Rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi pour l’exercice financier commençant le 1er avril 2017 et se terminant le 31 mars 2018
Chapitre 2 - 3 Soutien de l'assurance-emploi pour les apprentis

De : Emploi et Développement social Canada

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2.3. Soutien de l'assurance-emploi pour les apprentis

Pour de nombreux métiers spécialisés, la formation en apprentissage est le moyen d'acquérir l'expérience et les compétences nécessaires pour obtenir un certificat ou une attestation afin de participer pleinement au marché du travail. Au Canada, la formation d'apprenti est un système d'apprentissage axé sur les besoins de l'industrie qui combine une formation en cours d'emploi et une formation technique. Il incombe à chaque territoire ou province de former les apprentis sur son territoire. En conséquence, les programmes d'apprentissage au Canada, notamment la durée et le mode de prestation de la formation technique, varient selon le métier, la province et le territoire.

Au Québec, les apprentis complètent généralement leur formation technique dans un collège ou dans un établissement de formation avant de commencer leur formation en cours d'emploi. Dans le reste du Canada, les apprentis commencent par la formation en cours d'emploi, qui est suivie par une formation technique offerte au moyen de différentes approches, notamment l'apprentissage en classe, l'autoapprentissage, l'apprentissage à distance, les cours du soir ou les congés d'études fractionnés.

Dans la plupart des provinces et territoires, pour commencer un programme d'apprentissage, un apprenti potentiel doit être âgé d'au moins 16 ans et avoir réussi le programme scolaire de 12e année ou posséder une combinaison équivalente d'expérience de travail et de scolarité. En outre, l'apprenti potentiel doit trouver un emploi auprès d'un employeur qui le parrainera et le formera sous le mentorat d'une personne qualifiée.

Afin d'aider les cotisants à l'assurance-emploi à poursuivre leur formation en apprentissage et à devenir des compagnons ou gens de métier, le régime d'assurance-emploi offre un soutien du revenu temporaire aux personnes qui sont sans travail et qui suivent une formation technique à temps plein à l'école (parfois appelée « formation par stages d'études en cours de travail »). Pour avoir droit aux prestations d'a.-e. pour les apprentis, il faut que leur province ou territoire, en vertu de l'article 25 de la Loi sur l'assurance-emploi, les dirige vers chaque stage d'études de formation technique à temps plein exigé dans le cadre de leur formation en apprentissage et il faut qu'ils respectent les critères d'admissibilité aux prestations régulières d'a.-e.Note de bas de page 62. De plus, les employeurs peuvent choisir d'offrir à leurs apprentis des régimes de prestations supplémentaires de chômage (PSC) afin d'augmenter leur rémunération hebdomadaire durant leur période de formation technique, jusqu'à concurrence de 95 % de leur rémunération hebdomadaire normaleNote de bas de page 63.

À titre d'apprentis, les personnes peuvent présenter une demande d'a.-e. jusqu'à sept jours avant leur dernier jour de travail et ils n'ont qu'à observer un seul délai de carence pendant toute la durée de leur formation en apprentissage, même s'ils suivent plusieurs stages d'études de formation technique à temps plein, tant et aussi longtemps qu'ils restent dans le même programme d'apprentissage. Elles peuvent également choisir d'être exemptées de l'obligation de fournir une déclaration toutes les deux semaines lorsqu'elles reçoivent des prestations d'a.-e. durant leur formation technique à temps plein.

Afin de veiller à ce que les apprentis reçoivent leurs prestations d'a.-e. sans délai pendant leur formation technique à temps plein, leur province, territoire ou organisation autochtone leur fournit un code de référence spécial délivré pour chaque stage d'études de formation technique à temps plein. Ce code aide à accélérer le traitement et le paiement des prestations d'a.-e. aux apprentis. Une récente étude révèle que 84,5 % des apprentis de l'assurance-emploi au cours de l'EF1617 examiné ont reçu leur premier versement de prestations dans les 28 jours suivant la production de leur déclaration, comparativement à 78,5 % chez les prestataires réguliersNote de bas de page 64. En outre, parmi toutes les demandes d'apprentis finalisées au cours de l'EF1617, 45,8% ont été exemptées du délai de carence.

