El Niño

Qu'est-ce que le phénomène El Niño?

El Niño peut être observé lorsque les eaux de surface dans la zone tropicale de l'est du Pacifique s'étendent vers l'ouest de l'Équateur et entraîne des températures plus chaudes que la moyenne. Les tendances changeantes dans l'océan Pacifique entraînent une modification de la circulation atmosphérique, ce qui touche ensuite aux conditions météorologiques à l'échelle de la Terre.

Pourquoi le phénomène El Niño se produit-il?

On croit qu'El Niño a lieu en raison de changements des tendances normales en matière de circulation des alizés. Habituellement, ces vents se déplacent vers l'ouest à travers la zone tropicale du Pacifique, ce qui permet la remontée d'eau profonde et froide le long de la côte de l'Amérique du Sud. Pour des raisons qui ne sont pas encore entièrement comprises, ces alizés sont parfois atténués et parfois même renversés. Les eaux plus chaudes de l’ouest du Pacifique se renversent vers la côte de l'Amérique du Sud et augmentent les températures de l'eau dans cette région. Les eaux plus chaudes dégagent de la chaleur et de l'humidité lorsqu'elles s'élèvent de l'océan au large des côtes de l'Équateur et du Pérou, ce qui entraîne des tempêtes plus fréquentes et des chutes de pluie torrentielle sur ces régions normalement arides.

Historiquement, les phénomènes El Niño ont lieu environ tous les deux à sept ans, et ils alternent habituellement entre une phase froide et une phase chaude dans les parties est et centre de la zone tropicale du Pacifique.

Conditions normales

Coupe transversale dans la zone tropicale du Pacifique dans des conditions normales.

Circulation atmosphérique et océanique durant un hiver normal (consultez le texte ci-dessous pour obtenir une description).

Dans des conditions normales, les vents de l'est (indiqués par des flèches blanches) transportent l'eau vers l'ouest le long de l'Équateur, où le rayonnement solaire contribue à l'élévation des températures de surface de la mer dans l'ouest du Pacifique et permet aux eaux plus froides de remonter le long de la côte de l'Amérique du Sud. L'eau chaude de la surface de la mer dans l'ouest du Pacifique réchauffe l'air qui se trouve au-dessus d'elle. Une cellule de circulation (indiquée par la boucle convective) s’établit au-dessus de la zone tropicale du Pacifique, ce qui cause une descente d'air froid au-dessus de la partie est de la zone tropicale du Pacifique et au-dessus de la côte ouest de l'Amérique du Sud. La haute pression qui est créée au-dessus de la région entraîne des conditions plus sèches.

Conditions relatives à El Niño

Coupe transversale dans la zone tropicale du Pacifique pendant les conditions d'El Niño.

Circulation atmosphérique et océanique durant un hiver El Niño (consultez le texte ci-dessous pour obtenir une description).

L'arrivée d'El Niño est caractérisée par le renversement des tendances de débit normal dans la zone tropicale du Pacifique. De plus faibles alizés permettent aux eaux plus chaudes qui se sont accumulées dans l'ouest de la zone tropicale du Pacifique de traverser de nouveau vers l'est (phénomène indiqué par les flèches blanches). Voilà qui affaiblit le contraste entre les températures de la surface de la mer dans l'ouest et dans l'est de la zone tropicale du Pacifique. Avec le temps, les eaux de surface chaudes couvrent la plus grande partie de la zone tropicale du Pacifique, ce qui empêche donc la remontée d'eaux froides dans l'est du Pacifique. Une circulation convective se déplace également vers les parties est et centre de la zone tropicale du Pacifique, ce qui produit des pluies abondantes dans ces régions et entraîne des conditions plus sèches dans l'ouest de la zone tropicale du Pacifique.

Comment El Niño touche-t-il l'Amérique du Nord par l'entremise de changements relatifs au courant-jet?

Écart de circulation atmosphérique par rapport à la normale

(hiver El Niño)

