Grand Héron de la sous-espèce fannini Ardea herodias fannini : addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2008

Titre officiel : Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2008 sur le Grand Héron de la sous-espèce fannini Ardea herodias fannini au Canada

Sans objet

2023

* Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2008 sur le Grand Héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini).

Matériel appartenant à des tierces parties

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Information sur le document

Le présent document peut être cité de la manière suivante :

COSEPAC. 2023. Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2008 sur le Grand Héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv p. (Registre public des espèces en péril).

Note de production :

Le COSEPAC remercie Richard D. Elliot (Ph. D.) et David P.L. Toews (Ph. D.) d’avoir rédigé l’addenda au Raport de situation sur le Grand Héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Also available in English under the title “Addendum to the 2008 COSEWIC Status Report on the Great Blue Heron fannini subspecies Ardea herodias fannini in Canada.”

COSEPAC sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2023

Nom commun : Grand Héron de la sous-espèce fannini

Nom scientifique : Ardea herodias fannini

Statut : Sans objet

Justification de la désignation : Le statut n’a pas été attribué. Cette population n’est plus une unité désignable valide, car elle ne correspond plus aux critères révisés de 2020 du COSEPAC sur le caractère distinct et le caractère important dans l’évolution. Elle n’est donc pas admissible à l’évaluation de la situation par le COSEPAC.

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1997. Réexamen et confirmation du statut en avril 2008.

COSEPAC addenda

Ardea herodias fannini

Grand Héron de la sous-espèce fannini

Great Blue Heron fannini subspecies

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Évaluation actuelle du COSEPAC

Catégorie de statut :

Addenda 1 : P

Addenda 2 : Date de la dernière évaluation : avril 2008

Addenda 3 : Justification de la désignation lors de la dernière évaluation :

Au Canada, cette sous-espèce est répartie le long de la côte de la Colombie-Britannique et possède une population relativement petite qui se concentre dans quelques colonies de reproduction dans le sud de la Colombie-Britannique. Il y a des indications d’un déclin de la productivité, et il n’est pas clair si la population est stable ou en déclin. La prédation par les aigles, la perte d’habitat et les perturbations par les humains constituent des menaces permanentes, particulièrement dans la partie sud de l’aire de répartition où les concentrations d’oiseaux sont plus élevées.

Addenda 4 : Critères appliqués lors de la dernière évaluation : Sans objet

Recommandation du Sous-comité de spécialistes

Addenda 5 : Sans objet

Preuves : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Espèce sauvage

Addenda 6 : Changement quant à l’admissibilité, à la taxinomie ou aux unités désignables : Sans objet

Explication : Le COSEPAC peut reconnaître une unité inférieure au rang taxinomique de l’espèce comme une unité désignable (UD) et évaluer la situation de celle-ci, s’il a été démontré que cette unité possède des caractéristiques qui la rendent à la fois distincte et importante dans l’évolution (COSEWIC, 2020). Si aucune unité ne répond aux critères actuels concernant le caractère distinct et le caractère important dans l’évolution, l’option par défaut consiste à ce que le COSEPAC examine la situation de l’espèce dans son ensemble au Canada. Le présent addenda au rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2008) vise à déterminer s’il existe des preuves suffisantes pour rejeter l’hypothèse nulle selon laquelle il existe une seule UD du Grand Héron au Canada, plus précisément en tenant compte des preuves à l’appui de l’existence d’une UD distincte sur la côte du Pacifique, qui correspond à la répartition de la sous-espèce Ardea herodias fannini (ci-après « fannini »).

Dans de précédentes évaluations de la situation du COSEPAC (Butler, 1997; COSEWIC, 2008), la sous-espèce fannini, qui se trouve sur la côte du Pacifique en Colombie-Britannique, a été reconnue comme étant une UD distincte, car on la considérait comme étant une sous-espèce distincte de l’A. h. herodias (ci-après « herodias »). Les lignes directrices du COSEPAC pour reconnaître les UD, révisées en novembre 2020, exigent maintenant que les UD reconnues parce qu’elles constituent des sous-espèces distinctes répondent également aux critères relatifs au caractère distinct et au caractère important dans l’évolution mis à jour (COSEWIC, 2020).

La nouvelle version des lignes directrices pour reconnaître les UD établit deux critères relatifs au caractère distinct et deux critères relatifs au caractère important dans l’évolution, et exige qu’une UD satisfasse à au moins un critère de chaque catégorie (COSEWIC, 2020). Le présent addenda au rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2008) porte sur l’évaluation des preuves permettant de déterminer si la population de Grands Hérons présente sur la côte du Pacifique en Colombie-Britannique, considérée comme appartenant à la sous-espèce fannini, satisfait aux critères actuels pour être reconnue en tant qu’UD valide.

Structure des sous-espèces

Deux sous-espèces du Grand Héron sont présentes au Canada. L’aire de répartition de la sous-espèce fannini se limite à la côte et aux îles du Pacifique en Colombie-Britannique, tandis que l’aire de répartition de la sous-espèce herodias couvre la majeure partie du reste du sud du Canada (Vennesland et Butler, 2011; republication de Vennesland et Butler, 2020). Selon certains auteurs (p. ex. Oberholser, 1912), l’aire de répartition de la sous-espèce fannini s’étend dans le nord-ouest de l’État de Washington, tandis que d’autres auteurs (p. ex. Vennesland et Butler, 2011) estiment que cette région et le sud de la Colombie-Britannique constituent une zone d’hybridation. La taxinomie du Grand Héron présent plus au sud de l’aire de répartition de la sous-espèce fannini, dans le nord-ouest des États-Unis, n’est pas claire, et cette sous-espèce a été identifiée différemment, notamment comme étant A. h. treganzai (ci-après « treganzai ») dans le centre-est de l’État de Washington ou A. h. hyperonca (ci-après « hyperonca ») vers le sud (Oberholser, 1912), A. h. wardi (ci-après « wardi »; Vennesland et Butler, 2011) et, plus récemment, herodias (Dickerman, 2004a,b; Cheek et al., 2018; McGuire et al., 2019).