En vertu de la partie II de la Loi sur l'assurance-emploiNote de bas de page 65, les apprentis peuvent avoir droit à une aide financière, qui est offerte par les provinces et les territoires dans le cadre des Ententes sur le développement du marché du travail et par les organisations autochtones dans le cadre de la Stratégie de formation pour les compétences et l'emploi destinée aux AutochtonesNote de bas de page 66. Ces prestations d'a.-e. les aident à couvrir les frais liés à l'hébergement, à la garde des enfants et au transport ainsi que les autres frais assumés durant la formation technique. D'autres mesures d'aide financière offertes par le gouvernement du Canada sont également disponibles par l'entremise de programmes tels que le Prêt canadien aux apprentis et les diverses subventions aux apprentis.

Les sections suivantes présentent des statistiques détaillées sur le nombre de demandes de prestations d'a.-e. provenant des apprentis, leur taux de prestations hebdomadaires d'a.-e. et la durée de leurs prestations. Les demandes de prestations d'a.-e. provenant des apprentis font référence aux demandes établies par les prestataires d'a.-e. ayant fait l'objet d'une recommandation en vertu de l'article 25 de la Loi sur l'assurance-emploi, à l'égard desquelles au moins un dollar a été versé en prestations régulières d'a.-e. durant une période de formation en apprentissage à temps plein.

2.3.1 Demandes de prestations d'assurance-emploi établies par les apprentis et montants versés

Au cours de l'EF1718, les apprentis ont établi 45 900 nouvelles demandes d'assurance-emploi, ce qui représente une diminution de 4,6 % par rapport à l'exercice précédent. Il s'agit de la seconde baisse annuelle consécutive en sept ans. La chute a été marquée surtout en Alberta (-10,4 %) et en Ontario ( 9,8 %). La Colombie-Britannique est la province qui a connu la plus grande augmentation dans son nombre de nouvelles demandes établies au cours de l'EF1718, soit +13,7 %.

En dehors des périodes de formation à temps plein et durant la période de prestations d'une demande, les apprentis peuvent subir une perte de revenu d'emploi en raison de circonstances qui les obligent à toucher d'autres types de prestations d'a.-e. (par exemple, un manque de travail ou le soin d'un nouveau-né). Les prestataires peuvent recevoir ces prestations s'ils remplissent les conditions d'admissibilité nécessaires. De la totalité des demandes établies par des apprentis au cours de l'exercice financier considéré, 38,2 % (soit 17 500 demandes) contenaient au moins une semaine de prestations régulières versées en dehors des périodes de formation à temps plein; tandis que 1,1 % (soit 490 demandes) avaient un motif de cessation d’emploi lié à un type de prestations spéciales.

Le montant total de prestations d'a.-e. versé aux apprentis a diminué par rapport à l'exercice précédent (-25,0 % au cours de l'EF1718), et la baisse la plus importante, parmi les provinces, a eu lieu en Alberta (-37,2 %). Des 287,1 millions de dollars versés en prestations, 194,0 millions de dollars (ou 67,6 % du total des prestations d'a.-e.) ont été versés pendant la formation technique à temps plein des apprentis. Les prestations régulières en dehors des périodes de formation à temps plein constituaient la plupart des autres prestations versées (29,7 %), tandis que les prestations spéciales représentaient un faible pourcentage du montant total versé aux apprentis (2,7 %).

Demandes de prestations d'assurance-emploi établies par les apprentis et montant versé selon la région, le sexe et l'âge

Au cours de l'EF1718, la majorité des demandes de prestations d'a.-e. des apprentis ont été établies en Alberta, en Ontario et en Colombie-Britannique. Le total des prestations versées a suivi une distribution semblable.

Les hommes ont établi la majorité des demandes de prestations des apprentis (95,0 % de toutes les demandes) et représentaient également la plus grande part des prestations d'a.-e. versées aux apprentis (93,8 %). Le faible pourcentage de demandes établies par des femmes et de montants de prestations qui leur ont été versées est largement attribuable au faible taux d'inscription des femmes dans l'ensemble des programmes d'apprentissage (12,1 % en 2017)Note de bas de page 67.

