Programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada [Proposition] - 2013

Loi sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement

Tétras des armoises

Photo de Tétras des armoises

Table des matières


Programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada [Proposition] - 2013

Couverture de la publication : Programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada [Proposition] - 2013

Référence recommandée :

Environnement Canada. 2013. Programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada [Proposition], Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, vii + 57 p.

Pour télécharger le présent programme de rétablissement modifié ou pour obtenir un complément d'information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du COSEPAC, les descriptions de la résidence, les plans d'action et d'autres documents connexes sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.

Illustration de la couverture : Jon Groves

Also available in English under the title
« Amended Recovery Strategy for the Greater Sage-Grouse
(Centrocercus urophasianus urophasianus) in Canada [Proposed] »

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l'Environnement, 2013. Tous droits réservés.
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de catalogue

Le contenu du présent document (à l'exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d'indiquer la source.

Programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada [Proposition] 2013

Le programme de rétablissement du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada (Lungle et Pruss, 2008) a été publié dans le Registre public des espèces en péril en janvier 2008. La section 2.6 (section relative à l'habitat essentiel) du programme de rétablissement de 2008 a été remplacée en octobre 2009 (Agence Parcs Canada, 2009).

En vertu de l'article 45 de la Loi sur les espèces en péril (LEP, le ministre compétent peut modifier un programme de rétablissement. Le présent programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada (ci-après appelé « programme de rétablissement modifié ») a pour objet de :

Depuis la rédaction du programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada (Lungle et Pruss, 2008) en 2008, les Lignes directrices pour l'utilisation des modèles de programme de rétablissement (faisant partie d'une série de documents d'orientation sur la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril) ont été considérablement modifiées. Par conséquent, le présent programme de rétablissement modifié est conforme au plus récent modèle triministériel de programme de rétablissement et aux lignes directrices connexes.

Le programme de rétablissement modifié est publié dans le Registre public des espèces en péril pour une période de commentaires de 60 jours. Lorsque la version finale du présent programme de rétablissement modifié sera publiée, elle remplacera le programme de rétablissement du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada de 2008 (Lungle et Pruss, 2008), ainsi que le document Remplacement de la section 2.6 du programme de rétablissement du Tétras des armoises du Canada(Agence Parcs Canada, 2009).

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP, les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés d'ici cinq ans.

Le ministre de l'Environnement, à titre de ministre responsable du ministère de l’Environnement et de l’Agence Parcs Canada, est le ministre compétent en vertu de la LEP pour le rétablissement du Tétras des armoises et a élaboré le présent programme de rétablissement modifié, conformément à l'article 45 de la LEP et conformément aux exigences en matière de coopération et de consultation stipulées à l’article 39.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement Canada et l’Agence Parcs Canada, ou sur toute autre compétence. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien du Tétras des armoises et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement modifié sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement Canada et l’Agence Parcs Canada et d'autres compétences et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

Le présent programme de rétablissement est une version modifiée du programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada (Lungle et Pruss, 2008). Les documents et les ébauches supplémentaires sur lesquels repose le présent programme de rétablissement modifié ont été fournis par Parcs Canada (S. Pruss, D. Gummer, P. Knaga, M. Suitor et P. Fargey). D. Gummer et P. Knaga (Agence Parcs Canada) ont réalisé la modélisation de l'habitat convenable et la validation des modèles, que K. Zimmer a mis à jour. Les commentaires et les renseignements généraux transmis par les gouvernements de l'Alberta (D. Eslinger, J. Nicholson et S. Cotterill) et de la Saskatchewan (B. Prieto, Y. T. Hwang, S. McAdam et J. Keith), d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (R. Ashton), ainsi que de l’Agence Parcs Canada (P. Fargey et R. Pither) ont été très précieux. En outre, nous apprécions grandement les efforts déployés par T. I. Wellicome et J. (Manalo) Stevens, qui ont rédigé le présent programme de rétablissement modifié. Nous tenons à remercier P. Fargey, S. Pruss, J. Tuckwell, D. Gummer et R. Bloom pour l'expertise scientifique qu'ils ont offerte, ainsi que P. Johanson et M. Wayland pour leur examen et leurs commentaires inestimables. Nous apprécions d'ailleurs les efforts déployés par les éleveurs, les agriculteurs et d'autres gestionnaires des terres qui ont participé à la conservation du Tétras des armoises et de l’habitat d’armoise sur leurs terres situées dans le sud de l'Alberta et de la Saskatchewan.

Le présent programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada modifie et remplace le programme de rétablissement du Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada (Lungle et Pruss, 2008),ainsi que le document Remplacement de la section 2.6 du programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada (Agence Parcs Canada, 2009).

Le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus; ci-après « Tétras des armoises ») est un tétras indigène de l'Amérique du Nord présent au Canada et dans 11 États de l'ouest des États-Unis. Au Canada, la population est composée de la sous-espèce Centrocercus urophasianus urophasianus, qui occupe les habitats de prairies dominées par l'armoise argentée du sud-est de l'Alberta et du sud-ouest de la Saskatchewan, à la limite nord de l'aire de répartition du Tétras des armoises en Amérique du Nord. Le Tétras des armoises est une espèce inscrite comme espèce en voie de disparition au Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril parce la très petite population canadienne a connu un déclin considérable.

En 2012, on a dénombré 13 mâles sur des leks en Alberta, ce qui permet d’estimer la population à 39 à 58 adultes, et 18 mâles sur des leks en Saskatchewan, ce qui permet d’estimer la population à 54 à 80 adultes. Par conséquent, la population adulte totale estimée du Tétras des armoises au Canada était de 93 à 138 en 2012. Les deux populations provinciales ont connu un déclin de 98 % depuis les années d’enregistrement des estimations de population les plus élevées en Alberta (1968) et en Saskatchewan (1988).

