Rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi pour l’exercice financier commençant le 1er avril 2016 et se terminant le 31 mars 2017
Chapitre I - Contexte du marché du travail

De : Emploi et Développement social Canada

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Ce chapitre rend compte des principaux développements du marché du travail et de la situation économique qui prévalait au Canada au cours de l’exercice financier commençant le 1er avril 2016 et prenant fin le 31 mars 2017 (EF1617), ce qui correspond à la période d’évaluation du régime d’assurance-emploi pour ce rapportNote de bas de page 1. La section 1.1 présente un aperçu et le contexte historique de la situation économique de l’EF1617. La section suivante (1.2) résume les principaux développements du marché du travail au sein de l’économie canadienneNote de bas de page 2, Note de bas de page 3. Dans la section 1.3, il est question des tendances à long terme du marché du travail, comme les changements survenant au sein de la composition de la population active qui témoignent d’une population vieillissante et plus éduquée; les changements observés dans la nature des emplois s’expliquant notamment par les progrès technologiques menant à des possibilités d’emploi accrues pour les travailleurs hautement qualifiés, mais aussi à moins de postes pour les travailleurs moyennement qualifiés, et les changements au sein de la population au chômage illustrant les variations dans l’offre et la demande de main-d’œuvre au fil du temps. Les tableaux relatifs aux éléments dont il est question dans ce chapitre se trouvent à l’annexe 1.

1. Contexte du marché du travail

1.1 Vue d’ensemble de la situation économique

Le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada a rebondi au cours de l’exercice financier débutant le 1er avril 2016 et se terminant le 31 mars 2017 (l’EF1617), affichant une croissance de 1,7 %, ce qui a fait suite au plus faible taux de croissance enregistré depuis la récession de 2008 à 2009 (+0,7 % à l’EF1516). Malgré tout, la croissance économique est demeurée légèrement inférieure à la moyenne enregistrée au cours des cinq années suivant la fin de la récession de 2008 à 2009 (voir le graphique 1). Cette situation s’explique en partie par le maintien de la faiblesse des prix des produits de base, jumelé aux importants feux de forêt survenus en Alberta qui ont exercés des pressions sur l’économie canadienne en début d’année, et aux faibles investissements commerciaux qui ont continué leur déclin (-3,0 %)Note de bas de page 4. Lorsque comparé aux autres pays du Groupe des Sept (G7), le Canada se trouve au troisième rang en ce qui a trait à la croissance du PIB réel au cours de l’EF1617, derrière le Royaume-Uni (+2,0 %) et l’Allemagne (+1,9 %)Note de bas de page 5. Par conséquent, le Canada continue de jouir d’un niveau de vie élevé et se classe au troisième rang des pays du G7 (en utilisant la parité de pouvoir d’achat) avec un PIB d’environ 42 700 dollars américains par habitant Note de bas de page 6.

Même si les prix de l’énergie sont demeurés bien en deçà de la moyenne observée au cours des dix dernières années, la croissance économique s’est accélérée au cours de l’EF1617 en raison de l’augmentation des dépenses de consommation à l’intérieur du pays. La croissance des dépenses de consommation s’explique par une augmentation plus rapide de l’emprunt par rapport aux revenus, menant à un endettement sans précédent des ménages canadiens durant l’EF1617. Depuis la fin de la récession de 2008 à 2009, les ménages canadiens présentent le plus haut ratio d’endettement, en proportion de leurs revenus, de tous les pays du G7 (voir le graphique 2).

Graphique 1 - Produit intérieur brut réel, Canada, 2007-2008 à 2016-2017
Graphique 1 - Produit intérieur brut réel, Canada, 2007-2008 à 2016-2017
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Année Croissance du produit intérieur brut (échelle de droite) Produit intérieur brut (échelle de gauche)
2007 à 2008 2,1 % 1,58
2008 à 2009 0,0 % 1,58
2009 à 2010 -2,0 % 1,55
2010 à 2011 3,4 % 1,60
2011 à 2012 3,0 % 1,65
2012 à 2013 1,6 % 1,68
2013 à 2014 2,7 % 1,72
2014 à 2015 2,7 % 1,77
2015 à 2016 0,7 % 1,78
2016 à 2017 1,7 % 1,81
  • Remarque : La partie ombrée correspond à une période de récession de l'économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Système canadien des comptes macroéconomiques, CANSIM, Tableau 380-0064.
Graphique 2 - Ratio d’endettement des ménages, pays du Groupe des Sept, 2009-2010 et 2016-2017
Graphique 2 - Ratio d’endettement des ménages, pays du Groupe des sept, 2009-2010 et 2016-2017
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Pays 2009 à 2010 2016 à 2017
Canada 154,9 168,6
France 97,2 104,1
Allemagne 92,3 85,4
Italie* 81,1
Japon** 101,2 102,6
Royaume-Uni 154,6 143,2
États-Unis 126,1 104,5
  • * Il n’existe pas de données sur l’Italie pour 2009-2010.
  • ** Données de 2015-2016 pour le Japon.
  • Source : OCDE, Comptes nationaux, tableau de bord des ménages.

Un ratio dette-revenu élevé peut réduire la capacité des ménages à honorer leurs créances. Plus les paiements minimaux de la dette sont élevés par rapport au total du revenu disponible (aussi appelé la charge du service de la dette), plus les impacts d’un choc économique, comme la perte d’un emploi ou une hausse des taux d’intérêtNote de bas de page 7, seront importants pour le ménage. Au cours de l’EF1617, la charge du service de la dette des ménages canadiens a atteint son plus haut niveau depuis les sommets historiques enregistrés avant et pendant la récession de l’EF0809. Un rapport de 2016 du Bureau du directeur parlementaire du budget prévoit que cette situation pourrait s’aggraver au cours des prochaines annéesNote de bas de page 8.

1.2 Le marché du travail canadien en 2016 à 2017

La taille de la population activeNote de bas de page 9 du Canada a augmenté de 0,8 % (+ 156 900), s’établissant à 19,6 millions durant l’EF1617, ce qui est légèrement moindre que le taux de croissance enregistré au cours de l’exercice précédent (+1,0 %). Cette situation témoigne du déclin de la population active en Alberta au cours du premier trimestre de l’exercice en raison des feux de forêt qui ont ravagé le nord de la province. La croissance fut concentrée en Colombie-Britannique (+2,7 %) et en Ontario (+0,8 %), alors que la plupart des provinces de l’Atlantique ont enregistré un petit déclin. La seule exception fut le Nouveau-Brunswick (+0,1 %). Bien que la croissance de la population active durant l’EF1617 ait été quelque peu inférieure à celle de l’exercice précédent, la croissance de l’emploi (+1,0 %) a été plus importante que l’augmentation enregistrée pendant l’EF1516 (+0,8 %). De plus, le nombre de chômeurs a chuté durant l’EF1617 (-1,4 %).

Outre la hausse du nombre de personnes occupées, le nombre de postes vacants (c’est-à-dire, les emplois non dotés pour lesquels les employeurs cherchent activement des travailleurs) a aussi augmenté au cours de l’EF1617 (+1,4 %) pour un total de 391 900 postes vacants. En plus de cette augmentation du nombre de postes vacants, la durée de la vacance des postes a également cru légèrement, ce qui porte à croire, qu’en général, les employeurs ont eu besoin d’un peu plus de temps pour pourvoir les postes vacants comparativement à l’année précédenteNote de bas de page 10. Il devient généralement difficile de pourvoir les postes vacants lorsque la main-d’œuvre disponible, principalement le nombre de chômeurs, enregistre un repli par rapport au nombre de postes à doter. Au cours de l’EF1617, l’importante augmentation du nombre de personnes en emploi jumelée au déclin du nombre de chômeurs par rapport à l’année précédente a mené à une petite diminution (-0,1 point de pourcentage) du taux de chômage national qui se situait à 6,9 %. Il y a malgré tout des variations régionales considérables qui sont présentées plus en détail à la sous-section 1.2.1 Marchés du travail régionaux changeants. De plus, cette diminution du taux de chômage national est quelque peu en contradiction avec la petite augmentation de la durée moyenne des épisodes de chômage (périodes continues de chômage pendant lesquelles une personne cherche du travail) qui fut observée au cours de cette même période.

