Oiseaux migrateurs : renseignements techniques sur les facteurs de risque

Facteurs de risque pour les oiseaux migrateurs

Canards colverts © Thinkstockphotos
Photo : © Thinkstockphotos.
Canards colverts

Selon le type d’opération, le risque associé aux oiseaux migrateurs varie en fonction de différents facteurs dont l'emplacement, la période de l'année et le type d'activités.

Les principales périodes sensibles à prendre en compte sont la période de reproduction et les périodes de migration, même si, pour certaines espèces d'oiseaux migrateurs, les risques peuvent également être associés à d'autres périodes de l'année, telles que la période de mue après la reproduction et les périodes d'hivernage. Les principaux emplacements sensibles comprennent par exemple les colonies de nidification et les aires d’alimentation qui les entourent ainsi que les haltes migratoires.

Dans les cas de collision d'oiseaux avec des structures, édifices et autres installations, en général, les principaux facteurs de risque sont la sensibilité du site (p ex. : aires de concentration d'oiseaux, voies migratoires, type d'aménagement paysager et d'habitat environnant, conditions météorologiques particulières telles que le brouillard) ainsi que la conception et la taille de la structure (p.ex. : réflectivité de panneaux en verre, éclairage, haubans, hauteur).

Environnement et Changement climatique Canada fournit des renseignements sur les périodes de reproduction des oiseaux migrateurs au Canada et sur d'autres facteurs de risque (voir par exemple la publication d'Environnement et Changement climatique Canada intitulée Les éoliennes et les oiseaux : document d’orientation sur les évaluations environnementales) afin d'aider les particuliers et les entreprises à évaluer le risque associé aux oiseaux migrateurs et à élaborer des mesures d'évitement et d'atténuation pertinentes.

Exemples de facteurs de risque associés à la prise ou au dérangement d’oiseaux migrateurs, leurs nids ou leurs œufs.

Ce tableau fournit un condensé d’informations extraites des Lignes directrices en matière d’évitement de la prise accessoire publiées par Environnement et Changement climatique Canada. Ces exemples sont fournis pour vous aider lors de la planification de vos activités.

Avertissement

Les renseignements présentés ici ne le sont qu'à titre de conseils. Toute personne doit se conformer à l'ensemble des exigences pertinentes des lois (par exemple les lois provinciales ou territoriales), des règlements et des permis, y compris, entre autres, la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et le Règlement sur les oiseaux migrateurs. Il est important de noter que certaines espèces d'oiseaux protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ont également été inscrites à l 'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Ces espèces sont protégées à la fois en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et de la Loi sur les espèces en péril.

Ces conseils ne donnent pas l'autorisation de blesser ou de tuer des oiseaux migrateurs ou bien de déranger, de détruire ou de prendre des nids ou des œufs en vertu du Règlement sur les oiseaux migrateurs, et ils n'offrent pas non plus une garantie que les activités ne donneront pas lieu à une violation du Règlement sur les oiseaux migrateurs ou d'autres lois et règlements. Les renseignements présentés ici sont de nature générale et ne doivent pas servir d'avis officiel au sujet des conséquences juridiques de toute activité particulière. Ils ne remplacent pas la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, le Règlement sur les oiseaux migrateurs ou toute autre loi.

 

Tableau 1 : Ce tableau fournit des exemples de niveaux de risque inférieur et supérieur pour le facteur de risque lié à la gestion de la prise accessoire des oiseaux migrateurs au Canada.
Facteur de risque lié
à la gestion de la prise accessoire
(Plus de renseignements)
Exemple de niveau de risque inférieur Exemple de niveau de risque supérieur
Connaissance des obligations légales Conscience et compréhension des dispositions pertinentes des lois et des règlements se rapportant à la protection des oiseaux, des nids et des œufs, notamment : la Loi de 1994 concernant la convention des oiseaux migrateurs, le Règlement des oiseaux migrateurs et la Loi des espèces en péril. Ignorance des responsabilités légales visant la protection des oiseaux, des nids et des œufs.
Évaluation du risque et planification Avoir complété une évaluation exhaustive du risque, suffisamment en avance pour mettre en perspective les besoins opérationnels par rapport aux risques de prise accessoire d’oiseaux migrateurs. Peu ou pas de planification ou d’analyse du risque concernant les enjeux de conservation associés aux oiseaux migrateurs.
Mesures de prévention et d'atténuation