Les principales menaces actuelles et futures qui pèsent sur le Tétras des armoises au Canada incluent la sécheresse et les conditions météorologiques exceptionnelles, le virus du Nil occidental, les perturbations sensorielles causées par des structures verticales et les perturbations sonores chronique, l'augmentation de la pression exercée par les prédateurs, la perte et la dégradation de l'habitat, la modification de l'hydrologie naturelle et les menaces inhérentes aux petites populations.

Le rétablissement du Tétras des armoises au Canada est réalisable sur le plan technique et biologique.

Les objectifs en matière de population et de répartition sont les suivants :

  1. Immédiatement : freiner le déclin de la population adulte du Tétras des armoises au Canada.
  2. À court terme : renverser le déclin de la population et augmenter le nombre de leks utilisés en Alberta et en Saskatchewan.
  3. À long terme : assurer une population de Tétras des armoises stable ou croissante, composée
    • d'au moins 1 095 adultes sur 16 leks utilisés ou plus en Alberta
    • d'au moins 1 500 adultes sur 20 leks utilisés ou plus en Saskatchewan.

Le rétablissement sera réalisé par l'entremise des stratégies générales suivantes : i) l'évaluation, la gestion, la conservation et la protection de l'habitat; ii) la gestion des populations et la protection de l’espèce; iii) le suivi et l'évaluation de la population; iv) la recherche; v) la communication, la collaboration et l'engagement; vi) la coordination avec des programmes plus généraux de planification de la conservation.

L'habitat essentiel utilisé à longueur d’année (pour la nidification, l’élevage des couvées et l’hivernage) est entièrement désigné dans le présent programme de rétablissement modifié entourant globalement 29 sites déjà désignés et 12 autres sites d’habitat essentiel pour l’accouplement (c.-à-d. les leks), dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce au Canada. L'habitat essentiel désigné dans le présent programme modifié remplace l’ancien habitat essentiel désigné dans le document Remplacement de la section 2.6 du programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada. La superficie d'habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement modifié s'élève à 2 812 kilomètres carrés (km²) d'habitat, plus 12,5 km² d’habitat essentiel de lek au Canada.

Un plan d'action plurispécifique ciblant notamment les Tétras des armoises vivant dans la majeure partie de l'aire de répartition de l'espèce en Saskatchewan, sera achevé dans un délai d’un an suivant la publication de la version finale du présent programme de rétablissement modifié. Des plans d'action visant le reste de l'aire de répartition de l'espèce au Canada seront achevés dans un délai de quatre ans suivant la publication de la version finale du présent programme de rétablissement modifié.

En vertu de la Loi sur les espèces en péril(article 40), le ministre compétent est tenu de déterminer le caractère réalisable technique et biologique du rétablissement de l’espèce inscrite. D'après les critères suivants établis par le gouvernement du Canada (2009) pour le rétablissement des espèces en péril, le rétablissement du Tétras des armoises est considéré comme réalisable sur le plan biologique et technique.

1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Les populations de Tétras des armoises des Prairies canadiennes ont connu un déclin considérable, surtout depuis 2000, mais on estime que de 93 à 138 oiseaux adultes ont fréquenté des sites d’accouplement (leks) au Canada en 2012 (annexes B et C). Par conséquent, des individus capables de se reproduire sont disponibles, mais des améliorations en ce qui concerne le succès de la reproduction et le recrutement annuel, et peut-être même la survie des adultes, seront vraisemblablement nécessaires pour que l'abondance de la population augmente. On trouve un grand nombre de Tétras des armoises adultes sauvages dans le nord des États-Unis; 41 individus de ces populations ont tout récemment été transférés de cette région au Canada, en 2011 et en 2012.

2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.
Oui. Un habitat suffisant est disponible pour soutenir les populations de Tétras des armoises, surtout si des initiatives de gestions des terres favorables au Tétras des armoises sont mises en œuvre. Le Tétras des armoises utilise des habitats-sources de haute qualité (où la productivité annuelle dépasse le niveau requis pour la croissance de la population), mais il utilise également des habitats-puits (où la reproduction ne suffit pas à compenser la mortalité locale) sous-optimaux, qui ne permettent pas à la population de croître. Toutefois, les habitats-puits pourraient soutenir la croissance positive de la population si l'on mettait en œuvre des initiatives visant à améliorer la gestion des terres et à rétablir les conditions optimales de l'habitat pour le Tétras des armoises.

3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. Les principales menaces pesant sur le rétablissement du Tétras des armoises sont les suivantes : la sécheresse et les conditions météorologiques exceptionnelles; le virus du Nil occidental; les perturbations chroniques (visuelles ou sonores); la conversion, la perte et la dégradation de l'habitat; l'augmentation de la pression exercée par les prédateurs; la modification de l'hydrologie naturelle; et les menaces propres aux petites populations. Ces menaces peuvent être réduites ou atténuées par l'entremise des mesures suivantes : l'évaluation et la gestion de l'habitat; la protection de l'habitat essentiel du Tétras des armoises; la gestion de la population et la protection de l’espèce; le suivi et l'évaluation; des recherches supplémentaires; la communication, la collaboration et l'engagement; et la coordination avec des programmes de planification globaux visant la conservation des prairies.

4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. On a élaboré des techniques pour améliorer l'habitat en vue d'accroître le recrutement annuel et la survie du Tétras des armoises. Des études recommandées dans le présent programme de rétablissement modifié du Tétras des armoises, dans le plan de rétablissement de l'Alberta (ministère de l'Environnement et du Développement durable des ressources de l'Alberta, 2013) et le plan de conservation de la Saskatchewan (Weiss et Prieto, 2012) suggéreront bientôt de meilleures pratiques de gestion supplémentaires ou améliorées pour le Tétras des armoises et son habitat. On a procédé à la translocation de Tétras des armoises d'ailleurs pour accroître les populations existantes; toutefois, on n'a pas encore pu déterminer l'efficacité à long terme de la translocation des Tétras des armoises pour accroître les populations dangereusement faibles. Enfin, les options de reproduction et d'élevage en captivité font actuellement l'objet d'un examen et des protocoles adéquats devraient être élaborés d’ici quelques années.