Même s’il est vrai que le Canada affichait généralement des développements positifs pour le marché du travail durant l’EF1617, ces derniers furent modestes lorsque comparés aux autres pays du G7. Plus précisément, le Canada a présenté le troisième plus haut taux de chômage (voir le graphique 3A) et a enregistré la deuxième plus faible baisse du taux de chômage ainsi que le deuxième plus faible taux de croissance de l’emploi (voir le graphique 3B)Note de bas de page 11.

Graphique 3A - Taux de chômage, pays du Groupe des Sept, 2016 à 2017
Graphique 3A - Taux de chômage, pays du Groupe des sept, 2016 à 2017
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Pays 2016 à 2017
Canada 6,9 %
France 9,9 %
Allemagne 4,0 %
Italie 11,7 %
Japon 3,0 %
Royaume-Uni 4,7 %
États-Unis 4,8 %
  • Source : OCDE, Statistiques sur la population active, Statistiques à court terme sur le marché du travail.
Graphique 3B - Croissance de l'emploi (en %), pays du Groupe des Sept, 2016-2017
Graphique 3B - Croissance de l'emploi (en %), pays du Groupe des sept, 2016-2017
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Pays 2016 à 2017
Canada 1,0 %
France 0,5 %
Allemagne 2,1 %
Italie 1,4 %
Japon 1,0 %
Royaume-Uni 1,4 %
États-Unis 1,5 %
  • Source : OCDE, Statistiques sur la population active, Statistiques à court terme sur le marché du travail.

1.2.1 Marchés du travail régionaux changeants

À l’échelle régionale, la Colombie-Britannique a affiché l’un des plus importants taux de croissance d’une année à l’autre pour ce qui est de l’emploi et du nombre de postes vacants. La province a aussi enregistré l’un des plus faibles taux de chômage au cours de l’EF1617. Les marchés du travail québécois et ontarien ont aussi présenté des développements positifs tandis que les provinces et les territoires dont l’économie est plus dépendante des matières premières (Alberta, Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador) ont connu de légers reculs.

La croissance de la population active fut concentrée en Colombie-Britannique (+2,7 %), la seule province à afficher une augmentation supérieure à la moyenne nationale (+0,8 %). Pour la province, il s’agit du plus important taux de croissance enregistré depuis l’EF0203, témoignant notamment du nombre accru de chômeurs à la recherche d’emploi provenant de l’AlbertaNote de bas de page 12. Les perspectives d’emploi ont été particulièrement bonnes en Colombie-Britannique alors que les taux de croissance de l’emploi (+3,4 %) et du nombre d’emplois vacants (+10,4 %) furent supérieurs aux moyennes nationales (soit, +1,0 % et +1,4 % respectivement) durant l’EF1617 (voir le tableau 1). Les taux de croissance de l’emploi et du nombre d’emplois vacants ont aussi été supérieurs à la moyenne nationale au Québec (+1,3 % et +11,9 % respectivement) et en Ontario (+1,1 % et +8,2 % respectivement). À l’opposé, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, la Saskatchewan et l’Alberta ont enregistré au cours de cette même période des replis de l’emploi et du nombre de postes vacants.

De plus, durant l’EF1617, pour la première fois depuis que l’Enquête sur la population active collige des données sur le marché du travail, la Colombie-Britannique a enregistré le plus bas taux de chômage (5,7 %) parmi toutes les provinces, avec une diminution de 0,6 point de pourcentage par rapport à l’exercice précédent. Le plus important recul a toutefois été observé au Québec (-0,9 point de pourcentage) qui a aussi affiché son plus bas taux (6,8 %) jamais enregistré. En revanche, la faiblesse des prix des produits de base a continué d’être un fardeau pour certaines régions, notamment en Alberta et en Saskatchewan alors que ces deux provinces ont affiché les plus grandes augmentations du taux de chômage (+1,7 point de pourcentage et +1,0 point de pourcentage respectivement), faisant en sorte que leur taux a atteint leur plus haut niveau enregistré depuis le milieu des années 1990.

Tableau 1 - Niveau d’emploi, croissance de l’emploi, nombre de postes vacants et croissance du nombre de postes vacants et taux de postes vacants, selon la province ou le territoire, Canada, 2016 à 2017
Emplois
(en milliers)
Variation d’une année à l’autre de l’emploi (en %) Postes vacants
(en milliers)
Variation d’une année à l’autre du nombre de postes vacants (en %) Taux de postes vacants (en %)
Terre-Neuve-et-Labrador

231,3

-1,5 %

3,6

-22,9 %

1,7 %

Île-du-Prince-Édouard

71,9

-1,1 %

1,3

-10,7 %

2,2 %

Nouvelle-Écosse

447,1

-0,1 %

8,4

-14,5 %

2,1 %

Nouveau-Brunswick

352,8

+0,7 %

6,5

-10,5 %

2,2 %

Québec

4 156,8

+1,3 %

66,3

+11,9 %

1,9 %

Ontario

7 024,5

+1,1 %

168,5

+8,2 %

2,8 %

Manitoba

635,2

+0,1 %

11,2

-8,8 %

1,9 %

Saskatchewan

569,0

-0,8 %

9,0

-24,2 %

1,9 %

Alberta

2 263,3

-1,4 %

43,0

-23,8 %

2,2 %

Colombie-Britannique

2 401,4

+3,4 %

72,7

+10,4 %

3,4 %

Yukon

20,7

+6,8 %

0,6

-13,1 %

3,2 %

Territoires du Nord-Ouest

22,3

+0,6 %

0,6

-32,3 %

2,5 %

Nunavut

13,5

+5,9 %

0,3

-21,0 %

2,7 %

Canada

18 209,9

+1,0 %

391,9

+1,4 %

2,5 %

  • Remarque: Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués. Les variations en pourcentage sont basées sur des chiffres non arrondis.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableaux CANSIM 282-0087 et 282-0100 pour les statistiques sur l’emploi et Enquête sur les postes vacants et les salaires tableau CANSIM 285-0001 pour les statistiques sur les postes vacants.

En raison des développements divergents durant l’EF1617 au sein des marchés du travail régionaux, la durée moyenne des épisodes de chômage a varié de façon importante au sein des différentes provinces. Alors que la baisse du cours des produits de base a continué de peser sur les économies albertaines et saskatchewanaises, réduisant le nombre de possibilités d’emploi et augmentant le chômage, ce phénomène a aussi fait croître considérablement la durée moyenne des épisodes de chômage dans ces régions. La durée moyenne des épisodes de chômage en Alberta a atteint son plus haut niveau jamais enregistré (21,9 semaines) et fut, pour la première fois durant l’EF1617, la plus importante au Canada (où la durée moyenne était de 20,3 semaines), comme le montre le tableau 2Note de bas de page 13. La Saskatchewan a aussi affiché une importante hausse (+4,6 semaines) et sa durée moyenne la plus élevée (17,8 semaines) depuis le début des années 2000. La durée des épisodes de chômage n’a pas beaucoup changé dans les autres régions.