Les sections suivantes présentent les différences de plumage, de morphologie, de répartition géographique, de génétique des populations et de comportement migratoire entre la sous-espèce fannini et les autres sous-espèces susmentionnées, qui sont ensuite évaluées selon leur caractère discret et leur caractère important dans l’évolution.

Plumage, morphologie et répartition géographique

Chapman (1901) a décrit pour la première fois la sous-espèce fannini en se fondant sur un spécimen type provenant de Skidegate, dans l’île Graham de l’archipel Haida Gwaii, en Colombie-Britannique, ainsi que sur la tête et le cou de seulement deux autres individus de Haida Gwaii, tous décrits comme étant plus foncés et intensément colorés que la sous-espèce herodias. En se fondant sur le spécimen type, Chapman (1901) a indiqué que le tibia de la sous-espèce fannini comportait un plus grand nombre de plumes, mais aucun autre chercheur n’a consigné cette différence par la suite. Chapman (1901) a souligné qu’un spécimen mâle adulte du lac Sooke, près de Victoria, en Colombie-Britannique, présentait une coloration un peu plus claire, indiquant l’intergradation entre les sous-espèces fannini et herodias à un endroit plus au sud, mais il n’a pas formulé d’autres commentaires sur l’aire de répartition de la sous-espèce fannini (Chapman, 1901).

Dans sa révision de la taxinomie du Grand Héron, Oberholser (1912) a inclus dans l’aire de répartition de la sous-espèce fannini la côte du Pacifique, du golfe de Cook, en Alaska, jusqu’au sud et au centre-ouest de l’État de Washington, en se fondant sur un petit échantillon de huit individus qu’il considérait comme étant représentatifs de cette sous-espèce, dont deux individus de l’État de Washington. Il estimait que les individus de la sous-espèce fannini du nord-ouest, de couleur sombre, se distinguaient de la sous-espèce herodias par leurs ailes et leur queue plus longues, leurs tarses et leur culmen plus courts, et leur cou et leurs parties supérieures de couleur beaucoup plus foncée. Il considérait les individus de la sous-espèce fannini comme des résidents permanents non migrateurs, sauf peut-être dans la partie la plus septentrionale de l’aire de répartition (Oberholser, 1912:554).

L’un des spécimens considérés comme un fannini par Oberholser (1912) était un mâle reproducteur de Nisqually Flats, dans le nord-ouest de l’État de Washington (19 avril 1892), dont les ailes, le culmen et les tarses étaient les plus longs parmi les dix « fannini » mesurés par l’auteur. Ces mesures sont directement comprises dans les fourchettes de valeurs qu’il a attribuées à la sous-espèce treganzai, qui, selon lui, était présente immédiatement au sud et au sud-est de l’aire de répartition de la sous-espèce fannini, notamment dans l’est de l’État de Washington ainsi que dans l’ouest jusqu’au centre de l’État (probablement) (Oberholser, 1912:546). Les mesures des tarses (176,5 mm) et du culmen (137 mm) dépassent de loin les seuils respectifs de 161 et de 134 mm déterminés pour la sous-espèce fannini par Vennesland et Butler (2011). Les mesures d’un individu, dont le sexe n’a pas été déterminé et qui provenait de Cape Flattery, dans le centre-ouest de l’État de Washington (aucune date fournie), se situaient dans la fourchette moyenne déterminée pour les treganzai femelles (à l’exception de la queue, qui était légèrement plus courte) et dans la moitié supérieure de la fourchette déterminée pour les fannini femelles (Oberholser, 1912), ce qui porte à croire que cet individu pourrait appartenir à l’une ou l’autre de ces sous-espèces. Il semble donc qu’aucun des deux spécimens de l’État de Washington ne soit clairement de la sous-espèce fannini et que les deux spécimens de cette zone de transition pourraient plus vraisemblablement appartenir aux sous-espèces présentes plus au sud. Malgré tout, certains auteurs ont par la suite adopté la version élargie de l’aire de répartition de la sous-espèce fannini qu’Oberholser (1912) a déterminée à partir de ces deux spécimens (voir ci-dessous).

La version de 1957 de la liste de American Ornithologists Union (AOU) a été la dernière à prendre en compte les sous-espèces d’oiseaux de l’Amérique du Nord (American Ornithologists’ Union, 1957). Elle indiquait que la sous-espèce fannini se reproduisait le long de la côte du Pacifique, du sud-est de l’Alaska (baie Yakutat) au sud de l’État de Washington, ce qui représente à peu près la même aire de répartition que celle définie par Oberholser (1912). Selon cette liste, les individus de la sous-espèce fannini étaient principalement des résidents, errant dans le golfe de Cook, en Alaska [probablement selon l’observation consignée par Oberholser, 1912], ainsi que dans le centre et le sud de la Colombie-Britannique (lac Bulkley) (American Ornithologists’ Union, 1957:42).

Payne (1979) a indiqué que l’aire de répartition de la sous-espèce fannini englobait la côte du Pacifique de l’Amérique du Nord, depuis le sud-est de l’Alaska (baie Yakutat) jusqu’à la côte de l’État de Washington, en passant par Haida Gwaii et la côte de la Colombie-Britannique, ce qui est semblable à l’aire de répartition définie par Oberholser (1912) et par l’American Ornithologists’ Union (1957). Il a indiqué que la sous-espèce hivernait dans son aire de reproduction et errait à l’intérieur des terres (Payne, 1979:198), mais il n’a pas décrit la morphologie ou les caractéristiques de plumage des individus.