Date de l'évaluation : Avril 2008

Nom commun (population) : Tétras des armoises de la sous-espèce urophasianus

Nom scientifique : Centrocercus urophasianus urophasianus

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce de tétras de grande taille se limite aux prairies d'armoise du sud de l'Alberta et de la Saskatchewan et a connu d'importants déclins de population (42 % au cours des 10 dernières années, 88 % depuis 1988). Le nombre d’arènes de reproduction (lieux de parade nuptiale des mâles) a diminué de 50 % au cours des 10 dernières années, et la population compte maintenant moins de 1 000 oiseaux reproducteurs. Les causes du déclin reposent principalement sur la perte, la fragmentation et la dégradation de l'habitat des prairies indigènes attribuables à l'exploration et à l'extraction pétrolière et gazière, au surpâturage et à la conversion en cultures.

Présence au Canada : Alberta et Saskatchewan

Historique du statut selon le COSEPAC :Espèce conditionnellement désignée « menacée » en avril 1997. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 1998, à partir d'un rapport de situation révisé. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en avril 2008.

Le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus urophasianus) est inscrit comme espèce en voie de disparition à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (loi fédérale). L'espèce est également désignée comme étant en voie de disparition selon la Wildlife Act de l'Alberta et la Wildlife Act de la Saskatchewan. Le Tétras des armoises est présent dans l'ouest de l'Amérique du Nord; un peu plus de 1 % de son aire de répartition actuelle et 8 % de son aire de répartition historique se trouvent au Canada (figure 1). Les cotes mondiales, nationales et infranationales attribuées aux espèces de Tétras des armoises et aux Tétras des armoises de la sous-espèce urophasianus figurent dans le tableau 1. Aux États-Unis, l'espèce pourrait figurer sur la liste établie en vertu de l'Endangered Species Act[1]. Le Tétras de Gunnison (Centrocercus minimus) est une espèce étroitement apparentée qui se trouve principalement dans le Colorado, et quelques populations se trouvent également près de la frontière Utah-Colorado. Le Tétras de Gunnison est une espèce préoccupante qui figure parmi les espèces candidates susceptibles de figurer sur la liste établie en vertu de l'Endangered Species Act des États-Unis (Aldridge et al., 2012).

Tableau 1. Liste et description des cotes de conservation attribuées au Tétras des armoises (NatureServe, 2012). À l'échelle mondiale, le Tétras des armoises est reconnu comme l'espèce Centrocercus urophasianus (aucune sous-espèce). L'espèce et la sous-espèce sont présentées.
Espèce et sous-espèce Cote mondiale (G) Cote nationale (N) Cote infranationale (S)
Tétras des armoises, aucune sous-espèce (Centrocercus urophasianus) G3G4 (intervalle de classement : de vulnérable à apparemment non en péril)

Liste rouge de l'IUCN : NT (quasi menacée)
N3N4 (intervalle de classement : de vulnérable à apparemment non en péril aux États-Unis) Californie (S3 : vulnérable)
Colorado (S4 : apparemment non en péril)
Idaho (S2 : en péril)
Montana (S2 : en péril)
Nebraska (S1 : gravement en péril)*
Nevada (S3S4 : de vulnérable à apparemment non en péril)
Dakota du Nord (SU : non classable)
Oregon (S3 : vulnérable)
Dakota du Sud (S2 : en péril)
Utah (S2? : peut-être en péril)
Washington (S1 : gravement en péril)
Wyoming (S4 : apparemment non en péril)

Arizona (SX : vraisemblablement disparue)
Kansas (SX)
Nouveau-Mexique (SX)
Oklahoma (SX)
Tétras des armoises de la sous-espèce urophasianus(Centrocercus urophasianus urophasianus) G3G4TU (intervalle de classement : de vulnérable à apparemment non en péril; sous-espèce non classable) N2 (en péril au Canada) Alberta (S2 : en péril)

Saskatchewan (S1B, S1N : population reproductrice et non reproductrice gravement en péril)

* Note : la population de Tétras des armoises du Nebraska est considérée comme étant disparue (Aldridge et Brigham, 2003; Schroeder et al., 2004)

Le Tétras des armoises est un gros tétras aux ailes arrondies qui vit au sol; l’espèce est associée à l’armoise argentée. Il passe toute l’année dans les prairies à armoise de la prairie mixte semi-aride du sud-est de l'Alberta et du sud-ouest de la Saskatchewan, où il se trouve à la limite nord de son aire de répartition en Amérique du Nord (Aldridge, 1998a; Braun, 1998; Connelly et al., 2000; Connelly et al., 2004).

Le Tétras des armoises est polygyne, c'est-à-dire qu'un mâle s'accouple habituellement avec plusieurs femelles. Les mâles effectuent une parade nuptiale sur les leks[2] pour attirer les femelles, qui choisissent dans le groupe un mâle avec lequel elle s'accouple (Bergerud, 1988a; Connelly et al., 2004). Les mâles commencent à parader sur les leks dès qu’ils sont libres de neige (à la mi-mars en Alberta) et continuent de parader tous les jours jusqu'à la fin de mai (Aldridge, 2000). La parade commence chaque matin avant le lever du soleil et se termine environ une demi-heure après le lever du soleil ((Jenni and Hartzler 1978; Aldridge, 2000). En Alberta, la période d’accouplement dure normalement deux semaines, et la fréquentation des leks par les femelles atteint son maximum au début d'avril. (Consulter le programme de rétablissement de Lungle et Pruss [2008] pour obtenir une description détaillée de la reproduction et de la productivité.)

