Un témoignage de la Région du Québec

Par Brahim Benyoucef, conseiller en communications et apprentissage, College@ESDC

Lorsqu’on m’a offert l’occasion de participer comme volontaire à l’accueil des réfugiés syriens aux bureaux de Service Canada de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, j’étais ému à l’idée de vivre une expérience humaine exceptionnelle et j’étais curieux de voir comment un tel défi pouvait être relevé en si peu de temps.

C’était l’une de ces longues et glaciales nuits d’hiver.

À l’intérieur de l’aéroport, l’ambiance intense et les lumières dissipaient tout de suite l’effet et la sensation de nuit. Nous étions tous attentifs, et voilà qu’a retenti le premier message sonore : la première navette était arrivée, avec à son bord 56 familles, dont 150 enfants. Les formalités douanières avec les services frontaliers venaient d’être complétées.

Tous les regards se sont fixés vers l’entrée, et voilà qu’a débarqué le premier groupe, accueilli par les équipes d’Immigration Canada. Juste après, les équipes de la Croix-Rouge canadienne les ont dirigés vers les bureaux de Service Canada, pour compléter les formalités des numéros d’assurances sociales (NAS). Parler l’arabe m’a permis d’aider à accueillir les réfugiés dans leur langue maternelle, après avoir voyagé depuis plus de 24 heures et fuyant l’horreur de la guerre.

Par la suite, ceux d’entre eux qui allaient résider au Québec ont été dirigés vers les bureaux de Services Québec pour compléter les formalités de l’assurance maladie, alors que les autres ont été dirigés vers les services de la Croix-Rouge canadienne pour la distribution de vêtements et de collations. À la fin, ce sont les équipes d’Immigration Canada qui ont accompagné les réfugiés vers des aires de repos avant qu’ils ne poursuivent leur voyage vers leur province de destination, ou à l’extérieur de l’aéroport pour ceux qui allaient demeurer au Québec. Les services de santé accompagnaient au besoin les personnes malades pour leur offrir les soins nécessaires avant de les conduire vers la suite des formalités. Les interprètes accompagnaient les équipes pour les besoins de traduction.

Leurs visages et leurs regards brisés dégageaient une expression à la fois de fatigue et d’endurance, mais aussi de soulagement et de délivrance; c’était juste surréaliste. D’un ton de voix affaibli, un merci tiré du fond de l’âme brisée, soutenu d’un regard noyé, suffisait souvent pour saluer nos gestes. Du papier à dessin et du matériel de coloriage suffisaient pour divertir les enfants; et vite, la joie rejoignait l’innocence.

C’était impressionnant de vivre le succès d’une géante équipe, qui associait aussi bien des services du gouvernement fédéral que du gouvernement provincial, ainsi que des services communautaires. C’est la grande leçon de la collaboration horizontale et du travail en partenariat!

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