Dickerman (2004a,b) a réalisé une étude exhaustive des caractéristiques et de la répartition de la sous-espèce fannini, se penchant sur la couleur du plumage de 26 individus de partout en Amérique du Nord et sur les données mensurales de 14 individus de la zone entre Haida Gwaii et l’Alaska, de 52 individus du sud-ouest de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington ainsi que de 61 individus de la Californie (qu’il a qualifiés de type hyperonca, bien qu’il ait finalement considéré que ces individus appartenaient à la sous-espèce herodias). Il a groupé les individus de couleur grise appartenant à l’espèce A. herodias en trois sous-espèces : les individus modérément gris comme étant de la sous-espèce herodias, les plus pâles, de la sous-espèce wardi, et les plus foncés, de la sous-espèce fannini (Dickerman, 2004a). Il a recommandé de faire preuve de prudence dans l’interprétation de la couleur du plumage, mentionnant qu’une partie de la couleur foncée des plumes notée par Chapman (1901) pour le spécimen type de la sous-espèce fannini était causée par le lavage des spécimens, qui avait éliminé le duvet grisâtre de la surface du plumage (Dickerman, 2004b). Après avoir pris en compte cet effet possible, il a conclu qu’il y avait un changement de couleur perceptible chez les individus au nord de l’île de Vancouver, les individus de Haida Gwaii et de plus au nord étant uniformément foncés comparativement à ceux du sud; toutefois, cette conclusion est probablement fondée sur un échantillon relativement petit. Dickerman a montré que les mesures des tarses et du culmen affichaient une variation clinale positive le long de la côte du Pacifique, depuis le sud-est de l’Alaska et Haida Gwaii jusqu’à la Californie, avec une population intermédiaire dans le sud de la Colombie-Britannique et l’État de WashingtonNote de bas de page 1; ainsi, les fannini de Haida Gwaii et de plus au nord avaient les tarses et le culmen les plus courts de tous les Grands Hérons, et étaient considérablement plus petits que le type hyperonca de la Californie (Dickerman, 2004a,b). Dickerman (2004b) a également fait remarquer que les individus adultes du sud-ouest de la Colombie-Britannique (y compris l’île de Vancouver) et de l’État de Washington étaient de taille et de couleur intermédiaires entre la sous-espèce fannini de couleur foncée et le type hyperonca de couleur plus pâle, ce qui laisse deviner une vaste zone transitoire de variation clinale de couleur. À la suite de son étude des caractéristiques morphométriques et de la couleur du plumage, Dickerman (2004a,b) a recommandé que l’aire de répartition de la sous-espèce fannini soit restreinte à Haida Gwaii et au sud-est de l’Alaska, au nord de la baie du Prince-William.

Dans ses deux rapports de situation précédents (Butler, 1997; COSEWIC, 2008), le COSEPAC estimait que l’aire de répartition de la sous-espèce fannini, et donc de l’UD fondée sur cette sous-espèce, englobait la majeure partie de la côte continentale de la Colombie-Britannique, à l’ouest de la chaîne Côtière (décrite comme étant la partie des zones biogéoclimatiques côtières à pruche de l’Ouest et à douglas située à moins de 10 km de la côte ou des grands réseaux hydrographiques), ainsi que les îles côtières et extracôtières adjacentes, notamment Haida Gwaii et l’île de Vancouver. Cette aire de répartition était principalement fondée sur les renseignements de Payne (1979), et a par la suite été utilisée dans le plan de gestion de la sous-espèce fannini élaboré au titre de la Loi sur les espèces en péril (Environment and Climate Change Canada, 2020). Le COSEPAC (COSEWIC, 2008) s’est brièvement demandé si la sous-espèce fannini devait être considérée comme étant restreinte à Haida Gwaii, à la côte nord adjacente de la Colombie-Britannique et au sud-est de l’Alaska, comme le recommande Dickerman (2004b), mais a décidé d’utiliser la même aire de répartition que Butler (1997), laquelle est fondée sur la répartition présentée par l’American Ornithologists’ Union (1957) et Payne (1979). Le COSEPAC a toutefois précisé que des recherches génétiques pourraient clarifier le degré de séparation des sous-espèces et leurs limites géographiques (COSEWIC, 2008). Les données génétiques désormais accessibles (p. ex. Cheek et al., 2018) semblent appuyer l’aire de répartition de la sous-espèce fannini plus restreinte proposée par Dickerman (2004a).

Vennesland et Butler (2011) considèrent les fannini comme étant des résidents de la zone s’étendant du sud-ouest de l’Alaska (baie du Prince-William) à Haida Gwaii. Ils incluent aussi les individus résidant dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, y compris l’île de Vancouver, ainsi que ceux de l’ouest de l’État de Washington, dont la couleur et la taille se situeraient, selon eux, entre celles des fannini et des wardi se rencontrant plus au sud, d’après les données de Dickerman (2004a,b), qui estimait que ces individus du sud appartenaient à la sous-espèce herodias. Vennesland et Butler (2011) ont indiqué que le statut taxinomique des individus se trouvant dans la partie continentale de la Colombie-Britannique au nord de Vancouver n’était pas clair. Selon leur description, les fannini adultes, comparativement aux sous-espèces se trouvant plus au sud, sur la côte du Pacifique, sont d’un gris plus foncé, ont un culmen et des tarses plus courts (voir ci-dessus; Dickerman, 2004a,b), mais des ailes et une queue de longueur semblable à celle des autres sous-espèces (d’après les données mensurales d’Oberholser, 1912 et de Dickerman, 2004a; Vennesland et Butler, 2011).

