Notes pour une allocution de l'honorable Patty Hajdu, ministre de la Condition féminine, sur le lancement de l'enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Discours

Le mercredi 3 août 2016 – Gatineau (Québec) – Condition féminine Canada

La version prononcée fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada.

Je remercie Mme Commanda, sage autochtone, pour ses paroles judicieuses. Je remercie également les ministres Bennett et Wilson-Raybould pour leurs allocutions.

Enfin et surtout, je vous remercie — vous qui avez témoigné avec courage de votre vécu au cours des derniers mois. Parmi vous, il y a des parents et des proches de femmes et de filles autochtones disparues ou assassinées, ainsi que des personnes ayant survécu à la violence. Sachez que nous reconnaissons le don immense que vous nous avez fait en nous racontant ces souvenirs extrêmement personnels. Je vous suis reconnaissante de la confiance que vous nous avez ainsi accordée en nous demandant d’honorer la mémoire de vos êtres chers, et je salue la force de caractère et le courage dont vous faites preuve en cherchant à créer un avenir meilleur pour d’autres femmes et filles au Canada.

Je sais qu’il vous a souvent été extrêmement pénible de nous raconter vos expériences.

Je vous remercie de votre confiance en nous, ainsi que de vos longues années de revendication, grâce auxquelles cette importante enquête voit maintenant le jour

Le gouvernement du Canada a profondément à cœur la réconciliation avec les peuples autochtones.

Les causes systémiques de la violence vécue par les femmes et les filles autochtones sont à la fois historiques et actuelles. Cette enquête les examinera toutes sans chercher d’échappatoires.

J’ai été profondément attristée par les multiples blessures dont ont témoigné les familles — mères, pères, grands-parents, frères, sœurs ou enfants. Et bien que chacune ait décrit des situations différentes, plusieurs thèmes sont tout de même ressortis.

Vos récits ont clairement révélé ce qui doit être la priorité de l’enquête : la discrimination sous toutes ses formes, y compris le racisme et la misogynie. C’est elle qui est à l’origine de la violence grave et constante que vos filles, sœurs, mères et grand-mères ont subie et continuent de subir.

La colonisation du Canada a transformé les collectivités et les familles autochtones. Elle a apporté le racisme, qui a eu des répercussions désastreuses sur la place des femmes autochtones dans leurs collectivités, le pouvoir qu’elles y exercent, la considération qu’on leur voue et leur situation économique.

Conjugué au sexisme, le racisme a rendu les femmes et les filles autochtones nettement plus vulnérables à la violence. Pour changer les attitudes et pratiques qui prévalent, il faut les soumettre à un regard honnête et soutenu. Il sera tout aussi important que l’enquête considère comment le racisme et le sexisme imprègnent jusqu’aux institutions censées protéger les femmes et les filles. Nous devons exiger l’adoption de changements qui élèveront le Canada en y faisant régner tant la sécurité que la bienveillance.

Aujourd’hui, nous lançons l’enquête. Toutefois, je vous rappelle qu’elle ne représente qu’une facette de notre engagement envers la prévention et l’élimination de la violence faite aux femmes et aux filles.

Je mène actuellement des consultations auprès des militantes et militants, des prestataires de services de première ligne et des universitaires qui luttent contre la violence fondée sur le sexe. Grâce aux conseils et témoignages reçus, je pourrai élaborer une stratégie fédérale pour contrer cette violence au Canada.

Cette stratégie ne remplacera pas l’enquête ni le travail de fond qui devra suivre la publication de ses recommandations.

Cependant, elle tiendra compte des expériences et des besoins propres aux femmes et aux filles autochtones. Dans l’attente des résultats de l’enquête, nous pouvons concevoir des mesures concrètes de prévention de la violence et d’aide aux personnes survivantes.

Ces mesures viendront compléter celles qui ont déjà été prises et jetteront les bases d’un environnement plus sûr, par exemple le financement de logements abordables et l’élargissement du réseau canadien de refuges et de maisons de transition pour les femmes.

Le lancement de cette enquête représente un moment marquant dans notre histoire.

Il s’agit d’une première étape cruciale vers l’élimination du racisme, du sexisme et de la violence qui nous empêchent d’aller de l’avant. Que tant de femmes et de filles autochtones soient mortes est une tragédie et une honte — pour toute la population canadienne.

Il nous faut reconnaître cette tragédie en cours; il nous faut en prendre acte et y mettre fin, sinon nous ne pourrons pas avancer. Tant que cela ne sera pas fait, la nation entière restera dans son ombre et souffrira les conséquences de son inaction.

Chaque fille autochtone a le droit de grandir à l’abri de la violence et chaque femme autochtone a droit à des chances égales de réussir.

Je vous remercie pour votre vaillance, votre conviction et votre courage.

L’enquête sera difficile, j’en suis consciente; c’est un chemin douloureux qui nous attend, mais il permettra un examen sans complaisance de la situation, et cet examen est essentiel pour créer un pays où filles et femmes auront toutes des chances égales de vivre dans la sécurité.

Miigwetch. Merci. Thank you.


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