Les mesures sont déterminées, mises en œuvre et évaluées de sorte à éviter d’entreprendre des activités potentiellement destructrices ou perturbatrices pendant les périodes et aux emplacements sensibles.

Compte-rendu des décisions et des actions prises.

Mesures (politiques, procédures, plans, directives ou plans compensatoires) relatives à votre projet ou activité sont consolidées dans des pratiques de gestion bénéfiques.

Conscience et connaissance des mesures de prévention ou d'atténuation à mettre en œuvre par les représentants du promoteur et les employés sur le terrain.

Absence de mesure de prévention et d'atténuation spécifique et appropriée pour réduire au minimum le risque d'effets néfastes et pour aider à maintenir des populations viables d'oiseaux migrateurs.

Aucun compte-rendu ou note des décisions et des actions prises.

Pas de pratiques de gestion bénéfique.

Ignorance ou absence de formation.

 

Tableau 2 : Ce tableau fournit des exemples de niveaux de risque inférieur et supérieur pour le facteur de risque lié à la protection des nids.
Facteur de risque lié
à la protection des nids
(Plus de renseignements)
Exemple de niveau de risque inférieur Exemple de niveau de risque supérieur
Période Le projet a lieu en dehors de la période générale de nidification et n’aura pas d’incidence sur des nids réutilisés l’année suivante. Les opérations ont lieu durant la période générale de nidification ou, dans le reste de l’année, sont susceptibles de détruire des nids réutilisés (p. ex. : le nid de Grand Héron).
Probabilité de la présence de nid

Dans le cadre du projet, connaissance des habitats d’oiseaux disponibles, des espèces et des périodes où ces espèces sont susceptibles d’être rencontrées dans ces habitats.

Recherche d’indice de nidification par l’utilisation de méthodes non intrusives afin d’éviter le dérangement.

Ignorance de la présence possible d’oiseaux en fonction de la période ou du lieu.

Recherche active de nid, à moins que les nids recherchés soient facilement localisables sans dérangement.

Habitat L’habitat est simplifié et de petite superficie, tel qu’une structure anthropique (un pont, une balise de navigation, une tour ou un bâtiment), un milieu urbain ou ceux comportant peu de sites de nidification potentiels ou peu d’espèces d’oiseaux migrateurs susceptibles d’être présentes, un parc urbain principalement composé de pelouses et de quelques arbres isolés, un terrain vacant avec une végétation clairsemée. L’habitat est vaste ou complexe avec de multiples possibilités de nidification, tels qu’un boisé, un arbustaie ou une friche.
Type de nid Présence de nids facilement repérables et évitables (telles que les nids du Grand Héron, de l'Hirondelle de rivage et du Martinet ramoneur) ; des nids situés dans un chicot dont la cavité est facile à repérer (tels que ceux des pics, des garrots ou des sittelles); ou des nids d'espèces nichant en colonies et repérables de loin (telles que les nids de sternes, de mouettes ou de goélands). S’applique au nid de certaines espèces Présence de nids difficiles à localiser et à éviter (p. ex. : de petite taille ou bien caché), tels que les nids des oiseaux chanteurs. S’applique au nid de la plupart des espèces

 

Tableau 3 : Ce tableau fournit des exemples de niveaux de risque inférieur et supérieur pour le facteur de risque lié au dérangement des nids et des oiseaux en cours de nidification.
Facteur de risque lié
au dérangement des nids et des oiseaux en cours de nidification
(Plus de renseignements)
Exemple de niveau de risque inférieur Exemple de niveau de risque supérieur
Intensité des activités

Dérangement bref, de faible intensité ou épisodique.