En résumé, il existe des éléments prouvant que les Grands Hérons de Haida Gwaii et de la côte nord adjacente de la Colombie-Britannique sont d’un gris plus foncé que les individus qui se trouvent plus au sud sur la côte du Pacifique de la Colombie-Britannique et du nord-ouest des États-Unis, et que leur culmen et leurs tarses sont plus courts (résumé dans Vennesland et Butler, 2011). Ces Grands Hérons du sud-ouest de la Colombie-Britannique, y compris de l’île de Vancouver, sont de taille et de couleur intermédiaires entre celles des individus plus foncés du nord et des individus plus pâles du sud, ce qui révèle une vaste zone transitoire d’intergradation (c’est-à-dire de mélange) (Vennesland et Butler, 2011). Même si les individus de Haida Gwaii et de plus au nord sont plus foncés (Dickerman, 2004b), les mesures des tarses et du culmen affichent une variation clinale positive du sud de l’Alaska au sud de la côte de la Colombie-Britannique (Dickerman, 2004a,b; Vennesland et Butler, 2011), sans qu’il y ait de limite évidente concernant la taille entre les individus de Haida Gwaii et ceux qui se trouvent plus au sud. Bien qu’il serait utile de se pencher davantage sur la délimitation la plus appropriée de l’aire de répartition du Grand Héron de la sous-espèce fannini au Canada, une telle étude n’entre pas dans le cadre du présent rapport.

Génétique des populations

Cheek et al. (2018) ont examiné les différences génétiques entre les Grands Hérons de la côte nord-ouest du Pacifique, en se concentrant sur l’endémisme des individus de Haida Gwaii. Ils se sont penchés sur la divergence du gène mitochondrial de la sous-unité 2 de la NADH déshydrogénase (ND2), un marqueur utilisé dans d’autres études sur l’endémisme régional d’oiseaux (p. ex. Drovetski et al., 2004). Bien que ND2 ne soit qu’un seul marqueur génétique, la divergence de l’ADNmt s’est avérée être un bon indicateur général de la différenciation du génome nucléaire parmi les espèces et au sein d’une même espèce (p. ex. figure S2 dans Toews et al., 2016), à l’exception des cas peu courants d’introgression mitochondriale (Toews et Brelsford, 2012). Cheek et al. (2018) ont analysé 36 échantillons prélevés à 9 endroits dans l’ouest de l’Amérique du Nord, dont 22 échantillons considérés comme des fannini (la plupart provenant de Haida Gwaii [12] et de l’Alaska [7], mais également de l’île de Vancouver [3]) et 14 échantillons considérés comme des herodias et des wardi, choisis pour optimiser la couverture géographique. Il convient de souligner que quatre des spécimens considérés comme appartenant à la sous-espèce herodias proviennent de l’extrême nord-ouest de l’État de Washington, bien à l’intérieur de la zone transitoire de variation clinale entre les fannini et les herodias du sud (voir l’évaluation en fonction des critères de l’unité désignable ci-dessous).

Ils ont constaté une diversité génétique remarquablement faible dans les échantillons d’A. herodias, et n’ont relevé aucune divergence significative, au niveau de la population, de la séquence ou de la fréquence des haplotypes de ND2 entre les sous-espèces herodias et fannini ni aucun haplotype unique chez la sous-espèce fannini (Cheek et al., 2018:55). Selon leur conclusion, contrairement à la plupart des autres espèces d’oiseaux endémiques ayant persisté dans une région pendant au moins une période glaciaire dans un refuge non glacié, la sous-espèce fannini est probablement relativement récente, son adaptation possible aux milieux locaux étant parallèle à celle des espèces endémiques depuis plus longtemps dans la région. Ils ont aussi conclu que la population de la sous-espèce fannini est endémique et est suffisamment différente, sur le plan phénotypique, de la population continentale répandue (coloration plus foncée) pour être reconnue comme une sous-espèce (d’après p. ex. Chapman, 1901; Dickerman, 2004a,b), mais sans toutefois présenter de divergence significative par rapport à la sous-espèce herodias au niveau génétique (Cheek et al., 2018).

McGuire et al. (2019) ont analysé des données génétiques sur la Grande Aigrette et le Grand Héron (quatre sous-espèces nommées) à l’aide de 13 marqueurs microsatellites d’ADN nucléaire. Onze individus provenaient du nord-ouest de l’État de Washington, dans la zone que Dickerman (2004b) considérait comme la zone de variation clinale au sud de l’aire de répartition de la sous-espèce fannini, mais que le COSEPAC, dans ses rapports antérieurs, avait considérée comme faisant partie de l’aire de répartition de la sous-espèce fannini (COSEWIC, 2008; voir l’évaluation en fonction des critères de l’unité désignable ci-dessous). Selon la carte qui constitue la figure 1 de McGuire et al. (2019), trois de ces échantillons ont été prélevés dans l’île de Vancouver, mais le tableau S2 indique qu’aucun ne provenait du Canada (Taylor, comm. pers., 2022). Comme McGuire et al. (2019) se sont concentrés sur la différence génétique par rapport aux individus de la Floride, ce document n’est utilisé dans le présent rapport que pour montrer les tendances générales en matière de génétique des populations de l’espèce. Toutefois, comme leurs analyses ont été effectuées au moyen de l’approche bayésienne d’assignation des populations du logiciel STRUCTURE sans données sur les populations a priori, les résultats de McGuire et al. (2019) peuvent indirectement éclairer la présente évaluation d’une éventuelle UD du Grand Héron dans le nord-ouest du Pacifique.