Écart de circulation atmosphérique par rapport à la normale (consultez le texte ci-dessous pour obtenir une description)
hiver El Niño. Cliquer pour plus de détails.
Anomalies de temperature en hiver de l’océan Pacifique et l’Amérique du Nord
Représentation de couleur Échelle
Degrees Celsius (℃)
Anomalies Région affectée
Rouge foncé 6 ℃ et plus Les températures dans ces régions sont significativement plus chaudes que la température moyenne par au moins 6 ℃. none
Rouge 4 ℃ à 6℃ Les températures dans ces régions sont beaucoup plus chaudes que la température moyenne par au moins 4 à 6 ℃. Région autour de la Baie d’Hudson - touchant les Térritoires-du-Nord-Ouest, le nord de l’Ontario et du Québec
Orange 2 ℃ à 4℃ Les températures dans ces régions sont plus chaudes que la température moyenne par au moins 2 à 4 ℃. Régions des Térritoires-du-Nord-Ouest, des parties du nord des États-Unis, des parties du sud de l’Ontario, des parties du sud-ouest du Québec, les maritimes et Labrador
Orange pale 1 ℃ à 2℃ Les températures dans ces régions sont légèrement plus chaudes que la température moyenne par au moins 1 à 2 ℃. Région de l’est du Yukon et de la Colombie-Britannique en descendant dans la région au nord du centre des États-Unis
Jaune pale 0,5 ℃ à 1℃ Les températures dans ces régions sont légèrement plus chaudes que la température moyenne par au moins 0,5 à 1 ℃. Une petite région de l’est du Yukon et de la Colombie-Britannique en descendant dans la région au nord du centre des États-Unis
Blanc -0,5 ℃ à 0,5℃ Presque aucunes anomalies pour les températures de ces régions. Région de l’ouest du Yukon et le long de la côte pacifique en croisant le centre des États-Unis
Bleu très pale -1 ℃ à -0,5℃ Les températures dans ces régions sont légèrement plus froides que la température moyenne par au moins -0,5 à -1 ℃. Région au sud du centre des États-Unis et des parties du centre du Mexique
Bleu pale -2 ℃ à -1℃ Les températures dans ces régions sont légèrement plus froides que la température moyenne par au moins -1 à -2 ℃. Région au sud du centre des États-Unis et des parties du centre du Mexique
Bleu -4 ℃ à -2℃ Les températures dans ces régions sont plus froides que la température moyenne par au moins -2 à -4 ℃. Au-dessus du centre de la partie nord de l’océan Pacifique ainsi que les régions du sud et sud-est des États-Unis
Bleu foncée -4 ℃ à -6℃ Les températures dans ces régions sont beaucoup plus froides que la température moyenne par au moins -4 à -6 ℃. Au-dessus du centre de la partie nord de l’océan Pacifique
Bleu très foncé -6 ℃ et moins Les températures dans ces régions sont significativement plus froides que la température moyenne par au moins -6 ℃. Au-dessus du centre de la partie nord de l’océan Pacifique

Anomalie relative à la pression atmosphérique typique en décamètres (1 décamètre = 10 mètres) à 500 hectopascals (à une altitude d'environ 5 km) durant de puissants phénomènes El Niño qui ont eu lieu par le passé. Les zones bleues montrent une pression au-dessous de la normale, tandis que les zones rouges indiquent une pression au-dessus de la normale. Avec une crête de haute pression, la majeure partie du Canada connaît des températures hivernales au-dessus de la normale. Des lignes noires épaisses indiquent la position des courants-jets. Le courant-jet subtropical se déplace plus loin vers le sud, et des tempêtes attribuables à ce courant-jet produisent des conditions météorologiques humides en Californie et dans les parties sud des États-Unis (représentées par les régions bleues); en outre, des conditions météorologiques plus douces et plus sèches que la normale sont observées dans le nord des États-Unis et au Canada (représentés par les régions rouges).

Résumé du phénomène El Niño en 2015-2016

Sur le plan des anomalies de température à la surface de l’océan dans la région équatoriale du Pacifique, l’épisode El Niño de grande intensité de 2015-2016 était équivalent à celui enregistré en 1997-1998. Ces deux épisodes sont les plus forts qui ont été observés au cours des dernières décennies. Cependant, lorsqu’on compare d’autres paramètres, comme les déplacements de la convection atmosphérique profonde et les variations des températures océaniques sous la surface, l’épisode de 2015-2016 est considéré comme plus faible que l’épisode El Niño de 1997-1998. Ces deux paramètres sont considérés comme déterminants pour les répercussions du phénomène El Niño dans les régions éloignées comme le Canada ou les États Unis. Pourtant, l’hiver boréal de 2015-2016 présentait la plupart des caractéristiques d’un hiver El Niño ordinaire, par comparaison avec les anciens épisodes El Niño.

Tous les épisodes El Niño sont différents et, pour cette raison, les autres variations de nature climatique ainsi que les phénomènes météorologiques plus courts contribueront aux conditions moyennes observées au cours d’une saison. Voici quelques-unes des principales caractéristiques de l’épisode El Niño de 2015-2016.

  • L’épisode El Niño de 2015-2016 a officiellement commencé en mars 2015 et s’est terminé en mai 2016, selon les avis sur El Niño émis par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).
  • Au Canada, l’hiver 2015-2016 (décembre, janvier, février) était d’un à cinq degrés Celsius plus chaud que la normale dans toutes les provinces, la chaleur étant plus particulièrement hors de saison au Québec, dans le centre des Prairies et au Yukon. Ultérieurement, le printemps 2016 est demeuré plus chaud que la normale dans l’Ouest du Canada et les Prairies, tandis qu’un afflux d’air arctique froid a donné lieu à des conditions plus froides que la normale dans l’est et le nord-est du Canada.
  • L’épisode El Niño de 2015-2016 a apporté un soulagement modéré à la grave sécheresse qui persiste en Californie depuis 2011, sauf dans la partie sud de l’État où les précipitations sont demeurées sous la normale.
  • En déplaçant les centres de convection dans la région équatoriale du Pacifique, le phénomène El Niño de 2015-2016 a contribué à atténuer la mousson en Inde à l’été 2015, la sécheresse en Amérique centrale à l’été 2015, la sécheresse en Indonésie à l’automne 2015 et les inondations dans le nord du Pérou à l’automne 2015.
  • Selon plusieurs organisations météorologiques, l’année 2015 a été l’année la plus chaude enregistrée depuis la fin des années 1800 où l’on a commencé à recueillir des observations suffisamment exactes. Cette hausse des températures est due aux effets combinés du phénomène El Niño de 2015-2016 et de la tendance globale au réchauffement du climat de la Terre. De plus, l’ancien record de température établi en 2014 a été fracassé par la plus forte hausse enregistrée jusqu’ici.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a produit un film d’animation qui explique le phénomène El Niño de 2015-2016.

Quels sont les impacts d'El Niño au Canada?

Depuis longtemps, le phénomène El Niño affecte le Canada surtout en hiver et au printemps. Les hivers et les printemps sont plus doux que la normale dans l’ouest, le nord-ouest et le centre du Canada. Généralement, El Niño n’a pas d’impact important dans l’est du Canada, y compris les Maritimes, mais il peut réduire l’activité cyclonique tropicale dans l’océan Atlantique.

El Niño et changements climatiques

Des spécialistes du climat sont en voie d'étudier si les changements climatiques, par suite d'effets anthropiques tels que l'effet de serre accru, peuvent influer sur l'augmentation observée en matière de puissance et de fréquence des phénomènes El Niño qui ont eu lieu depuis la fin des années 1970. À l'heure actuelle, un lien direct entre El Niño et les changements climatiques n'a pas encore été établi. Le renforcement du courant-jet subtropical réduit la puissance et la fréquence des ouragans dans l'océan Atlantique. En réponse à l'augmentation des gaz à effet de serre, certaines simulations de modélisations mathématiques montrent une augmentation de la variabilité de l'oscillation australe El Niño, alors que d'autres simulations n'affichent aucune augmentation considérable. Par conséquent, pour l'instant, aucune image uniforme n'a été tracée en ce qui concerne la façon dont la variabilité de l'oscillation australe El Niño devrait changer en réponse à l'effet de serre accru. De plus amples recherches sont nécessaires avant que les chercheurs scientifiques ne puissent fournir de réponses certaines.  

Faits en bref sur El Niño

  • Le terme « El Niño » fait référence à l'enfant Jésus, et il a été inventé par des pêcheurs naviguant le long des côtes de l'Équateur et du Pérou pour décrire le courant océanique chaud qui apparaît habituellement vers la période de Noël et qui s'étend sur plusieurs mois.
  • El Niño représente le deuxième plus grand facteur influant sur le climat mondial; il est uniquement précédé par les réchauffement et refroidissement saisonniers normaux, qui entraînent, eux aussi, des changements de structures des précipitations.
  • Les phénomènes El Niñoont lieu environ tous les deux à sept ans. Ils s'étendent généralement sur 12 à 18 mois. Au début des années 1990, un phénomène El Niño a persisté pendant quatre ans.
  • Des phénomènes El Niñoont été documentés depuis le début des années 1700. Des observations plus détaillées à partir de navires ont mené à une tenue de dossiers déterminante au cours de la première moitié du XXe siècle. Ce n'est toutefois que depuis les années 1970 que des chercheurs scientifiques ont commencé à associer El Niño à des inondations massives et à des sécheresses graves de partout dans le monde.
  • On utilise plusieurs zones géographiques du Pacifique équatorial pour surveiller l’évolution et la propagation de El Niño : la zone Nino 1 + 2 située près de la côte sud américaine est généralement la première à se réchauffer; la zone Nino 3 est importante pour la grande variabilité de ses températures à la surface de la mer (SST) et Nino 3.4, dans le Pacifique centre, englobe la principale région connue pour ses interactions atmosphère océan. La zone Nino 4, dans l’ouest du Pacifique, constitue un indicateur puissant des précipitations.
  • Environ tous les quatre à cinq ans, un bassin d'eau plus froide que la normale se forme au large de l'Amérique du Sud. Les effets de cette eau plus froide sont appelés La Niña. La Niña entraîne habituellement des hivers plus froids du côté ouest du Canada et en Alaska et des conditions météorologiques plus sèches et plus chaudes dans le sud-est des États-Unis.
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