Kiima : révolutionner l’industrie des cosmétiques

Main tenant un déodorant rechargeable Kiima, avec deux recharges solides suspendues au-dessus sur un fond neutre.

Dans une industrie – les cosmétiques – où l’on jette annuellement 120 milliards d’unités d’emballage, personne n’avait encore tenté de solution durable et applicable à grande échelle au problème des déchets. Kiima a choisi un angle inattendu : commencer par un objet petit, banal, omniprésent, mais terriblement polluant : le déodorant.

Sommaire

Entreprise : Siotal inc. (Kiima)
Nombre d’employés : 7
Région : Grand Montréal
Programme : Croissance économique régionale par l'innovation (CERI) – Productivité, numérisation et expansion

Cet appui de DEC a permis : d’accroître la capacité de production de l’entreprise et de mettre en œuvre une stratégie de commercialisation.

Jenny Essiambre et Samuel Lemire-Dupont, cofondateurs de Kiima, posent côte à côte, dans un cadre de portrait professionnel.
Jenny Essiambre et Samuel Lemire‑Dupont, cofondateurs de Kiima

S'attaquer à l'enjeu des déchets

La jeune pousse montréalaise s’est donc donné l’objectif ambitieux de révolutionner l’industrie des cosmétiques. Rien de moins! Et de quelle façon compte-t-elle y parvenir? En attaquant à la source son principal problème : l’enjeu des déchets.

Horrifiés par cette terrible image d’un secteur qui envoie chaque année des milliards d’unités à l’enfouissement, Samuel Lemire-Dupont et Jenny Essiambre, cofondateurs de Kiima, ont décidé de revoir ces produits qu’on utilise toutes et tous, et à partir de la base s’il vous plaît : leur conception.

La vision de Kiima relèvera donc à la fois de l’esthétique, de la fonctionnalité, et surtout, de la durabilité. Ce qu’on cherche, c’est la réduction de l’impact environnemental du secteur. Quel objet en plastique dur, à première vue banal mais au potentiel d’impact considérable, pourrait-on repenser pour commencer à transformer toute une industrie? Quel produit du quotidien utilise-t-on partout sur la planète et prend (le saviez-vous?) de 300 à 400 ans à se dégrader dans la nature? Le déodorant.

Une philosophie de la beauté utile

Jenny, designer d’intérieur de formation, pilote l’image de marque, la direction artistique et la création des produits. Samuel, quant à lui, apporte son expertise en automatisation industrielle et en représentation internationale. Cette combinaison donne naissance à un applicateur de déodorant pensé pour être conservé 10 ans; un objectif qui nécessite non seulement une grande robustesse, mais aussi une dimension esthétique certaine. Parce que chez Kiima, même si le design est au cœur de la démarche, il n’est pas question de faire du beau pour faire du beau. On veut démontrer que les produits pour le corps n’ont pas à être jetables, et cela représente une transformation culturelle autant qu’industrielle.

À cette approche s’ajoute une innovation clé : Kiima fabrique non seulement des applicateurs rechargeables, elle développe aussi tout un écosystème. L’entreprise collabore avec des partenaires de l’industrie cosmétique partout dans le monde, et ceux-ci conçoivent des recharges adaptées au format de l’applicateur, permettant à la clientèle de choisir parmi une variété de déodorants naturels provenant d’expertises diverses.

Et pour celles et ceux qui fabriquent leur propre déodorant, Kiima a également conçu un moule « fait main » facilitant la création d’une recharge à la maison, renforçant l’idée qu’on peut soi-même devenir actrice ou acteur du changement.


Une innovation locale à portée mondiale

Kiosque Kiima installé dans un conteneur urbain, présentant des déodorants rechargeables et des produits de soins personnels disposés sur des tables et des étagères, avec une personne derrière le comptoir et un panneau promotionnel à l’avant.
Kiosque Kiima présentant une gamme de déodorants rechargeables et de produits de soins personnels

Lorsque DEC entre en scène, Kiima est dans une phase cruciale : l’entreprise doit financer le moule pour son prochain produit, un baume à lèvres rechargeable. Mais elle doit aussi finaliser une levée de fonds en capital, maintenir son rythme d’innovation et soutenir son développement international. Le soutien gouvernemental arrive non seulement au bon moment, mais aussi sous la bonne forme : un financement structuré, flexible, en deux volets, qui lui permet de sécuriser son montage financier tout en poursuivant sa croissance.

Samuel témoigne avoir trouvé au sein de DEC une volonté réelle d’appuyer les entreprises locales innovantes, notamment celles qui apportent des solutions durables. Et il insiste beaucoup là-dessus :

« l’accompagnement a été humain, collaboratif, cohérent, loin des clichés administratifs ».

Grâce à son positionnement unique, Kiima connaît une croissance rapide. En moins de deux ans, elle a déployé ses produits dans des centaines de points de vente, dont Jean Coutu, Avril et Simons, et accélère sa croissance à l’international. L’entreprise vend ses produits au Québec, au Canada et aussi à l’étranger, notamment en Italie, en Espagne et aux États-Unis. Ce rayonnement international s’appuie directement sur son modèle partenarial : ses applicateurs sont fabriqués ici, oui, mais comme ses recharges sont produites par plusieurs marques internationales, l’entreprise se bâtit un réseau de mentors et d’alliés qui l’aident à s’adapter à des marchés exigeants.


Paver la voie

Marché extérieur avec un kiosque Kiima aménagé dans un conteneur, où des produits de soins personnels rechargeables sont présentés sur des tables.
Kiosques Kiima dans un marché

Kiima ne se contente pas d’offrir un produit nouveau : elle propose de changer les habitudes des consommateurs. Son approche s’inscrit dans les principes d’économie de la fonctionnalité, où l’on vend un usage plutôt qu’un objet. Cette vision guide l’entreprise dans tous ses développements et dans sa stratégie d’amélioration continue. L’objectif est clair : rester en avance dans un marché qui voudra tôt ou tard adopter les mêmes principes.

Samuel est convaincu que la force de Kiima repose autant sur la qualité du produit que sur sa capacité à évoluer. L’entreprise affine constamment ses designs en se basant sur les volumes d’utilisation réels, les retours clients et son expertise interne en emballage durable – une expertise qui semble aujourd’hui sans équivalent au Québec pour les déodorants rechargeables.

Les prochaines années seront marquées par de nouveaux lancements de produits, la consolidation des marchés internationaux et la poursuite de l’amélioration continue. Kiima ambitionne de devenir une entreprise qui, par son design et sa vision, transforme carrément son secteur, une industrie où la circularité pourrait devenir la norme plutôt que l’exception.

Pour ses cofondateurs, chaque produit bien conçu représente une part de solution. Et DEC est fier d’avoir contribué à propulser cette entreprise qui place Montréal sur la carte mondiale de l’écoconception grâce à un geste profondément réfléchi et absolument nécessaire.

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2026-05-19