Une ou quelques sources de dérangement.

Bruit faible ou en-dessous du niveau ambiant.

Dérangement prolongé, de forte intensité ou fréquent.

Plusieurs sources de dérangement.

Génération de bruits puissants, surtout ceux au-dessus du niveau ambiant en milieux naturels ou ceux supérieurs à environ 50 dB.

Milieu Présence d’oiseaux tolérant au dérangement ou déjà en cours de nidification avec succès dans un environnement perturbé. Présence d’oiseaux intolérants au dérangement, reconnaissable notamment par la fuit des individus du nid ou par des comportements agités, de diversion ou de défenses.
Mesures de prévention et d'atténuation Les activités perturbatrices à proximité du site de nidification sont arrêtées. Tout nid trouvé est protégé à l'aide d'une zone tampon basée sur une distance de protection appropriée aux circonstances jusqu'à ce que les oisillons aient naturellement quitté, de façon permanente, les environs du nid. Absence de mesures de protection visant à éviter ou réduire les effets du dérangement ou mise en place d’une zone de protection inefficace ou inefficiente.

 

Tableau 4 : Ce tableau fournit des exemples de niveaux de risque inférieur et supérieur pour le facteur de risque lié aux oiseaux en mer et à la pêche.
Facteur de risque lié
aux oiseaux en mer et la pêche
(Plus de renseignements)
Exemple de niveau de risque inférieur Exemple de niveau de risque supérieur
Évaluation du risque Conscience des risques associés aux méthodes de pêche pouvant affecter les oiseaux marins et connaissance des périodes et des emplacements sensibles liés aux concentrations d’oiseaux marins. Ignorance des risques associés aux pratiques de pêche pouvant affecter les oiseaux marins.
Mesures de prévention et d'atténuation Les mesures sont déterminées, mises en œuvre et évaluées de sorte à éviter d’entreprendre des activités potentiellement destructrices ou perturbatrices pendant les périodes et aux emplacements sensibles. Aucun compte-rendu ou note des décisions ou des actions prises, ni aucune pratique de gestion bénéfique mise en œuvre.

Saison de nidification des oiseaux migrateurs au Canada

Environnement et Changement climatique Canada publie des renseignements techniques sur la période générale de nidification pour aider à la planification d’activités dans le but de réduire le risque d'effets néfastes sur les oiseaux migrateurs, leurs nids ou leurs œufs. Chaque fois que des nids contenant des œufs ou des oisillons sont découverts, la zone immédiate doit être évitée jusqu'à ce que les oisillons aient quitté naturellement l’entourage immédiat du nid (voir zones de protection). Cette mesure de protection doit être appliquée même si le nid a été trouvé en dehors de la période générale de nidification publiée par Environnement et Changement climatique Canada. Une fois hors du nid, les oisillons demeurent vulnérables et il est recommandé d’agir avec précaution.

Dans certains cas, notamment les oiseaux migrateurs inscrits à la Loi sur les espèces en péril (LEP), des renseignements plus détaillés sur la période de nidification peuvent être disponibles et doivent être pris en compte. En tout temps, il incombe à la personne ou à l'entreprise de se conformer à toutes les lois applicables. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir les exigences relatives à la protection de la résidence en vertu de la LEP.

Au Canada, la période générale de nidification peut commencer dès la mi-mars et se poursuivre jusqu’à la fin août. Il s’agit d’une période générale de nidification qui couvre la plupart des espèces d’oiseaux migrateurs de compétence fédérale. Cette période varie toutefois d’une région à l’autre au Canada principalement en raison des assemblages d’espèces nicheuses, du climat, de l’altitude et du type d’habitat. En général, la période de nidification est retardée en régions nordiques, suivant le développement de la végétation et la disponibilité de la nourriture. Pour aider à établir la période de nidification propre à une région donnée, Environnement et Changement climatique Canada publie des estimations de celles-ci. Ces périodes sont réparties à travers le Canada en fonction de grandes entités géographiques, nommées « zones de nidification ». Ces périodes régionales de nidification sont estimées pour chaque zone et sont fondées sur une période de nidification commençant avec la ponte du premier œuf et se terminant avec le départ naturel du dernier jeune dans l’entourage immédiat du nid. Veuillez noter que les renseignements techniques publiés sur ce site Web seront mis à jour - et possiblement modifiés - à mesure que de nouvelles données seront disponibles.

