Chapitre 1 : Contexte du marché du travail

De : Emploi et Développement social Canada

Titre officiel : Rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi pour l’exercice financier commençant le 1er avril 2018 et se terminant le 31 mars 2019 Chapitre 1 : Contexte du marché du travail

Dans le chapitre 1

Liste des abréviations

Voici la liste complète des abréviations pour le Rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi pour l’exercice financier commençant le 1er avril 2018 et se terminant le 31 mars 2019.

Abréviations
ACE
Allocation canadienne pour les enfants
ACEUM
Accord Canada–États Unis–Mexique
ACV
Clients admissibles en vertu des cotisations versées
a.-e.
Assurance-emploi
ALENA
Accord de libre-échange nord-américain
ARC
Agence du revenu du Canada
AS
Aide sociale
ASC
Agents de service aux citoyens
CAEC
Commission de l’assurance-emploi du Canada
CANSIM
La base de données socioéconomiques de Statistique Canada
CCDA
Conseil canadien des directeurs de l’apprentissage
CSC
Centres Service Canada
CSE
Centre de services aux employeurs
DEREMPA
Personnes qui deviennent ou redeviennent membres de la population active
ECAE
Enquête sur la couverture de l’assurance-emploi
EDMT
Ententes sur le développement du marché du travail
EDSC
Emploi et développement social Canada
EERH
Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail
EF
Exercice financier
ENA
Enquête nationale auprès des apprentis
EPA
Enquête sur la population active
FH
Fonds d’habilitation
FMMT
Forum des ministres du marché du travail
G7
Groupe des sept pays
INCE
Initiative nationale sur les compétences essentielles
IMT
Information sur le marché du travail
IPC
Indice de prix à la consommation
JCED
Jumeler les Canadiens et Canadiennes aux emplois disponibles
MDSC
Mon dossier Service Canada
MRA
Maximum de la rémunération assurable
MSV
Meilleures semaines variables
MVP
Modernisation du versement des prestations
NAS
Numéro d’assurance sociale
NPN
Normes professionnelles nationales
NPSR
Norme professionnelle du Sceau rouge
NVA
Norme variable d’admissibilité
OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques
P/C
Ratio prestataires-chômeurs
P/CC
Ratio prestataires-chômeurs ayant cotisé à l’assurance-emploi
P/Ts
Provinces et territoires
PASC
Postes d’accès de service aux citoyens
PEMS
Prestations d’emploi et mesures de soutien
PIB
Produit intérieur brut
PME
Petites et moyennes entreprises
PMT
Partenariats pour le marché du travail
PNEQ
Programme national d’encadrement et de la qualité
PPS
Partenaire de la prestation des services
PRTC
Programme de réduction du taux de cotisations
PSC
Prestations supplémentaires de chômage
RAICD
Régime d’assurance-invalidité de courte durée
RAS
Registre d’assurance sociale
RE
Relevé d’emploi
RHDCC
Ressources humaines et Développement des compétences Canada
RIQ
Rétroaction individuelle sur la qualité
RPC
Régime de pensions du Canada
RQAP
Régime Québécois d’assurance parentale
RVI
Réponse vocale interactif
SCDATA
Service canadien d’appui aux tribunaux administratifs
SCIAN
Système de classification des industries de l’Amérique du Nord
SFCEA
Stratégie de formation pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones
SHCC
Solution hébergée pours les centres de contact
SIAI
Système d’information sur les apprentis inscrits
SMLC
Service mobile et de liaison aux communautés
SNE
Services nationaux d’enquête
SV
Sécurité de la vieillesse
TPPP
Travail pendant une période de prestations
TSS
Tribunal de la sécurité sociale
VEP
Vérification de l’exactitude des paiements
VET
Vérification de l’exactitude du traitement

Introduction – chapitre 1

Ce chapitre rend compte des principaux développements du marché du travail et de la situation économique qui prévalait au Canada au cours de l’exercice financier commençant le 1er avril 2018 et prenant fin le 31 mars 2019 (EF1819), ce qui correspond à la période d’évaluation du régime d’assurance-emploi (a.‑e.) pour ce rapportNote de bas de page 1. La section 1.1 présente un aperçu de la situation économique de l’EF1819 et fournit un contexte historique. La section suivante (1.2) résume les principaux développements du marché du travail au sein de l’économie canadienneNote de bas de page 2. Dans la section 1.3, il est question des tendances touchant l’emploi atypique au Canada ainsi que des caractéristiques sociodémographiques et des caractéristiques du marché du travail des personnes qui occupent des emplois ayant de telles modalités de travail.

1.1 Vue d’ensemble de la situation économique

La valeur du produit intérieur brut (PIB) réel du Canada a atteint 2,07 billions de dollarsNote de bas de page 3 au cours de l’exercice financier commençant le 1er avril 2018 et prenant fin le 31 mars 2019 (EF1819), soit une augmentation de 1,8 % par rapport à l’exercice financier précédent (voir le graphique 1). La croissance du PIB réel a ralenti pendant l’année de référence après avoir atteint, au cours de l’année précédente, son taux de progression le plus élevé sur 12 mois depuis l’EF1011. Sur une base trimestrielle, la croissance du PIB réel est demeurée pratiquement inchangée (+0,2 %) au cours des 2 derniers trimestres de l’EF1819, soit son rythme le plus lent depuis le premier trimestre de l’EF1617. Le ralentissement observé au cours de l’EF1819 est attribuable à la croissance plus modeste des dépenses de consommation finale des ménages (+1,8 % durant l’EF1819 par rapport à +3,8 % au cours de l’EF1718) et à la baisse des investissements des entreprises (en comparaison avec l’exercice précédent, la formation brute de capital fixe a diminué de 3,1 milliards de dollars au cours de l’exercice financier examiné). Les exportations de biens et de services ont toutefois connu une hausse de 3,3 % au cours de l’EF1819, par rapport à la croissance modérée observée lors du dernier exercice (+1,6 %)Note de bas de page 4, et ce, malgré l’incertitude entourant le nouvel Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) qui doit remplacer l’Accord de libre‑échange nord-américain (ALENA)Note de bas de page 5.

Selon la classification par industrieNote de bas de page 6, toutes les industries ont connu une croissance de leur PIB réel au cours de l’EF1819 par rapport au dernier exercice financier, à l’exception de l’industrie de la construction, dont le PIB a diminué de 1,2 %. L’industrie des services professionnels, scientifiques et techniques a enregistré la croissance la plus marquée en matière de PIB réel (+3,5 %), suivie de l’industrie des soins de santé et de l’assistance sociale (+3,3 %) et de l’industrie des administrations publiques (+3,1 %) (consulter l’annexe 1.3 pour la variation du PIB réel de l’EF1819, par industrie, comparativement à l’exercice précédent).

Graphique 1 ‒ Produit intérieur brut réel, Canada, EF0708 à EF1819
Graphique 1 ‒  Produit intérieur brut réel, Canada, EF0708 à EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 1 – Version textuelle
Exercice financier Produit intérieur brut (échelle de gauche) Croissance du produit intérieur brut (échelle de droite)
EF0708 1,73 2,1 %
EF0809 1,73 0,0 %
EF0910 1,70 -2,0 %
EF1011 1,75 3,4 %
EF1112 1,81 3,0 %
EF1213 1,83 1,5 %
EF1314 1,88 2,6 %
EF1415 1,93 2,7 %
EF1516 1,94 0,3 %
EF1617 1,97 1,4 %
EF1718 2,03 3,2 %
EF1819 2,07 1,8 %
  • Remarque : La partie ombrée correspond à une période de récession de l’économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Tableau 36-10-0104-01.

Lorsque comparé aux autres pays du Groupe des Sept (G7) – un groupe composé des plus grandes économies industrialisées et avancées du monde – le Canada se classe au troisième rang pour ce qui est du PIB réel par habitant (environ 45 800 dollars américains au cours de l’EF1819, en utilisant la parité de pouvoir d’achatNote de bas de page 7), derrière les États‑Unis et l’AllemagneNote de bas de page 8. Toutefois, le PIB réel par habitant du Canada n’a augmenté que de 0,3 % durant l’EF1819 par rapport au dernier exercice financier, le plus bas parmi tous les pays du G7 au cours de cette périodeNote de bas de page 9.

Bien que le PIB réel par habitant, lorsqu’on le calcule à l’aide de la même devise, soit souvent utilisé comme mesure du niveau de vie dans les différents pays, il ne constitue pas une mesure adéquate du bien‑être des individus, car il ne révèle aucune information sur la répartition des revenus ou de la richesse dans les différents segments de la population. Une mesure d’inégalité de revenu, en revanche, montre l’écart relatif qui existe entre les plus riches et le reste de la population. On a constaté que l’inégalité croissante des revenus a des effets négatifs sur la croissance économique à long terme de même que sur l’amélioration des résultats sociauxNote de bas de page 10. Le graphique 2 illustre l’inégalité des revenusNote de bas de page 11 au Canada et dans les autres pays du G7 (à l’exception du Japon, en raison du manque de données disponibles) de 2001 à 2016. Le Canada se classe au troisième rang pour ce qui est de la répartition égale des revenus au sein de sa population, derrière l’Allemagne et la France en 2016 (année la plus récente disponible). Au fil des ans, l’inégalité des revenus au Canada est demeurée stable, alors qu’elle a diminué au cours de cette période pour atteindre le plus bas niveau observé en 2016.

Graphique 2 ‒ Inégalité du revenu mesuré par le coefficient de Gini*, pays du Groupe des Sept (excepté le Japon), 2001 à 2016
Graphique 2 ‒ Inégalité du revenu mesuré par le coefficient de Gini*, pays  du Groupe des Sept (excepté le Japon), 2001 à 2016 ‒ La description textuelle suit
Graphique 2 – Version textuelle
Pays 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Canada 0,32 0,32 0,32 0,32 0,32 0,32 0,32 0,32 0,32 0,32 0,31 0,32 0,32 0,31 0,32 0,31
France 0,29 0,28 0,28 0,28 0,29 0,29 0,29 0,29 0,29 0,3 0,31 0,31 0,29 0,29 0,3 0,29
Allemagne 0,27 0,28 0,28 0,29 0,3 0,29 0,3 0,29 0,29 0,29 0,29 0,29 0,29 0,29 0,29 0,29
Italie  non disponible  non disponible  non disponible 0,33 0,32 0,32 0,31 0,32 0,32 0,33 0,33 0,33 0,33 0,33 0,33 0,33
Royaume-Uni 0,34 0,36 0,35 0,35 0,36 0,36 0,37 0,37 0,37 0,35 0,35 0,35 0,36 0,36 0,36 0,35
États-Unis 0,36 0,38 0,37 0,36 0,38 0,38 0,38 0,38 0,38 0,38 0,39 0,39 0,4 0,39 0,39 0,39
  • * Basé sur le revenu disponible des ménages après impôts et transferts.
  • ** Données non disponibles pour l’Italie de 2001 à 2003.
  • Source : Organisation de coopération et de développement économiques, statistiques sur les prestations et questions sociales, distribution des revenus, août 2019.

1.2 Le marché du travail canadien durant l’EF1819

Dans cette section

La population activeNote de bas de page 12 du Canada a atteint la barre des 19,9 millions au cours de l’EF1819, ce qui représente une augmentation par rapport aux 19,7 millions enregistrés lors du dernier exercice financier (+207 600 ou +1,1 %)Note de bas de page 13. Au cours de cette période, toutes les provinces ont vu la taille de leur population active augmenter, à l’exception de Terre‑Neuve‑et‑Labrador qui a connu une baisse de 0,2 %Note de bas de page 14. Les augmentations les plus marquées de la taille de la population active ont été observées en Ontario (+1,8 %), suivi de l’Île-du-Prince-Édouard (+1,7 %), du Manitoba (+1,3 %) et de la Colombie-Britannique (+1,1 %). La croissance dans les autres provinces a été relativement modeste.