Tableau 35 — Demandes de prestations d'assurance-emploi établies par les apprentis et montant versé selon la province ou le territoire, le sexe et l'âge, Canada, EF1617 à EF1718
Nouvelles demandes établies Montant versé (millions de dollars)
EF1617 EF1718 Change (%) EF1617 EF1718 Change (%)
Province ou territoire
Terre-Neuve-et-Labrador 1 510r 1 410 -6,6 % 21,8 $r 16,4 $ -24,6 %
Île-du-Prince-Édouard 230r 240 +4,3 % 1,7 $r 1,4 $ -14,1 %
Nouvelle-Écosse 1 340r 1 400 +4,5 % 9,2 $r 9,0 $ -1,6 %
Nouveau-Brunswick 1 730r 1 570 -9,2 % 13,4 $r 9,2 $ -31,2 %
Québec* 170 100 -41,2 % 1,9 $r 1,0 $ -45,6 %
Ontario 13 870r 12 510 -9,8 % 82,9 $r 67,5 $ -18,6 %
Manitoba 3 060r 3 120 +2,0 % 20,9 $r 18,4 $ -11,7 %
Saskatchewan 3 080r 2 850 -7,5 % 27,7 $r 19,1 $ -31,1 %
Alberta 14 620r 13 100 -10,4 % 148,8 $r 93,5 $ -37,2 %
Colombie-Britannique 8 370r 9 520 +13,7 % 53,1 $r 50,6 $ -4,8 %
Territoires 190 120 -36,8 % 1,5 $r 0,8 $ -42,2 %
Sexe
Hommes 45 970r 43 650 -5,0 % 361,6 $r 269,2 $ -25,6 %
Femmes 2 200r 2 290 +4,1 % 21,2 $r 17,9 $ -15,5 %
Catégorie d'âge
24 ans et moins 21 240r 19 990 -5.9 % 147,4 $r 111,8 $ -24,2 %
25 à 44 ans 25 140r 24 380 -3,0 % 217,3 $r 162,3 $ -25,3 %
45 ans et plus 1 790r 1 570 -12,3 % 18,1 $r 13,1 $ -27,9 %
Canada 48 170r 45 940 -4.6 % 382,8 $r 287,1 $ -25,0 %
  • Remarque : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué. Les variations en pourcentage sont basées sur des chiffres non arrondis. Comprend toutes les demandes établies par des apprentis ayant fait l'objet d'une recommandation en vertu de l'article 25 de la Loi sur l'assurance-emploi pour lesquelles au moins 1 $ a été versé en prestations d'assurance-emploi pendant que le prestataire était en formation.
  • rDonnées révisés
  • * Le faible total d'apprentis au Québec est attribuable à la conception unique du programme pour cette province, où les apprentis suivent toute leur formation technique avant de commencer leur formation en cours d'emploi.
  • Source : Emploi et Développement social Canada, données administratives de l'assurance-emploi (a.-e.). Les données reposent sur un échantillon de 10 % des données administratives de l'a.-e.

Du point de vue de l'âge, les bénéficiaires âgés de 25 à 44 ans constituaient la plus grande proportion de prestataires d'a.-e. ayant participé à des programmes d'apprentissage et ayant suivi une formation technique à temps plein (53,1 %), suivis par ceux de 15 à 24 ans, qui représentaient 43,5 % de ces demandes. Les prestataires de 45 ans et plus qui représentaient 46,9 % de toutes les demandes de prestations régulières ont établi seulement 3,4 % de toutes les demandes de prestations liées à l'apprentissage. Cette situation est tout à fait normale, car l'incidence de la formation liée à l'emploi diminue avec l'âge, même si l'écart entre les travailleurs âgés et les jeunes travailleurs semble se réduire au fil du tempsNote de bas de page 68.

Il est intéressant de noter que les chiffres sur le nombre de demandes de prestations, le montant total versé, la durée des prestations et le montant moyen des prestations pendant la période examinée et ceux des années suivant la fin de la récession de 2008 contrastent avec ceux observés au cours de cette récession. En effet, dans une récente étude ministérielle, on a constaté que certains aspects liés aux demandes (tels que leur nombre, le montant versé et la durée) ont considérablement augmenté au cours de cette périodeNote de bas de page 69.

Apprentissage avant et après la récession de 2008*

Le nombre total de demandes présentées par des apprentis a plus que doublé entre 1991 et 2009. Quant au nombre de nouvelles inscriptions, il a considérablement diminué (-15,2%) au cours de la récession de 2008 et plus largement depuis 2014.