En 2000, l'aire de répartition du Tétras des armoises en Amérique du Nord ne couvrait plus que la moitié de sa superficie passée (soit 668 412 km², par rapport à 1 200 483 km²; Schroeder et al., 2004); elle couvre maintenant 11 États américains et deux provinces, l'Alberta et la Saskatchewan (Aldridge et Brigham, 2003). Au Canada, l'aire de répartition actuelle du Tétras des armoises (environ 7 370 km²; figure 1) couvre environ 7 % de l'aire de répartition historique (environ 100 000 km²), qui est divisée entre l'Alberta et la Saskatchewan (Aldridge, 2000; Aldridge et Brigham, 2003; figure 1).

Les dénombrements de mâles en parade sur les leks, lors des parades nuptiales du printemps, servent d'indice de l'état et des tendances des populations locales au Canada et aux États-Unis (Autenrieth et al., 1982; Beck et Braun, 1980; Connelly et al., 2000; Connelly et al., 2003). De 1965 à 2003, la population nord-américaine de Tétras des armoises a diminué de 2 % chaque année (Connelly et al., 2004); cependant, le taux de déclin des populations canadiennes était supérieur (annexes B et C). En Alberta, les mâles dénombrés sont passés d'un sommet de 613 en 1968 à un creux de 13 en 2011 et en 2012. De même, le nombre de leks utilisés en Alberta est passé d’un sommet de 21 en 1968 à un creux de 5 en 2012 (annexe B). Le nombre de mâles par lek utilisé est passé de 29,2 en 1968 à un sommet de 32,8 en 1981, puis a atteint un creux 2,6 en 2012. Les données sur la population de l'Alberta de 1968 à 2012 montrent une diminution de 98 % du nombre total de mâles présents sur les leks, de 76 % du nombre de leks utilisés et de 91 % du nombre de mâles par lek utilisé.

Selon des données récemment mises à jour, des baisses comparables ont été observées en Saskatchewan (voir « 1988b » à l'annexe C) : d'un maximum de 873 en 1988, le nombre de mâles a chuté jusqu'à un minimum de 18 en 2012 (annexe C). Le nombre de leks utilisés est passé d'un maximum de 42 en 1988 à un minimum de 2 à 3 au cours de la période 2010-2012 (annexe C). Le nombre de mâles par lek utilisé, qui avait atteint un sommet de 28,4 en 1971 (Kerwin, 1971), a atteint un creux de 6 en 2012. En Saskatchewan, entre 1988 et 2012, le nombre de mâles présents sur les leks a diminué de 98 %, le nombre de leks utilisés, de 93 %, et le nombre total de mâles par lek utilisé, de 71 %.

Selon les estimations, la population albertaine de Tétras des armoises était à son plus haut en 1968 (de 1 839 à 2 724 oiseaux) et à son plus bas en 2012, où elle comptait de 39 à 58 oiseaux (annexe B). Pour ce qui est de la population de la Saskatchewan, les estimations variaient de 2 619 à 3 880 oiseaux en 1988, puis ont chuté à un minimum de 54 à 80 oiseaux en 2012 (annexe C). Depuis qu'on a commencé à mener les relevés annuels en 1994, la population canadienne totale (Alberta et Saskatchewan) est passée d'un sommet d'environ 777 à 1 151 oiseaux en 1996 à environ 93 à 138 oiseaux en 2012, ce qui représente une diminution de 82 % à 92 % en moins de deux décennies.

Dans les prairies à armoise, le Tétras des armoises a des besoins précis en matière d'habitat pour l'accouplement (leks), la nidification, l'élevage de la nichée et l'hivernage (consulter les études de l'habitat dans Aldridge, 2000; Connelly et al., 2004; et Connelly et al., 2011). L'armoise, qui sert de nourriture et d'abri, est un élément important (Patterson, 1952; Braun et al., 1977; Connelly et al., 2000; Connelly et al., 2004); ses feuilles constituent moins de 60 % du régime alimentaire de l'oiseau pendant l'été, mais pratiquement 100 % de son régime alimentaire pendant l'hiver (Patterson, 1952; Wallestad et al., 1975; Hanf et al., 1994; Connelly et al., 2004). Pendant toutes les saisons sauf l'hiver, l'oiseau doit aussi se nourrir de plantes herbacées non graminoïdes et d'insectes (Wallestad et al., 1975; Drut et al., 1994a et 1994b). Les plantes herbacées non graminoïdes constituent une riche source de protéines et offrent un habitat plus favorable aux insectes (Huwer, 2004), ce qui peut ensuite influer sur la construction des nids, la taille des couvées et le succès de la reproduction (Barnetts et Crawford, 1994; Coggins, 1998; Connelly et al., 2004), y compris la croissance et la survie des poussins (voir le résumé de Lungle et Pruss, 2008).

La disponibilité d'habitats convenables pour la nidification et le manque d'habitats mésiques riches en plantes herbacées non graminoïdes et en insectes, qui permettent d’assurer la survie des couvées, sont deux facteurs importants à l'échelle de la population (Aldridge, 2000; Aldridge, 2005; Aldridge et Brigham, 2003). Aux États-Unis, les recherches sur l'habitat du Tétras des armoises portent notamment sur l'armoise tridentée (Artemisia tridentata), qui est plus grande et plus robuste, et offre ainsi un meilleur abri que l'armoise argentée (A. cana) des Prairies canadiennes (Aldridge, 2001; Aldridge et Brigham, 2002; Thorpe, 2002; McAdam, 2003; Connelly et al., 2011). Les descriptions présentées ci-dessous reposent, dans la mesure du possible, sur des observations faites dans les habitats d'armoise argentée; autrement, elles résument des observations faites dans les habitats d'armoise tridentée.