Tableau 2 - Taux de chômage et durée des épisodes de chômage selon la province ou le territoire, Canada, 2015 à 2016 à 2016 à 2017
Taux de chômage Durée des épisodes de chômage (semaines)
2015 à 2016 2016 à 2017 Variation (pts de %) 2015 à 2016 2016 à 2017 Variation
Terre-Neuve-et-Labrador

13,3 %

13,7 %

+0,4

17,6

17,9

+0,3

Île-du-Prince-Édouard

10,5 %

10,6 %

+0,1

15,6

14,0

-1,6

Nouvelle-Écosse

8,6 %

8,1 %

-0,5

19,0

18,3

-0,7

Nouveau-Brunswick

9,8 %

9,2 %

-0,6

18,5

19,5

+1,0

Québec

7,7 %

6,8 %

-0,9

23,5

21,8

-1,7

Ontario

6,7 %

6,4 %

-0,3

20,0

20,2

+0,2

Manitoba

5,8 %

6,1 %

+0,3

17,0

18,0

+1,0

Saskatchewan

5,4 %

6,4 %

+1,0

13,2

17,8

+4,6

Alberta

6,6 %

8,3 %

+1,7

15,5

21,9

+6,4

Colombie-Britannique

6,3 %

5,7 %

-0,6

18,9

18,4

-0,5

Yukon

6,2 %

5,3 %

-0,9

s.o.

s.o.

s.o.

Territoires du Nord-Ouest

8,3 %

7,1 %

-1,2

s.o.

s.o.

s.o.

Nunavut

17,2 %

14,3 %

-2,9

s.o.

s.o.

s.o.

Canada

7,0 %

6,9 %

-0,1

19,8

20,3

+0,5

  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableaux CANSIM 282-0087, 282-0100 et 282-0047.

Les changements observés relativement à la rémunération hebdomadaire nominale ont aussi été inégaux à l’échelle des provinces; l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest ont été les deux seules régions à afficher un recul. Toutefois, en prenant en considération l’augmentation du coût de la vie, approximé par l’indice des prix à la consommation (IPC), seuls l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec et la Saskatchewan ont enregistré une augmentation plus importante de la rémunération hebdomadaire par rapport à la hausse de l’IPC, ce qui a mené, de façon générale, à une baisse du pouvoir d’achat des travailleurs canadiens durant l’EF1617 (voir le tableau 3)Note de bas de page 14.

Tableau 3 - Rémunération hebdomadaire nominale et indice des prix à la consommation selon la province ou le territoire, Canada, 2016 à 2017
Rémunération hebdomadaire nominale moyenne ($)* Variation d’une année à l’autre de la rémunération hebdomadaire nominale (en %) Variation d’une année à l’autre de l’indice des prix à la consommation (en %)
Terre-Neuve-et-Labrador

1 024

+0,4 %

+3,4 %

Île-du-Prince-Édouard

822

+1,9 %

+1,4 %

Nouvelle-Écosse

848

+0,8 %

+1,3 %

Nouveau-Brunswick

877

+2,0 %

+2,5 %

Québec

882

+1,0 %

+0,6 %

Ontario

978

+1,3 %

+2,0 %

Manitoba

894

+1,2 %

+1,4 %

Saskatchewan

994

+1,3 %

+1,0 %

Alberta

1 116

-1,7 %

+1,1 %

Colombie-Britannique

924

+1,5 %

+2,0 %

Yukon

1 062

+0,7 %

+1,3 %

Territoires du Nord-Ouest

1 395

-2,1 %

+1,2 %

Nunavut

1 285

+1,9 %

+2,4 %

Canada

960

+0,7 %

+1,5 %

  • * La rémunération inclut les heures supplémentaires et s’applique à l’ensemble des salariés rémunérés à l’heure, aux employés à salaire fixe et aux autres salariés.
  • Sources : Statistique Canada, Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail, CANSIM, tableau 281-0026 (pour les données sur la rémunération nominale), et Statistique Canada, Mesure de l’indice des prix à la consommation, CANSIM, tableau 326-0020 (pour les données sur l’indice des prix à la consommation).

1.2.2 Les tendances en matière de mobilité de la main-d’œuvre se renversent alors que les prix des produits de base chutent

Tous les ans, un grand nombre de Canadiens (286 900 entre le premier juillet 2016 et le 30 juin 2017) déménagent dans une autre province ou un autre territoire. La majorité (154 800) des membres de ce groupe sont âgés de 25 à 54 ans. Ces déplacements entre les provinces s’expliquent en partie par les personnes cherchant des occasions d’emploi et donnent la possibilité aux travailleurs d’avoir accès à d’autres marchés du travail et de trouver un emploi ou d’en obtenir un correspondant davantage à leurs compétences. Sur le plan national, la mobilité interprovinciale peut accroître la croissance de la productivité et du PIB réel, de même qu’améliorer les débouchés pour les travailleurs résidant dans les provinces affichant un taux de chômage élevé et un excès d’offre de main-d’œuvre, en leur permettant de déménager dans des provinces où le taux de chômage est moins élevé et où il y a des pénuries de main-d’œuvre.

S’il est vrai que plusieurs éléments peuvent inciter une personne à déménager (y compris, sans toutefois exclure d’autres motifs, des possibilités d’emploi, les études ou l’école, des raisons familiales), la volonté de rehausser son niveau de vie est souvent un facteur déterminant. Depuis le milieu des années 1990, les provinces de l’Ouest, tout particulièrement l’Alberta, furent une destination de choix pour une majorité de migrants interprovinciaux canadiens. Toutefois, en raison de la faiblesse persistante des prix des produits de base et du marché du travail albertain moins favorable, les tendances ont quelque peu évolué au cours des dernières années en faveur de la Colombie-Britannique et de l’Ontario (voir le graphique 4).

Les développements liés au marché du travail de la Colombie-Britannique ont fait de cette province une destination de choix pour les migrants interprovinciaux depuis l’EF1516 (+21 400 en moyenne par année). L’Ontario a aussi affiché des soldes migratoires positifs depuis ce même exercice (+17 400 par année). De plus, l’exode migratoire dans les provinces de l’Atlantique est nettement moindre (-1 300 par année depuis l’EF1516 comparativement à -6 200, en moyenne, pour les deux exercices précédents).

Graphique 4 - Part du solde migratoire interprovincial net selon la région, Canada, 2005-2006 à 2016-2017
Graphique 4 - Part du solde migratoire interprovincial net  selon la région, Canada, 2005-2006 à 2016-2017
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Région Moyenne annuelle de 2005 à 2006 à 2014 à 2015 Moyenne annuelle de 2015 à 2016 à 2016 à 2017
Provinces de l'Atlantique -15,0 % -3,5 %
Québec -30,2 % -28,2 %
Ontario -38,6 % 44,9 %
Manitoba-Saskatchewan -15,1 % -28,0 %
Alberta 73,4 % -39,0 %
Colombie-Britannique 26,6 % 55,1 %
  • Source : Statistique Canada, tableau Cansim 051-0012.

En plus de la migration interprovinciale, certains travailleurs peuvent aussi effectuer des déplacements réguliers (quotidiens ou navette aérienne) entre la province où ils demeurent et celle où ils travaillent. Selon une étudeNote de bas de page 15 de Statistique Canada portant sur l’emploi interprovincial au Canada, environ 420 000 personnes (3 % de la main-d’œuvre canadienne rémunérée) ont été classées comme employés interprovinciaux en 2011. D’après les conclusions de cette étude, un pourcentage plus élevé de la main-d’œuvre rémunérée des plus petites provinces (par exemple, celles du Canada atlantique) prend part à l’emploi interprovincialNote de bas de page 16. En 2011, les employés interprovinciaux représentaient environ 10 % de la main-d’œuvre rémunérée à Terre-Neuve-et-Labrador par rapport à moins de 2 % en Ontario.

Les niveaux importants d’exode migratoire enregistrés par les provinces de l’Atlantique au cours des dix dernières années jumelés aux importants niveaux d’employés interprovinciaux ont d’autant plus aggravé le fait qu’il existe un bassin limité de travailleurs disponibles dans ces provinces. L’emploi interprovincial s’avère une importante source de revenus pour une grande proportion de la population de Terre-Neuve-et-Labrador (environ 9 % des salaires et traitements totaux en 2011), de l’Île-du-Prince-Édouard (6 %), de la Nouvelle-Écosse (5 %) et du Nouveau-Brunswick (5 %). Parallèlement, l’emploi interprovincial a toutefois fait en sorte que ces provinces sont légèrement plus à risque de ressentir les effets de chocs économiques émanant d’autres régions du pays, car ceux-ci pourraient également avoir des répercussions sur les marchés du travail locaux ainsi que sur le régime de l’assurance-emploi (qui se fonde sur le lieu de résidence).