L’analyse effectuée au moyen de STRUCTURE par McGuire et al. (2019) indiquait que le nombre le plus probable de groupes génétiques (K) dans l’aire de répartition de l’espèce était de deux et que l’un de ces groupes était composé des sous-espèces fannini, herodias et wardi, laissant ainsi croire qu’il existe des degrés élevés de flux génique entre ces sous-espèces à l’échelle du continent. L’isolement de la sous-espèce fannini par rapport aux autres sous-espèces se produisait lorsque K avait une valeur de cinq à sept, ce qui prouve dans une certaine mesure un groupement hiérarchique limité (Taylor, comm. pers., 2022). L’analyse de l’isolement par la distance dans l’ensemble de l’aire de répartition du Grand Héron indique que la plupart des différences (estimées au moyen de FST) sont attribuables à la disjonction géographique (McGuire et al., 2019). Comme aucun individu n’a été échantillonné entre la côte du Pacifique et l’aire de répartition de la sous-espèce herodias près des Grands Lacs, la valeur significative de FST (0,083) entre ces deux groupes constitue un moins bon indicateur du fait que ces derniers forment deux unités distinctes que le résultat de l’échantillonnage des extrémités d’une aire de répartition (Taylor, comm. pers., 2022). Cette situation correspond à un modèle en « stepping stone » de flux génique qui entraîne l’isolement par la distance, où une augmentation des différences génétiques est liée à une plus grande disjonction géographique (Taylor, comm. pers., 2022).

En résumé, la séquence d’ADN mitochondrial analysée par Cheek et al. (2018) ne montrait aucune divergence génétique significative entre les sous-espèces herodias et fannini. Bien que les évaluations génétiques réalisées par McGuire et al. (2019) à l’aide de microsatellites aient montré des différences génétiques très légères, mais détectables, entre les individus qui, selon eux, appartenaient à la sous-espèce fannini du nord-ouest de l’État de Washington et d’autres sous-espèces, ils ont conclu que de telles différences entre les individus du Grand Héron d’Amérique du Nord étaient attribuables à un isolement par la distance.

Comportement migratoire et déplacements après l’envol

Le COSEPAC (COSEWIC, 2008) indique que la sous-espèce fannini réside principalement sur la côte de la Colombie-Britannique et a un cycle vital non migratoire. Elle peut toutefois se déplacer sur une courte distance après la reproduction, et elle semble quitter certaines zones durant la période internuptiale (Oberholser, 1912; figure 1). À l’occasion, elle erre vers l’intérieur des terres du centre et du sud de la Colombie-Britannique (American Ornithologists’ Union, 1957; Payne, 1979). En général, la sous-espèce herodias est migratrice dans l’ensemble du Canada, à l’exception de certaines régions plus chaudes de l’extrême sud de l’Ontario et de l’intérieur méridional de la Colombie-Britannique (figure 1), et elle est migratrice dans certaines régions du nord des États-Unis, mais résidente dans d’autres régions (Vennesland et Butler, 2011; figure 1). Il est connu depuis longtemps que certains individus de la sous-espèce herodias demeurent dans la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, pendant une bonne partie de l’hiver, et ils y étaient considérés comme des résidents à l’année assez communs dans les années 1980 (Cannings et al., 1987). Van Damme (2020) indique que de Grands Hérons (vraisemblablement des herodias) sont présents chaque hiver, en nombre variable, dans des zones précises de la vallée de Creston, dans le sud de la Colombie-Britannique. Ensemble, ces observations indiquent que les deux sous-espèces du Grand Héron peuvent profiter des conditions douces pour hiverner, et que ce comportement n’est pas unique à la sous-espèce fannini et pourrait constituer une réaction plastique aux conditions environnementales douces.

Des mentions de Grands Hérons bagués au stade d’oisillons partout en Amérique du Nord, conservées par le laboratoire de baguage d’oiseaux de l’United States Geological Survey (USGS Bird Banding Laboratory, 2022), ont été récemment examinées dans le but de trouver un moyen indépendant de déterminer la mesure dans laquelle les chaînes de montagnes peuvent constituer un obstacle aux déplacements et à la dispersion. Bien qu’il y ait peu de sites de baguage d’oiseaux considérés comme étant de la sous-espèce fannini, de jeunes hérons bagués dans la région de Vancouver ont été retrouvés près de Kamloops, dans le sud de la vallée de l’Okanagan, et dans le nord-ouest de l’État de Washington, et des individus bagués dans le centre de l’État de Washington ont été retrouvés près de Kelowna, en Colombie-Britannique, et dans tout l’ouest de l’Amérique du Nord (USGS Bird Banding Laboratory, 2022). Ce résultat indique que les jeunes Grands Hérons, y compris ceux considérés comme étant de la sous-espèce fannini, peuvent facilement se disperser sur des distances considérables, y compris entre des zones séparées par des régions montagneuses, ce qui permet d’éventuels échanges génétiques. Cette dispersion correspond au modèle de flux génique en « stepping stone », où les individus ont tendance à se disperser dans des zones avoisinantes.

Évaluation en fonction des critères de l’unité désignable

Les données probantes accessibles concernant les caractéristiques du plumage, la morphologie, la disjonction géographique, le comportement migratoire et la génétique des populations sont évaluées dans le présent document en fonction des critères actuels du caractère distinct et du caractère important dans l’évolution (COSEWIC, 2020) pour permettre de déterminer si la sous-espèce fannini répond à ces critères et constitue une UD valide.

Dans la présente évaluation, il importe de déterminer si l’aire de répartition de l’UD évaluée en tant que sous-espèce fannini est celle que le COSEPAC a décrite dans les précédents rapports de situation (Butler, 1997; COSEWIC, 2008), d’après Oberholser (1912), l’American Ornithologists’ Union (1957) et Payne (1979), ou si elle est davantage restreinte, selon les mesures et données génétiques plus récentes présentées par Dickerman (2004a,b) et par Cheek et al. (2018). Bien que cette dernière description de l’aire de répartition restreinte reflète mieux les évaluations récentes de la morphologie, du plumage et de la génétique, jusqu’à présent, le COSEPAC a pris en considération l’aire de répartition élargie. Par conséquent, le présent rapport porte sur les données probantes accessibles concernant le caractère distinct et le caractère important des deux scénarios de l’aire de répartition de l’UD, décrits comme suit :

Caractère distinct

Critère D1. Preuve de caractères ou de marqueurs héréditaires qui distinguent clairement la sous-espèce fannini de la sous-espèce herodias (p. ex. marqueurs génétiques ou morphologie héréditaire, comportement, cycle vital, phénologie, voies migratoires, dialectes vocaux), indiquant une transmission limitée de l’information héréditaire à d’autres UD (COSEWIC, 2020).