Habitat d’accouplement : Les leks se trouvent dans des espaces dégagés (topographie relativement plane avec peu d’obstructions verticales) et très peu végétalisés (p. ex. faible couvert arbustif et herbacé) qui, en général, sont situés dans une légère dépression du terrain, souvent près d’un plan d'eau calme (Aldridge, 2000) et à l'intérieur ou à proximité de terrains plats peuplés d'armoise (Connelly et al., 2011). Habituellement, les leks se trouvent dans les secteurs relativement protégés du bruit et des activités anthropiques. La superficie des leks varie de 0,04 à 16 hectares (ha) (Scott, 1942, Patterson, 1952; Dalke et al., 1963; Parcs Canada, 2009) et ils sont généralement entourés de terrains plats peuplés d'armoises plus grandes variant de 15 à 30 cm (Petersen, 1980), que les oiseaux utilisent pour s’alimenter, nidifier et se percher (Clark et Dube, 1984; Peterson, 1970; Thorpe et al., 2005).

Habitat de nidification : L'habitat de nidification du Tétras des armoises consiste habituellement en un vaste terrain peuplé d’armoises et de plantes herbacées qui entoure les leks (Aldridge, 2000). En général, les nids se trouvent sous l'armoise; toutefois, le sous-étage herbacé est également important (Connelly et al., 2011), car il dissimule les nids à la vue des prédateurs, mammifères et oiseaux (DeLong et al., 1995). En Alberta, les femelles reproductrices choisissent de grands peuplements d’armoise (plus de 1 km²) caractérisés par une distribution hétérogène d'armoises particulièrement grandes et denses (Aldridge, 2000; Aldridge, 2005; Aldridge et Brigham, 2002) et un couvert de graminées nettement plus grandes (plus de 18 centimètres (cm)) et moins denses que ceux qu’on trouve dans les peuplements typiques (Aldridge, 2000; Aldridge, 2005; Aldridge et Brigham, 2002). En Alberta, les femelles construisent leur nid à une distance moyenne de 4,7 km (soit de 0,42 km à 15,4 km) des leks (Aldridge, 2000). En Saskatchewan, et dans les aires de nidification adjacentes du nord du Montana, les femelles nichent à une distance moyenne de 5,3 km (soit de 0,6 km à 15,7 km) des leks (Tack, 2009).

Habitat d'élevage de la nichée : Au cours des deux ou trois premières semaines suivant l'éclosion, le Tétras des armoises utilise des aires d'élevage des poussins à proximité de son site de nidification (moins de 3 km). Il s'agit d'habitats d'armoises (Berry et Eng, 1985; Connelly et al., 2000; Connelly et al., 2011). Le couvert d'armoises dans les habitats d'élevage de la nichée est inférieur (14 %) à celui de l’habitat de nidification, et le couvert de graminées et de plantes herbacées non graminoïdes y est plus grand, s'élevant à 15 % (Martin, 1970; Kerwin, 1971; Wallestad, 1971; Autenrieth, 1981; Sveum et al., 1998). Les habitats d'élevage abritent en outre une bonne diversité d'insectes (Dunn et Braun, 1986; Drut et al., 1994a), qui sont un élément important de l'habitat d'élevage des poussins (Klebenow, 1969; Sveum et al., 1998; Huwer, 2004). Lorsque les habitats d'armoises se dessèchent, en juin et en juillet, les mères et leurs poussins se déplacent vers des habitats humides-mésiques (prés) caractérisés par une plus grande présence de plantes herbacées non graminoïdes et d'insectes (Patterson, 1952; Klebenow, 1969), et utilisent des secteurs voisins peuplés d'armoises plus grandes pour se percher et se reposer (Dunn et Braun, 1986). L'été, les mâles ont tendance à adopter des habitats estivaux qui peuvent être situés jusqu’à 9 km de leur lek et qui offrent un couvert d'armoises plus dense (Hagen, 1999). À la fin de l’été et à l’automne, les mères et leurs poussins se déplacent vers des couverts denses d'armoises avant de regagner les aires d'hivernage (Patterson, 1952; Wallestad, 1971; Drut et al., 1994a).

Figure 1. Aires de répartition récente et historique du Tétras des armoises a) au Canada et b) en Amérique du Nord. Répartition historique (répartition maximale à partir du début des années 1800 jusqu'à la fin des années 1990) et répartition récente aux États-Unis (fin des années 1990) de Schroeder et al.(2004). (Données tirées de la page suivante : http://sagemap.wr.usgs.gov/ConservationAssessment.aspx [en anglais seulement]). Mise à jour de la répartition récente au Canada à l'aide des données de 2000 à 2012.

La figure 1 est une carte des aires de répartition récente et historique du Tétras des armoises. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 1

Habitat d'hivernage : Aux États-Unis, à l'automne, les Tétras des armoises se rassemblent en groupes ségrégués (mâles ou femelles) (Beck, 1977; Eng et Schladweiler, 1972; Connelly et al., 1988). En Alberta, toutefois, on a observé de nombreuses volées hivernales de sexe mixte, comptant en moyenne 13,5 ± 0,72 oiseaux (erreur type; étendue : 1 à 100; Carpenter et al., 2010). Le taux de survie à l’hiver est généralement élevé (Connelly et al., 2004; Aldridge et al., 2004), mais de mauvaises conditions météorologiques, telles que la neige abondante et le froid extrême (Moyanahan et al., 2006), au cours de cette période exposent les petites populations à d'importants risques. Pour se nourrir et s'abriter pendant l'hiver, le Tétras des armoises s'appuie presque exclusivement sur l'armoise qui dépasse de la couverture de neige (Tack, 2009; Connelly et al., 2011); par conséquent, des conditions de neiges défavorables ou des accumulations exceptionnellement élevées de neige sont susceptibles de nuire à la population canadienne restante. À l'échelle locale, le Tétras des armoises choisit habituellement un habitat d'hivernage à basse altitude orienté vers le sud ou le sud-ouest sur un terrain légèrement incliné, avec un couvert d'armoises grandes et denses (consulter la description détaillée de Connelly et al., 2011). À l’échelle du paysage, en Alberta, le Tétras des armoises choisit des aires d'hivernage dont le couvert d'armoises est dense, sur des terrains moins accidentés à plus basse altitude, et évite toutes les lisières anthropiques, les aménagements du secteur énergétique et les pistes à deux voies pour les camions (Carpenter et al., 2010).

