Déclaration de l’honorable Maryam Monsef, ministre de la Condition féminine et cheffe de la délégation du Canada à la 62e session de la Commission de la condition de la femme de l’Organisation des Nations Unies

Discours

Le 13 mars 2018 - New York

La version prononcée fait foi

Madame la Présidente, je suis honorée d’être à la tête de la délégation du Canada à cette session de la Commission de la condition de la femme, à titre de membre du premier cabinet fédéral paritaire dans l’histoire du Canada.

Environ 200 personnes d’Équipe Canada ont été reçues par M. Blanchard, l’ambassadeur du Canada auprès de l’ONU. Parmi elles figuraient les porte-parole et responsables autochtones nationaux.

Les douze derniers mois ont été mouvementés. Cette session est peut-être la soixante-deuxième, mais c’est la première fois que nous avons l’occasion de nous réunir depuis les mouvements MoiAussi et TimesUp.

Force est de constater que nous sommes à un tournant de l’histoire, et le Canada entend bien mettre à profit l’énergie de ce tournant, par exemple : durant notre présidence du G7, en 2018, l’égalité des sexes sera une priorité transversale.

Quand on investit dans les femmes, on améliore l’économie pour tout le monde. [When we invest in women and girls, we improve the economy for everyone.]

C’est ce qui nous a poussés à déposer le tout premier budget genré tenant compte des intersectionnalités dans l’histoire du Canada. Ce budget prévoit de nombreuses mesures pour éliminer les obstacles systémiques à l’égalité des sexes.

En voici quelques exemples :

  • Le budget prévoit des investissements dans des stratégies nationales pour appuyer l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, les logements, l’entrepreneuriat des femmes et la réduction de la pauvreté, de même que des mesures pour encourager les femmes et les filles à faire carrière dans les sciences, les technologies, le génie ou les mathématiques.
  • Nous instaurerons un régime d’allocations pour enfants grâce auquel 300 000  enfants canadiens sortiront de la pauvreté.
  • Nous veillerons à éliminer le harcèlement et à offrir aux femmes une rémunération égale pour un travail de valeur égale dans les lieux de travail sous réglementation fédérale.
  •  Nous encouragerons un partage plus égal des responsabilités entre les parents et tâcherons aussi d’amener les hommes et les garçons à s’engager pour l’avancement de l’égalité entre les sexes.
  • Nous recommanderons qu’on intègre les considérations d’égalité entre les sexes aux accords commerciaux.
  • Nous lancerons un nouveau plan d’action national sur les femmes la paix et la sécurité, doté d’un budget d’aide internationale de 2 milliards de dollars. Cette somme viendra s’ajouter aux 650 millions de dollars déjà prévus pour la santé et les droits sexuels et génésiques en vertu de notre politique d’aide internationale féministe.
  • Ce budget prévoit aussi des investissements historiques dans les organismes de femmes, mesure complémentaire à la mise en œuvre de notre toute première stratégie fédérale pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe au Canada.

Ces mesures ne sont pas seulement motivées par l’idéalisme; elles sont la marque d’une sage gouvernance.

Nous savons par ailleurs que la meilleure façon de garantir des progrès tangibles, c’est d’obliger à mesurer.

Le Canada a résolu d’appliquer l’analyse comparative entre les sexes plus à toutes les décisions de l’État. Cette méthode d’analyse a préparé l’avènement de la budgétisation genrée, et nous prévoyons déposer un projet de loi qui fera de l’intégration des considérations relatives à l’égalité des sexes un aspect permanent du processus de budgétisation du Canada.

Nous avons aussi entrepris d’implanter un cadre de résultats relatifs aux sexes qui permettra de mesurer nos progrès vers la mise en place d’une économie servant les intérêts de toutes et tous. Là où persistent des lacunes, nous investirons dans la recherche et la collecte de données.

Pour ce qui est du thème de la Commission cette année…

Nous savons que les femmes et les filles autochtones sont aux prises avec des défis particuliers dans les collectivités rurales et éloignées, mais ces collectivités ont aussi des possibilités à saisir. Notre gouvernement est déterminé à travailler avec les Autochtones pour améliorer leurs résultats grâce à des investissements significatifs et s’est aussi engagé à adopter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

J’ai récemment été l’hôte d’un sommet sur les femmes rurales dans ma circonscription de Peterborough-Kawartha. On y a parlé des méfaits des stéréotypes et normes de genre à cause desquels les femmes ne sont jamais considérées comme des agricultrices, mais seulement comme des épouses de fermiers, et ce, bien qu’elles accomplissement le même travail que leur conjoint. On m’a aussi parlé du courage et de la résilience des femmes rurales et autochtones, qualités qui sont apparentes dans leur contribution à notre pays.

Il est important de reconnaître les défis qui existent et d’y apporter des solutions; mais il est tout aussi important de témoigner du vécu des femmes d’influence — des femmes comme Elsie Knott, de Curve Lake, qui a été la première femme autochtone élue à la tête d’une Première Nation.

Car si nos filles n’entendent jamais parler de ces femmes, elles ne pourront pas les émuler.

Il faut des exemples, des modèles à suivre, et il faut aussi un solide mouvement des femmes, parce que sans un mouvement fort, nos efforts vont s’étioler

Nous remercions donc les féministes pour leur vision, leur savoir-faire et leur influence à travers les décennies. Notre appelons à un investissement financier dans leur réussite à long terme.

Nous avons beaucoup à apprendre les unes et les uns des autres dans notre combat commun pour l’égalité des sexes. Le Canada demeure un partenaire et un chef de file dans les efforts mondiaux au service de cette cause, parce qu’investir dans les femmes, c’est renforcer nos économies et collectivités, ce qui profite à tout le monde.

Merci. Thank you.


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