En résumé, rien ne prouve directement que les différences phénotypiques observées entre les sous-espèces fannini et herodias au niveau du plumage, de la morphologie ou du comportement migratoire sont héréditaires. L’absence d’éléments prouvant des différences génétiques dans l’ADNmt de ces sous-espèces (Cheek et al., 2018) indique que la transmission d’information héréditaire n’est pas limitée, pour l’un ou l’autre des scénarios de l’aire de répartition. Les preuves obtenues par McGuire et al. (2019) au moyen de microsatellites nucléaires montrent effectivement une différence faible, mais détectable, entre la sous-espèce fannini (aire de répartition élargie, à partir de l’État de Washington) et d’autres sous-espèces (herodias et wardi), mais, selon l’interprétation de McGuire et al. (2019), il s’agit probablement des effets de l’isolement par la distance. Ensemble, ces preuves portent à croire qu’il est possible, bien que peu probable, que le critère D1 s’applique au scénario de l’aire de répartition élargie, mais pas à celui de l’aire de répartition restreinte.

Critère D2. Disjonction géographique naturelle entre les UD présumées qui limite grandement la transmission d’information (p. ex. individus, graines, gamètes) entre des « portions de l’aire de répartition » pendant une période prolongée et qui la rend peu probable dans un avenir prévisible. L’expression « période prolongée » signifie qu’il s’est écoulé suffisamment de temps pour que la sélection naturelle ou la dérive génétique soient susceptibles d’avoir produit des unités distinctes, compte tenu de la biologie spécifique du taxon (COSEWIC, 2020).

Ainsi, l’absence de disjonction géographique réelle (en particulier pour les individus du scénario de l’aire de répartition élargie), les variations clinales de la morphologie (dans les deux scénarios) et l’absence de différence dans l’ADN mitochondrial (dans les deux scénarios) indiquent que la transmission d’information génétique entre les fannini de Haida Gwaii et de plus au nord (scénario de l’aire de répartition restreinte), la sous-espèce fannini au sud de Haida Gwaii (scénario de l’aire de répartition élargie) et la sous-espèce herodias plus au sud et à l’est n’a pas été gravement limitée pendant une période prolongée. Le critère D2 ne s’applique donc pas.

Caractère important dans l’évolution

Selon la version en vigueur des Lignes directrices du COSEPAC pour reconnaître les unités désignables (COSEWIC, 2020), si une UD présumée est jugée distincte, son caractère important dans l’évolution peut être évalué. Comme il existe une faible possibilité que le critère D1 concernant le caractère distinct s’applique à la sous-espèce fannini (scénario de l’aire de répartition élargie), le caractère important est évalué dans le présent rapport. Il convient de souligner que les données sur les microsatellites obtenues par McGuire et al. (2019) ne peuvent pas servir à évaluer le caractère important dans l’évolution, car elles représentent des marqueurs neutres qui n’influent pas sur les caractères adaptatifs, et elles évoluent trop rapidement pour permettre d’évaluer les origines dans des refuges distincts.

Critère S1. Preuve directe ou forte inférence que l’UD présumée a suivi une trajectoire évolutive indépendante pendant une période importante dans l’évolution, généralement une divergence phylogénétique intraspécifique indiquant des origines dans des refuges distincts du Pléistocène (COSEWIC, 2020).

Étant donné qu’il n’y a pas de preuve directe ou de forte inférence permettant de déduire que la sous-espèce fannini a suivi une trajectoire évolutive indépendante pendant une période importante dans l’évolution, quel que soit le scénario de l’aire de répartition, le critère S1 ne s’applique pas.

Critère S2. Preuve directe ou forte inférence permettant de déduire que l’UD présumée possède des caractères adaptatifs et héréditaires qui ne pourraient être reconstitués en pratique en cas de perte. Par exemple, la persistance de l’UD distincte présumée dans un environnement écologique où un régime sélectif est susceptible d’avoir donné lieu à des adaptations locales de l’UD qui n’ont pas pu être reconstituées (COSEWIC, 2020).

Puisque rien ne prouve que les différences de taille et de coloration du plumage sont des adaptations locales chez la sous-espèce fannini qui ne pourraient pas être reconstituées en pratique en cas de perte, selon le scénario de l’aire de répartition restreinte ou celui de l’aire de répartition élargie, le critère S2 ne s’applique pas.

Conclusion

Même s’il est possible que le Grand Héron de la sous-espèce fannini satisfasse à l’un des critères actuels du COSEPAC concernant le caractère distinct dans le cadre du scénario de l’aire de répartition élargie seulement, il n’existe aucune preuve appuyant l’un ou l’autre des critères relatifs au caractère important dans l’évolution, que ce soit dans le scénario de l’aire de répartition restreinte ou celui de l’aire de répartition élargie. Par conséquent, l’hypothèse nulle selon laquelle il n’existe qu’une seule UD du Grand Héron au Canada n’est pas rejetée, et l’ancienne UD du Grand Héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini) n’est pas considérée comme étant valide selon les lignes directrices actuelles du COSEPAC, qu’elle soit décrite selon le scénario de l’aire de répartition restreinte ou celui de l’aire de répartition élargie. Cette UD n’est donc pas admissible à une évaluation de la situation par le COSEPAC.