La grande majorité des apprentis étaient de sexe masculin, jeunes (âgés de moins de 25 ans en 2015 et âgés entre 25 et 34 ans en 2007) et détenaient un diplôme d'études secondaires comme le plus haut diplôme au moment de l'inscription. La plupart d'entre eux étaient inscrits au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. En outre, entre 1991 et 2016, environ la moitié des apprentis étaient inscrits à quatre grandes professions: électriciens (16,2%), menuisiers (11,9%), techniciens de l'automobile (11,8%) et plombiers, tuyauteurs et monteurs de conduites de vapeur (9,8%).

Tous les apprentis ne terminent pas leur programme de formation. Selon l'Enquête nationale auprès des apprentis de 2015, 57,5% des apprentis inscrits ont terminé leur formation en apprentissage contre 42,5% qui ont abandonné. Les raisons les plus souvent citées pour ne pas terminer la formation en apprentissage étaient des contraintes financières, un travail incohérent ou un manque de travail, des raisons médicales ainsi que des problèmes familiaux ou personnels.

Un grand nombre d'apprentis ont tiré parti de l'aide financière qui leur était offerte. Les données administratives sur l'assurance-emploi indiquent que le nombre de demandes de prestations présentées par des apprentis a augmenté de 24,2% avec la récession. En effet, Il y avait 49 982 demandes avant la récession en 2007 et 62 071 à la fin de la récession en 2009. Les mises à pied ont été les principaux moteurs de cette hausse. La durée des prestations d'assurance-emploi a également augmenté avec la récession. Toutefois, la durée moyenne des prestations non reliées aux périodes de formation était plus élevée que celle des prestations reliées à la formation, qui était relativement constante. Cela indique que les prestations d’apprentissage ont été exercées conjointement avec d’autres prestations d’assurance-emploi. Le montant total des prestations d'a-e. versées aux apprentis a également augmenté avec la récession, passant de 176 millions de dollars en 2007 à 326 millions de dollars en 2009 (en dollars de 2002).

* EDSC, Rapport de contrôle et d'évaluation de l'assurance-emploi: La formation en apprentissage avant et après la récession de 2008, (Ottawa: EDSC, Direction de l'ìnformation sur le marché du travail, 2019)

Demandes de prestations d'assurance-emploi établies par les apprentis et montant versé selon le secteur et la profession

À l'instar des exercices précédents, la majorité des demandes de prestations d'apprentis ont été établies par des prestataires du secteur de la construction (61,8 % des demandes établies et 66,5 % du montant total versé en prestations) au cours de l'EF1718 (voir le tableau 36).

La majorité des prestataires d'a.-e. ayant participé à des programmes d'apprentissage et ayant suivi une formation technique à temps plein se retrouvaient dans le groupe professionnel des métiers, du transport et de la machinerieNote de bas de page 70 (90,7 % durant l'exercice considéré). De plus, ceux-ci ont reçu 90,0 % des prestations totales versées aux apprentis. Même si les prestataires de ce groupe professionnel, qui étaient des apprentis, travaillaient principalement dans le secteur de la construction, certains travaillaient aussi dans les secteurs de la fabrication, des autres services (sauf les administrations publiques) et du commerce de détail.

Tableau 36 — Demandes de prestations d'assurance-emploi établies par les apprentis et montant versé selon le secteur et le groupe professionnel, Canada, de l'EF1617 à l'EF1718
Nouvelles demandes établies Montant versé (millions de dollars)
EF1617 EF1718 Variation (en %) EF1617 EF1718 Variation (en %)
Secteur
Construction 30 070r 28 400 -5,6 % 254,1 $r 190,8 $ -24,9 %
Fabrication 3 690r 3 140 -14,9 % 31,5 $r 18,6 $ -41,1 %
Autres services (sauf les administrations publiques) 3 090r 3 050 -1,3 % 18,2 $r 14,8 $ -18,9 %
Autres secteurs 11 320r 11 350 +0,3 % 79,0 $r 62,9 $ -20,3 %
Groupe professionnel
Métiers, transport et machinerie 43 250r 41 650 -3,7 % 341,8 $r 258,4 $ -24,4 %
Autre groupe professionnel 4 920r 4 290 -12,8 % 41,0 $r 28,7 $ -30,0 %
Canada 48 170r 45 940 -4,6 % 382,8 $r 287,1 $ -25,0 %
  • Remarque : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué. Les variations en pourcentage sont basées sur des chiffres non arrondis. Comprend toutes les demandes établies par des apprentis ayant fait l'objet d'une recommandation en vertu de l'article 25 de la Loi sur l'assurance-emploi pour lesquelles au moins 1 $ a été versé en prestations d'assurance-emploi pendant que le prestataire était en formation.
  • rDonnées révisés
  • Source : Emploi et Développement social Canada, données administratives de l'assurance-emploi (a.-e.). Les données reposent sur un échantillon de 10 % des données administratives de l'a.-e..