Pour plus d’information voir les Périodes de générales nidification des oiseaux migrateurs au Canada

Considérations particulières

Liées à la détermination de la présence de nids :

Les nids d'oiseaux migrateurs se retrouvent dans une grande diversité d'habitats et de lieux. Selon l'espèce, on peut trouver des nids à différentes hauteurs dans les arbres, dans des cavités d'arbres, dans des arbustes, au sol (notamment dans les champs de foin, les cultures et les pâturages), dans des falaises, dans des terriers, dans des amas de résidus miniers, dans des talus de carrières, dans des milieux humides, et sur des structures anthropiques, telles que des ponts, des corniches d’édifices et des gouttières.

Il est difficile de repérer la majorité des nids. Leurs emplacements sont cachés et les oiseaux adultes évitent d'approcher leurs nids d'une façon qui mènerait des prédateurs à leurs œufs ou à leurs oisillons. De plus, la superficie et la complexité de l'habitat à fouiller limitent souvent la réussite des recherches visant à repérer les nids actifs. Les nids de quelques espèces sont toutefois plus faciles à repérer, notamment lorsque les oiseaux nichent dans des arbres isolés ou des structures anthropiques ou, encore, lorsque les oiseaux nichent en colonies.

Pour déterminer la probabilité que des oiseaux migrateurs, leurs nids ou leurs œufs sont présents dans un secteur donné, adoptez une approche scientifique rigoureuse qui tient compte des habitats d'oiseaux disponibles, des espèces d'oiseaux migrateurs susceptibles d’être rencontrées dans de tels habitats et des périodes où ces espèces sont susceptibles d’être présentes. Ceci devrait vous aider à planifier vos travaux de sorte à éviter d’affecter des oiseaux nicheurs. Toutefois, si une évaluation approfondie est requise pour déterminer la présence d’oiseaux, il faut envisager de rechercher des indices de nidification dans la zone prévue pour les activités (p. ex. : par l’écoute de chants d’oiseaux ou de cris d’alarme ou bien par l’observation de comportements de diversion) à l'aide de méthodes de recherche non intrusives qui évitent de déranger les oiseaux migrateurs. Dans le cas des oiseaux chanteurs par exemple, le « dénombrement par station d’écoute » (une technique qui permet de repérer les mâles territoriaux chanteurs) peut fournir une bonne indication de la présence de nids de ces oiseaux dans la zone. Communiquer avec le bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région pour obtenir de plus amples renseignements sur les méthodes d’évaluation des oiseaux non chanteurs (notamment la sauvagine, les oiseaux aquatiques et les oiseaux de rivage).

Dans la plupart des cas, l’utilisation de techniques de recherche active de nids n’est pas recommandée, puisque dans la majorité des habitats, la capacité à détecter des nids est plutôt faible alors que le risque de déranger les nids est élevé. Effaroucher les oiseaux de leurs nids augmente le risque de prédation de leurs œufs ou de leurs oisillons, ou peut mener à l’abandon du nid ou des œufs. Par conséquent, à moins qu’il soit reconnu que les nids recherchés soient faciles à repérer sans les déranger, la recherche active de nids n'est généralement pas recommandée en raison de la faible probabilité de repérer tous les nids et du dérangement des oiseaux nicheurs que cela peut occasionner. Ainsi, dans la plupart des cas, la probabilité d’une prise accessoire demeure présente lors des activités industrielles ou autres activités, même lorsqu’une recherche active de nids est effectuée avant la réalisation de ces dernières.