Aire de répartition

Addenda 7 : Changement de la zone d’occurrence : Sans objet

Addenda 8 : Changement de l’indice de zone d’occupation (IZO) : Sans objet

Addenda 9 : Changement du nombre de localitésNote de bas de page 2 actuelles connues ou inférées : Sans objet

Addenda 10 : Nouvelles données importantes issues de relevés : Sans objet

Explication : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Information sur la population

Addenda 11 : Changement du nombre d’individus matures : Sans objet

Addenda 12 : Changement de la tendance de la population : Sans objet

Addenda 13 : Changement quant à la gravité de la fragmentation de la population : Sans objet

Addenda 14 : Changement de la tendance de la superficie et/ou de la qualité de l’habitat : Sans objet

Addenda 15 : Nouvelles données importantes issues de relevés : Sans objet

Explication : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Menaces

Addenda 16 : Changement de la nature et/ou de la gravité des menaces : Sans objet

Explication : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Protection

Addenda 17 : Changement quant à la protection effective : Sans objet

Explication : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Immigration de source externe

Addenda 18 : Sans objet

Explication : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Analyse quantitative

Addenda 19 : Changement quant à la probabilité de disparition du pays : Sans objet

Précisions : Sans objet, car cette sous-espèce n’est pas considérée comme étant admissible à une évaluation.

Sommaire et autres points à examiner

Le Grand Héron de la sous-espèce fannini n’est pas considéré comme étant admissible à une évaluation de la situation, que ce soit selon le scénario de l’aire de répartition restreinte ou celui de l’aire de répartition élargie, car il ne répond pas aux critères concernant le caractère distinct et le caractère important dans l’évolution, comme l’exige la version révisée des Lignes directrices du COSEPAC pour reconnaître les unités désignables de 2020 en fonction du taxon de la sous-espèce (COSEWIC, 2020); il ne constitue donc pas une UD valide.

Remerciements

Sincères remerciements à Ross Vennesland, rédacteur de l’ébauche de la mise à jour de 2022 du rapport de situation du Grand Héron de la sous-espèce fannini, et aux membres du SCS des oiseaux du COSEPAC qui ont révisé l’ébauche du rapport de situation et l’addenda, notamment Louise Blight, Elsie Krebs, Jean-Pierre Savard et surtout le coprésident Marcel Gahbauer. Merci à l’ancienne présidente et au président actuel du Groupe de travail sur les UD du COSEPAC, Christina Davy et Arne Mooers, pour leurs conseils dans l’interprétation de la version actuelle des Lignes directrices pour reconnaître les UD. La discussion approfondie entre les membres du COSEPAC lors de la réunion d’évaluation des espèces de mai 2022, notamment David Fraser, Purnima Govindarajulu, Dwayne Lepitzki, Arne Mooers, John Reynolds, Gina Schalk et Sabrina Taylor, a été des plus utiles. Un grand merci à Sabrina Taylor pour ses nombreux et précieux commentaires pendant la rédaction du présent addenda. Merci aux personnes qui ont révisé la première version du rapport au nom des autorités responsables concernées, notamment Blythe Beynon, Rob Butler, Syd Cannings, Jenna Cragg, Leah de Forest, Kimberly Dohms, David Fraser, Purnima Govindarajulu, Eric Gross, Nathan Hentze et Ross Vennesland. Merci également à Ashley Long, de la Louisiana State University, pour la cartographie des endroits où de Grands Hérons bagués ont été retrouvés, et aux principaux membres de l’équipe du Secrétariat du COSEPAC pour leurs conseils sur les procédures et la mise en forme, notamment Marie-France Noël, Tanya Pulfer, Karen Timm et Lisa Twolan.

Experts contactés

Sources d’information

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Butler, R.W. 1997. COSEWIC status report on the Pacific Great Blue Heron Ardea herodias fannini in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. ii + 9 pp.

Cannings, R.A., R.J. Cannings et S.G. Cannings. 1987. Birds of the Okanagan Valley, British Columbia. Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie-Britannique). 420 pp.

Chapman, F.M. 1901. A new race of the Great Blue Heron, with remarks on the status and range of Ardea wardi. Bulletin American Museum of Natural History:14:87-90.

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Rédacteurs de l’addenda

Richard D. Elliot (Ph. D.) est membre du Sous-comité de spécialistes (SCS) des oiseaux depuis janvier 2015, et coprésident du SCS et membre du COSEPAC depuis janvier 2017. Il a obtenu une maîtrise de l’Université Acadia et un doctorat de l’Université d’Aberdeen, en Écosse. Il a pris sa retraite en 2015, après une carrière à Environnement Canada à titre de biologiste spécialiste des oiseaux migrateurs et des espèces en péril et de gestionnaire de recherche au Service canadien de la faune. Il a également été directeur national de la recherche sur la faune à la Direction des sciences de la faune et du paysage. À titre de coprésident du SCS, il a supervisé la préparation de 17 rapports de situation du COSEPAC et dirigé la rédaction du rapport de 2019 sur les unités désignables du Bécasseau maubèche (Calidris canutus) et du rapport de 2022 sur les unités désignables de l’Autour des palombes (Accipiter gentilis).

David P.L. Toews (Ph. D.) est membre du SCS des oiseaux à titre de spécialiste de la génétique des populations depuis janvier 2018. Il est professeur adjoint au Département de biologie de l’Université d’État de la Pennsylvanie. Il a obtenu une maîtrise et un doctorat du Département de zoologie de l’Université de la Colombie-Britannique, et il a brièvement travaillé au sein du groupe de planification du rétablissement des espèces en péril du Service canadien de la faune à Delta, en Colombie-Britannique. Ses recherches portent sur la biologie évolutive, la génomique et l’écologie moléculaire dans les systèmes aviaires, combinant souvent des données génomiques avec d’autres renseignements phénotypiques, comportementaux et biogéographiques pour faire des déductions sur les processus évolutifs. Il a corédigé le rapport de 2022 sur les unités désignables de l’Autour des palombes.