1.3 Tendances à long terme du marché du travail au Canada

Parallèlement aux changements observés au cours de l’EF1617, le marché du travail canadien est caractérisé par des tendances à long terme qui redéfinissent la population active. L’offre de travail a subi des changements considérables témoignant de l’impact du vieillissement de la population, des politiques publiques et de la demande pour des travailleurs hautement qualifiés ou ayant un diplôme universitaire. La composition de l’emploi a aussi changé alors qu’une plus grande proportion de postes exige désormais une formation postsecondaire et se trouve dans le secteur des services. Ces changements ont eu des impacts sur la population au chômage qui, en moyenne, trouve également dans ses rangs de plus importantes proportions de diplômés de niveau postsecondaire et de personnes n’ayant pas d’expérience de travail récente.

1.3.1 Main-d’œuvre canadienne en évolution

À l’instar de la plupart des pays développés, l’âge médian de la population du Canada a augmenté de façon importante, passant de 26,2 ans en 1971 à 40,6 ans en 2017Note de bas de page 17. Le vieillissement de la population, poussé notamment par la diminution des taux de fécondité et par une plus longue espérance de vie, pourrait modifier de façon significative l’économie, tant pour la demande de biens et de services que pour l’offre de travail.

La participation au marché du travail est étroitement liée aux événements clés de la vie et, par le fait même, à l’âge. En général, les jeunes âgés de 15 à 19 ans sont principalement impliqués dans leurs études et sont donc moins actifs sur le marché du travail. À mesure que ces jeunes vieillissent, une moins grande proportion se concentre sur leurs études et une part plus importante devient active sur le marché du travail. Une fois passées leurs principales années d’activité, soit de 25 à 54 ans, un nombre grandissant de personnes tend à quitter le marché du travail pour la retraite. Par conséquent, les changements survenant dans la composition de la population active au sein des différents groupes d’âge, par exemple l’augmentation de la proportion de travailleurs âgés de 55 ans et plus qui a été observée au cours des dernières années, pourraient avoir un impact sur l’offre globale de travail.

En plus des changements dans la composition de la population active en fonction de l’âge, l’évolution, au fil du temps, du taux d’activité, soit la proportion de personnes au sein d’un groupe socio-économique donné participant au marché du travail, a aussi une incidence sur l’offre globale de travail. Plus particulièrement, les politiques publiques et le niveau de scolarité sont des facteurs clés qui ont vraisemblablement une incidence. Par exemple, les chercheurs ont remarqué que les garderies publiques plus abordables, comme le système mis en place au Québec en 1997, ont contribué à l’augmentation de l’emploi chez les femmes. Cette hausse concorde avec une tendance générale observée à l’échelle du Canada, soit une augmentation de 15,4 % de l’activité chez les femmes depuis l’EF7677. Cette croissance est d’autant plus marquée chez les femmes âgées de 25 à 54 ans (+29,7 %). Malgré tout, le taux d’activité des femmes est demeuré inférieur à celui des hommes (environ neuf points de pourcentage de moins) au cours de l’EF1617.

Au fil des ans, les politiques publiques, les facteurs financiers et les déséquilibres entre l’offre et la demande de travail, entre autres, pourraient avoir contribué aux changements observés au sein de l’activité des travailleurs approchant l’âge de la retraite. Des pensions de retraite plus ou moins généreuses jumelées à un rendement plus ou moins bon du marché boursier ont vraisemblablement eu des répercussions sur les revenus de retraite et ont pu mener au devancement ou au report de la décision de prendre sa retraite.

Par exemple, depuis sa création dans les années 1960, le Régime de pensions du Canada (RPC) a fait l’objet de différentes réformes, dont certaines ont coïncidé avec des changements au sein de la demande et de l’offre de travail disponible. Le graphique 5 illustre le fait que les changements apportés au RPC vers la fin des années 1980, une période associée à d’importants taux de chômage, ont coïncidé avec une tendance à la baisse de l’âge moyen du départ à la retraite.

Alors que le marché du travail canadien a connu une période, durant les années 2000, pendant laquelle le taux de chômage était bas et à la baisse, des changements ont été apportés à certaines lois provinciales sur le travail afin que les travailleurs approchant l’âge de la retraite puissent demeurer actifs sur le marché du travail. Ce phénomène concorde avec une tendance à la hausse observée pour l’âge de la retraite. Au fil du temps, des politiques publiques ont donc été associées à des changements clés dans la situation du marché du travail, soit une demande de main-d’œuvre faible ou élevée par rapport à l’offre de travail.

Graphique 5 - Âge moyen de la retraite, taux de chômage et politiques publiques touchant l'âge de la retraite, Canada, 1977 à 2017
Graphique 5 - Âge moyen de la retraite, taux de chômage et politiques publiques touchant l'âge de la retraite, Canada, 1977 à 2017
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Année Âge moyen de la retraite Moyenne historique du taux de chômage (1977 à 2017) Taux de chômage
1977 65,1 8,3 % 8,1 %
1978 65 8,3 % 8,4 %
1979 64,5 8,3 % 7,5 %
1980 64,6 8,3 % 7,5 %
1981 64,6 8,3 % 7,6 %
1982 64,7 8,3 % 11 %
1983 64,1 8,3 % 12 %
1984 64,4 8,3 % 11,4 %
1985 64,1 8,3 % 10,5 %
1986 63,7 8,3 % 9,6 %
1987 63,5 8,3 % 8,8 %
1988 63,3 8,3 % 7,8 %
1989 63,2 8,3 % 7,6 %
1990 62,8 8,3 % 8,2 %
1991 62,7 8,3 % 10,3 %
1992 62,5 8,3 % 11,2 %
1993 62 8,3 % 11,4 %
1994 62,1 8,3 % 10,4 %
1995 61,9 8,3 % 9,5 %
1996 61,8 8,3 % 9,6 %
1997 61,2 8,3 % 9,1 %
1998 60,9 8,3 % 8,3 %
1999 61 8,3 % 7,6 %
2000 61,6 8,3 % 6,8 %
2001 61,5 8,3 % 7,2 %
2002 61,2 8,3 % 7,7 %
2003 61,7 8,3 % 7,6 %
2004 61,8 8,3 % 7,2 %
2005 61,4 8,3 % 6,8 %
2006 61,5 8,3 % 6,3 %
2007 61,6 8,3 % 6 %
2008 61,4 8,3 % 6,1 %
2009 62 8,3 % 8,3 %
2010 62,1 8,3 % 8,1 %
2011 62,4 8,3 % 7,5 %
2012 62,9 8,3 % 7,3 %
2013 63 8,3 % 7,1 %
2014 63 8,3 % 6,9 %
2015 63,4 8,3 % 6,9 %
2016 63,6 8,3 % 7 %
2017 63,6 8,3 % 6,9 %
  • * Vers le milieu des années 2000, quatre provinces ont modifié leur loi afin d’éliminer les politiques de retraite obligatoire des employeurs dans leur territoire. Les changements ont été apportés en décembre 2006 en Ontario, en mai 2007 à Terre-Neuve-et-Labrador, en novembre 2007 en Saskatchewan et en janvier 2008 en Colombie-Britannique.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableaux CANSIM 282-0051 et 282-0087.