Dans certains cas, une recherche de nids peut être effectuée avec succès et sans dérangement, si elle est effectuée par des observateurs qualifiés et expérimentés, utilisant une méthodologie appropriée, et dans le cas où les activités seraient, par exemple, menées dans des habitats simplifiés (souvent dans des sites façonnés par l’homme) avec seulement quelques sites potentiels de nidification ou un nombre limité d’espèces potentielles d'oiseaux migrateurs. Comme exemple d'habitat simplifié, on peut citer :

  • un parc urbain principalement composé de pelouses et de quelques arbres isolés,
  • un terrain vacant avec une végétation clairsemée,
  • une zone défrichée à des fins de construction où des oiseaux d’espèces nichant au sol pourraient être attirés par exemple par des endroits dégagés ou des amas de terre, ou,
  • une structure anthropique, comme un pont, une balise de navigation, une tour ou un bâtiment (souvent choisis en tant que site de nidification par le Merle d’Amérique, les hirondelles, le Moucherolle phébi, l'Engoulevent d'Amérique, les goélands et d'autres oiseaux).

La recherche active de nids peut également être envisagée lorsqu'on recherche :

  • des structures de nidification facilement repérables (telles que les nids du Grand Héron, de l'Hirondelle de rivage et du Martinet ramoneur),
  • des nids situés dans la cavité d’un chicot (tels que ceux des pics, des garrots ou des sittelles), ou,
  • des espèces nichant en colonies repérables de loin (telles que les colonies de sternes ou bien de mouettes ou de goélands).

Zones de protection et les distances de protection

Les oiseaux perçoivent habituellement les humains comme des prédateurs potentiels et peuvent quitter leur nid lorsqu’ils sont approchés ou interrompre la reproduction en raison de conditions stressantes. Généralement, il y une relation négative entre le type et l’ampleur du dérangement subit par un oiseau nicheur ou une colonie et le succès de sa reproduction. Par exemple, le dérangement incite les oiseaux à délaisser leur nid plus souvent, ce qui peut augmenter la probabilité de prédation des œufs et des oisillons, d’exposition du nid et des œufs aux intempéries, d’un nourrissage insuffisant des oisillons, d’un départ ou d’un envol prématuré des oisillons du nid et d’un stress physiologique. Si des nids contenant des œufs ou des oisillons d'oiseaux migrateurs sont repérés ou découverts, toutes les activités perturbatrices dans l'aire de nidification doivent être arrêtées jusqu'à ce que la nidification soit terminée (c.-à-d. jusqu'à ce que les oisillons aient quitté les environs du nid de façon permanente, ce qui peut durer quelques jours voire plus d’une semaine dépendamment de l’espèce et du stade de développement).

Tout nid trouvé devrait être protégé à l'aide d'une zone tampon basée sur une distance de protection appropriée à l'espèce jusqu'à ce que les oisillons aient quitté les environs du nid de façon permanente. La distance de protection appropriée peut varier considérablement selon les circonstances. Par exemple, une zone de protection de seulement quelques mètres est une mesure de précaution qui devrait en général réduire le risque de déranger un nid d’oiseaux migrateurs autour de votre maison. Cependant, une zone de protection beaucoup plus grande pourrait être justifiée dans le cas d’activités industrielles.

Les oiseaux réagissent différemment aux différents niveaux de dérangement, ces niveaux pouvant être déterminés en considérant l’intensité, la durée, la fréquence et la proximité de l’activité, mais également l’effet cumulatif de l’ensemble des activités à proximité du nid. Ainsi, les distances de protection doivent tenir compte de cette interaction entre les facteurs, en étant plus étendues pour des types d’activités susceptibles d’être la cause de plus grand dérangement. Parmi les sources significatives de dérangement on trouve : les activités d’exploitation de la végétation ou du sol, les forages, les bruits forts, les vibrations (p. ex. : les secousses sismiques provoquées par les travaux) ou l’approche régulière par des humains ou des véhicules. Le dérangement peut également être lié à l’émission de bruits, tout particulièrement lorsque le bruit est 10 dB au-dessus du niveau ambiant en milieux naturels ou plus grands qu’environ 50 dB.