2.3.2 Niveau et duréeNote de bas de page 71 des prestations d'assurance-emploi pour les apprentis

Durant la période de référence, le taux de prestations hebdomadaires moyen accordé aux apprentis a augmenté de 0,6 %, pour s'établir à 491 $. À l'instar des exercices précédents, le taux de prestations hebdomadaires moyen accordé aux apprentis était supérieur à la moyenne de l'ensemble des prestations régulières d'a.-e. (457 $).

Durant la période considérée, les prestataires des trois Territoires et de l'Alberta qui étaient apprentis ont reçu les taux de prestations hebdomadaires moyens les plus élevés (respectivement 517 $ et 515 $). En moyenne, le taux de prestations hebdomadaires des hommes (492 $) était plus élevé que celui des femmes (475 $). De plus, il était plus élevé chez les prestataires de plus de 45 ans (503 $) que chez les prestataires de moins de 25 ans (473 $).

La durée moyenne des prestations régulières d'a.-e. reçues par les prestataires pendant leur formation technique à temps plein a diminué de 8,4 %, passant de 9,4 semaines au cours de l'exercice précédent à 8,6 semaines au cours de l'exercice financier considéré. Les demandes établies au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse ont affiché les durées moyennes les plus faibles (respectivement 7,6 et 7,8 semaines). À l'inverse, celles établies à l'Île-du-Prince-Édouard, en Ontario et en Alberta affichaient les durées les plus longues (respectivement 10,2; 8,9 et 8,7 semaines). La durée moyenne des prestations régulières d'assurance-emploi reçues par des hommes et des femmes pendant une formation technique à temps plein était presque égale, respectivement de 8,6 et 8,8 semaines. On a observé un nombre de semaines de prestations un peu moins élevé (8,0 semaines) chez les prestataires de 45 ans et plus, comparativement aux prestataires des autres groupes d'âge.

En plus des prestations régulières versées pendant la formation à temps plein, les apprentis qui remplissent les conditions requises pour recevoir des prestations régulières d'a.-e. en dehors des périodes de formation à temps plein ont reçu en moyenne 10,1 semaines de prestations régulières d'a.-e., ce qui représente une diminution de 23,4 % par rapport aux 13,2 semaines de l'exercice précédent. Les demandes établies à Terre-Neuve-et-Labrador affichaient la durée la plus longue (19,8 semaines), suivies par celles de la Saskatchewan (12,8 semaines) et de la Nouvelle-Écosse (12,4 semaines).

Prestataires réguliers de l'assurance-emploi et référence à la formation*

Une récente étude ministérielle a révélé qu'environ 73 000 prestataires réguliers de l'assurance-emploi ont reçu des références en vertu de l'article 25 pour suivre une formation à temps plein. De ce nombre, 63% ont été orientés vers une formation en apprentissage (apprentis référés) et 37% ont été dirigés vers d'autres types de formation (non-apprentis référés). Le nombre de références tend à augmenter au cours des périodes de choc économique et d'incertitude, et de diminuer au cours des périodes de croissance économique et de stabilité.

En ce qui concerne les apprentis référés, leur admissibilité aux prestations était plus longue et leur utilisation de l'assurance-emploi était plus courte comparées à celles des prestataires réguliers. En moyenne, au cours de l'EF1718, les apprentis référés avaient droit à 37,8 semaines comparativement à 32,5 semaines pour les prestataires réguliers, et ils avaient tendance à utiliser moins de semaines de prestations que les prestataires réguliers. La majorité (61%) ont cessé de recevoir des prestations d'assurance-emploi juste après leur formation technique et leurs demandes avaient une durée moyenne de 9,0 semaines. Ceux qui sont restés sur le régime d'assurance-emploi après leur formation ont utilisé 22,9 semaines par rapport aux prestataires réguliers qui ont utilisé 20,1 semaines de prestations. Dans l'ensemble des provinces, c'est en Ontario et dans l'Ouest canadien qu'une proportion plus élevée d'apprentis avait cessé de recevoir de l'assurance-emploi après leur formation technique, alors qu'à Terre-Neuve-et-Labrador, une proportion plus élevée d'apprentis est restée au chômage. Dans les autres provinces de l'Atlantique et les Territoires, on a observé une répartition presque égale entre les apprentis qui ont cessé de recevoir des prestations d'a.-e. et ceux qui ont continué à en recevoir après leur formation technique.

