Représenter Service Canada en temps de crise

En mai 2016, alors que les feux de forêt battaient leur plein dans le nord de l’Alberta, nous avons été inspirés par l’histoire d’une employée de Service Canada de Fort McMurray. Sans ménager sa peine, elle avait conduit ses concitoyens évacués à un chantier de sables bitumineux où elle et sa famille avaient été déplacées à des fins de sécurité. Monica Hill est vraiment un exemple de don de soi. Voici une partie de l’histoire qu’elle a racontée à ce moment-là dans le cadre du bulletin d’information de la région de l’Ouest et des Territoires, It’s All About You!

J’étais en train de faire des recherches sur Twitter et sur Facebook dans l’espoir de trouver des camps d’accueil au nord et de savoir lesquels étaient complets et lesquels acceptaient encore des gens. Il y avait énormément de voitures garées sur le côté de l’autoroute. Certaines personnes bavardaient, d’autres mangeaient et d’autres étaient au téléphone. Je connaissais l’emplacement d’un camp appelé Blacksand Executive Lodge, à l’est de Suncor. En temps normal, on met 30 minutes pour s’y rendre à partir de Fort McMurray, alors nous avons décidé d’y aller.

Après cinq heures et demie de route, nous sommes arrivés et sommes allés nous inscrire. Mon mari, mes deux enfants, notre chien, un hérisson et moi avons marché jusqu’à la file d’attente, en espérant qu’ils auraient de la place pour nous. Accompagnés de leurs chats, leurs chiens, leurs oiseaux et d’autres animaux, les gens dans la file attendaient patiemment. Un garde de sécurité est passé et a dit : « Les familles, c’est par ici ». Ils nous ont déplacés dans une file à part où les familles avaient la priorité et on nous a rapidement assigné des chambres communicantes avec une salle de bain. Nous étions émerveillés et reconnaissants. Chacune des deux chambres comportait un lit simple, un téléviseur, un évier et le Wi-Fi gratuit. Les enfants se sentaient plus en sécurité, ils étaient d’excellente humeur. Pas d’école et Internet à volonté : le rêve d’un jeune garçon de 12 ans!

Toujours sous le choc de notre évacuation, les autres et nous déambulions, un peu perdus à l’idée que nous ne regagnerions pas la maison de sitôt. Certains n’avaient rien avec eux. Pas de vêtements de rechange, rien. Notre famille se portait bien, mais il était temps d’aller aider ceux qui n’avaient pas autant de chance. Je n’avais peut-être pas de biens matériels à offrir, mais je pouvais partager mes connaissances obtenues de Service Canada.

Notre gestionnaire restait en contact étroit avec moi. Elle était d’un grand soutien. Elle s’assurait que nous étions en sécurité et nous gardait au courant de la situation à Service Canada. Quand j’ai appris que de l’aide avait été accordée à Anzac et Edmonton, j’ai suggéré l’aménagement d’une table au camp afin de venir en aide aux autres évacués. Elle a rapidement pris les dispositions nécessaires et, deux jours après le feu, j’étais en mesure d’aider les gens avec l’assurance-emploi et de répondre aux questions d’ordre général. Les gens voulaient des renseignements et des conseils sur les prochaines étapes. J’étais vraiment heureuse d’être en mesure de représenter Service Canada en aidant ces personnes. Ma mission m’aidait à me concentrer sur les autres et à effectuer des tâches concrètes, ce qui dégageait mon esprit de mes propres soucis. Cet exercice ne représentait que quelques heures de la journée et n’a duré que quelques jours, mais me faisait beaucoup de bien. J’étais fière de représenter notre gouvernement et d’être en mesure d’aider de façon proactive les personnes touchées par ce malheur.

Le quatrième jour, nous avons appris soudainement que nous devions évacuer le camp et que nous avions une demi-heure pour faire nos valises. Nous étions convoyés en autobus, puis à bord d’un avion à destination de Calgary. Un seul sac par personne. Nous avons rapidement entassé nos biens dans un sac chacun, mis le hérisson dans la sacoche de ma fille, attaché le chien à sa laisse et le reste est allé dans le VR. Nous avons laissé derrière nous nos albums de photos, nos papiers et nos souvenirs, et nous nous sommes une fois de plus dirigés vers l’inconnu. Bien que nous laissions la plupart de nos biens, nous avions ce qui comptait vraiment : notre famille, notre chien et notre hérisson. Fébrile, j’ai communiqué avec des amis d’Edmonton et de Calgary qui nous avaient tendu la main et nous avaient trouvé un endroit où rester, peu importe où nous allions atterrir.

C’est à ce moment que nous avons commencé à nous rendre compte de ce qui était arrivé et combien les gens étaient sensibles au sort de Fort McMurray. Nous avons pris un jet de Suncor en direction de Calgary. Les agents de bord ont gardé notre chien pendant que nous nous installions dans nos sièges et ils nous ont donné une cage de transport pour chat pour notre hérisson. Ils ont profité du moment où ils avaient Hedgie pour prendre des photos, et même le pilote était curieux de voir la drôle de créature qui se trouvait à bord de son avion. Nous étions surpris par la gentillesse de tout le monde. À notre atterrissage à Calgary, nous avons été accueillis par des gens qui brandissaient des pancartes d’accueil. Il y avait de la nourriture pour nous et nos animaux, et même des conducteurs bénévoles! L’une de ces bonnes âmes nous a emmenés à notre nouveau domicile de l’extrême sud de Calgary. Nous avions surmonté cette épreuve, tous ensemble et sains et saufs.

Nous avons mis un certain temps à nous ajuster à la bonté et à la générosité bouleversante des Canadiens. Partout où nous allons, les gens comprennent que nous sommes en état de choc et que nous repartons à zéro. C’est ce qui m’a émue. La solidarité d’un peuple durant une tragédie. Beaucoup de désintéressement et de gentillesse. Je suis vraiment reconnaissante pour le soutien de tout le monde. Grâce à eux, nous avons pu être épargnés du danger et nous rétablir. Je me suis sentie très privilégiée de travailler pour Service Canada et d’être une Canadienne.

NDLR : Après l’évacuation de la famille Hill à Calgary, le Blacksand Executive Lodge a été détruit par le feu de forêt.

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