Les oiseaux peuvent s’habituer au dérangement et leur degré de tolérance dépend en grande partie du contexte environnemental. Les oiseaux qui choisissent de nicher en zone habitée sont généralement moins sensibles pour un même niveau de dérangement, et conséquemment, ne nécessiteront pas une zone de protection de la même étendue, que des oiseaux qui nichent dans des milieux naturels ou sauvages. De même, les oiseaux peuvent être moins tolérants si leur nid est exposé ou localisé dans des milieux sans relief (tel que les prairies ou la toundra) ou dont la végétation est éparse ou de faible densité par rapport à lorsque leur nid est bien caché ou situé dans un milieu plus complexe, tel qu’un milieu forestier ou arbustif. Le risque de dérangement est également plus élevé lorsqu’il s’agit d’oiseaux de grandes tailles (tel que les hérons ou les grues) qui sont moins tolérants que des passereaux (tel que les merles ou les bruants). Dans le cas des passereaux, qui ont généralement des nids bien cachés, l’utilisation d’une distance de protection peut ne pas être un moyen pratique de protéger les nids individuellement. Pour ces espèces, un moyen alternatif est de soustraire du dérangement des zones déterminées d’habitat de grande qualité que l’on sait fréquenté par les oiseaux sans avoir à connaître la localisation exacte de tous les nids. Dans le cas de nids de hérons ou d’autres espèces construisant des plateformes de branchages, comme ces dernières sont faciles à localiser, l’utilisation d’une zone de protection autour des nids est fréquente.

Les distances de protection sont souvent déterminées scientifiquement à partir de la distance qu’un oiseau nicheur réagit aux sources de dérangement. Toutefois, l’opinion d’expert est très souvent utilisée pour suppléer le manque de données expérimentales. Deux mesures fondamentales, liées au dérangement, sont fréquemment utilisées pour développer des équations de base afin d’estimer une distance de protection : la distance de vigilance, soit la distance à partir de laquelle un oiseau est en alerte ou émet des cris d’alarme, et, la distance de fuite, soit la distance à partir de laquelle un oiseau s’envole ou se déplace pour éviter une menace, exécute un comportement de diversion (feindre une aile cassée, s’asseoir pour couver un nid imaginaire afin d’attirer l’attention ailleurs que sur le nid) ou défendre activement le nid.

Pour faciliter la détermination de la distance de protection appropriée à votre situation, voici des exemples de distances selon différentes catégories d’oiseaux : 1-5m, jusqu’à 10-50 m ou plus pour la plupart des passereaux et autres petits oiseaux; 10-25m, jusqu’à 50 m ou plus pour une colonie d’hirondelles; 10-30m, jusqu’à 50 m ou plus pour la plupart des nids de sauvagine. Les plus courtes distances étant souvent associées à des environnements urbains et les plus longues distances étant souvent associées à des milieux ruraux ou sauvages. Les exemples suivants s’applique à des espèces sensibles ou des espèces en péril : jusqu’à 500 m ou plus pour le Cygne trompette; 50-100m, jusqu’à 200 m ou plus pour un nid de Grand Pic ou de Pic à tête rouge; 100-150m, jusqu’à 300 m ou plus pour un nid du Pluvier siffleur; 100m, jusqu’à 1000 m ou plus pour un nid de Grue du Canada. Rappelez-vous que ces exemples généraux peuvent servir aux fins d’examen comme base initiale et doivent être ajustés suite à l’évaluation des facteurs pertinents, tels que ceux décrits ci-dessus. Une plus grande distance de protection ou zone tampon peut être nécessaire afin de réduire au minimum le risque de perturbations causées par des activités industrielles et pour des espèces en péril. Pour des conseils supplémentaires concernant les colonies d’oiseaux marins ou d’oiseaux aquatiques, veuillez consulter les Lignes directrices pour éviter de déranger les colonies d’oiseaux marins et d’oiseaux aquatiques au Canada.