Au cours de l’exercice financier examiné, le Canada comptait 18,7 millions de personnes occupées, comparativement à 18,5 millions lors de l’EF1718 (+1,4 %). La croissance de l’emploi s’est légèrement affaiblie durant l’EF1819 par rapport à celle observée au cours de l’EF1718 (+1,8 %), ce qui s’explique par le ralentissement de la progression de l’emploi à temps plein (hausse de 1,7 % pendant l’EF1819 par rapport à une augmentation de 2,2 % lors de l’EF1718) – voir l’annexe 1.2 pour les statistiques clés sur le marché du travail au cours des 5 dernières années. Le Canada s’est classé au troisième rang des pays du G7 pour ce qui est de la croissance de l’emploi pendant l’année de référence, derrière le Japon (+1,7 %) et les États‑Unis (+1,5 %). Durant cette période, la croissance de l’emploi à temps partiel au Canada est demeurée relativement inchangée (augmentation de 0,3 % au cours de l’EF1819 comparativement à une hausse de 0,4 % lors de l’EF1718). Selon la classe de travailleurNote de bas de page 15, la création d’emplois au cours de l’EF1819, au chapitre du nombre d’employés, a été plus élevée dans le secteur public (+1,7 %) que dans le secteur privé (+1,4 %), tandis que le nombre de travailleurs autonomes au Canada a connu une augmentation modérée durant cette période (+0,9 %)Note de bas de page 16.

Selon la taille des entreprisesNote de bas de page 17, les entreprises de petite à moyenne taille et les grandes entreprises ont affiché une croissance de l’emploi comparable au cours de l’EF1819 (+2,1 % et +2,7 %, respectivement), tandis que les entreprises de moyenne à grande taille ont enregistré une hausse plus importante (+3,7 %)Note de bas de page 18. Les petites entreprises, en revanche, ont connu la plus faible croissance de l’emploi au cours de l’EF1819 (+0,6 %) par rapport au dernier exercice financier. Les petites entreprises et les entreprises de petite à moyenne taille représentaient environ un cinquième (19,6 %) du nombre total de travailleurs, tandis que les entreprises de moyenne à grande taille affichaient la part la plus faible (15,5 %) pendant l’EF1819. Les grandes entreprises représentaient toujours la part la plus élevée du nombre total d’employés au Canada (45,3 %), une proportion qui est demeurée relativement inchangée au cours des dernières années.

Le taux d’emploiNote de bas de page 19, qui peut servir à mesurer le degré d’utilisation des ressources en main‑d’œuvre disponibles, était de 61,7 % à l’EF1819, soit un chiffre relativement inchangé depuis les 10 dernières années. Le taux d’emploi des hommes a toujours été plus élevé que celui des femmes. Au cours de l’exercice financier examiné, le taux d’emploi des hommes était de 65,4 %, comparativement à 58,0 % chez les femmes. Selon le groupe d’âge, les travailleurs d’âge moyen (25 à 54 ans) affichaient le taux d’emploi le plus élevé (82,9 %) et les travailleurs âgés (55 ans et plus) le plus faible (35,9 %). Plus particulièrement, le taux d’emploi des travailleurs âgés a augmenté de façon constante durant les 2 dernières décennies, passant de 23,2 % lors de l’EF9899 à 35,9 % au cours de l’EF1718 et de l’EF1819. Le niveau d’études joue également un rôle important dans l’employabilité. En effet, au cours de l’EF1819, les personnes détenant un diplôme supérieur au baccalauréat avaient un taux d’emploi de 74,0 %, tandis que celles ayant fait des études primaires ou d’un niveau inférieurNote de bas de page 20 avaient un taux d’emploi de 20,0 %. Ce contraste dans les taux d’emploi peut s’expliquer par la surreprésentation des personnes âgées parmi les gens ayant un niveau d’études plus faible. Durant l’EF1819, le taux d’emploi des personnes âgées ayant fait des études primaires ou d’un niveau inférieur était de 11,7 %, par rapport à 50,9 % chez les personnes d’âge moyen ayant le même niveau d’études. De même, les travailleurs d’âge moyen sont surreprésentés parmi les personnes détenant un diplôme supérieur au baccalauréat; le taux d’emploi des personnes d’âge moyen ayant ce niveau d’éducation était de 87,3 % au cours de l’EF1819, comparativement à 48,2 % chez les personnes âgées. Le taux d’activité, qui mesure l’ensemble de la population active par rapport à la taille de la population en âge de travailler, est une autre mesure servant à estimer la situation du marché du travailNote de bas de page 21. Le taux d’activité global du Canada pour l’EF1819 était de 65,5 %, soit un taux relativement inchangé par rapport à celui observé au cours du dernier exercice financier (65,7 %). Le taux d’activité suit une tendance à la baisse, en particulier depuis les 10 dernières années, alors qu’il se chiffrait à 67,5 % durant l’EF0809. Cette baisse est révélatrice du vieillissement de la populationNote de bas de page 22. Le taux d’activité des hommes a toujours été plus élevé que celui des femmes; toutefois, cet écart s’est réduit au cours des 4 dernières décennies, en particulier chez les personnes d’âge moyen et les personnes âgées (voir le graphique 3). L’augmentation du taux d’activité est tout particulièrement évidente chez les femmes d’âge moyen (de 52,7 % lors de l’EF7677 à 83,5 % durant l’EF1819), tandis que pour les femmes âgées, il a presque doublé au cours de cette période (de 17,6 % lors de l’EF7677 à 32,8 % durant l’EF1819).

Graphique 3 ‒ Taux d’activité selon le sexe et l’âge, Canada, EF7677 à EF1819
Graphique 3 ‒ Taux d’activité selon le sexe et l’âge, Canada, EF7677 à EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 3 – Version textuelle
Exercice financier 15 ans et plus - hommes et femmes 25 à 54 ans - hommes 55 ans et plus - hommes 25 à 54 ans - femmes 55 ans et plus - femmes
EF7677 61,6 94,4 46,8 52,7 17,6
EF7778 62,0 94,3 45,9 54,2 17,3
EF7879 63,1 94,7 45,8 56,9 17,4
EF7980 63,9 94,6 45,4 58,4 18,0
EF8081 64,4 94,5 44,7 60,5 17,5
EF8182 65,0 94,4 44,1 63,0 17,6
EF8283 64,4 93,5 43,3 63,7 17,7
EF8384 64,8 93,4 42,7 65,5 17,4
EF8485 65,2 93,4 41,8 67,3 17,3
EF8586 65,8 93,5 40,9 69,2 17,5
EF8687 66,2 93,6 39,5 70,5 16,7
EF8788 66,6 93,8 38,4 71,9 17,3
EF8889 67,0 93,4 38,0 73,5 17,1
EF8990 67,2 93,4 37,3 74,7 16,7
EF9091 67,1 93,1 36,3 75,6 16,8
EF9192 66,3 92,1 35,3 75,8 16,6
EF9293 65,6 91,4 34,4 75,2 16,7
EF9394 65,3 91,3 33,4 75,6 16,7
EF9495 65,2 91,2 33,4 75,6 17,0
EF9596 64,7 90,9 32,1 75,6 16,6
EF9697 64,7 90,8 32,2 76,2 16,7
EF9798 64,9 91,0 32,8 77,1 17,2
EF9899 65,3 91,1 32,7 77,7 17,9
EF9900 65,6 91,1 33,4 78,3 18,3
EF0001 65,9 91,1 33,3 78,6 19,1
EF0102 66,1 91,1 34,1 79,3 19,8
EF0203 67,1 91,6 36,3 80,6 21,6
EF0304 67,6 91,6 38,0 81,4 23,6
EF0405 67,4 91,6 38,5 81,5 24,3
EF0506 67,1 91,4 39,2 81,0 25,2
EF0607 67,2 91,1 39,3 81,6 26,4
EF0708 67,5 91,2 40,3 82,0 27,7
EF0809 67,5 91,4 40,7 82,0 28,6
EF0910 67,0 90,6 41,6 82,3 29,4
EF1011 66,9 90,7 42,4 82,2 30,4
EF1112 66,6 90,6 42,5 82,1 30,7
EF1213 66,6 90,9 42,7 82,6 31,4
EF1314 66,4 90,7 43,2 82,6 31,9
EF1415 65,9 90,5 43,1 81,9 31,6
EF1516 65,9 91,0 43,7 82,1 31,8
EF1617 65,7 90,9 43,5 82,4 32,5
EF1718 65,7 91,0 43,4 82,8 32,9
EF1819 65,5 90,9 43,3 83,5 32,8
  • Remarque : Les parties ombrées correspondent à des périodes de récession de l’économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0017-01.

En moyenne, le Canada comptait 47 000 chômeurs (âgés de 15 ans et plus) de moins (-3,9 %) au cours de l’EF1819 par rapport à l’exercice financier précédent. Cette baisse du nombre de chômeurs a été enregistrée pour la troisième année consécutive, se traduisant ainsi par le plus faible taux de chômage (5,8 %) observé depuis l’EF7677 (voir le graphique 4). Parmi les pays du G7, le taux de chômage du Canada figurait au troisième rang des taux les plus élevés de l’EF1819, derrière la France et l’ItalieNote de bas de page 23, Note de bas de page 24. Selon le groupe d’âge, les jeunes (15 à 24 ans) ont enregistré le taux de chômage le plus élevé (11,0 %) au cours de l’EF1819, tandis que les personnes âgées de 65 ans et plus ont connu le taux de chômage le plus faible (4,2 %), inférieur à celui des travailleurs d’âge moyen (4,9 %) et des travailleurs âgés de 55 ans et plus (5,2 %). Comme l’illustre le graphique 4, le taux de chômage global ainsi que le taux de chômage des jeunes (15 à 24 ans) et des travailleurs d’âge moyen (25 à 54 ans) ont atteint leur niveau le plus bas en 42 ans pendant l’EF1819. En ce qui concerne l’admissibilité aux prestations régulières d’a.‑e., plus le taux de chômage est faible, plus le nombre d’heures d’emploi assurable requis au cours de la période de référence est élevé, ce qui constitue l’une des conditions d’admissibilité de base (pour plus de renseignements sur l’admissibilité aux prestations régulières d’a.‑e., voir la section 2.2). Les variations régionales du taux de chômage sont abordées en détail à la sous‑section 1.2.1.

Graphique 4 ‒ Taux de chômage national selon l’âge, Canada, EF7677 à EF1819
Graphique 4 ‒ Taux de chômage national selon l’âge, Canada, EF7677 à EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 4 – Version textuelle
Exercice financier 15 ans et plus 15 à 24 ans 25 à 54 ans 55 ans et plus 65 ans et plus
EF7677 7,3 12,7 5,5 4,0 1,9
EF7778 8,2 14,1 6,2 4,9 2,2
EF7879 8,3 13,9 6,3 5,0 2,0
EF7980 7,4 12,5 5,7 4,4 2,1
EF8081 7,5 12,8 5,7 4,2 1,9
EF8182 8,0 13,6 6,3 4,5 2,1
EF8283 12,0 19,5 9,8 7,2 2,7
EF8384 11,7 18,7 9,7 7,3 2,1
EF8485 11,2 17,0 9,7 7,6 2,1
EF8586 10,3 15,7 8,8 7,4 2,2
EF8687 9,5 14,4 8,3 6,8 2,6
EF8788 8,4 12,5 7,4 6,4 2,6
EF8889 7,7 11,4 6,9 5,7 1,9
EF8990 7,6 11,1 6,8 5,7 1,9
EF9091 8,8 13,5 7,9 6,0 1,7
EF9192 10,4 16,0 9,4 7,8 4,7
EF9293 11,3 17,3 10,2 8,8 5,2
EF9394 11,4 17,2 10,2 9,4 5,4
EF9495 10,0 15,3 9,1 8,2 4,4
EF9596 9,5 15,0 8,5 7,4 4,0
EF9697 9,6 15,6 8,5 7,3 3,9
EF9798 8,9 16,2 7,6 6,7 2,8
EF9899 8,1 14,8 6,9 6,2 3,0
EF9900 7,3 13,7 6,2 5,1 2,6
EF0001 6,9 12,6 5,8 5,2 2,6
EF0102 7,5 13,2 6,4 5,7 3,6
EF0203 7,5 13,4 6,4 5,9 3,2
EF0304 7,6 13,8 6,4 5,8 3,3
EF0405 7,1 13,1 6,0 5,4 3,2
EF0506 6,6 12,2 5,6 5,1 3,6
EF0607 6,3 11,5 5,2 5,1 4,5
EF0708 6,0 11,2 5,0 4,8 3,3
EF0809 6,6 12,4 5,5 5,4 3,1
EF0910 8,5 15,6 7,2 6,6 4,7
EF1011 7,9 14,6 6,7 6,4 5,1
EF1112 7,5 14,3 6,2 6,2 4,5
EF1213 7,2 14,3 6,0 5,9 4,6
EF1314 7,0 13,7 5,8 6,0 4,1
EF1415 6,9 13,3 5,7 5,7 4,3
EF1516 7,0 13,2 6,0 5,9 4,7
EF1617 6,9 13,0 5,8 6,0 4,7
EF1718 6,1 11,2 5,2 5,5 5,0
EF1819 5,8 11,0 4,9 5,2 4,2
  • Remarque : Les parties ombrées correspondent à des périodes de récession de l’économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0017-01.

Le nombre de postes vacants (c’est‑à‑dire, les emplois non dotés pour lesquels les employeurs recherchent activement des travailleurs) a augmenté considérablement au cours de l’EF1819 (+15,7 %) par rapport au dernier exercice financier, atteignant 537 800 postes vacants, soit une hausse par rapport aux 464 600 postes vacants enregistrés lors de l’EF1718Note de bas de page 25. Du nombre total de postes vacants recensés au cours de l’exercice financier examiné, un peu moins des trois quarts (72,5 % ou 389 600 postes) étaient des emplois à temps plein. Près des deux tiers (62,5 %) du nombre total de postes vacants exigeaient un diplôme d’études secondaires ou d’un niveau inférieur. Par ailleurs, le taux de postes vacants (soit le nombre de postes vacants exprimé en pourcentage de tous les emplois occupés et vacants) est passé à 3,3 % au cours de la période de référence, soit une augmentation par rapport au taux de 2,9 % enregistré lors de l’exercice précédent (+0,4 point de pourcentage). Le taux de postes vacants le plus élevé au cours de l’EF1819 a été observé dans l’industrie de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse (6,0 %), alors que le taux le plus faible a été enregistré dans l’industrie des services d’enseignement (1,1 %). Le taux de postes vacants a augmenté dans toutes les industries au cours de l’EF1819 par rapport à l’EF1718, à l’exception de l’industrie de l’extraction minière, pétrolière et gazière et de l’industrie de la finance et des assurances, où le taux de postes vacants est demeuré inchangé comparativement au dernier exercice financierNote de bas de page 26. Pour la deuxième année consécutive, la durée des postes vacants a continué de croître au cours de l’EF1819, ce qui semble indiquer qu’il a fallu plus de temps aux employeurs pour pourvoir leurs postes vacants durant l’EF1819 par rapport à l’exercice précédent. La proportion de postes qui sont demeurés vacants pour une plus longue période (3 mois ou plus) a augmenté de 0,8 point de pourcentage lors de l’EF1819 comparativement à l’EF1718, représentant ainsi 12,3 % de l’ensemble des postes vacants. La proportion croissante de postes vacants de plus longue durée ainsi que l’augmentation du taux de postes vacants témoignent de la forte demande de main-d’œuvre qui s’est maintenue au cours de la période de référence par rapport à l’an dernier.

Situation des Autochtones et des personnes handicapées sur le marché du travail

Bien que ce chapitre présente les conditions générales du marché du travail au Canada, il est également important de se concentrer sur les segments particuliers de la population qui peuvent être vulnérables. Parmi ces groupes de la population, mentionnons les AutochtonesNote de bas de page 27 et les personnes ayant une quelconque incapacitéNote de bas de page 28.

En général, la population autochtone du Canada a des résultats moins souhaitables sur le marché du travail que la population non autochtone. Au cours de l’année de référence, le taux d’emploi des Autochtones du Canada était de 58,1 %, comparativement à 63,0 % pour la population non autochtone. Le taux d’activité des Autochtones (64,6 %) était également inférieur à celui des non‑Autochtones (66,6 %), ce qui laisse croire que les ressources en main-d’œuvre disponibles au sein de la population autochtone sont utilisées à un taux comparativement plus faible. Par conséquent, une différence frappante a été observée entre les taux de chômage des populations autochtone et non autochtone. En effet, au cours de l’EF1819, le taux de chômage des Autochtones se chiffrait à 10,0 %, tandis qu’il était de 5,3 % chez les non-Autochtones. Alors que les taux d’emploi et d’activité de la population autochtone sont généralement plus faibles que ceux de la population non autochtone, ils étaient plus élevés pour les Autochtones plus âgés comparativement aux non-Autochtones (voir le tableau 1).

Tableau 1 – Caractéristiques du marché du travail des populations autochtone et non autochtone, selon le sexe et l’âge, Canada, EF1819
Catégorie Taux d’emploi Autochtone (%) Taux d’emploi Non autochtone (%) Taux d’activité Autochtone (%) Taux d’activité Non autochtone (%) Taux de chômage Autochtone (%) Taux de chômage Non autochtone (%)
Hommes 60,6 % 67,7 % 68,6 % 71,8 % 11,6 % 5,8 %
Femmes 55,7 % 58,6 % 60,8 % 61,6 % 8,3 % 4,8 %
15 à 24 ans 47,8 % 58,9 % 58,2 % 65,7 % 17,9 % 10,2 %
25 à 54 ans 71,8 % 85,2 % 78,5 % 89,0 % 8,5 % 4,3 %
55 ans et plus 36,8 % 35,9 % 40,0 % 37,9 % 8,1 % 5,1 %
Canada 58,1 % 63,0 % 64,6 % 66,6 % 10,0 % 5,3 %
  • Remarque : La population non autochtone comprend les personnes qui se sont identifiées comme ne faisant pas partie d’un des groupes suivants : Indien de l’Amérique du Nord, Inuit ou Métis, et exclut celles qui n’ont pas répondu à la question de l’enquête. Les estimés présentés dans cette sous-section excluent les personnes qui vivent sur les réserves.
  • Source: Calculs de EDSC basés sur les données du fichier principal de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, avril 2018 à mars 2019.

On estime qu’un Canadien sur 5 (22 % ou 6,2 millions) âgé de 15 ans et plus avait une ou plusieurs incapacités en 2017Note de bas de page 29. Les personnes handicapées demeurent moins susceptibles d’occuper un emploi que les personnes non handicapéesNote de bas de page 30, et ce, tant au Canada que dans d’autres régions du mondeNote de bas de page 31. Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017, parmi la population âgée de 25 à 64 ans, près de 3 personnes handicapées sur 5 (59 %) occupaient un emploi, comparativement à 4 sur 5 (80 %) chez les personnes non handicapées. Il a également été constaté que les personnes ayant une incapacité plus sévère affichaient un taux d’emploi encore plus faible, allant de 76 % chez les personnes ayant une incapacité légère à 31 % chez celles ayant une incapacité très sévèreNote de bas de page 32.

Les taux d’emploi varient aussi selon certains facteurs démographiques et la sévérité de l’incapacité. Par exemple, les hommes ayant une incapacité moins sévère affichaient un taux d’emploi plus élevé dans l’ensemble des groupes d’âge, sauf chez ceux âgés de 25 à 34 ans. Cependant, ce constat est inversé parmi les personnes ayant une incapacité plus sévère, car le taux d’emploi était plus élevé chez les femmes de tous les groupes d’âge, sauf chez celles âgées de 55 à 64 ans. Les personnes ayant une incapacité plus sévère étaient également plus susceptibles de travailler à temps partiel (défini comme étant moins de 30 heures par semaine). Quel que soit le niveau de sévérité de l’incapacité, les personnes ayant fait des études postsecondaires avaient un taux d’emploi plus élevé que celles ayant un diplôme d’études secondaires ou d’un niveau inférieur, ce qui est conforme aux résultats obtenus pour les personnes non handicapées.

1.2.1 Marchés du travail régionaux du Canada

Le fort rendement qu’a connu le marché du travail canadien au cours de l’EF1819 s’est manifesté dans l’ensemble des provinces et des territoires, lesquels ont tous connu une croissance positive au chapitre de l’emploi par rapport au dernier exercice financier. La croissance de l’emploi a été égale ou supérieure au seuil national à Terre-Neuve-et-Labrador, à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse, en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique et au Nunavut. Le taux d’activité, en revanche, est demeuré relativement inchangé dans la plupart des provinces et des territoires, sauf au Yukon et au Nunavut, où il a légèrement diminué au cours de l’EF1819 comparativement à l’exercice précédent (‑1.6 et ‑1.1 points de pourcentage, respectivement) – voir l’annexe 1.4 et l’annexe 1.5 pour plus de renseignements sur les taux d’emploi et d’activité par province et territoire au cours des 5 dernières années. Comme il a été mentionné précédemment, une augmentation du niveau d’emploi, combinée à un taux d’activité inchangé ou en baisse, est révélatrice du vieillissement de la population à l’échelle provinciale et territoriale. En ce qui concerne le nombre de postes vacants, comme le fait ressortir le tableau 2, toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de la Saskatchewan, ont enregistré une hausse annuelle au cours de l’EF1819. Le taux de postes vacants était toutefois plus élevé dans l’ensemble des provinces et des territoires pendant l’EF1819 comparativement au taux observé l’année précédente, ce qui témoigne d’une demande de main-d’œuvre plus élevée à l’échelle provinciale et territoriale.

