Deuxième évaluation nationale des données d’études de suivi des effets sur l’environnement des mines de métaux

Deuxième évaluation nationale des données des études de suivi des effets sur l'environnement des mines de métaux visées par le Règlement sur les effluents des mines de métaux

Février 2012

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Remerciements

Nous tenons à remercier Lisa Taylor pour l’importante contribution qu’elle a apportée au rapport. Nous remercions également les membres de l’équipe nationale et du comité scientifique des études de suivi des effets sur l’environnement qui nous ont fait profiter de leurs observations et de leurs connaissances scientifiques au cours de l’élaboration du rapport.

Résumé

En application de la Loi sur les pêches, le Règlement sur les effluents des mines de métaux (REMM) de 2002 oblige les propriétaires ou les exploitants de mines de métaux à réaliser des études de suivi des effets sur l’environnement (ESEE) pour évaluer les effets potentiellement causés par les effluents de leurs mines. Précisément, les ESEE comprennent :

  • une étude des populations de poissons visant à évaluer l’état de santé des poissons,
  • une étude des communautés d’invertébrés benthiques (de fond) visant à évaluer les effets sur l’habitat des poissons,
  • un dosage du mercure dans les tissus des poissons visant à évaluer les effets sur le potentiel d’utilisation des ressources halieutiques, lorsque les conditions précisées dans le REMM sont réunies.

Les mines de métaux recueillent également des données à l’appui issues d’essais de toxicité sublétale, d’études de suivi de la qualité de l’eau et des sédiments et de la caractérisation des effluents. Les résultats des ESEE servent à évaluer l’efficacité du REMM, y compris les effets des effluents des mines de métaux sur l’environnement. Les informations issues des études de suivi des effets sur l’environnement servent de fondement pour les techniques, méthodes et programmes qui sont et seront appliqués dans le secteur minier pour prévenir et contrôler la pollution de l’eau.

La période visée par les rapports sur les résultats de suivi à présenter en application du REMM est divisée en « phases », chaque mine devant réaliser une étude de suivi tous les deux à six ans selon les conditions prévues par le REMM. Les études de suivi s’enchaînent d’une phase à l’autre, selon une démarche par étapes. Après les premières études sur le terrain, on procède soit à des études ciblées visant à déterminer la portée, l’ampleur et la cause des effets, là où des effets ont été détectés et confirmés, soit à une réduction du suivi, là où aucun effet n’a été observé.

Le Programme d’ESEE des mines de métaux a maintenant achevé deux périodes d’évaluation nationale. Ce rapport présente et analyse les principaux résultats de suivi en fonction des données recueillies par les mines de métaux au Canada. Selon maintenant deux évaluations nationales, plusieurs pistes d’analyse montrent que les effets du rejet des effluents des mines de métaux sont généralement inhibiteurs plutôt que stimulateurs. C'est-à-dire que l’exposition aux effluents a été plus souvent associée à des réductions qu’à des augmentations des indicateurs (critères d’effets), comme le taux de croissance des poissons, qui sont utilisés pour évaluer les effets.

Dans au moins une des périodes d’évaluation nationale, les poissons recueillis dans les zones exposées aux effluents (zones exposées) présentaient une baisse significative1 du coefficient de condition, de la taille relative du foie et du taux de croissance. Ils présentaient également une certaine diminution de la taille des gonades (organes reproducteurs) et une structure par âge significativement vieillie. Autrement dit, les poissons prélevés dans les zones exposées aux effluents, en moyenne, étaient plus vieux et plus maigres et avaient un foie plus petit, leur croissance était plus lente, et la taille de leurs gonades était souvent réduite. Ces réponses généralement inhibitrices peuvent être le fait d’effets inhibiteurs directs des effluents sur les poissons ou du manque de ressources alimentaires résultant de l’altération de l’habitat et des effets inhibiteurs sur les proies, comme les invertébrés benthiques.

Les données relatives aux invertébrés benthiques prélevés dans les zones exposées au cours des deux périodes d’évaluation nationale ont montré une réduction significative de la richesse taxonomique. En d’autres termes, on a trouvé une moindre variété d’invertébrés benthiques dans les zones exposées. L’indice de Bray-Curtis, qui mesure la dissimilarité dans la structure des communautés, a révélé des groupements différents d’invertébrés benthiques dans les zones exposées par rapport aux zones de référence. Comparativement à la première période d’évaluation, on a observé une augmentation de la densité (nombre d’individus par unité de surface) moyenne à l’échelle nationale au cours de la deuxième période, ce qui évoque la possibilité que les effluents de certaines mines de métaux aient un effet stimulant sur les invertébrés benthiques.

La diminution du taux de croissance des poissons prélevés dans les zones exposées était souvent associée aux mines de métaux qui rejettent leurs effluents dans les habitats lacustres et fluviaux, ainsi qu’aux mines de métaux communs et de minerai de fer. La réduction de la taille des gonades des poissons recueillis dans les zones exposées était surtout associée aux mines qui rejettent leurs effluents directement dans les habitats fluviaux, ainsi qu’aux mines de métaux précieux et de métaux communs. La présence de poissons plus vieux dans les zones exposées était associée aux mines qui rejettent leurs effluents dans les habitats lacustres et fluviaux, ainsi qu’aux mines de métaux précieux et d’uranium. L’augmentation de la densité des invertébrés benthiques s’est produite pour tous les types d’habitats et de minerais, à l’exception des habitats situés dans les zones d’érosion des rivières.

La confrontation des données sur les communautés d’invertébrés benthiques et des données sur le débit des effluents n’a pas montré, de façon générale, que les changements du débit des effluents influaient sur les modifications de l’ampleur et du profil des effets en ce qui concerne la densité et la richesse taxonomique, même s’il semble y avoir des exceptions à certaines mines.

À ce jour, les données existantes ne permettent donc pas de conclure que les effluents des mines de métaux sont, dans l’ensemble, liés à de fortes concentrations de mercure dans les tissus des poissons.

Pour compléter les études de base sur le terrain, on procède à des essais de toxicité sublétale de l’effluent au point de rejet final de la mine. Ces essais vérifient la qualité de l’effluent par la mesure des critères de survie, de croissance et/ou de reproduction de certains organismes dans l’environnement contrôlé d’un laboratoire. Les essais ont montré une qualité d’effluent assez semblable pour les deux périodes d’évaluation nationale, mais des essais futurs pourront s’avérer utiles pour déterminer si la qualité des effluents s’améliore.

Malgré la quantité considérable de données et le grand nombre de mines dont le rapport fait état, il ne s’agit du fruit que de deux périodes de suivi, et certaines variations d’une phase à l’autre peuvent s’expliquer en partie par d’autres facteurs que l’exposition aux effluents. D’autres cycles de collecte et d’analyse de données permettront de mieux comprendre dans quelle mesure les profils de réponse sont constants ou variables dans le temps. Fait intéressant à noter, certaines mines entreprennent la phase de recherche des causes, qui devrait permettre d’établir plus précisément la nature des effets des effluents des mines de métaux dans les eaux réceptrices au Canada.

1 Dans ce contexte, « significatif » renvoie à une différence statistiquement significative à l'échelle
nationale lorsque les résultats du suivi dans les zones exposées aux effluents sont comparés aux
résultats obtenus dans les zones de référence, non exposées.

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