 

Avertissement :

Prendre note que c'est à la personne ou à l'organisation qui entreprend les activités que revient la responsabilité de déterminer les distances de protection. Les renseignements présentés ici ne le sont qu'à titre de conseils. Ces conseils ne donnent pas l'autorisation de blesser ou de tuer des oiseaux migrateurs ou bien de déranger, de détruire ou de prendre des nids ou des œufs en vertu du Règlement sur les oiseaux migrateurs. Ils n'offrent pas non plus une garantie que les activités ne donneront pas lieu à une violation du Règlement sur les oiseaux migrateurs ou d'autres lois et règlements. Les renseignements présentés ici sont de nature générale et ne doivent pas servir d'avis officiel au sujet des conséquences juridiques de toute activité particulière. Ils ne remplacent pas la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, le Règlement sur les oiseaux migrateurs ou toute autre loi. Dans des cas particuliers, des recommandations spécifiques ou des exigences pourraient s’appliquer et pourraient se trouver dans des documents tels que des programmes de rétablissement d’espèces en péril ou d’autres documents officiels.   Veuillez communiquer avec le bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région pour obtenir de plus amples renseignements techniques.

Dans tous les cas, le nid lui-même ne doit pas être identifié à l'aide de ruban de signalisation ou d'autre matériel semblable puisque cela augmenterait le risque de prédation. Si nécessaire, le ruban de signalisation peut être placé aux limites de la zone tampon.

Liées au dérangement des colonies de nidification :

Guillemots marmette
Photo : © Thinkstockphotos.
Guillemots marmette

Les colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques sont particulièrement vulnérables aux effets du dérangement humain. Les oiseaux se reproduisant en colonie peuvent abandonner leur nid ou leurs petits, ou se servir de précieuses réserves d’énergie pour se défendre au lieu de couver leurs œufs ou de nourrir leurs petits, et ce, à cause du dérangement. De plus, tout dérangement d'une colonie peut empêcher les oiseaux adultes de retourner au nid afin de protéger et de nourrir leurs petits, ou exposer les œufs ou les oisillons à la prédation et aux effets mortels de la chaleur, du froid et de la pluie. Les activités humaines à proximité des colonies de nidification, telle que la pêche, la navigation de plaisance ou le vol à basse altitude, devraient être pratiquées à une certaine distance pour éviter que les oiseaux soient forcés de quitter précipitamment leurs nids ou qu’ils foncent sur vous afin de vous éloigner de la colonie. Dans tous les cas où vous pourriez déranger les oiseaux marins ou les oiseaux aquatiques, éloignez-vous le plus rapidement et le plus silencieusement possible.

Environnement et Changement climatique Canada recommande que les gens n'entrent pas dans les colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques, qu'ils respectent les zones tampons qui conviennent autour des colonies et qu'ils évitent de déranger les oiseaux migrateurs pendant la période de reproduction. Pour obtenir des renseignements plus spécifiques, notamment au sujet des distances d’évitement et des distances pour l'ancrage de gros navires, veuillez consulter les Lignes directrices pour éviter de déranger les colonies d'oiseaux marins et d'oiseaux aquatiques au Canada. De plus, les aires protégées telles que les réserves nationales de faune, les refuges d'oiseaux migrateurs et les parcs nationaux peuvent avoir des restrictions précises en ce qui concerne les zones tampons en milieu terrestre ou aquatique ainsi que des restrictions en matière de vol. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec le bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada de votre région.

Liées aux oiseaux de mer :

Les populations d'oiseaux de mer sont menacées par de nombreux facteurs, y compris les prédateurs des colonies d'oiseaux nicheurs, les contaminants, la pollution marine causée par les déversements de pétrole, les détritus, les changements climatiques, le tourisme, les maladies et les activités liées à l'aquaculture. Bien qu'en tout temps de l'année et presque partout l'on rencontre ces oiseaux en mer, bon nombre d'entre eux tendent à se concentrer dans certaines zones. Ils sont donc plus vulnérables s'il y a une interaction entre eux et les activités humaines dans ces endroits.