Tableau 2 ‒ Taux d’activité, niveau d’emploi, croissance de l’emploi, nombre de postes vacants, croissance du nombre de postes vacants et taux de postes vacants, selon la province ou le territoire, Canada, EF1718 à EF1819
Province ou territoire Taux d’activité (%) Emploi (en milliers) Variation d’une année à l’autre de l’emploi (en %) Postes vacants (en milliers) Variation d’une année à l’autre du nombre de postes vacants (en %) Taux de postes vacants (%)
Terre-Neuve-et-Labrador 59,0 % 227,3 +1,7 % 4,0 +14,7 % 2,0 %
Île-du-Prince-Édouard 66,4 % 76,1 +2,4 % 2,3 +36,4 % 3,6 %
Nouvelle-Écosse 61,8 % 459,0 +1,9 % 11,0 +10,8 % 2,7 %
Nouveau-Brunswick 61,4 % 354,8 +0,5 % 9,3 +21,4 % 3,0 %
Québec 64,5 % 4 273,0 +0,7 % 116,7 +30,9 % 3,2 %
Ontario 64,6 % 7 288,8 +1,9 % 205,9 +11,0 % 3,2 %
Manitoba 67,2 % 650,9 +0,9 % 15,1 +7,6 % 2,5 %
Saskatchewan 68,7 % 572,2 +0,9 % 10,0 -0,5 % 2,2 %
Alberta 71,8 % 2 333,0 +1,5 % 55,8 +8,2 % 2,8 %
Colombie-Britannique 65,1 % 2 512,1 +1,4 % 105,7 +17,6 % 4,6 %
Yukon 74,4 % 21,2 +0,1 % 0,8 +13,9 % 4,5 %
Territoires du Nord-Ouest 71,2 % 21,4 +0,5 % 0,7 +17,6 % 3,3 %
Nunavut 62,8 % 13,6 +2,2 % 0,4 +16,8 % 3,4 %
Canada 65,5 % 18 747,1 +1,4 % 537,7 +15,7 % 3,3 %
  • Remarque : Les statistiques du taux d’activité et de l’emploi pour le Canada excluent les territoires, tandis que les statistiques des postes vacants et des taux de postes vacants incluent tous les provinces et les territoires. Les variations en pourcentage sont basées sur des chiffres non arrondis.
  • Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableaux 14-10-0287-01 et 14-10-0292-01 (pour les données sur les taux d’activité et l’emploi) et Enquête sur les postes vacants et les salaires, Tableau 14-10-0325-01 (pour les données sur les postes vacants).

Le tableau 3 présente les taux et les durées des épisodes de chômage qui ont été observés dans chacune des provinces et chacun des territoires au cours de l’exercice financier examiné et de l’exercice précédent. Le taux de chômage a diminué de façon significative dans l’ensemble des provinces et des territoires, à l’exception du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest. Terre‑Neuve‑et‑Labrador (‑1,7 point de pourcentage) et la Nouvelle-Écosse (-1,1 point de pourcentage) ont, quant à elles, affiché les baisses les plus importantes. Parmi les provinces, la Colombie-Britannique a enregistré, pour la troisième année consécutive, le taux de chômage le plus bas (4,7 %) au cours de l’EF1819, tandis que le Québec et l’Ontario ont connu des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale pour la deuxième année de suite. Les provinces de l’Atlantique ont continué à afficher des taux de chômage nettement supérieurs à la moyenne nationale, Terre-Neuve-et-Labrador figurant en tête de liste à ce chapitre (13,0 %). Parmi les territoires, c’est au Yukon qu’a été enregistré le taux de chômage le plus bas (3,2 %), soit un taux inférieur à la moyenne nationale et bien en‑deçà de celui des Territoires du Nord‑Ouest (7,3 %) et du Nunavut (14,2 %)Note de bas de page 33.

Au cours de l’EF1819, la durée moyenne d’une période de chômage au Canada était de 18,1 semaines, en baisse par rapport aux 19,1 semaines observées lors de l’EF1718 (-1,0 semaine). La durée du chômage variait d’une province à l’autre, ce qui semble indiquer une évolution contrastée du marché du travail au cours de l’exercice financier visé. Parmi les provinces, la durée du chômage la plus longue a été enregistrée en Alberta (21,9 semaines), malgré une baisse de 0,8 semaine par rapport au niveau record observé dans cette province lors du dernier exercice. En revanche, la durée du chômage la plus courte a été observée à l’Île-du-Prince-Édouard (14,2 semaines).

Tableau 3 ‒ Taux de chômage et durée des épisodes de chômage selon la province ou le territoire, Canada, EF1718 à EF1819
Province ou territoire Taux de chômage EF1718 Taux de chômage EF1819 Taux de chômage Variation (pts de %) Durée des épisodes de chômage (semaines) EF1718 Durée des épisodes de chômage (semaines) EF1819 Durée des épisodes de chômage (semaines) Variation
Terre-Neuve-et-Labrador 14,7 % 13,0 % -1,7 18,7 19,8 +1,1
Île-du-Prince-Édouard 9,9 % 9,3 % -0,6 16,1 14,2 -2,0
Nouvelle-Écosse 8,3 % 7,2 % -1,1 17,7 18,0 +0,3
Nouveau-Brunswick 8,0 % 7,9 % -0,1 18,4 16,2 -2,3
Québec 5,9 % 5,4 % -0,4 18,6 18,6 0,0
Ontario 5,8 % 5,7 % -0,1 18,6 17,1 -1,5
Manitoba 5,5 % 5,8 % +0,3 15,9 16,6 +0,7
Saskatchewan 6,1 % 6,0 % -0,1 18,7 21,2 +2,5
Alberta 7,4 % 6,7 % -0,7 22,7 21,9 -0,8
Colombie-Britannique 5,0 % 4,7 % -0,3 18,3 15,4 -2,8
Yukon 3,4 % 3,2 % -0,2 non disponible non disponible non disponible
Territoires du Nord-Ouest 6,9 % 7,3 % +0,3 non disponible non disponible non disponible
Nunavut 14,5 % 14,2 % -0,3 non disponible non disponible non disponible
Canada 6,1 % 5,8 % -0,3 19,1 18,1 -1,0
  • Remarque : Les taux de chômage et les durées moyennes des épisodes de chômage pour le Canada excluent les territoires.
  • Sources : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableaux 14-10-0287-01, 14-10-0292-01 et 14-10-0056-01.

Le taux de chômage et la probabilité de trouver un emploi

Une étude* ministérielle récente a examiné les facteurs influençant la capacité des chômeurs à se trouver un emploi. À l’aide des données de l’Enquête sur la population active de 2006 à 2018, l’étude a trouvé que la probabilité de se trouver un emploi augmente avec le niveau de scolarité mais diminue au fur et à mesure que la période de chômage s’allonge. Elle varie également considérablement selon les professions. Par ailleurs, lorsque l’on tient compte de la profession et de la région économique de l’assurance-emploi, ni le sexe ni l’âge ne semblent avoir d’incidence sur la probabilité de se trouver un emploi.

L’étude a aussi démontré que la probabilité de se trouver un emploi varie entre les régions économiques de l’assurance-emploi qui ont des taux de chômage similaires, ce qui semble suggérer que les taux de chômage ne reflètent pas pleinement la probabilité de se trouver un emploi. La même conclusion est obtenue lorsque les personnes qui travaillent à temps partiel de façon involontaire et les chômeurs découragés de se chercher un emploi sont inclus dans l’analyse.

  • * EDSC, Facteurs influençant la probabilité de trouver un emploi dans les régions économiques de l’assurance-emploi. (Ottawa : EDSC, Direction de l’information sur le marché du travail, 2020)

Tendances relatives au licenciements temporaires et aux attentes en matières de rappel

Une étude* récente réalisée par le ministère a utilisé différentes sources de données pour examiner les tendances relatives aux licenciements temporaires au Canada, ainsi que les tendances et les caractéristiques liées aux travailleurs licenciés temporairement qui s’attendent à être rappelés par leur employeur.

Selon l’Enquête sur la population active (EPA), au Canada, le taux total de licenciement** (les licenciements permanent et temporaire combinés) a diminué, passant de 4 % en 1976 à 2,5 % en 2018. Si on examine les 3 périodes de récessions qui sont survenues entre 1976 et 2018, on constate que le taux moyen de licenciement temporaire a augmenté durant ces périodes mais dans une moindre mesure lors des récessions les plus récentes. En effet, le taux moyen est passé d’environ 0,8 % entre 1980 et 1984, à 0,7 %, entre 1990 et 1994, et à 0,5 % entre 2008 et 2011. Au cours de la période examinée, le taux moyen de licenciement temporaire des femmes était plus faible que celui des hommes.

L’étude a aussi trouvé que le taux d’attente en matière de rappel***, mesuré à l’aide de l’EPA, a diminué dans le temps, allant de 32 % en 1996 à 25 % en 2018. Toutefois, durant la même période, le taux réel de rappel, estimé à l’aide des données de Relevés d’emploi et d’impôts, a augmenté. En 2016, environ 60 % des employés licenciés ont été rappelés par leur employeur, comparativement à 47 % en 1999.

Quant aux caractéristiques des employés licenciés qui s’attendent à être rappelés par leur employeur, on trouve que les hommes, les travailleurs ayant moins qu’un baccalauréat et les travailleurs des provinces de l’Atlantique étaient surreprésentés parmi ce groupe par rapport à leur proportion relative dans la main d’œuvre canadienne.

  • * EDSC, Tendances relatives au licenciements temporaires et aux attentes en matières de rappel. (Ottawa : EDSC, Direction de l’information sur le marché du travail, 2020).
  • ** Le taux de licenciement est le nombre de licenciements exprimé en proportion de tous les emplois.
  • *** Les taux d’attente en matière de rappel sont le nombre de travailleurs licenciés s’attendant à être rappelés par leur employeur exprimé en proportion de tous les travailleurs licenciés.

Le tableau 4 illustre la rémunération hebdomadaire nominale et réelleNote de bas de page 34 moyenne qui a été enregistrée dans chacune des provinces et chacun des territoires au cours de l’EF1819 et de l’EF1718. Durant l’exercice financier visé, les territoires ont continué à afficher la rémunération hebdomadaire nominale moyenne la plus élevée, suivis de l’Alberta (1 147 $) et de Terre‑Neuve‑et‑Labrador (1 041 $). En revanche, c’est à l’Île-du-Prince-Édouard que la rémunération hebdomadaire nominale moyenne a été la plus faible (843 $), soit un montant bien en deçà de la moyenne nationale de 1 005 $Note de bas de page 35. Toutes les provinces et tous les territoires ont connu une hausse de leur rémunération hebdomadaire nominale moyenne au cours de l’EF1819 par rapport au dernier exercice financier. Toutefois, en termes réels, la rémunération hebdomadaire moyenne a diminué dans 5 provinces ainsi que dans les Territoires du Nord‑Ouest (voir le tableau 4). La rémunération hebdomadaire moyenne réelle est en fait restée pratiquement inchangée (+0,1 %) à l’échelle nationale au cours de l’EF1819, comparativement à l’exercice précédent.

Tableau 4 – Rémunération hebdomadaire nominale et réelle selon la province ou le territoire, Canada, EF1718 à EF1819
Province ou territoire Rémunération hebdomadaire nominale moyenne ($)* EF1718 Rémunération hebdomadaire nominale moyenne ($)* EF1819   Rémunération hebdomadaire nominale moyenne ($)* variation (%) EF1718 à EF1819   Rémunération hebdomadaire réelle moyenne ($)** EF1718 Rémunération hebdomadaire réelle moyenne ($)** EF1819 Rémunération hebdomadaire réelle moyenne ($)** variation (%) EF1718 à EF1819
Terre-Neuve-et-Labrador 1 034 1 041 +0,7 % 759 754 -0,7 %
Île-du-Prince-Édouard 828 843 +1,9 % 618 618 0,0 %
Nouvelle-Écosse 863 878 +1,8 % 648 647 -0,2 %
Nouveau-Brunswick 893 916 +2,6 % 677 682 +0,7 %
Québec 912 938 +2,8 % 716 724 +1,2 %
Ontario 1 000 1 026 +2,6 % 754 757 +0,4 %
Manitoba 917 944 +3,0 % 698 702 +0,5 %
Saskatchewan 1 011 1 017 +0,6 % 747 738 -1,3 %
Alberta 1 139 1 147 +0,8 % 826 812 -1,6 %
Colombie-Britannique 950 973 +2,4 % 755 753 -0,3 %
Yukon 1 091 1 135 +4,0 % 852 866 +1,6 %
Territoires du Nord-Ouest 1 401 1 423 +1,6 % 1 045 1 038 -0,7 %
Nunavut 1 343 1 385 +3,2 % 1 064 1 067 +0,3 %
Canada 983 1 005 +2,2 % 750 751 +0,1 %
  • * La rémunération inclut les heures supplémentaires et s’applique à l’ensemble des salariés rémunérés à l’heure, aux employés à salaire fixe et aux autres salariés.
  • ** Mesuré en dollars de 2002.
  • Sources : Statistique Canada, Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail, Tableau 14-10-0203-01 (pour les données sur la rémunération nominale), et Statistique Canada, Mesure de l’indice des prix à la consommation, Tableau 18-10-0004-01 (pour les données sur l’IPC).

Comme il a été mentionné précédemment, le taux de chômage enregistré au cours de l’EF1819 (5,8 %) est le plus bas depuis l’EF7677, ce qui signifie que, durant la période de référence, le nombre de personnes à la recherche d’un emploi était relativement plus faible que celui des personnes occupées. En revanche, l’augmentation du nombre de postes vacants qui a été observée au cours de l’EF1819 donne à penser que la demande de main-d’œuvre non satisfaite a continué de croître pendant la période de référence. L’un des principaux aspects d’un marché du travail efficace est la facilité et l’efficacité avec lesquelles les travailleurs trouvent un emploi et les employeurs recrutent du personnel qualifié pour pourvoir les postes vacants. Le ratio chômeurs‑postes vacants correspond au nombre de chômeurs pour chaque poste vacant, ce qui permet de mesurer à quel point il y a un resserrement ou un excédent du marché du travail. Un faible ratio chômeurs-postes vacants se caractérise par un nombre inférieur de chômeurs par rapport au nombre total de postes vacants, ce qui laisse supposer que les chômeurs sont en mesure de trouver des emplois de manière plus efficace et que l’inadéquation des compétences est moins prononcéeNote de bas de page 36. Un ratio chômeurs‑postes vacants plus faible témoigne d’un marché du travail plus tendu. Le tableau 5 présente les ratios chômeurs-postes vacants enregistrés par chacune des provinces de l’EF1516 à l’EF1819. Pour la deuxième année consécutive, le ratio chômeurs-postes vacants a diminué dans l’ensemble des provinces au cours de l’EF1819, à l’exception du Manitoba et de la Saskatchewan où il est demeuré inchangé. Cette baisse est révélatrice d’un resserrement accru du marché du travail canadien. Pendant la période de référence, le ratio chômeurs‑postes vacants a varié entre 0,9 au Yukon et 8,6 à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Un ratio chômeurs‑postes vacants plus élevé peut être observé lorsque la proportion de chômeurs est plus importante que la proportion de postes vacants. Par exemple, au cours de l’EF1819, Terre‑Neuve‑et‑Labrador représentait 2,9 % des chômeurs, mais ne comptait que 0,7 % des postes vacants totaux. De même, durant l’EF1819, la Nouvelle‑Écosse comptait 3,1 % des chômeurs, mais seulement 2,0 % du nombre total de postes vacants, ce qui témoigne de la faiblesse du marché du travail dans ces provinces.

Tableau 5 – Ratio chômeurs‑postes vacants selon la province, Canada, EF1516 à EF1819
Province EF1516 EF1617 EF1718 EF1819 Variation EF1718 à EF1819
Terre-Neuve-et-Labrador 7,8 10,3 11,1 8,6 -2,5
Île-du-Prince-Édouard 5,9 6,6 4,8 3,4 -1,5
Nouvelle-Écosse 4,3 4,7 4,1 3,2 -0,9
Nouveau-Brunswick 5,2 5,6 4,0 3,3 -0,7
Québec 5,7 4,6 3,0 2,1 -0,8
Ontario 3,2 2,9 2,4 2,1 -0,2
Manitoba 3,1 3,7 2,7 2,6 0,0
Saskatchewan 2,8 4,3 3,7 3,7 0,0
Alberta 2,9 4,8 3,5 3,0 -0,6
Colombie-Britannique 2,4 2,0 1,4 1,2 -0,3
Canada 3,5 3,4 2,6 2,2 -0,4
  • Remarque : Les ratios chômeurs-postes vacants présentés dans ce tableau sont calculés à l’aide du nombre de postes vacants provenant de l’Enquête sur les postes vacants et les salaires et du nombre de chômeurs selon l’Enquête sur la population active afin de rester cohérent avec les données présentées ailleurs dans ce chapitre. Statistique Canada fournit des ratios chômeurs-postes vacants calculés à partir de l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail, Tableau 14-10-0226-01, qui sont différents de ceux présentés ici, et ce, dû à des enjeux d’échantillonnage et de couverture.
  • Sources : Statistique Canada, Enquête sur les postes vacants et les salaires, Tableau 14-10-0325-01 (pour les données sur les postes vacants) et Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0017-01 (pour les données sur le chômage).

1.2.2 Tendances en matière de mobilité interprovinciale

Tous les ans, un grand nombre de Canadiens déménagent dans une autre province ou un autre territoire. Entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2019, on estime à 290 500 le nombre de personnes ayant déménagé ailleurs au Canada. Ces déplacements entre les provinces et les territoires s’expliquent en partie par les nouvelles possibilités d’emploi et la baisse de la demande de main-d’œuvre. De plus, ils donnent la possibilité aux travailleurs d’accéder à d’autres marchés du travail et de trouver un emploi ou d’en obtenir un qui correspond davantage à leurs compétences. Sur le plan national, la mobilité interprovinciale peut accroître la croissance de la productivité et du PIB réel, de même qu’améliorer les débouchés des travailleurs qui sont à la recherche d’un emploi convenable et qui résident dans les provinces affichant un taux de chômage élevé et un excès d’offre de main-d’œuvre, en leur permettant de déménager dans des régions où le taux de chômage est moins élevé et où il y a des pénuries de main‑d’œuvre.

S’il est vrai que plusieurs éléments peuvent inciter une personne à déménager (y compris, sans toutefois exclure d’autres motifs, des occasions d’emploi, des raisons familiales, des études ou un établissement d’enseignement), la volonté de rehausser son niveau de vie est souvent un facteur déterminant. Depuis le milieu des années 1990, les provinces de l’Ouest, tout particulièrement l’Alberta, représentent une destination de choix pour une majorité de migrants interprovinciaux canadiens. Toutefois, en raison de la faiblesse des prix des produits de base et du marché du travail albertain moins favorable, les tendances ont quelque peu évolué au cours des dernières années en faveur de l’Ontario et de la Colombie-Britannique (voir le graphique 5).

L’évolution du marché du travail en Ontario et en Colombie‑Britannique a fait de ces provinces la destination de choix pour les migrants interprovinciaux depuis juillet 2015 (+11 000 et +16 400 en moyenne par année, respectivement). Le solde migratoire annuel de l’Alberta s’est élevé en moyenne à 23 700 de juillet 2005 à juin 2015, une tendance qui s’est ensuite inversée de juillet 2015 à juin 2018 (solde migratoire annuel de -11 300 en moyenne) à la suite de la baisse des prix des produits de base au cours de l’EF1415. Cependant, entre juillet 2018 et juin 2019, l’Alberta a connu un solde migratoire positif (+5 500). La Saskatchewan, autre province productrice de pétrole, a enregistré un solde migratoire moyen de -7 000 par année entre juillet 2015 et juin 2019.

Graphique 5 ‒ Part du solde migratoire interprovincial annuel net selon la région, Canada, juillet 2005 à juin 2019
Graphique 5 ‒  Part du solde migratoire interprovincial annuel net selon la région, Canada,  juillet 2005 à juin 2019 ‒ La description textuelle suit
Graphique 5 – Version textuelle
Région Juillet 2005 à juin 2015 (moyenne annuelle) Juillet 2015 à juin 2018 (moyenne annuelle) Juillet 2018 à juin 2019
Provinces de l'Atlantique -14,9 % 3,2 % -1.7 %
Québec -30,0 % -24,9 % -11.1 %
Ontario -38,4 % 32,3 % 42,8 %
Manitoba et Saskatchewan -15,0 % -35,6 % -69,0 %
Alberta 73,0 % -33.9 % 20,2 %
Colombie-Britannique 26,5 % 59,3 % 22,3 %
  • Remarque : Annuelle est définie comme la période allant du 1er juillet au 30 juin. Les résultats pour les territoires ne sont pas présentés dans le graphique. Par conséquent, le total du solde migratoire net ne totalise pas zéro.
  • Source : Statistique Canada, Tableau 17-10-0021-01.

1.3 Tendances touchant l’emploi atypique au Canada

Dans cette section

Les développements du marché du travail présentés dans la section précédente, tels que la croissance de l’emploi, ne font pas la distinction entre les emplois standards et les emplois atypiques. Différents types d’emploi donnent lieu à différents résultats obtenus sur le marché du travail, par exemple en termes d’heures travaillées et de niveau salarial, lesquels sont liés à l’admissibilité à l’assurance-emploi et aux niveaux de prestations d’assurance-emploi reçues. Après la Seconde Guerre mondiale, la prévalence du modèle d’emploi standard, qui fait généralement référence à l’employé « qui travaille à plein temps, tout au long de l’année, pour un seul employeur, et remplit ses fonctions dans les locaux de ce dernier, qui bénéficie de droits et d’avantages sociaux fixés par la loi et qui s’attend à occuper son emploi de manière définitiveNote de bas de page 37 », a commencé à diminuer en raison d’un plus grand nombre d’emplois atypiques dans les années 1980Note de bas de page 38. L’emploi atypique représente actuellement une part importante de la population active, 36,9 % au cours de l’EF1819, laquelle est demeurée relativement stable depuis la deuxième moitié des années 1990. La présente section traite de l’évolution de l’emploi atypique au Canada, des différentes formes que prend celui-ci, ainsi que des caractéristiques des personnes qui exercent ce type d’emploi.

L’emploi atypique est un terme général qui englobe les 3 réalités suivantes :

  • emploi permanent à temps partiel;
  • travail autonome (y compris les travailleurs familiaux non rémunérés); et
  • emploi temporaire.

Qui représentent respectivement 10,5 %, 15,3 % et 11,2 % du total des emplois au Canada au cours de l’EF1819 (voir le graphique 6).

Graphique 6 ‒ Nombre et part des différents types d’emploi mutuellement exclusifs, Canada, EF1819
Graphique 6 ‒ Nombre et part des différents types d’emploi mutuellement exclusifs,  Canada, EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 6 – Version textuelle
Formes d'emploi mutuellement exclusives  Nombre Part du total
Total de l’emploi  18 747 100 100,0 %
Employés salariés  15 886 300 84,7 %
Employés permanents  13 791 800 73,6 %
Employés permanents à temps plein  11 822 400 63,1 %
Employés permanents à temps partiel  1 969 400 10,5 %
Employés temporaires  2 094 500 11,2 %
Travailleurs autonomes  2 860 800 15,3 %
À leur compte  1 985 900 10,6 %
Employers  853 400 4,6 %
Travailleurs familiaux non rémunérés  21 500 0,1 %
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, fichiers de microdonnées à grande diffusion, avril 2018 à mars 2019.

La précarité peut faire partie des particularités des emplois atypiques, mais elle n’est pas essentielle à la définition de ceux-ci. Le degré de précarité d’un emploi d’une quelconque forme dépend de nombreux facteurs, par exemple, le degré d’incertitude quant à la poursuite de l’emploi, le contrôle exercé sur le processus de travail (y compris les conditions de travail, les salaires et l’existence de syndicats), le degré de protection réglementaire et le niveau de revenuNote de bas de page 39. Certains emplois à temps plein toute l’année peuvent aussi être précaires dans un certain sens (par exemple, occuper un emploi où il n’y a pas de chance d’avancement due à différentes raisons, ou il n’y a pas de possibilité de perfectionnement) et le degré de précarité varie selon le types d’emploi atypique.