Pour ce qui est de l’avenir, une augmentation du taux de participation au marché du travail des groupes socio-économiques présentant un taux de participation en-deçà de la moyenne aiderait à amoindrir les impacts négatifs associés au vieillissement de la population sur l’économie canadienne. Par exemple, en plus du taux de participation plus faible des femmes (comparativement aux hommes tel que discuté précédemment), l’économie pourrait également bénéficier d’une augmentation du taux de participation des Autochtones ainsi que des individus âgés de 25 et plus qui n’ont pas d’études post-secondairesNote de bas de page 18.

En plus des changements démographiques et des modifications apportées aux politiques publiques, les variations de la demande de main-d’œuvre ont aussi un impact sur l’offre de travail. Au fil des ans, l’augmentation de la demande pour des travailleurs qualifiés a contribué à un accroissement des taux d’inscription aux études postsecondaires, ce qui a touché de deux façons l’offre globale de travail. D’un côté, le taux d’activité des jeunes (âgés de 15 à 24 ans) a chuté par rapport aux années 1980 (voir le graphique 6), témoignant en partie du fait qu’une proportion plus importante de cette population est demeurée aux études à temps plein et était vraisemblablement moins active sur le marché du travail. D’un autre côté, étant donné que les personnes ayant fait des études postsecondaires sont plus susceptibles d’être actives sur le marché du travail suite à leur graduation, le taux d’activité a augmenté de façon marquée pour l’ensemble des autres groupes démographiques au cours de cette même période.

Graphique 6 - Taux d'activité selon le groupe d'âge et le niveau de scolarité, Canada, 1980 à 2017
Graphique 6 - Taux d'activité selon le groupe d'âge et le niveau de scolarité, Canada, 1980 à 2017
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Période 15 à 24 ans 25 à 54 ans 55 à 64 ans 25 à 64 ans ayant tout au plus un diplôme d'études secondaires 25 à 64 ans avec un diplôme d'études postsecondaires
Moyenne annuelle des années 1980 69,1 % 80,7 % 50,6 %    
Moyenne annuelle des années 1990 64,5 % 83,8 % 48,3 % 71,2 % 86,3 %
Moyenne annuelle des années 2000 66,2 % 86,1 % 56,8 % 73,3 % 85,7 %
Moyenne annuelle des années 2010 64,0 % 86,5 % 64,2 % 72,9 % 85,7 %
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0087.

L’importance relative des emplois qualifiés ainsi que des collèges et des universités dans les grandes villes a probablement aussi contribué à la tendance de l’exode rural, tout particulièrement chez les jeunes Canadiens, qui est observée depuis 1991Note de bas de page 19. En 2014, selon l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), la concentration de la population canadienne au sein des centres urbains était la deuxième en importance (57,2 %) parmi les pays du G7, se classant seulement derrière le JaponNote de bas de page 20. Le recours accru à la technologie et par le fait même à la demande de travailleurs hautement qualifiés, qui est plus importante dans les centres urbains, en plus des problèmes auxquels fait face le secteur manufacturier canadien depuis le début des années 2000 ont entre autres contribué au récent exode rural. La concentration grandissante de personnes, tout particulièrement de travailleurs hautement qualifiés, dans les régions urbaines crée des marchés du travail régionaux très distincts.

En plus de la concentration des travailleurs qualifiés dans les centres urbains, il y a des différences régionales qui s’accentuent en ce qui concerne la composition de la population active par groupe d’âge. Entre 2011 et 2017, la part de la population active âgée entre 15 et 24 ans a décliné plus rapidement dans les régions ruralesNote de bas de page 21 (-1,7 points de pourcentage) que celle dans les régions urbainesNote de bas de page 22 (-1,3 points de pourcentage) et la part de la population active âgée de 55 ans et plus a augmenté beaucoup plus rapidement (+5,3 points de pourcentage) comparativement aux régions urbaines (+3,2 points de pourcentage)Note de bas de page 23.

Les différences régionales dans la composition de la population active par groupe d’âge sont également perceptibles au niveau provincial. Tel qu’illustré au tableau 4, toutes les provinces ont enregistré, au cours des 20 dernières années, un déclin dans la part de leur population active âgée entre 15 et 24 ans et une augmentation dans celle âgée de 55 ans et plus. Ces changements étaient plus prononcés dans les provinces atlantiques. Compte tenu de ces changements démographiques, les marchés du travail au niveau régional ne sont pas confrontés aux mêmes défis dans le futur, notamment en ce qui concerne le développement économiques et les opportunités d’emploi.

En raison des changements dans la composition de la population active, dans son degré de participation au marché du travail et des cycles économiques, le taux d’activité au Canada a reculé par rapport au sommet de 67,5 % enregistré au cours de l’EF0809 pour atteindre 65,7 % pendant l’EF1617. Ce recul devrait se poursuivre alors que de plus en plus de travailleurs issus de la génération du baby-boom atteignent l’âge de la retraite. Toutefois, lorsque comparé aux autres pays du G7, le Canada affichait toujours le taux d’activité le plus important pour la population âgée de 15 ans et plus en 2016Note de bas de page 24. Compte tenu de taux de fécondité plus élevés que les autres pays du G7 et de l’immigration, on s’attend à ce que le Canada soit plus en mesure de gérer les effets du vieillissement de sa population au cours des prochaines décennies que la plupart des autres pays du G7Note de bas de page 25. Les nouveaux arrivants représentent une proportion croissante de la population active totale au pays, comptant pour 24,2 % de la population active canadienne pendant l’EF1617, soit une augmentation de 3,8 points de pourcentage par rapport à il y a dix ansNote de bas de page 26.

Tableau 4 - Proportions de la population active âgée entre 15 et 24 ans et 55 ans et plus selon la province, Canada, 1997 et 2017
Proportion de la population active âgée entre 15 et 24 ans Proportion de la population active âgée de 55 ans et plus
1997 2017 Écart (pts de %) 1997 2017 Écart (pts de %)
Terre-Neuve-et-Labrador

15,3 %

12,9 %

-2,4

6,9 %

21,5 %

+14,6

Île-du-Prince-Édouard

18,5 %

14,8 %

-3,7

10,0 %

24,5 %

+14,5

Nouvelle-Écosse

16,9 %

14,1 %

-2,8

8,3 %

23,3 %

+15,0

Nouveau-Brunswick

16,8 %

13,3 %

-3,6

8,2 %

23,9 %

+15,7

Québec

15,1 %

13,6 %

-1,5

8,9 %

20,5 %

+11,6

Ontario

15,9 %

14,3 %

-1,6

9,8 %

21,1 %

+11,3

Manitoba

18,3 %

16,0 %

-2,3

9,9 %

20,4 %

+10,5

Saskatchewan

18,7 %

14,4 %

-4,3

12,4 %

22,0 %

+9,7

Alberta

17,6 %

13,6 %

-3,9

9,5 %

19,3 %

+9,8

Colombie-Britannique

15,7 %

14,9 %

-0,8

9,8 %

21,8 %

+12,0

Canada

16,1 %

14,1 %

-1,9

9,5 %

21,0 %

+11,4

  • Remarque: Les variations en points de pourcentage sont basées sur des chiffres non-arrondis.
  • Source: Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0087.

1.3.2 Évolution de la nature des emplois

Depuis le milieu du XXe siècle, deux importantes tendances ont été prédominantes dans les économies avancées. D’abord, il y a une plus grande dépendance envers l’utilisation et la production de la connaissance en tant que moteur économique, qui s’appuie davantage sur les travailleurs qualifiés. Ensuite, il y a une proportion croissante des emplois dans les industries du secteur des services. Ces changements ont aussi été accompagnés d’une augmentation de l’inégalité des salaires au fil du temps et de l’émergence de sources de revenus non-associées avec les activités traditionnelles du marché du travail.