Environnement et Changement climatique Canada mène des activités de recherche et de surveillance afin de déterminer les zones et les périodes de regroupement de ces oiseaux. Ce travail est effectué en vue de sensibiliser les gens aux risques possibles auxquels ces activités humaines les exposent et de répertorier les périodes et les zones où les risques pourraient être plus élevés. Les renseignements recueillis à partir de ces activités de recherche et de surveillance servent aussi à faciliter la prise de décisions concernant la gestion des risques par les personnes qui exercent ces activités dans les zones où se rassemblent ces oiseaux. La première étape de ce travail a consisté en une étude en vue de déterminer les zones de densité accrue pour les espèces vulnérables aux prises accessoires liées à la pêche dans l'océan Pacifique canadien. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter la section sur les oiseaux de mer ou communiquer avec votre bureau local du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada.

Liées à l'entretien de structures, édifices et autres installations :

Les activités comme le nettoyage, l'application ou le retrait de revêtements protecteurs (p. ex. : les peintures) et la démolition ne devraient pas être effectuées pendant la période de reproduction sur des structures où des oiseaux migrateurs nichent puisqu'il y a un risque de déranger ou de détruire les œufs ou les oisillons.

Lorsque des activités d'entretien doivent être effectuées pendant la période de reproduction, des filets ou d'autres systèmes appropriés peuvent être installés temporairement avant l'arrivée des oiseaux au printemps afin de les empêcher d’entreprendre leur nidification sur la structure.

De façon générale, si la nidification d'oiseaux migrateurs nichant dans des immeubles pose problème, on recommande de déterminer comment les oiseaux entrent dans l'immeuble et de bloquer ces entrées une fois la nidification terminée et avant que les oiseaux ne reviennent nicher la saison suivante. Si vous avez d'autres préoccupations, veuillez communiquer avec le bureau du Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada qui est situé dans votre région.

Liées à la régularisation des niveaux d'eau :

Grèbe jougris sur un nid flottant
Photo : © Photos.com
Grèbe jougris sur un nid flottant

La gestion des barrages et les projets de construction et d'entretien peuvent nécessiter des modifications des niveaux d'eau dans des réservoirs, des étangs ou autres milieux humides. Par exemple, il peut s'avérer nécessaire d'enlever des barrages de castors pour régulariser les niveaux d'eau. Dans de telles circonstances, les gestionnaires de projet devraient déterminer si la sauvagine, les oiseaux aquatiques ou d'autres oiseaux nichent dans ou près des milieux humides, puis éviter de régulariser les niveaux d'eau, ce qui pourrait inonder ou assécher des nids, jusqu'à ce que les oiseaux aient élevé leurs petits. Les modifications du niveau d'eau peuvent, par exemple, être prévues avant ou après la période de reproduction.

Liées aux dépôts et talus minéraux exposés :

Hirondelles de rivage © Nolan Pelland, Marathon, Ontario
Photo : © Nolan Pelland
Hirondelles de rivage, Marathon, Ontario

Un soin particulier devrait être accordé au choix de mesures de prévention et de contrôle de l'érosion si des oiseaux migrateurs sont trouvés nichant dans des amas de résidus miniers, des berges ou des fronts de talus exposés de sablières ou de carrières. Pendant la période de reproduction, il est important que les nids ne soient pas dérangés par des mesures de prévention ou de contrôle de l'érosion ou par des activités d'excavation ou de construction. Pour des espèces comme l'Hirondelle de rivage, qui nichent dans des terriers creusés en front de talus, la période pendant laquelle les nids sont considérés comme actifs comprend non seulement la période de couvaison des œufs et d’élevage des oisillons, mais également, la courte période où les nids continuent d’être utilisés comme abris après l’envol des jeunes.

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