Il existe des différences importantes entre les diverses situations d’emploi atypique; par exemple, il est possible que la profession, le profil de revenu et la sécurité d’emploi des travailleurs ayant un emploi temporaire soient différents de ceux des travailleurs autonomes. De même, au sein de la catégorie des travailleurs autonomes, il peut y avoir des différences entre les personnes qui embauchent des travailleurs et celles qui n’en embauchent pas. De plus, plusieurs travailleurs qui occupent un emploi atypique peuvent être exclus du droit relatif aux négociations collectives et de la législation en matière de normes d’emploiNote de bas de page 40.

Le reste de la présente section décrit l’évolution de l’emploi atypique au Canada, en fonction de chacun des types que prend celui-ci (c’est-à-dire l’emploi permanent à temps partiel, le travail autonome et l’emploi temporaire), ainsi que les caractéristiques des personnes qui se conforment à de telles modalités de travail.

L’instabilité de l’emploi dans le marché du travail canadien

Bien que ce ne soit pas compté comme de l’emploi atypique, les personnes qui cumulent plus d’un emploi (ou qui ont plus d’un emploi simultanément) sont parfois considérées comme des travailleurs qui ont un travail précaire ou non stable. Une étude* récente du ministère a examiné plusieurs tendances liées à l’instabilité de l’emploi, notamment, la mesure dans laquelle les employés travaillaient simultanément pour plus de 1 employeur au cours d’une année donnée, ainsi que la durée moyenne d’occupations des emplois et l’instabilité des revenus d’emploi.

L’étude a trouvé, à l’aide des données de l’Enquête sur la population active (EPA) et de données d’impôts de l’Agence du revenu du Canada (ARC), des résultats contradictoires quant à la tendance liée à l’instabilité de l’emploi (mesurée principalement par le nombre d’employés qui cumulent simultanément plus d’un emploi) à travers les années au Canada. En utilisant l’EPA pour identifier les individus qui occupaient plusieurs emplois au cours de n’importe quel mois de l’année où ils étaient interviewés, l’étude a trouvé que le taux de cumul d’emplois a connu une hausse, allant de 9,1 % en 2000 à presque 12,0 % en 2018. Le taux a augmenté constamment pour tous les groupes d’âge durant cette période, mais de façon plus marquée pour les travailleurs âgés de 45 à 64 ans. Les femmes étaient plus susceptibles de cumuler plus d’un emploi que les hommes, et cet écart était plus important pour les travailleuses plus âgées. Par ailleurs, l’étude a trouvé des augmentations du taux de cumul d’emplois dans la majorité des industries malgré qu’il y avait des variations importantes entre elles. Notamment, le cumul d’emplois a augmenté dans certaines industries où les emplois peu qualifiés et faiblement rémunérés sont omniprésents ainsi que dans des industries ayant une grande portion d’emplois hautement qualifiés et bien rémunérés.

En revanche, selon les données de l’ARC, l’étude a trouvé que le taux de cumul d’emplois, à la fois pour les employés et pour les prestataires de l’assurance-emploi, a diminué dans le temps, bien que ce taux soit nettement plus faible pour les prestataires de l’assurance-emploi. Entre 1999 et 2015, le taux pour tous les employés a baissé de 18,0 % à 12,0 %, alors que pour les prestataires de l’assurance-emploi, il a diminué d’environ 7 % à 4 %.

L’étude a aussi regardé d’autres mesures de l’instabilité de l’emploi, telles que la durée moyenne d’occupation des emplois et l’instabilité des revenus d’emploi. La durée moyenne d’un emploi a diminué au Canada entre 1990 et 2018. Cette baisse était plus prononcée pour les travailleurs âgés de 35 à 54 ans. De plus, le pourcentage d’employés vivant une instabilité de leur revenu d’emploi, mesurée comme une diminution du revenu annuel réel de 2 % ou plus, s’est accru dans le temps, allant de 30 % en 2000 à 39 % en 2015. Ceci semble indiquer une plus grande instabilité de l’emploi du point de vue du revenu annuel.

  • * EDSC, L’assurance-emploi et la stabilité changeante des relations au chapitre de l’emploi. (Ottawa : EDSC, Direction de l’information sur le marché du travail, 2020).

1.3.1 Profil des travailleurs occupant un emploi permanent à temps partiel

À travers les années, la prévalence de l’emploi à temps partiel (permanent et temporaire), qui se définit habituellement comme travailler moins de 30 heures par semaine à un emploi principal ou à un unique emploi, s’est accrue de façon constante jusqu’à la fin des années 1980, et est restée stable depuis ce temps (voir le graphique 7).

Graphique 7 ‒ Tendances à long terme du nombre et de la proportion de l’emploi à temps partiel, Canada, EF7677 à EF1819
Graphique 7 ‒ Tendances à long terme du nombre et de la proportion de l’emploi à  temps partiel, Canada, EF7677 à EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 7 – Version textuelle
Exercice financier Nombre d'emplois à temps partiel (échelle de gauche) Proportion de l'emploi total (échelle de droite)
EF7677 1 235,1 12,6 %
EF7778 1 305,2 13,1 %
EF7879 1 371,9 13,3 %
EF7980 1 502,7 14,0 %
EF8081 1 595,9 14,4 %
EF8182 1 690,5 15,0 %
EF8283 1 767,2 16,3 %
EF8384 1 866,1 16,8 %
EF8485 1 914,5 16,8 %
EF8586 2 001,3 17,0 %
EF8687 2 038,0 16,9 %
EF8788 2 076,0 16,7 %
EF8889 2 155,7 16,9 %
EF8990 2 167,6 16,6 %
EF9091 2 239,6 17,2 %
EF9192 2 342,6 18,3 %
EF9293 2 369,2 18,6 %
EF9394 2 478,1 19,3 %
EF9495 2 466,3 18,7 %
EF9596 2 522,1 18,9 %
EF9697 2 572,8 19,1 %
EF9798 2 606,7 18,9 %
EF9899 2 655,5 18,8 %
EF9900 2 644,5 18,2 %
EF0001 2 684,0 18,1 %
EF0102 2 730,5 18,2 %
EF0203 2 910,8 18,9 %
EF0304 2 961,5 18,8 %
EF0405 2 958,9 18,5 %
EF0506 2 974,1 18,4 %
EF0607 3 000,7 18,2 %
EF0708 3 080,0 18,3 %
EF0809 3 178,2 18,7 %
EF0910 3 228,8 19,3 %
EF1011 3 346,6 19,6 %
EF1112 3 305,4 19,2 %
EF1213 3 319,8 18,9 %
EF1314 3 391,4 19,1 %
EF1415 3 431,7 19,2 %
EF1516 3 389,5 18,9 %
EF1617 3 492,7 19,2 %
EF1718 3 506,7 19,0 %
EF1819 3 516,4 18,8 %
  • Remarque : Les parties ombrées correspondent à des périodes de récession de l’économie canadienne.
  • * Ce graphique est basé sur l’emploi à temps partiel permanent et temporaire, et non seulement sur l’emploi à temps partiel permanent.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0050-01.

La sous-section qui suit porte seulement sur l’emploi permanent à temps partiel. L’emploi temporaire à temps partiel est inclus dans la sous-section 1.3.3 comme faisant partie de l’emploi temporaire.

L’emploi permanent à temps partiel n’a pas de date de cessation déterminée. Durant la dernière décennie, la part des individus ayant un emploi permanent à temps partiel parmi l’ensemble des personnes employées a quelque peu diminué. Les femmes sont surreprésentées dans ce type d’emploi, représentant 69,3 % de ces travailleurs lors de l’EF1819. Toutefois, au cours de la dernière décennie, la part des hommes parmi les travailleurs permanents à temps partiel a baissé, passant de 28,1 % durant l’EF0809 à 30,7% pendant l’EF1819 (voir le tableau 6).

Tableau 6 – Nombre et répartition des personnes ayant un emploi permanent à temps partiel et part de l’emploi total, selon le sexe et l’âge, Canada, EF0809 à EF1819
Catégorie Nombre (en milliers) et part (%) dans l’emploi permanent à temps partiel EF0809 Part dans l’emploi total (%) EF0809 Nombre (en milliers) et part (%) dans l’emploi permanent à temps partiel EF1819 Part dans l’emploi total (%) EF1819
Hommes 531,8 (28,1 %) 6,0 % 603,8 (30,7 %) 6,2 %
Femmes 1 358,9 (71,9 %) 16,9 % 1 365,5 (69,3 %) 15,3 %
15 à 24 ans 767,9 (40,6 %) 29,6 % 727,8 (37,0 %) 29,6 %
25 à 54 ans 827,5 (43,8 %) 7,1 % 824,6 (41,9 %) 6,7 %
55 ans et plus 295,3 (15,6 %) 11,1 % 417,0 (21,2 %) 10,3 %
Canada 1 890,7 (100,0 %) 11,2 % 1 969,4 (100,0 %) 10,5 %
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, fichiers de microdonnées à grande diffusion, avril 2018 à mars 2019.

Selon le groupe d’âge, les jeunes (29,6 %) sont proportionnellement plus nombreux à occuper des emplois permanents à temps partiel que les personnes des autres groupes d’âge (6,7 % des travailleurs d’âge moyen et 10,3 % des travailleurs âgés). Cela s’explique par le fait qu’une grande partie des jeunes sont des étudiants qui choisissent de travailler à temps partiel pour mieux concilier études et travail. Cependant, durant la dernière décennie, les travailleurs âgés représentaient une part grandissante des employés à temps partiel, allant de 15,6 % lors de l’EF0809 à 21,2 % lors de l’EF1819.

Il convient de noter que certains travailleurs choisissent un emploi à temps partiel plutôt qu’un emploi à temps plein pour la flexibilité qu’il offre. Une étude récente de Statistique CanadaNote de bas de page 41 a trouvé que près des trois-quarts (73 %) des jeunes qui travaillent à temps partiel choisissent de le faire à cause de leurs études, tandis le choix personnel est davantage évoqué comme raison principale par les travailleurs âgés. Prendre soin des enfants est un facteur important pour bon nombre de femmes du groupe d’âge moyen, ce qui explique aussi la part élevée des femmes parmi les travailleurs à temps partiel. Basé sur l’Enquête sur la population active, pour l’EF1819, 21,1 % des employés à temps partiel travaillaient dans ce type d’emploi de façon involontaireNote de bas de page 42.

Alors que 79,0 % de tous les employés canadiens travaillent dans les industries productrices de servicesNote de bas de page 43, les travailleurs permanents à temps partiel sont surreprésentés dans ces industries, représentant 95,1 % du total des travailleurs à temps partiel pour l’EF1819. Les industries les plus importantes étant celles du commerce de gros et de détail (28,2 % du total des travailleurs à temps partiel), de l’hébergement et des services de restauration (18,1 % du total des travailleurs à temps partiel), ainsi que des soins de santé et de l’assistance sociale (17,6 % du total des travailleurs à temps partiel). Cette tendance n’a pas beaucoup changé depuis les 1 dernières années (voir l’annexe 1.6).