Par ailleurs, les apprentis référés étaient moins susceptibles d'épuiser leur période donnant droit aux prestations que les prestataires réguliers. Au cours de l'EF1718, leur taux d'épuisement était de 19 % par rapport à 34 % pour tous les prestataires réguliers. Cette tendance persiste dans l'ensemble des provinces et des territoires.

EDSC, Analyses descriptive des prestataires de l'assurance-emploi envoyés à une formation à temps plein, (Ottawa: EDSC, Direction des politiques de l'assurance-emploi, automne 2018)

Outre l'évolution des règlements et des cycles économiques, la formation peut aussi avoir une incidence sur l'utilisation future des prestations régulières d'a.-e. Selon une étude récenteNote de bas de page 72, le fait de suivre une formation liée à l'emploi réduit la probabilité d'être sans emploi et de recevoir des prestations régulières d'a.-e. Cela réduit également la durée du chômage et des prestations régulières d'assurance-emploi. Parmi les différentes formes de formation liées à l'emploi, la formation parrainée par l'employeur a un impact plus important sur le programme de l'a-e. et sur le chômage que la formation auto-parrainée.

Les constatations de l'étude suggèrent également que la formation en milieu de travail a plusieurs résultats positifs. Elle réduit la probabilité de recevoir des prestations d'assurance-emploi, la durée des prestations et la durée du chômage. Les hommes étaient à 1,4 point de pourcentage et les femmes à 0,8 point de pourcentage moins susceptibles de recevoir des prestations d'assurance-emploi. Et la durée des prestations d'assurance-emploi était réduite de 4,9 semaines pour les hommes et de 3,1 semaines pour les femmes et la durée du chômage de plus de 4,7 semaines pour les hommes et de 3,2 semaines pour les femmes.

Les apprentis de l'assurance-emploi et la raison de la cessation d'emploi

Bien que la majorité des apprentis prestataires de l'assurance-emploi quittent temporairement leur emploi pour suivre une formation technique à temps plein, d'autres s'inscrivent à un programme d'apprentissage à la suite d'une fin d'emploi. Les circonstances qui amènent une personne à devenir un apprenti de l'a.-e. peuvent avoir une incidence sur son utilisation du régime d'assurance-emploi.

Par exemple, l’utilisation des prestations régulières d’assurance-emploi est beaucoup plus fréquente et importante pour les apprentis de l’assurance-emploi qui ont été mis à pied que pour ceux qui avaient reçu une formation technique à temps plein avec stages d’études en cours de travail. Au cours de l’EF1718, 88,6 % de toutes les demandes de prestations complétées par des apprentis de l’assurance-emploi dont le dernier emploi a pris fin en raison d’une mise à pied ont reçu des prestations régulières d’assurance-emploi pendant leur période de prestations, pour une durée moyenne de 13,5 semaines. En comparaison, 25,6 % des apprentis qui ont temporairement cessé de travailler dans le seul but de suivre une formation technique à temps plein ont reçu des prestations régulières d’a.-e. pendant une moyenne de 7,3 semaines.

Les apprentis ayant fait l’objet d’une mise à pied ont reçu en moyenne un total de 21,0 semaines de prestations d’assurance-emploi (tous types de prestations confondus) durant l’EF1718, soit près de deux fois plus que les apprentis qui avaient suivi une formation technique à temps plein avec stages d’études en cours de travail (10,6 semaines). Cette différence se reflète également dans le total des prestations d’a.-e. versées à chaque type d’apprentis, puisque les apprentis mis à pied ont touché en moyenne 10 378 $ comparativement à 5 207 $ pour ceux qui ont suivi une formation avec stages d’études en cours de travail.

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