Les progrès technologiques ont mené à l’automatisation de certaines tâches qui étaient autrefois réalisées par des travailleurs manuels. Chaque année, de plus en plus de tâches effectuées par des travailleurs sont automatisées, faisant ainsi évoluer le besoin et la demande de compétences. La croissance de l’emploi dans le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques, qui se compose surtout d’industries fondées sur le savoir, fut la plus rapide (+4,3 % annuellement) au Canada pour les quarante dernières années. L’emploi dans cette industrie a crû presque trois fois plus rapidement que la moyenne nationale (+1,6 %). Cette croissance de l’emploi supérieure à la moyenne dans les industries fondées sur le savoir témoigne de l’importante dépendance de l’économie aux ordinateurs et aux technologies de l’information et des communications, pour lesquels des travailleurs hautement qualifiés sont essentiels.

Ces changements ont mené à une demande accrue de travailleurs hautement qualifiés ou ayant un plus haut niveau de scolaritéNote de bas de page 27. Entre l’EF8788 et l’EF1617, le nombre d’emplois exigeant généralement un diplôme universitaire a augmenté de 2,0 millions (+123,0 %) comparativement à une hausse de 1,2 million (+22,2 %) pour les emplois nécessitant généralement un diplôme d’études secondaires ou une formation en cours d’emploi. Au cours de cette période, la part des emplois exigeant normalement un diplôme universitaire a augmenté d’environ 7,0 points de pourcentage, comptant ainsi pour 20,1 % de tous les emplois au cours de l’EF1617 (voir le graphique 7).

Entre l’EF8788 et l’EF1617, le pourcentage des emplois exigeant généralement un diplôme d’études collégiales, une formation en apprentissage ou un diplôme d’études secondaires, correspondant principalement aux emplois moyennement qualifiés, a chuté de 4,5 points de pourcentage tandis que celui des emplois exigeants une formation en cours d’emploi (représentant surtout les emplois peu qualifiés) est demeuré relativement inchangé. Comme indiqué dans la publication Perspectives de l’emploi de 2017 de l’OCDE, la polarisation de l’emploi vers les postes faiblement qualifiés et les postes hautement qualifiés, qui s’explique en partie par les progrès technologiques, a aussi été observée aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

Graphique 7 - Répartition de l'emploi selon le niveau de compétences, Canada, 1987-1988, 2000-2001 et 2016-2017
Graphique 7 - Répartition de l'emploi selon le niveau de compétences, Canada, 1987-1988, 2000-2001 et 2016-2017
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Année Pourcentage des emplois hautement spécialisés Pourcentage des emplois moyennement spécialisés Pourcentage des emplois peu spécialisés
1987 à 1988 13,1 % 64,7 % 11,2 %
2000 à 2001 16,2 % 61,8 % 10,9 %
2016 à 2017 20,1 % 60,2 % 10,8 %
  • Remarque : Les emplois hautement spécialisés correspondent aux postes pour lesquels un diplôme universitaire est généralement requis; les emplois moyennement spécialisés correspondent aux postes pour lesquels un diplôme d’études collégiales ou secondaires ou une formation en apprentissage est généralement exigé, et les emplois peu spécialisés correspondent aux postes exigeant généralement une formation en cours d’emploi. Les professions du secteur de la gestion, habituellement considérées comme des emplois hautement spécialisés, sont exclues, car elles n’exigent pas un niveau de scolarité précis.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0141.

En plus de la polarisation de l’emploi, les données montrent qu’au cours des 40 dernières années, les salaires ont augmenté de façon plus importante pour les travailleurs se trouvant dans les échelons supérieurs de la rémunération, ce qui a entraîné un accroissement de l’inégalité des salaires au Canada. La transition vers les emplois hautement qualifiés et l’accroissement de l’inégalité des salaires peuvent être représentés à l’aide des variations des salaires moyens et médians. Comme le montre le tableau 5, entre l’EF9798 et l’EF1617, les travailleurs gagnant les taux de salaire horaire médians les plus élevés au cours de l’EF9798 ont généralement enregistré les plus fortes augmentations moyennes du salaire horaire.

Les variations au sein de la composition de l’emploi peuvent avoir des effets subtils sur l’assurance-emploi. Par exemple, s’il est vrai que la demande croissante de travailleurs hautement qualifiés a permis la création de nombreuses possibilités d’emploi bien rémunérées pour les gens, ces emplois sont fortement spécialisés. Par conséquent, il peut être difficile pour les travailleurs hautement qualifiés qui ont perdu leur emploi de trouver un emploi correspondant à leurs compétences et connaissances particulières. De plus, en moyenne au cours de l’EF1617, les postes vacants hautement qualifiés (ou les postes pour lesquels le niveau de scolarité minimalement recherché est un grade universitaire) ont compté pour 15,6 % de tous les postes à pourvoir alors que pendant ce même exercice, les emplois hautement qualifiés représentaient 20,1 % de tous les emploisNote de bas de page 28.

Tableau 5 - Part des employés hautement qualifié et croissance du salaire horaire médian, selon les groupes professionnels, Canada, 1997 à 1998 et 2016 à 2017
1997 à 1998 2016 à 2017 Variation entre 1997 à 1998 et 2016 à 2017
Part des employés hautement qualifiés Salaire horaire médian ($) Part des employés hautement qualifiés Salaire horaire médian ($) Part des employés hautement qualifiés (pts de %) Part des employés hautement qualifiés (pts de %)
Gestion

100,0 %

19,4 $

100,0 %

40,1 $

s.o.

+20,7 $

Affaires, finance et administration

14,9 %

14,3 $

22,1 %

23,5 $

+7,2

+9,2 $

Sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés

52,2 %

20,1 $

55,5 %

34,0 $

+3,3

+14,0 $

Secteur de la santé

46,6 %

17,9 $

43,7 %

27,1 $

-2,9

+9,2 $

Enseignement, droit et services sociaux, communautaires et gouvernementaux

62,9 %

19,5 $

61,1 %

29,7 $

-1,8

+10,2 $

Arts, culture, sports et loisirs

33,7 %

13,6 $

24,3 %

20,1 $

-9,4

+6,5 $

Vente et services

0,0 %

8,7 $

0,0 %

13,9 $

s.o.

+5,3 $

Métiers, transport, machinerie et domaines apparentés

0,0 %

15,4 $

0,0 %

24,1 $

s.o.

+8,8 $

Ressources naturelles, agriculture et production connexe

0,0 %

11,6 $

0,0 %

19,7 $

s.o.

+8,1 $

Fabrication et services d’utilité publique

0,0 %

13,1 $

0,0 %

19,7 $

s.o.

+6,7 $

Canada

15,5 %

14,1 $

19,3 %

22,3 $

+3,8 

+8,2 $

  • Remarque : Les employés hautement qualifiés sont associés aux emplois exigeant habituellement un diplôme universitaire ou aux postes de gestion. Les variations en points de pourcentage et en pourcentage sont basées sur des chiffres non arrondis. Exclut les travailleurs autonomes.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population, tableau CANSIM 282-0051.

Lorsque combinées avec le taux de remplacement du revenu de 55 % du régime d’assurance-emploi, la part décroissante des emplois moyennement qualifiés et l’augmentation des inégalités du revenu ont aussi des répercussions sur les chômeurs. Par exemple, s’il est vrai que les prestations d’assurance-emploi peuvent permettre aux travailleurs hautement qualifiés mis à pied de chercher du travail pendant une plus longue période afin de trouver un emploi convenable, le taux de remplacement du revenu de 55 % appliqué au maximum de la rémunération assurable (MRA) du régime, soit 51 700 $ en 2018, impose une limite au montant des prestations d’assurance-emploi versées à ces chômeurs.

De même, lorsque le taux fixe de remplacement du revenu de 55 % de l’assurance-emploi est appliqué à un faible revenu, ce qui correspond fréquemment aux prestataires d’assurance-emploi peu qualifiés, il entraîne un niveau de prestations versées relativement faible. Bien que le régime fournisse un supplément familial aux ménages à faible revenu, le montant des revenus utilisés pour déterminer l’admissibilité à ce supplément n’a pas été modifié depuis l’an 2000. Par conséquent, chaque année, une part décroissante de prestataires d’assurance-emploi ont droit au supplément familial.

Une autre tendance émergente attribuable à une dépendance accrue à la technologie est l’importance de sources de revenus moins conventionnelles, autant comme principale source de revenus que de revenus d’appoint. Par exemple, entre novembre 2015 et octobre 2016, environ 2,7 millions de Canadiens (9,5 %) ont été impliqués dans des activités économiques associées à la location, vente ou échange de biens entre pairsNote de bas de page 29, dont une part importante a été réalisée grâce à l’Internet. Ce type d’activités devrait continuer de croître au cours des prochaines années et pourrait perturber davantage la structure économique actuelle. Il doit être noter que les revenus découlant de ces activités ne sont habituellement pas considérés comme étant des revenus d’emploi assurable aux fins du programme de l’a.-e.

En plus de l’importance croissante du savoir, les industries productrices de services, toutes ensemble, surclassent depuis les quarante dernières années les industries productrices de biens. Même si le niveau d’emploi dans les industries productrices de biens a quelque peu augmenté (+0,3 % annuellement) au cours des 40 dernières années, il a plus que doublé dans les industries productrices de services (+2,0 % annuellement), passant de 6,4 millions au cours de l’EF7677 à 14,3 millions durant l’EF1617. Les industries productrices de services comptaient pour 78,9 % de l’emploi au Canada au cours de l’EF1617, comparativement à 65,5 % 40 ans plus tôt.

La croissance plus lente des industries productrices de biens au cours de cette période, et plus particulièrement au cours des dix dernières années, s’explique en partie par le déclin de l’industrie manufacturière au sein de l’économie canadienne (voir le graphique 8). Cette situation est le reflet d’une tendance à la baisse à long terme de l’emploi dans l’industrie manufacturière qui est commune à toutes les économies avancées. Cette tendance est liée aux progrès technologiques, à l’utilisation accrue de stock de capital pour la production de biens, et à l’augmentation des échanges commerciaux entre les pays développés et les pays en voie de développement qui sont capables de fabriquer des produits exigeant beaucoup de main-d’œuvre à moindre coût que le Canada.

Graphique 8 - L'emploi dans les industries de la production de biens et des services, Canada, 1976-1977, 1996-1997 et 2016-2017
Graphique 8 - L'emploi dans les industries de la production de biens et des services, Canada, 1976-1977, 1996-1997 et 2016-2017
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Industrie 1976 à 1977 1996 à 1997 2016 à 2017
Industries de la production de biens Construction 7,0 % 5,3 % 7,7 %
Fabrication 19,0 % 14,4 % 9,3 %
Autres industries productrices de biens 8,5 % 6,2 % 4,1 %
Industries de la production de services Vente au détail et en gros 16,0 % 15,6 % 15,2 %
Services d'enseignements et de santé 15,1 % 17,1 % 19,9 %
Autres industries des services 34,4 % 41,4 % 43,8 %
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0007.

L’importance accrue de l’emploi dans le secteur des services a aussi une incidence sur le régime d’assurance-emploi. Étant donné que les travailleurs dans les industries productrices de services travaillent en moyenne moins d’heures chaque semaine par rapport aux personnes travaillant dans les industries productrices de biens (voir le tableau 6), ils peuvent avoir plus de difficultés à devenir admissibles aux prestations d’assurance-emploi. De plus, le salaire horaire médian pour les industries productrices de services (21,60 $ au cours de l’EF1617) est inférieur à celui des industries productrices de biens (24,90 $ pendant l’EF1617), ce qui donne des taux de prestations hebdomadaires moyens plus faibles lorsqu’une demande de prestation est établie et un total de prestations versées proportionnellement moindre pour les travailleurs des industries productrices de services, en moyenneNote de bas de page 30, Note de bas de page 31.

Tableau 6 - Nombre moyen d’heures travaillées par semaine, Canada, 1986 à 1987, 1996 à 1997, 2006 à 2007 et 2016 à 2017
1986 à 1987 1996 à 1997 2006 à 2007 2016 à 2017
Industries productrices de biens 37,4 38,3 37,7 37,4
Agriculture 36,5 42,7 42,9 41,3
Foresterie, pêche, mines, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz 37,9 39,4 40,9 39,9
Services publics 36,3 35,5 34,9 35,3
Construction 35,9 37,0 36,8 36,8
Fabrication 38,0 37,7 36,9 36,9
Industries productrices de services 33,5 32,7 31,7 31,3
Commerce de gros et de détail 33,5 32,9 31,5 31,4
Transport et entreposage  37,7 37,5 37,3 36,3
Finance, assurances, services immobiliers et de location 36,3 34,5 33,3 33,6
Services professionnels, scientifiques et techniques 38,5 36,7 34,9 34,1
Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien  31,3 32,0 31,6 31,3
Services d’enseignement 31,1 29,5 28,0 27,8
Soins de santé et assistance sociale 30,8 29,9 29,8 29,6
Information, culture et loisirs 33,3 32,4 30,5 30,0
Services d’hébergement et de restauration  30,9 30,2 29,0 27,9
Autres services (sauf les administrations publiques)  33,4 34,0 32,6 31,9
Administrations publiques 34,5 33,6 32,7 32,3
Canada 34,6 34,2 33,1 32,6
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0021.

1.3.3 Évolution de la composition de la population de chômeurs

Les changements qui ont touché l’offre et la demande de travail au cours des quarante dernières années ont engendré une nouvelle dynamique de l’emploi et du chômage. Alors que la population en emploi est en moyenne plus âgée, plus éduquée et travaille dans les secteurs urbains, l’âge, le niveau de scolarité et l’expérience professionnelle des chômeurs ont aussi changé au fil du temps.

De façon semblable aux tendances observées chez la population en emploi, la composition selon le niveau de scolarité de la population de chômeurs canadiens a beaucoup changé entre l’EF9091 et l’EF1617. Si 32,0 % de tous les chômeurs canadiens âgés de 25 ans et plus détenaient un diplôme d’études postsecondaires lors de l’EF9091, ce pourcentage a presque doublé à l’EF1617, atteignant 61,2 %. Toutefois, même s’ils représentent un pourcentage beaucoup plus grand de tous les chômeurs, les diplômés postsecondaires âgés de 25 ans et plus affichaient encore, au cours de l’EF1617, un taux de chômage inférieur (5,5 % et 4,6 % respectivement pour les diplômés des programmes postsecondaires non universitaires et pour les diplômés universitaires) à celui des personnes ayant complété leurs études secondaires (6,8 %) ou à celui des gens n’ayant pas terminé leurs études secondaires (10,1 %). Pourtant, même si les diplômés universitaires affichent le plus faible taux de chômage, ils représentent le seul groupe pour qui ce taux n’a pas diminué comparativement à la moyenne observée au cours des années 1990 (voir le graphique 9).

Graphique 9 - Taux de chômage selon le niveau de scolarité, population âge de 25 ans et plus, Canada, 1990 à 2017
Graphique 9 - Taux de chômage selon le niveau de scolarité, population âge de 25 ans et plus, Canada, 1990 à 2017
Montrer le tableau de données
Période Sans diplôme d'études secondaires Diplôme d'études secondaires Diplôme ou certificat d'études postsecondaire, non universitaire Diplôme universitaire
Moyenne annuelle des années 1990 12,9 % 8,4 % 7,5 % 4,7 %
Moyenne annuelle des années 2000 9,9 % 6,1 % 5,3 % 4,4 %
Moyenne annuelle des années 2010 10,5 % 6,8 % 5,6 % 4,7 %
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0003.

La stagnation des perspectives d’emploi des diplômés universitaires s’explique partiellement par le caractère spécialisé de leurs compétences et connaissances qui ne sont pas facilement transférables aux emplois hors de leur domaine d’études. Une récente analyse montre que les perspectives d’emploi des Canadiens âgés de 25 à 34 ans qui sont titulaires d’un baccalauréat varient de façon marquée selon le domaine d’études. Les hommes détenant un diplôme en mathématiques, en informatique ou en science de l’information (86,0 %) et en ingénierie (87,2 %) étaient les plus susceptibles d’obtenir un emploi à temps plein en 2010, mais ces pourcentages sont quelque peu inférieurs à ceux rapportés en 2005 (90,2 % et 89,6 % respectivement)Note de bas de page 32.

De plus, même si les perspectives d’emploi des diplômés universitaires demeurent nettement supérieures à celles des groupes moins scolarisés, ils sont plus susceptibles d’être sous-employés, c’est-à-dire d’occuper un emploi ne correspondant pas à leurs compétencesNote de bas de page 33. S’il est vrai que ces travailleurs ne sont pas au chômage, la plupart d’entre eux cherchent malgré tout un emploi à temps plein convenable. Selon des estimations, en 2015, 39 % des nouveaux diplômés universitaires âgés de 25 à 34 ans possédaient un niveau de scolarité supérieur à celui nécessaire pour leur emploi, une augmentation par rapport à 32 % en 1991Note de bas de page 34.

Les nouveaux diplômés postsecondaires ne sont pas les seuls à avoir de la difficulté à trouver un emploi. En général, les jeunes Canadiens (âgés de 15 à 24 ans) rencontrent d’importantes difficultés pour trouver un emploi comparativement aux cohortes plus âgées (tout particulièrement les personnes âgées de 25 à 54 ans). Le taux de chômage de ce groupe (13,0 % au cours de l’EF1617) est historiquement nettement supérieur à la moyenne pour les personnes de 25 ans et plus (5,8 % pendant l’EF1617)Note de bas de page 35. Le manque inhérent d’expérience professionnelle ou un niveau de scolarité insuffisant peuvent expliquer pourquoi ce problème est plus grand chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans de même que chez les 20 à 24 ans qui ne vont plus à l’école, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux chocs économiquesNote de bas de page 36. Étant donné ces tendances, un récent rapport de l’OCDE suggère qu’une priorité pour le Canada est de s’attaquer au problème du chômage chez les jeunes et au nombre croissant de jeunes qui n’ont pas de travail et qui ne vont pas à l’écoleNote de bas de page 37, Note de bas de page 38.

S’il est vrai que le manque d’expérience de travail peut compromettre les perspectives d’emploi des jeunes Canadiens, dans l’ensemble, un pourcentage croissant de chômeurs canadiens n’ont pas d’expérience de travail récenteNote de bas de page 39. Au cours de la période allant de l’EF0809 à l’EF1617, le pourcentage de chômeurs canadiens sans expérience de travail récente a augmenté, passant de 29,0 % à 38,3 % (+9,3 points de pourcentage). Les personnes âgées de 15 à 24 ans comptaient pour la plus importante proportion (44,8 %) et la plus grande augmentation (+14,5 points de pourcentage), voir le graphique 10.

Graphique 10 - Pourcentage de chômeurs sans expérience de travail par groupe d'âge, Canada, 2000 à 2001, 2008 à 2009 et 2016 à 2017
Graphique 10 - Pourcentage de chômeurs sans expérience de travail par groupe d'âge, Canada, 2000 à 2001, 2008 à 2009  et 2016 à 2017
Montrer le tableau de données
2000-2001 2008-2009 2016-2017
15 à 24 ans 25 à 54 ans 55 à 64 ans 15 à 24 ans 25 à 54 ans 55 à 64 ans 15 à 24 ans 25 à 54 ans 55 à 64 ans
Chômeurs sans expérience de travail 24,8 % 6,0 % 4,0 % 18,8 % 4,2 % 2,2 % 29,6 % 6,3 % 3,3 %
Chômeurs de longue durée 10,5 % 27,3 % 31,9 % 11,6 % 23,7 % 28,0 % 15,2 % 28,2 % 35,7 %
  • Remarque : Les chômeurs de longue durée correspondent aux personnes sans emploi qui possèdent de l’expérience professionnelle et qui sont à la recherche d’un emploi depuis au moins 12 mois consécutifs. Les chômeurs sans expérience de travail correspondent aux personnes sans emploi qui n’ont jamais travaillé.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, tableau CANSIM 282-0216.

L’augmentation du pourcentage de chômeurs sans expérience de travail récente s’explique en partie par le chômage de longue durée, c’est-à-dire les personnes qui sont à la recherche d’un emploi depuis au moins 12 mois consécutifs. L’évolution de ce groupe au fil du temps jette un éclairage supplémentaire sur les problèmes que les Canadiens rencontrent au moment de trouver un emploi. Bien que le taux de chômage de longue durée au Canada demeure le plus faible parmi les pays du G7Note de bas de page 40, le taux de 12,1 % rapporté au cours de l’EF1617Note de bas de page 41 est nettement supérieur à celui enregistré au début de la dernière récession (7,1 % pendant l’EF0809). Des périodes prolongées de chômage peuvent nuire aux possibilités de trouver un emploi et avoir un impact négatif sur les revenus d’emploi futurs, ce qui témoigne, entre autres, de la perte de compétences et de connaissances associées aux longues périodes de chômage.

Qui plus est, le pourcentage croissant de chômeurs n’ayant pas d’expérience de travail récente pourrait avoir un impact sur les perceptions associées à l’accès et à la couverture du régime de l’assurance-emploi pour les chômeurs. L’admissibilité aux prestations régulières de l’assurance-emploi est déterminée en fonction du nombre d’heures d’emploi assurable qu’une personne a accumulé au cours des 52 semaines précédentes. Les indicateurs utilisés pour évaluer la couverture ainsi que l’accès aux prestations d’assurance-emploi, comme le ratio de bénéficiaires de prestations régulières par rapport au nombre de chômeurs, se fondent sur l’ensemble des chômeurs (incluant de ce fait les personnes n’ayant pas d’expérience de travail récente) et sont donc affectés par cette tendance. Par conséquent, les mesures s’appuyant sur les cotisants à l’assurance-emploi, soit les participants au régime, semblent être une méthode plus appropriée pour mesurer la couverture et l’accès.

1.4 Résumé

Au cours des dernières décennies, la population active canadienne a subi de nombreux changements structuraux, notamment une transition vers un plus grand pourcentage d’emplois hautement qualifiés et une plus grande concentration d’emploi au sein des industries productrices de services, un phénomène observable dans la plupart des économies avancées. Ces changements ont mené à une diminution de la proportion d’emplois moyennement qualifiés et ont été accompagnés d’une augmentation des inégalités des salaires. À long terme, les changements touchant la nature du travail et la composition de la population active pourraient aussi avoir un impact sur le régime d’assurance-emploi.

L’économie canadienne, pour ce qui est de l’EF1617, a été caractérisée par une augmentation de la croissance du PIB (+1,7 %), soit la troisième en importance parmi les pays du G7. Malgré tout, les améliorations observées dans le marché du travail canadien ont été modestes comparativement aux autres pays du G7. S’il est toutefois vrai que le vieillissement de la population pèse sur le taux d’activité global, ce dernier demeure le plus élevé de tous les pays du G7, et le Canada est en meilleure position que certains pays de ce groupe pour contenir les effets du vieillissement de la population grâce à des taux de fécondité élevés et à l’immigration.

L’important déclin des prix des produits de base qui a été observé au cours des dernières années pèse encore sur l’économie de certaines régions à travers le Canada. Alors que la Saskatchewan et l’Alberta ont subi les effets les plus prononcés du resserrement du secteur de l’énergie, les économies britanno-colombienne, ontarienne et québécoise ont affiché une solide performance globale du marché du travail. L’impact de l’évolution de la conjoncture économique dans plusieurs de ces régions sur le régime d’assurance-emploi est étudié dans ce rapport et devrait aussi influencer les tendances et les résultats au cours des prochaines années.

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