre et du Travail, a lancé des consultations sur les moyens d’assouplir les modalités de travail des Canadiennes et des Canadiens pour améliorer l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

Cela s’ajoute aux consultations en cours sur bien d’autres sujets, par exemple : l’amélioration de l’assurance­emploi, les soins aux enfants et l’adoption d’une loi pour protéger les droits des personnes handicapées.

Je me prépare aussi pour de vastes consultations qui guideront l’élaboration d’une stratégie fédérale complète contre la violence fondée sur le sexe. J’entendrai dans un premier temps les expertes, experts, militantes et militants, de même que les organismes communautaires.

Nous jugeons primordial d’entendre un large éventail de Canadiennes et Canadiens, y compris des jeunes femmes, des groupes autochtones et la communauté allosexuelle.

Les consultations comprendront des tables rondes avec des organismes non gouvernementaux, des universitaires, des expertes et des experts, ainsi que des réunions avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et des gouvernements étrangers.

Enfin, je veux parler brièvement du Programme de promotion de la femme de Condition féminine Canada.

Ce programme œuvre depuis longtemps en étroite collaboration avec les organismes communautaires à promouvoir l’égalité entre les sexes au Canada. Il le fait en finançant des projets qui visent à aplanir les obstacles à l’égalité entre les sexes et à la participation des femmes à la société canadienne.

L’examen quinquennal du programme est en cours. Dans le cadre de cet examen, nous consulterons les organismes afin de déterminer comment nous pourrions mieux soutenir leurs efforts en vue d’atteindre nos objectifs communs.

Le gouvernement reconnaît que la revendication occupe une place centrale dans le travail de bon nombre de ces organismes, et nous étudierons comment la soutenir à l’intérieur des modalités du Programme de promotion de la femme.

Les organismes non gouvernementaux jouent un rôle essentiel dans la gouvernance de notre pays. Vous aidez à définir les politiques et les programmes qu’adopte le gouvernement pour servir les Canadiennes et Canadiens, et vous contribuez à nous responsabiliser en nous demandant de répondre de nos engagements. Enfin — et c’est peut-être le plus important — vous faites valoir la nécessité du changement en faisant appel à la générosité et au bon sens des Canadiennes et Canadiens. C’est de cette façon qu’un pays progresse.

Il s’agit d’un travail important, et tout le monde bénéficie de vos réussites.

Je me réjouis d’avance à la perspective des réalisations nombreuses qui ne manqueront pas de venir couronner notre collaboration au cours des années à venir.

Merci! Thank you. Meegwetch.


Recherche d'information connexe par mot-clés

L'hon. Patricia A. Hajdu Condition féminine Canada Société et culture

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez cocher toutes les réponses pertinentes :

Déclaration de confidentialité

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :