Rapport d’inventaire des émissions de polluants atmosphériques du Canada : annexe 1

Définition des polluants atmosphériques

Cette annexe contient la définition des 17 polluants atmosphériques répertoriés par l’Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (IEPA). Les émissions des polluants atmosphériques provenant de divers secteurs sont résumées au chapitre 2.

A1.1  Principaux contaminants atmosphériques

Matière particulaire (PM)

Une PM désigne toute particule microscopique solide ou liquide de diverses origines qui demeure en suspension dans l’air pendant un certain temps. Une PM peut regrouper un grand éventail d’espèces chimiques, comme le carbone élémentaire et les composés de carbone organique, les oxydes de silicium, d’aluminium et de fer, les métaux traces, les sulfates, les nitrates et l’ammoniac (NH3). Les particules sont omniprésentes et proviennent de sources à la fois naturelles et anthropiques (d’origine humaine). Les matières particulaires fines (PM2,5) et leurs gaz précurseurs sont généralement issus de procédés de combustion : des véhicules à moteur, des procédés industriels, du brûlage de la végétation et de la production de cultures agricoles.

Matière particulaire totale (MPT)

Toute PM dont le diamètre est inférieur à 100 micronsFootnote 1.

Matière particulaire d’un diamètre inférieur ou égal à 10 microns (PM10)

Toute PM dont le diamètre est inférieur ou égal à 10 micronsFootnote 2.

Matière particulaire d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 microns (PM2,5)

Toute PM dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 microns.

Oxydes de soufre (SOX)

Les SOx sont une famille de gaz composée principalement de dioxyde de soufre (SO2). Ce gaz incolore peut être transformé par réaction chimique en polluants acides, comme l’acide sulfurique et les sulfates (les sulfates sont un constituant majeur des particules fines dans l’air ambiant). Le SO2 est généralement un sous-produit de procédés industriels et de l’utilisation de combustibles fossiles, les principaux responsables étant la fusion de minerais, les centrales électriques alimentées au charbon et la transformation du gaz naturel. Lorsque le SO2 se transforme en acide sulfurique, il devient alors le principal composant des pluies acides qui peuvent nuire aux cultures agricoles, aux forêts et aux écosystèmes.

Oxydes d’azote (NOX)

Les NOx comprennent le dioxyde d’azote (NO2) et l’oxyde d’azote (NO), tous deux exprimés en équivalents de NO2. Les NOx contribuent à la formation de l’ozone troposphérique à la suite d’une réaction photochimique avec des composés organiques volatils (COV) sous l’effet de la lumière du soleil. Les NOx peuvent également se transformer en PM dans l’air ambiant (particules de nitrate) et font partie de la composition des pluies acides. Les NOx proviennent de sources à la fois anthropiques et naturelles. Les principales sources anthropiques sont les sources mobiles (véhicules routiers), la production d’électricité, l’industrie pétrolière en amont, tandis que les principales sources naturelles sont les éclairs et l’activité microbienne des sols.

Composés organiques volatils (COV)

Les COV contiennent un ou plusieurs atomes de carbone qui s’évaporent rapidement dans l’atmosphère et contribuent, par réaction photochimique, à la formation de l’ozone troposphériqueFootnote 3. Les COV peuvent se condenser dans l’atmosphère et induire la formation de PM dans l’air ambiant. Outre les sources biogènes (comme la végétation), les autres sources importantes incluent l’industrie pétrolière, les sources mobiles et l’utilisation de solvants. Certains COV, comme le formaldéhyde et le benzène, sont cancérogènes.

Monoxyde de carbone (CO)

Le CO est un gaz inodore qui, lorsqu’il est inhalé, inhibe la capacité du sang à utiliser l’oxygène. Il participe également, dans une moindre mesure, à la formation de l’ozone troposphérique. La plus importante source anthropique de CO est la combustion issue principalement de sources mobiles (véhicules routiers). Les concentrations de CO dans l’air ambiant sont plus élevées dans les zones urbaines en raison du plus grand nombre de sources anthropiques.

Ammoniac (NH3)

Le NH3 gazeux issu de sources anthropiques est répertorié comme l’un des principaux précurseurs des PM2,5. L’épandage d’engrais en agriculture, l’élevage de bétail et la production d’engrais synthétiques sont les principales sources d’émission.

A1.2  Certains métaux lourds

Plomb (Pb)

Le Pb est présent à l’état naturel dans la croûte terrestre. Il est déclaré toxique aux termes de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (LCPE) et est largement utilisé dans l’industrie pour fabriquer des produits comme les batteries d’accumulateurs au plomb-acide et les écrans de protection radiologique. La transformation des métaux est la principale source d’émissions de Pb dans l’atmosphère. Les niveaux les plus élevés proviennent de l’industrie de la fonte et de l'affinage des métaux non ferreux.

Cadmium (Cd)

Le Cd, substance déclarée toxique en vertu de la LCPE, est présent dans l’atmosphère en raison d’activités anthropiques et de processus naturels. La principale source anthropique est la production de métaux (en particulier la fusion et le raffinage de métaux de base).

Mercure (Hg)

Le Hg est une substance déclarée toxique en vertu de la LCPE. En raison de ses propriétés uniques, le Hg est utilisé pour fabriquer divers produits de consommation comme les lampes fluorescentes. Lorsque du mercure est rejeté dans l’atmosphère, il peut être transporté par le vent, déposé sur le sol et être de nouveau émis dans l’atmosphère. Ce cycle peut se produire plusieurs fois.

A1.3  Polluants organiques persistants

Dioxines et furanes (D/F)

Les dioxines et les furanes sont une famille de composés dont le degré de toxicité varie grandement. Les congénères des dioxines et des furanes sont exprimés en équivalents de toxicité (ET) par rapport à la forme la plus toxique des dioxines, soit la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD). La plus importante source de dioxines et de furanes au Canada est l’incinération de déchets municipaux et médicaux. La sidérurgie, le brûlage de déchets résidentiels et l’utilisation de combustibles pour le transport et le chauffage des résidences comptent parmi les autres sources principales.

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Les HAP sont des composés organiques émis dans l’environnement au Canada par des sources naturelles et anthropiques. Des renseignements complets sur les émissions atmosphériques sont disponibles pour les quatre HAP suivants : benzo[a]pyrène, benzo[b]fluoranthène, benzo[k]fluoranthène et indéno[1,2,3-cd]pyrène. Des données déclarées par les installations dans le cadre de l’Inventaire national des rejets de polluants sont aussi disponibles pour d’autres HAP. Les sources anthropiques de rejets atmosphériques d’HAP les plus importantes sont la combustion résidentielle de bois et les alumineries.

Hexachlorobenzène (HCB)

Le HCB est un sous-produit de la fabrication et de l’utilisation de solvants chlorés et de pesticides. Ce polluant organique persistant est libéré en quantités traces et issu du transport à longue distance, des dépôts atmosphériques, de l’incinération et d’autres procédés industriels.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :