Rapport d’inventaire des émissions de polluants atmosphériques du Canada : chapitre 4

Contrôle de la qualité des données

Le contrôle de la qualité des données d’inventaire a lieu en deux phases. Dans la phase 1, le contrôle de la qualité vise les plus récentes données déclarées par les installations aux fins de l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP), avant leur inclusion dans l’Inventaire des émissions de polluants atmosphériques (IEPA). La section 4.1 présente un résumé du processus pour l’IEPA.

La phase 2 du contrôle de la qualité a lieu après la compilation et le rapprochement des données déclarées par les installations et des estimations internes en vue de constituer l’IEPA. Durant la phase 2, les émissions sont vérifiées en fonction de certains critères établis (la section 4.2 présente une description de ce processus).

4.1  Phase 1 : Estimations des émissions des installations

Le processus de contrôle de la qualité repose sur un système d’activités et de procédures documentées qui sont effectuées par une équipe attitrée afin de déceler les données aberrantes, les incohérences, les données manquantes, les inexactitudes et les erreurs. Cela inclut aussi de communiquer avec les installations pour résoudre les problèmes soulevés. Le processus de contrôle de la qualité peut être adapté de manière à ce que des procédures de contrôle de la qualité propres à chaque catégorie ou à chaque secteur soient appliquées.

L’identification des déclarations ou des installations déclarantes manquantes et l’évaluation des nouvelles déclarations et des installations déclarantes constituent des éléments essentiels du contrôle de la qualité, qui vise à assurer la prise en compte des données appropriées.

La détection des données aberrantes (soit les déclarations qui faussent considérablement l’analyse des données déclarées par les installations aux fins de l’INRP) est d’importance capitale pour s’assurer que les données déclarées par les installations aux fins de l’INRP sont utilisables. C’est au début du processus de contrôle de la qualité que les données aberrantes sont détectées et que le suivi auprès des installations et la résolution des problèmes sont faits.

On définit comme potentiellement aberrantes toutes les données déclarées par des installations qui :

  • présentent une forte variation d’une année à l’autre;
  • contribuent à une proportion considérable et souvent démesurée de la quantité totale déclarée d’un polluant atmosphérique pour l’année en cours ou l’année précédente.

Le contrôle de la qualité comprend aussi l’analyse des éléments suivants :

  • l’impact des données de la première année de déclaration;
  • les substances qui ne sont plus déclarées;
  • l’identification des déclarations de substances pour lesquelles un changement important de leur contribution ou de leur impact sur le total déclaré est constaté;
  • l’identification des déclarations de substances pour lesquelles des quantités identiques d’un polluant atmosphérique ont été déclarées sur une période de cinq ans;
  • l’identification des déclarations de substances qui affichent une forte variation sur une période de cinq ans;
  • l’identification des installations associées à des sous-secteurs incorrects.

Par le passé, les erreurs relatives aux différentes classes granulométriques de matières particulaires (PM) étaient courantes dans les déclarations de polluants aux fins de l’IEPA. Depuis 2013, des mesures de vérification de la saisie des données ont été mises en place dans le processus de collecte de données en ligne, ce qui a permis de réduire la fréquence de ce type d’erreur. D’autres vérifications de contrôle de la qualité ont été réalisées en 2018 pour les questions en suspens liées aux émissions de matières particulaires.

Les renseignements transmis par les installations font également l’objet de vérifications de contrôle de la qualité. Celles-ci comprennent la vérification des codes du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), des numéros d’identification des installations et des données géographiques (ville, province, adresse et latitude/longitude).

L’équipe de contrôle de la qualité effectue un suivi continu des questions non résolues, et toute mise à jour des données est intégrée à l’édition suivante de l’inventaire.

4.2  Phase 2 : IEPA compilé

La phase 2 du processus de contrôle de la qualité vise à détecter et à vérifier les incohérences dans l’IEPA à l’échelle des sous-secteurs. Un ensemble de vérifications et de contrôles de la qualité visant les estimations internes des émissions de l’année en cours en vue d’assurer la qualité est entrepris, l’exactitude et la cohérence de celles-ci. La vérification cible les éléments suivants :

  • les données d’activité;
  • les coefficients d’émission;
  • la conversion des unités;
  • le calcul des émissions.

La phase 2 du contrôle de la qualité est menée à bien en mettant en œuvre les mesures suivantes portant sur l’IEPA compilé :

  • la vérification manuelle des données actualisées sur les émissions à mesure qu’elles sont saisies dans la base de données centrale de l’IEPA;
  • la comparaison des émissions par rapport aux données d’inventaire et aux tendances de l’année précédente.

Les données d’inventaire sont examinées, puis tous les changements importants d’une année à l’autre sont recensés et expliqués. Également, tous changements importants dans les estimations recalculées sont repérés et expliqués.

4.3  Exhaustivité

La déclaration des substances par les installations aux fins de l’INRP demeure la principale source de collecte de données sur les émissions de polluants atmosphériques au Canada. Les secteurs qui comprennent des sources considérables de données déclarées par les installations (p. ex., les raffineries de pétrole et les fonderies) sont bien représentés par les émissions déclarées aux fins de l’INRP.

L’exhaustivité de l’IEPA est évaluée en fonction du degré d’inclusion de toutes les sources mesurables connues d’émissions de polluants dans les valeurs totales provinciales ou territoriales. Les sources considérées sont celles qui sont associées à des activités anthropiques. Lorsque les données déclarées par les installations à l’INRP ne constituent pas une couverture sectorielle complète, Environnement et Changement climatique Canada procède à des estimations supplémentaires. Dans un tel cas, l’estimation globale de l’exhaustivité repose sur la disponibilité et la fiabilité des données d’activité et sur les méthodes de compilation pour les estimations internes.

L’élaboration d’estimations internes complémentaires n’est pas requise dans les secteurs pour lesquels les données déclarées par les installations à l’INRP fournissent une couverture complète des émissions de polluants atmosphériques (p. ex., l’industrie des pâtes et papiers). En revanche, elle est requise pour les secteurs dont certaines installations ne produisent pas de déclaration à l’intention de l’INRP parce qu’elles n’atteignent pas le seuil de déclaration, (p. ex., l’industrie pétrolière et gazière en amont, l’industrie du bois et les fonderies), afin d’assurer l’exhaustivité de l’inventaire.

D’autres secteurs, comme l’utilisation de combustibles—secteur résidentiel, les sources mobiles et les feux prescrits, ne font pas l’objet d’une déclaration dans l’INRP, et leur couverture n’est assurée que par le calcul des estimations internes d’émissions de ces sources.

Même si toutes les sources de polluants atmosphériques majeures sont incluses dans l’IEPA, un certain nombre d’entre elles ne sont pas visées par l’inventaire national, comme l’incinération des déchets agricoles et les activités de démolition dans l’industrie de la construction.

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