Les travailleurs permanents à temps partiel sont plus sujets à connaître des interruptions d’emploi et ainsi ils sont moins susceptibles d’avoir payé des cotisations d’assurance-emploi l’année avant de devenir chômeurs. Par conséquent, la proportion de ces travailleurs couverts par le régime d’assurance-emploi est plus faible que celle des travailleurs permanents à temps plein. Par ailleurs, étant donné qu’ils travaillent moins d’heures par semaine, les travailleurs à temps partiel sont moins susceptibles d’accumuler un nombre suffisant d’heures pour être admissibles à des prestations d’assurance-emploi. De plus, ces travailleurs peuvent aussi avoir, en moyenne, un niveau de salaire plus faible que les travailleurs à temps plein, ce qui peut conduire à un taux hebdomadaire de prestations d’assurance-emploi plus faibleNote de bas de page 44.

1.3.2 Profil des travailleurs autonomes

Le travail autonome renvoie aux propriétaires exploitants d’une entreprise, d’une exploitation agricole ou d’un cabinet de pratique professionnelle, soit employeurs (c’est-à-dire, constitué en société) ou à leur compte (c’est-à-dire, non constitué en société). Il inclut aussi les travailleurs familiaux non rémunérés qui travaillent sans toucher de salaire dans une entreprise, une exploitation agricole ou un cabinet de pratique professionnelle qui appartient à un autre membre de la famille vivant dans le même logement et qui est exploitée par cette personne (voir le graphique 6 pour une répartition des catégories de travail autonome).

Parmi toutes les formes d’emploi atypique au Canada, c’est le travail autonome qui représente la plus grande part des personnes occupées (15,3 % au cours de l’EF1819). Au fil des ans, la part de travailleurs autonomes dans l’emploi total a augmenté, de 12,2 % lors de l’EF7677 à 17,2 % durant l’EF9798 et l’EF9899, pour s’établir à 15,3 % pendant l’EF1819 (voir le graphique 8).

Graphique 8 ‒ Tendances à long terme du nombre et de la proportion de travailleurs autonomes, Canada, EF7677 à EF1819
Graphique 8 ‒ Tendances à long terme du nombre et de la proportion de travailleurs  autonomes, Canada, EF7677 à EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 8 – Version textuelle
Exercice financier Nombre des travailleurs autonomes (échelle de gauche) Proportion de l'emploi total (échelle de droite)
EF7677  1 193,4 12,2 %
EF7778  1 216,6 12,2 %
EF7879  1 283,8 12,4 %
EF7980  1 338,6 12,4 %
EF8081  1 374,6 12,4 %
EF8182  1 441,3 12,8 %
EF8283  1 498,1 13,8 %
EF8384  1 555,4 14,0 %
EF8485  1 595,0 14,0 %
EF8586  1 664,0 14,1 %
EF8687  1 660,1 13,8 %
EF8788  1 718,5 13,8 %
EF8889  1 789,2 14,0 %
EF8990  1 796,1 13,8 %
EF9091  1 849,8 14,2 %
EF9192  1 913,7 14,9 %
EF9293  1 939,5 15,2 %
EF9394  2 019,4 15,7 %
EF9495  2 038,8 15,5 %
EF9596  2 106,9 15,8 %
EF9697  2 203,3 16,4 %
EF9798  2 371,8 17,2 %
EF9899  2 430,3 17,2 %
EF9900  2 448,3 16,9 %
EF0001  2 336,6 15,8 %
EF0102  2 270,2 15,2 %
EF0203  2 356,6 15,3 %
EF0304  2 420,6 15,4 %
EF0405  2 471,7 15,5 %
EF0506  2 528,0 15,6 %
EF0607  2 511,0 15,2 %
EF0708  2 613,8 15,5 %
EF0809  2 660,7 15,7 %
EF0910  2 701,9 16,1 %
EF1011  2 670,0 15,7 %
EF1112  2 663,4 15,4 %
EF1213  2 691,1 15,4 %
EF1314  2 727,7 15,4 %
EF1415  2 738,0 15,4 %
EF1516  2 768,8 15,4 %
EF1617  2 760,3 15,2 %
EF1718  2 834,6 15,3 %
EF1819  2 860,8 15,3 %
  • Remarque : Les parties ombrées correspondent à des périodes de récession de l’économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0026-01.

Bien qu’il y ait eu des augmentations du travail autonome durant des périodes de ralentissement économique, rien ne permet d’affirmer que la nécessité économique est un facteur déterminant dans le choix de ce type de formule de travailNote de bas de page 45. Comme c’est le cas pour l’emploi à temps partiel, plusieurs canadiens choisissent d’être des travailleurs autonomes pour la flexibilité que ce type d’emploi procure. Basées sur les données de l’Enquête sur la population active de septembre 2018, près d’un tiers des répondants (33,5 %) qui étaient travailleurs autonomes dans leur principal emploi durant les 12 mois précédant l’enquête ont indiqué l’indépendance et la liberté comme raison principale pour laquelle ils étaient travailleurs autonomes. Environ 15 % des répondants ont déclaré exercer ce type d’emploi de par la nature de leur travail (tels que les médecins, dentistes et vétérinaires), tandis que seulement 5 % des répondants étaient travailleurs autonomes parce qu’ils ne pouvaient pas trouver d’emploi rémunéré convenableNote de bas de page 46. L’enquête a aussi démontré que les travailleurs âgés (55 ans et plus) étaient plus susceptibles d’être travailleurs autonomes que les jeunes travailleurs (15 à 24 ans) et que ceux d’âge moyen (25 à 54 ans) (26 %, 3 % et 14 %, respectivement).

Au cours de l’EF1819, près des deux tiers (62,4 %) des travailleurs autonomes étaient des hommes. Toutefois, depuis les 10 dernières années, la croissance du nombre de femmes travaillant à leur compte (+1,6 % en moyenne par année) a dépassé celle du nombre d’hommes dans la même situation d’emploi (+0,3 % en moyenne par année). Par conséquent, la part des femmes dans la population totale des travailleurs autonomes n’a cessé d’augmenter (voir l’annexe 1.7).

Selon la classification par industrie, pour l’EF1819, il y avait plus de travailleurs autonomes dans les industries productrices de biens (16,7 % du total de l’emploi dans ces industries) que dans les industries productrices de services (14,9 % de l’emploi total dans ces industries) (voir le tableau 7 pour l’incidence du travail autonome par industrie). La proportion de travailleurs autonomes dans les industries productrices de biens est en recul constant depuis les 10 dernières années, principalement due à la baisse dans l’industrie de l’agriculture, alors que la proportion est restée stable dans les industries productrices de services. Les industries de l’agriculture (55,6 %), des services professionnels, scientifiques et techniques (31,7 %) et de la construction (27,1 %) sont celles ayant enregistré les plus grandes proportions de travailleurs autonomes pour l’EF1819.

Tableau 7 — Proportion de travailleurs autonomes dans l’emploi total selon l’industrie, Canada, EF0809 à EF1819
Industrie EF0809 Ef1819
Industries productrices de biens 18,6 % 16,7 %
Agriculture 62,7 % 55,6 %
Foresterie, pêche, exploitation minière et extraction de pétrole et de gaz 14,1 % 11,3 %
Services publics n/a* n/a*
Construction 30,6 % 27,1 %
Fabrication 5,4 % 4,3 %
Industries productrices de services 14,8 % 14,9 %
Commerce de gros et de détail 11,2 % 9,1 %
Transport et entreposage 16,8 % 18,5 %
Finance, assurances, services immobiliers et de location 16,8 % 18,6 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 34,0 % 31,7 %
Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien 24,5 % 25,7 %
Services d’enseignement 4,7 % 6,2 %
Soins de santé et assistance sociale 12,5 % 13,1 %
Information, culture et loisirs 16,9 % 17,2 %
Services d’hébergement et de restauration 8,2 % 8,3 %
Autres services (sauf les administrations publiques) 30,2 % 28,8 %
Administrations publiques s.o.* s.o.*
Canada 15,7 % 15,3 %
  • * Données non disponibles.
  • Source: Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0026-01.

Les travailleurs autonomes ne sont pas admissibles aux prestations régulières de l’assurance-emploi mais peuvent s’inscrire aux prestations spéciales de l’assurance-emploi (voir la sous-section 2.6.7 pour une analyse plus détaillée).

Le travail informel (« à la demande ») au Canada

La notion de « travail à la demande » (également connu sous le nom de travail informel) a gagné en popularité ces dernières années afin de décrire l’évolution du travail atypique. Le « travail à la demande » tend à être associé à des emplois de durée relativement courte, des horaires et salaires variables, avec une absence de continuité d’emploi auprès d’un seul employeur mais plutôt des contrats pour une période déterminée ou une tâche particulière pour laquelle ils reçoivent une somme d’argent négociée. En ce sens, les travailleurs à la demande peuvent faire partie de la catégorie des « travailleurs autonomes ». Ces dernières années, la prédominance du travail à la demande a été associée à la disponibilité de plateformes en ligne et de marchés d’externalisation à grande échelle. Cependant, ce ne sont pas tous les travailleurs de cette catégorie qui utilisent de telles plateformes.

Dans le contexte canadien, la recherche et les données au sujet du travail à la demande continuent de s’accroître. Par conséquent, les différentes définitions et sources de données utilisées pour identifier les travailleurs à la demande peuvent mener à des variations dans les estimés et résultats. 2 études canadiennes portant sur le sujet ont été réalisées dernièrement.

Une étude récente de Statistique Canada* identifie les travailleurs à la demande au moyen de données administratives. Dans cette étude, les travailleurs à la demande sont définis comme étant des travailleurs autonomes non constitués en société (propriétaires uniques) âgés de 15 ans et plus qui ont déclaré un revenu d’un travail indépendant d’entreprise, de profession libérale ou de commissions, et dont l’activité commerciale future est incertaine ou susceptible d’être mineure ou occasionnelle. L’étude estime que la part de travailleurs à la demande parmi tous les travailleurs canadiens est passée de 5,5 % en 2005 à 8,2 % en 2016.

L’étude de Statistique Canada a aussi trouvé que la part des femmes travaillant à la demande (9,1 %) était plus élevée que celle des hommes (7,2 %), et que la part des jeunes âgés de 24 ans et moins était plus faible que celles des autres groupes d’âge, ce qui est contraire à l’idée que les jeunes travailleurs sont surreprésentés dans ce type d’emploi. En outre, il a été constaté que le travail à la demande est plus fréquent chez les immigrants. L’étude a aussi estimé que le revenu provenant du travail à la demande était faible; que pour près de la moitié des travailleurs à la demande ce type d’emploi était temporaire; et qu’une proportion croissante de travailleurs faisaient du travail à la demande en plus de leur emploi principal.

Une autre étude réalisée par la Banque du Canada** a examiné le travail à la demande en utilisant une définition*** plus large que celle de Statistique Canada. L’étude a mesuré la taille et les caractéristiques du travail informel au Canada en s’appuyant sur l’Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada, et révèle qu’environ 30 % des personnes interrogées ont participé à ce type de travail au cours de la période allant d’avril 2018 à décembre 2018.

  • * Sung-Hee Jeon, Huju Liu et Yuri Ostrovsky, « Utiliser des données administratives pour mesurer l’économie à la demande du Canada », Ottawa : Statistique Canada, 2019.
  • ** Olena Kostyshyna et Corinne Luu, « The size and characteristics of informal (“gig”) work in Canada » (en anglais seulement), Ottawa : Banque du Canada, note analytique du personnel, 2019.
  • ***L’étude de la Banque du Canada définit le travail à la demande comme étant l’exercice de certains emplois secondaires ou d’activités informelles rémunérés au cours des 2 dernières années, à l’exclusion des activités dont le revenu est généré par le capital physique (par exemple, la vente de biens ou la location de propriétés) plutôt que par le travail et la réalisation d’enquêtes.

1.3.3 Profil des travailleurs occupant un emploi temporaire

Un poste temporaire est un emploi dont la date de cessation est prédéterminée ou qui se termine à l’achèvement d’un projet ou à la réalisation d’un objectif. Bien qu’un certain degré d’incertitude soit associé à l’emploi temporaire, ce type de modalité de travail peut également offrir aux employés une plus grande flexibilité et une expérience plus vaste, et leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences et de diversifier les connaissances qu’ils possèdent déjà.

Au cours des 20 dernières années, la part de personnes occupant un emploi temporaire parmi tous les travailleurs est passée de 9,5 % lors de l’EF9798 à 11,2 % lors de l’EF1819 (voir le graphique 9). Par ailleurs, le nombre et la proportion de personnes occupant un emploi temporaire ont considérablement diminué pendant la récession de l’EF0809, car la demande de personnel temporaire tend généralement à chuter en période de ralentissement économiqueNote de bas de page 47.

Graphique 9 ‒ Nombre et proportion d’emplois temporaires, Canada, EF9798 à EF1819
Graphique 9 ‒ Nombre et proportion d’emplois temporaires, Canada, EF9798 à EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 9 – Version textuelle
Exercice financier Nombre d'emplois temporaires (échelle de gauche) Part de l'emploi total (échelle de droite)
EF9798 1 316,4 9,5 %
EF9899 1 389,7 9,8 %
EF9900 1 447,4 10,0 %
EF0001 1 588,6 10,7 %
EF0102 1 622,0 10,8 %
EF0203 1 675,8 10,9 %
EF0304 1 649,4 10,5 %
EF0405 1 734,4 10,9 %
EF0506 1 805,3 11,2 %
EF0607 1 829,9 11,1 %
EF0708 1 819,3 10,8 %
EF0809 1 746,9 10,3 %
EF0910 1 796,3 10,7 %
EF1011 1 925,6 11,3 %
EF1112 2 002,4 11,6 %
EF1213 2 025,7 11,6 %
EF1314 2 001,2 11,3 %
EF1415 2 024,4 11,4 %
EF1516 2 022,5 11,2 %
EF1617 2 050,9 11,3 %
EF1718 2 137,6 11,6 %
EF1819 2 094,5 11,2 %
  • Remarque : Les parties ombrées correspondent à des périodes de récession de l’économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0071-01.

Dans le cadre de l’Enquête sur la population active, l’emploi temporaire est divisé en 3 catégories, à savoir les emplois saisonniers, les emplois contractuels et les emplois occasionnels. Les emplois saisonniers durent une ou plusieurs périodes limitées au même moment chaque année. Ils sont structurés en fonction des tendances annuelles de la demande de main-d’œuvre des industries qui ont une demande de travailleurs plus élevée pendant certaines saisons de l’année et une demande moindre pendant d’autres saisons. Les postes contractuels sont des emplois dont l’employeur définit, avant l’embauche, la cessation à une date précise ou à l’achèvement d’une tâche ou d’un projet particulierNote de bas de page 48. Enfin, les emplois occasionnels sont caractérisés par des heures de travail qui varient considérablement d’une semaine à l’autre, par l’absence d’horaires préétablis et de rémunération normale pour le temps non travaillé, ainsi que par des perspectives limitées de travail régulier à long termeNote de bas de page 49.

Le graphique 10 illustre la répartition de chaque catégorie parmi les emplois temporaires au Canada au cours des 2 dernières décennies. Entre l’EF9798 et l’EF1819, la proportion de travailleurs contractuels a augmenté passant de 46,1 % à 52,8 %, tandis que les proportions de travailleurs occasionnels (de 29,2 % à 26,8 %) et de travailleurs saisonniers (de 24,7 % à 20,4 %) ont diminué.

Graphique 10 ‒ Évolution des emplois temporaires selon la catégorie, Canada, EY9798 à EF1819
Graphique 10 ‒ Évolution des emplois temporaires selon la catégorie, Canada, EY9798 à  EF1819 ‒ La description textuelle suit
Graphique 10 – Version textuelle
Exercice financier Emplois saisonniers Emplois contractuels Emplois occasionnels et autres emplois temporaires
EF9798 24,7 % 46,1 % 29,2 %
EF9899 23,8 % 45,8 % 30,5 %
EF9900 23,5 % 46,9 % 29,7 %
EF0001 22,8 % 47,4 % 29,8 %
EF0102 22,7 % 47,6 % 29,7 %
EF0203 23,5 % 47,5 % 29,0 %
EF0304 23,1 % 48,5 % 28,5 %
EF0405 23,0 % 48,5 % 28,5 %
EF0506 23,7 % 48,3 % 27,9 %
EF0607 23,5 % 49,6 % 26,8 %
EF0708 23,0 % 50,3 % 26,7 %
EF0809 23,6 % 50,8 % 25,7 %
EF0910 23,4 % 51,1 % 25,5 %
EF1011 22,9 % 51,3 % 25,7 %
EF1112 22,8 % 51,6 % 25,6 %
EF1213 22,8 % 52,6 % 24,6 %
EF1314 21,6 % 52,3 % 26,1 %
EF1415 20,9 % 53,2 % 25,9 %
EF1516 21,5 % 52,7 % 25,9 %
EF1617 21,5 % 51,9 % 26,6 %
EF1718 19,9 % 53,9 % 26,2 %
EF1819 20,4 % 52,8 % 26,8 %
  • Remarque : Les parties ombrées correspondent à des périodes de récession de l’économie canadienne.
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0071-01.

Pour l’EF1819, Terre‑Neuve‑et‑Labrador enregistrait la plus forte proportion (21,0 %) d’emplois temporaires au Canada, suivie de l’Île‑du‑Prince‑Édouard (17,9 %), du Nouveau‑Brunswick (14,3 %) et de la Nouvelle‑Écosse (13,5 %). La part des femmes ayant un emploi temporaire (12,2 %) était légèrement supérieure à celle des hommes (10,2 %), alors que la prévalence des emplois temporaires était beaucoup plus importante chez les jeunes (âgés de 15 à 24 ans) que dans d’autres groupes d’âge (voir l’annexe 1.8). Ce résultat s’explique par le fait qu’une grande partie des jeunes sont des étudiants et que ceux-ci peuvent utiliser l’emploi temporaire comme tremplin vers un emploi permanent.

Au cours de l’année de référence, les emplois temporaires représentaient 11,2 % de tous les emplois. Lorsque répartis en catégorie, les emplois contractuels représentaient 5,9 % de tous les emplois au Canada, tandis que la proportion des emplois occasionnels et saisonniers était beaucoup plus faible (3,0 % et 2,3 %, respectivement). La part des emplois contractuels et occasionnels était plus élevée chez les femmes que chez les hommes, mais ce résultat est inversé dans le cas des emplois saisonniers. Alors que les proportions liées à chacun des types d’emplois temporaires étaient plus élevées chez les jeunes, une part nettement plus élevée de travailleurs d’âge moyen occupait des emplois contractuels (5,3 %) comparativement aux 2 autres types d’emplois temporaires (voir le tableau 8).

Table 8 — Proportion des emplois temporaires dans l’emploi total selon le sexe et l’âge, Canada, EF1819
Catégorie Emplois contractuels Part de l’emploi total (%) Emplois occasionnels Part de l’emploi total (%) Emplois saisonniers Part de l’emploi total (%) Emplois temporaires Part de l’emploi total (%)
Hommes 5,2 % 2,2 % 2,8 % 10,2 %
Femmes 6,7 % 3,8 % 1,7 % 12,2 %
15 à 24 ans 13,0 % 10,5 % 7,1 % 30,5 %
25 à 54 ans 5,3 % 1,7 % 1,4 % 8,3 %
55 ans et plus 3,4 % 2,5 % 2,1 % 8,1 %
Canada 5,9 % 3,0 % 2,3 % 11,2 %
  • Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, Tableau 14-10-0071-01.

Selon la classification par industrie, 8,9 % des travailleurs des industries productrices de biens occupaient un emploi temporaire au cours de la période de référence, comparativement à 11,8 % dans les industries productrices de services. Dans les industries productrices de biens, l’industrie de l’agriculture et l’industrie de la construction affichaient les plus importantes parts d’emplois temporaires (11,6 % pour chacune de ces industries) au cours de l’EF1819. La majorité de ces postes étaient des emplois saisonniers. En revanche, dans les industries productrices de services, c’est l’industrie des services d’enseignement qui avait la plus grande part d’emplois temporaires (24,8 %, principalement composés d’emplois contractuels), suivie de près par l’industrie de l’information, culture et loisirs (22,0 %, principalement composés d’emplois saisonniers et contractuels) (voir le l’annexe 1.8).

Les emplois temporaires sont généralement associés à des revenus d’emploi plus faibles et à un plus petit nombre d’heures travailléesNote de bas de page 50. Même en contrôlant pour les différences individuelles et les caractéristiques des emplois (par exemple, les compétences, le niveau d’éducation, l’industrie et la profession), il existe toujours un écart salarial associé aux emplois temporairesNote de bas de page 51. Comme les personnes qui demandent des prestations régulières d’assurance-emploi ont besoin d’avoir un nombre minimum d’heures d’emploi assurable pour être admissibles aux prestations, les travailleurs qui occupaient un emploi temporaire ont, en général, un taux d’admissibilité plus faible que les travailleurs qui avaient un emploi permanentNote de bas de page 52.

Cependant, le taux de couverture aux prestations régulières d’assurance-emploi de ceux qui occupaient des emplois temporaires est relativement plus élevé que celui des employés permanents. Ceci peut s’expliquer par la grande proportion (40,0 %) de travailleurs saisonniers parmi les chômeurs qui occupaient un emploi temporaire auparavant, et par le fait que les travailleurs saisonniers sont plus susceptibles d’avoir versé des cotisations d’assurance-emploi l’année avant de devenir chômeurs étant donné leur régime cyclique d’emploi durant une année.

1.4 Résumé

Au cours de l’EF1819, l’économie canadienne a été marquée par un ralentissement de la croissance du PIB réel, qui s’explique par la baisse des investissements des entreprises et la croissance modeste des dépenses de consommation. Malgré les perturbations du commerce mondial et les efforts continus pour conclure un accord commercial révisé Canada–États Unis–Mexique (ACEUM), les exportations de biens et de services du Canada ont repris vigueur pendant l’EF1819 par rapport au dernier exercice financier.

Le marché du travail canadien, en revanche, a continué d’enregistrer des résultats favorables au cours de l’EF1819, le taux de chômage national ayant atteint son niveau le plus bas (5,8 %) depuis l’EF7677. Comparativement à l’exercice financier précédent, la croissance de l’emploi a toutefois été modeste durant l’année de référence, principalement en raison du ralentissement de la croissance de l’emploi à temps plein.

Au cours de l’EF1819, un peu plus d’un salarié sur 3 au Canada occupait un emploi atypique. Il existe des différences par sexe, groupe d’âge, industrie et emplacement géographique parmi les divers types d’emplois atypiques. Par exemple, les emplois permanents à temps partiel sont principalement occupés par des femmes et des jeunes, ce qui est attribuable à la flexibilité qu’offre ce type d’emploi et aussi aux préférences personnelles de ces travailleurs. Par ailleurs, les hommes sont surreprésentés parmi les travailleurs autonomes, et ce type d’emploi se retrouve davantage dans l’industrie de l’agriculture et dans celle des services professionnels, scientifiques et techniques. Finalement, les emplois temporaires sont proportionnellement plus nombreux dans les provinces de l’Atlantique et parmi les jeunes.

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