Résumé technique

Ardea herodias fannini

Grand Héron de la sous-espèce fannini

Great Blue Heron fannini subspecies

Répartition au Canada (province/territoire/océan) : Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquez si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2011] est utilisée) :

Sans objet

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?

Sans objet

Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [5 ans ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] :

Sans objet

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 dernières années ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] :

Sans objet

Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 prochaines années ou 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] :

Sans objet

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [10 ans ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] commençant dans le passé et se terminant dans le futur :

Sans objet

Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé?

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Sans objet

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence :

Sans objet

Indice de zone d’occupation (IZO) (Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté) :

Sans objet

La population totale est-elle gravement fragmentée, c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?

Sans objet

Nombre de localités* (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant) :

Sans objet

Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?

Sans objet

Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?

Sans objet

Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?

Sans objet

Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?

Sans objet

Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?

Sans objet

* Voir « Définitions et abréviations du COSEPAC » sur le site Web et IUCN pour obtenir des précisions sur ce terme.

Nombre d’individus matures dans chaque sous-population

Sous-populations (utilisez une fourchette plausible) : Sans objet

Nombre d’individus matures total : Sans objet

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, selon la plus longue période, jusqu’à un maximum de 100 ans, ou 10 % sur 100 ans] :

Sans objet

Menaces (directes, de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible, selon le calculateur des menaces de l’UICN)

Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l’espèce?

Sans objet

Quels autres facteurs limitatifs sont pertinents?

Sans objet

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada :

Sans objet

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Sans objet

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Sans objet

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Sans objet

Les conditions se détériorent-elles au Canada+?

Sans objet

Les conditions de la population source (c.-à-d. de l’extérieur) se détériorent-elles+?

Sans objet

La population canadienne est-elle considérée comme un puits+?

Sans objet

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?

Sans objet

Nature délicate de l’information sur l’espèce

L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate?

Sans objet

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1997. Réexamen et confirmation du statut en avril 2008.

Statut et justification de la désignation

Statut : Sans objet

Code alphanumérique : Sans objet

Justification de la désignation (2022) : Le statut n’a pas été attribué. Cette population n’est plus une unité désignable valide, car elle ne correspond plus aux critères révisés de 2020 du COSEPAC sur le caractère distinct et le caractère important dans l’évolution. Elle n’est donc pas admissible à l’évaluation de la situation par le COSEPAC.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet

Critère B (aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation) : Sans objet

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Sans objet

Critère E (analyse quantitative) : Sans objet

Figure 1. Carte de l’Amérique du Nord montrant les zones où le Grand Héron serait présent pendant au moins une semaine à chaque saison. La longue description suit. Veuillez lire la description longue.

Figure 1. Carte de l’aire de répartition du Grand Héron d’eBird, montrant les zones où l’espèce serait présente pendant au moins une semaine au cours de chaque saison, établie à partir des observations signalées par des ornithologues amateurs tout au long de l’année. Les occurrences sont représentées comme suit : toute l’année (violet), période de reproduction (10 mai au 28 juin; rouge), période internuptiale (28 décembre au 25 janvier; bleu), et périodes de migration précédant et suivant la reproduction (1er février au 3 mai; 6 juillet au 21 décembre; jaune) (d’après Fink et al., 2021).

Description longue

Carte montrant la présence du Grand Héron en Amérique du Nord.

La carte montre que le Grand Héron se rencontre principalement depuis la côte est des États‑Unis jusqu’aux Rocheuses et depuis le Mexique (au sud du Texas) jusque dans le nord de l’Alberta et le centre du Québec. Cette vaste superficie se divise essentiellement en trois zones principales. La zone illustrant la période de présence tout au long de l’année apparaît comme une large bande violette qui longe toute la côte est des États-Unis vers le sud, à partir du Massachusetts. La bande s’étend ensuite vers l’ouest le long de la côte du Golfe et couvre la plus grande partie du Texas, avant de remonter vers le nord jusqu’au sud du Kansas et jusqu’aux coins méridionaux du Missouri. Les occurrences durant la période de reproduction (du 10 mai au 28 juin) se trouvent dans la zone rouge qui part depuis la bande violette jusqu’au nord de l’Alberta, en passant par le sud et l’est de cette province, et qui s’incurve ensuite progressivement vers le sud‑est, couvrant ainsi une partie de la Saskatchewan, du Manitoba et le nord‑ouest de l’Ontario, avant de s’étendre jusqu’à la pointe de la baie James et de s’incurver de nouveau vers le sud‑est, traversant le fleuve Saint‑Laurent et se rendant jusque dans le Maine. Les aires montrant les périodes de migration précédant la reproduction (du 1er février au 3 mai) et suivant la reproduction (du 6 juillet au 21 décembre) sont moins distinctes. Elles apparaissent en jaune le long des limites les plus septentrionales des aires occupées pendant les périodes de reproduction, plus particulièrement dans le nord de l’Alberta, le centre‑est de l’Ontario, le centre‑ouest du Québec et le nord du Maine; de plus grandes parcelles peuvent être observées dans le sud‑est de l’Alberta, le sud‑ouest de la Saskatchewan et le nord du Montana ainsi que sur la rive sud du lac Supérieur.

De très petites parcelles de tous les types d’occurrence sont dispersées dans les zones montagneuses et côtières de l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis la côte sud et l’enclave de l’Alaska jusqu’au nord‑ouest de la Colombie, ainsi que sur la côte est du Mexique et des pays d’Amérique centrale, et un peu partout dans les Caraïbes. La zone d’occurrence la moins commune, en bleu, soit celle correspondant à la période internuptiale (du 28 décembre au 25 janvier), se trouve principalement le long de la côte ouest et des côtes caribéennes; ce type d’occurrence est quasi absente de l’est et du centre des États‑Unis et du Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2022)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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2024-01-23