Tableau 2. Tableau d'évaluation des menaces pesant sur le Tétras des armoises
Catégorie de menace Menace Niveau de préoccupation1 Étendue Occurrence Fréquence Gravité2 Certitude causale3
Climat et catastrophes naturelles Sécheresse Élevé Généralisée Anticipée
(historique)
Saisonnière Élevée Moyenne
Climat et catastrophes naturelles Temps violent ou conditions météorologiques défavorables Élevé Généralisée Courante/ anticipée Saisonnière Élevée Élevée
Espèces exotiques, envahissantes ou introduites Maladie (virus du Nil occidental) Élevé Généralisée Courante/ anticipée Saisonnière Élevée Élevée
Perturbations (chroniques) Installations produisant du bruit Élevé Localisée Courante/ anticipée Continue Modérée Élevée
Perturbations (chroniques) Bruit des véhicules Élevé Localisée Courante/ anticipée Récurrente Modérée Élevée
Perturbations (chroniques) Structures verticales Moyen Localisée Courante/ anticipée Continue Modérée Moyenne
Activités ou processus naturels Petite taille de la population Élevé Généralisée Courante Continue Élevée Faible
Activités ou processus naturels Réduction de la diversité génétique Faible Inconnue Anticipée Inconnue Faible Inconnue
Perte ou dégradation de l'habitat Transformation de l'habitat pour les cultures céréalières et fourragères Moyen Localisée (généralisée) Anticipée
(historique)
Récurrente Élevée Élevée
Perte ou dégradation de l'habitat Conversion de l'habitat pour l’aménagement d’infrastructures pour le secteur de l’énergie Moyen Localisée Courante/ anticipée Récurrente Élevée Élevée
Perte ou dégradation de l'habitat Perte ou dégradation de l'habitat en raison de l’aménagement de routes Moyen Localisée Courante/ anticipée
(historique)
Récurrente Élevée Élevée
Perte ou dégradation de l'habitat Dégradation du couvert végétal en raison d’une intensité de pâturage ne convenant pas au Tétras des armoises Moyen Localisée
(généralisée)
Actuelle
(historique)
Récurrente Élevée Élevée
Perte ou dégradation de l'habitat Enlèvement de l’armoise et d'autres arbustes Faible Localisée Historique Unique Élevée Moyenne
Changement dans la dynamique écologique ou dans les processus naturels Augmentation de la pression exercée par les prédateurs Moyen Généralisée Actuelle
(historique)
Continue Modérée Faible
Changement dans la dynamique écologique ou dans les processus naturels Modification de l'hydrologie naturelle Moyen Localisée (généralisée) Actuelle
(historique)
Récurrente Modérée Moyenne
Changement dans la dynamique écologique ou dans les processus naturels Modification des régimes naturels d’incendie et de broutage Faible Généralisée Historique Récurrente Inconnue Faible
Mortalités accidentelles Collisions avec des véhicules Faible Localisée Actuelle
(historique)
Continue Modérée Moyenne
Mortalités accidentelles Collisions avec des infrastructures Faible Localisée Actuelle
(historique)
Continue Modérée Moyenne

1 Niveau de préoccupation : signifie que la gestion de la menace représente une préoccupation (élevée, moyenne ou faible) pour le rétablissement de l'espèce, conforme aux objectifs en matière de population et de répartition. Ce critère tient compte de l'évaluation de toute l'information figurant dans le tableau.

2 Gravité : indique l'effet à l'échelle de la population (Élevée : très grand effet à l’échelle de la population, modérée, faible, inconnue).

3Certitude causale : indique le degré de preuve connu sur la menace (Élevée : la preuve disponible établit un lien fort entre la menace et les pressions sur la viabilité de la population; Moyenne : il existe une corrélation entre la menace et la viabilité de la population, p. ex. une opinion d’expert; Faible : la menace est présumée ou plausible).

De façon générale, les menaces décrites ici sont classées de la plus préoccupante à la moins préoccupante pour la population canadienne de Tétras des armoises (voir la section 4.1). Les menaces suscitant un faible niveau de préoccupation sont abordées ensemble à la fin de la présente section. Lungle et Pruss (2008) ont rédigé un compte rendu détaillé des menaces qui pèsent sur la population de Tétras des armoises; un résumé concis de ces menaces est fourni ci-dessous, incluant des mises à jour supplémentaires tenant compte de la plus récente baisse de la population, ainsi que de nouvelles données et des informations écologiques. Il importante de noter que de nombreuses menaces se manifestent habituellement en même temps à certains endroits ou à certaines périodes, créant ainsi un niveau de préoccupation global très élevé pour les petites populations concentrées, telles que la population canadienne actuelle de Tétras des armoises (voir la section « Petite taille de la population »).

La sécheresse est liée aux tendances de persistance du Tétras des armoises en Amérique du Nord : dans son aire de répartition, le Tétras des armoises est plus susceptible de disparaître des secteurs où surviennent trois sécheresses ou plus par décennie (Aldridge et al., 2008). Au cours d'une sécheresse, il y a réduction du couvert herbacé aux sites de nidification et de la disponibilité de plantes herbacées non graminoïdes et d'insectes dans les prés humides pendant la saison de reproduction (Aldridge, 1998b; Fischer et al.,1996, Hanf et al.,1994). La réduction de la disponibilité des habitats mésiques pourrait constituer un facteur limitatif en Alberta et en Saskatchewan (Aldridge, 2000; Aldridge, 2001; Aldridge et Brigham, 2002) : le risque de mortalité des poussins augmente avec l'indice de sécheresse (Aldridge, 2005). La sécheresse peut exacerber la dégradation de l'habitat par le broutage du bétail si l'on ne réduit pas considérablement la charge animale durant ces périodes (Braun, 1998). En outre, la sécheresse a pour effet d'intensifier le broutage du bétail dans les prés humides où la production de végétation demeure meilleure que dans les secteurs d’élévation supérieure (Canadian Sage-Grouse Recovery Team, 2001), et d’accroître la compétition interspécifique entre les espèces sauvages (p. ex. antilope d'Amérique et Tétras des armoises) pour l'obtention de nourriture (armoise ou plantes herbacées non graminoïdes). Une baisse de la qualité de l'habitat et du couvert végétal entraîne non seulement une réduction de l'effort de reproduction, mais également une pénurie d'abri ou de couvert adéquat, laquelle peut aussi accroître les taux de prédation et la mortalité des poussins (Braun, 1998; voir également la section « Augmentation de la pression exercée par les prédateurs »). De plus, McNeil et Sawyer (2003) laissent entendre que le manque d'importants événements de précipitations de 1978 à 1995 dans le sud-est de l'Alberta aurait exacerbé l'effet de l'augmentation des obstacles à l'écoulement naturel des eaux et aurait nui à l'habitat d'armoises.

Des pluies abondantes durant la ponte ou des températures anormalement basses accompagnées de précipitations durant la période d'éclosion peuvent causer l'échec de la nidification ou de faibles taux d'éclosion (Wallestad, 1975). Selon McNeil et al. (2007), la population de Tétras des armoises aurait diminué en Saskatchewan au cours de la période de 1999 à 2004 en raison de la fréquence plus élevée de conditions froides et humides au printemps. Les conditions météorologiques exceptionnelles durant l'hiver (p. ex. températures inférieures à - 15°C pendant de longues périodes et accumulation de neige) ont eu un effet négatif sur le taux de survie des femelles en Oregon (Anthony et Willis, 2009). Par ailleurs, la neige abondante et le froid extrême dans le Montana ont empêché les individus de rechercher de la nourriture et de se protéger contre le froid, ce qui a contribué à des taux de mortalité accrus et à de faibles taux de survie annuelle des Tétras des armoises femelles (Moynahan et al., 2006). Une fréquence plus élevée de phénomènes météorologiques violents et imprévisibles que provoqueront vraisemblablement les changements climatiques dans les Prairies canadiennes pourrait accroître le risque de disparition de l'espèce en raison de la réduction de la période de rétablissement entre les phénomènes météorologiques violents (Weiss et Prieto, 2012).

L'apparition du virus du Nil occidental (VNO) en Amérique du Nord a exposé les populations de Tétras des armoises à une nouvelle menace imprévisible (Carpenter, 2007; Naugle et al., 2004; Walker et Naugle, 2011). En 2003, ce virus a causé des mortalités dans quatre populations de Tétras des armoises, soit celles de l'Alberta, du Montana, de la frontière Montana-Wyoming et du Wyoming, réduisant la survie de 25 % (Naugle et al.,2004; Walker et al.,2004; Moynahan et al., 2006). Dans les régions touchées par le virus du Nil occidental dans le Montana et au Wyoming, la survie des femelles adultes à la fin de l'été a été de 20 %, par rapport à 76 % dans les zones non touchées, et beaucoup moins de mâles et de femelles étaient présents sur les leks touchés le printemps suivant (Walker et al.,2004). À l'heure actuelle, peu de cas de survie du Tétras des armoises à l'exposition au virus du Nil occidental ont été signalés; néanmoins, la résistance aux infections causées par le virus du Nil occidental devrait s'accroître lentement au fil du temps (Walker et al., 2011). D'un autre côté, on a laissé entendre tout récemment qu'une réduction de la réponse immunitaire a été observée chez les Tétras des armoises qui présentent des taux élevés de glucocorticoïdes, souvent attribuables à un niveau élevé de stress lié à la perturbation causée par le bruit chronique. Par conséquent, cela pourrait avoir des répercussions importantes sur la survie des tétras exposés au virus du Nil occidental (Blickley et al., 2012b).

On estime que les zones anthropiques contribuent aux effets cumulatifs à l’échelle du paysage qui provoquent la disparition des populations (Braun et al., 2002; Naugle et al., 2011). Il est difficile de savoir si l'espèce évite les zones anthropiques à longueur d'année principalement en raison du bruit ou d'autres influences, comme la transformation connexe de l'habitat ou l‘intensité de la circulation des véhicules à de tels sites (consulter les résumés aux sections « Conversion de l'habitat pour l’aménagement d’infrastructures pour le secteur de l’énergie » et « Bruit des véhicules »). Le bruit des chevalets de pompage nuit aux activités de reproduction sur les leks à proximité (Dube, 1993; Braun et al.,2002; Aldridge, 2005; Holloran, 2005) et peut en causer l'abandon (Aldridge, 2000; Holloran, 2005). En Alberta, il se peut que la construction d'installations d'extraction de pétrole et de gaz à proximité de leks ait causé l'abandon d'au moins quatre leks (Dube, 1993; Aldridge, 1998a; Braun et al.,2002). Par suite d'une récente étude expérimentale réalisée au Wyoming, on a constaté que la fréquentation maximale des leks par les Tétras des armoises mâles a diminué lorsqu'ils ont été exposés à des niveaux de bruit caractéristiques des niveaux de bruits produits lors du forage de puits de gaz naturels (diffusions d'enregistrements sonores; Blickley et al., 2012a). On n'a trouvé aucune preuve d'accoutumance au bruit au cours de cette étude, et peu de preuves d'effets cumulatifs du bruit au fil du temps, ce qui indique que la menace peut être atténuée au moyen de restrictions saisonnières en matière de bruit sur les leks ou à proximité. De plus, l'utilisation accrue de l'énergie éolienne comme source de production d'électricité aura probablement des répercussions négatives sur le Tétras des armoises lorsque les tours des éoliennes sont érigées dans l'habitat du Tétras des armoises ou à proximité (communications personnelles de D. Eslinger, ministère de l'Environnement et du Développement durable des ressources de l'Alberta; Manville, 2004).

Bien qu'on puisse entendre des bruits des véhicules hors des routes, ils proviennent le plus souvent des routes ou des environs. Le bruit et le mouvement des véhicules perturbent les activités de reproduction locale et le Tétras des armoises a tendance à éviter ces secteurs (Braun, 1998). La hausse de la circulation routière peut perturber les activités de reproduction et causer l'abandon des leks (Aldridge, 1998b; Braun, 1998; Connelly et al.,2000; Herkert et al.,2003). De plus, même une circulation automobile inférieure ou égale à 12 véhicules par jour à un lek réduit les taux de nidification des femelles et accroît la distance du lek à laquelle elles se déplacent à la recherche d'un site pour leur nid (Lyon et Anderson, 2003). Blickley et al. (2012a) ont montré que le bruit intermittent provenant des véhicules circulant sur les routes a provoqué une baisse importante de la fréquentation maximale des leks par les mâles. Le comportement d'évitement de l'habitat situé à proximité des routes réduit effectivement la disponibilité de l'habitat et peut contribuer à une réduction de la survie (Braun et al.,2002; Holloran, 2005).

En ce moment, les populations de Tétras des armoises au Canada sont dangereusement faibles et elle est distribuée en groupes. De plus, au début de chaque saison de reproduction, le petit nombre d'individus restants occupe des sites particulièrement petits et sensibles, tandis que presque tous les oiseaux se rassemblent sur les leks ou à proximité. Puisqu'il évolue dans de petits groupes concentrés dans de petites zones, le Tétras des armoises est particulièrement vulnérable aux perturbations anthropiques ou naturelles à l'échelle locale, ou bien aux événements catastrophiques. Par exemple, le virus du Nil occidental peut entraîner des taux de mortalité élevés chez le Tétras des armoises, ce qui peut avoir un effet dévastateur sur la probabilité de persistance au sein de petites populations fragmentées (Naugle et al.,2004; voir ci-dessus). De même, les petites populations sont exposées à un risque élevé de disparition par suite des effets interdépendants et en cascade de la sécheresse, de la surcharge animale et du surpâturage, et des modifications aux régimes hydrologiques, qui mènent à la détérioration de l'habitat (p. ex. réduction du couvert et de la disponibilité d'abris) et à l'augmentation de la prédation.

Les lignes de service traversant les habitats d'armoises servent de perchoir aux prédateurs aviaires (Aldridge, 1998b; Braun, 1998). Le Tétras des armoises semble être sensible aux structures verticales (p. ex. les lignes de transport et de distribution d'électricité, les bâtiments, les structures d'exploitation du pétrole et du gaz, les éoliennes), ce qui entraîne un comportement d'évitement des habitats par ailleurs appropriés (Holloran, 2005), probablement en raison d'un risque de prédation accru perçu. Par exemple, le Tétras des armoises évite tout habitat situé à moins de 600 mètres (m) d'une ligne de transport d'électricité (Braun, 1998). Ellis (1987) a d'ailleurs révélé que la construction d'une ligne de transport à moins de 200 m d'un lek utilisé en Utah a entraîné une réduction de la présence de Tétras des armoises mâles sur le lek et une modification des tendances de déplacement vers les secteurs fréquentés le jour. De plus, pour nicher, le Tétras des armoises préférait les sites où la végétation lui permettait de dissimuler son nid de façon à le protéger contre prédateurs qui chassent à vue, plutôt que contre les prédateurs qui chassent à l’odorat (Conover et al., 2010).

La mise en culture de la prairie à armoise a été la principale cause de la perte et de la fragmentation de l'habitat dans l'aire de répartition du Tétras des armoises (Patterson, 1952; Dalke et al.,1963, Wallestad et Pyrah, 1974; Harris, 1998; McAdam, 2003). En effet, plus de 70 % des pâturages dominés par l’armoise ont été convertis en terres agricoles (Braun, 1998); en Saskatchewan, les pertes se chiffrent à 80 % depuis le début des années 1900 (Harris, 1998). Aldridge et al. (2008) ont constaté que la disparition de l'espèce était plus susceptible de se produire dans les secteurs où 25 % des terres ou plus étaient cultivées. Cette tendance peut-être attribuable à la fragmentation de l'habitat qui perturbe les déplacements habituels du Tétras des armoises (Bush et al., 2011), et diminue donc l'« effet salvateur » d'une immigration de source externe (individus provenant de populations avoisinantes) pour les populations locales (Connelly et al., 2011). La perte de l'habitat d'armoises près des leks a entraîné l'abandon de ceux-ci en Saskatchewan et en Alberta (Dube, 1993; Aldridge, 1998b; McAdam, 2003). Par exemple, les superficies en culture dans un rayon de 3,2 km autour des leks utilisés étaient de 5,4 ha par année de 1955 à 1971, et de 24,3 ha par année de 1971 à 1996, alors que les valeurs correspondantes pour les leks abandonnés étaient de 25,5 ha par année et de 63,7 ha par année respectivement pour les mêmes périodes (McAdam, 2003).

Si la mise en culture a contribué à la perte d'habitat et à l'abandon de leks par le passé, les pertes d'habitat sont négligeables depuis 1981 (Thorpe et al., 2005). Par conséquent, depuis 1988, les mises en culture semblent peu susceptibles d'avoir causé la baisse plus récente des populations et l'abandon de leks (McAdam, 2003; Thorpe et al.,2005). De plus, lors de réunions de consultation tenues en 2013 sur le Tétras des armoises, certains éleveurs ont soutenu que les pratiques agricoles et autres utilisations des terres ont très peu changé, voire pas du tout, depuis plusieurs décennies dans l’aire de répartition canadienne récente du Tétras des armoises.

Bien qu'on ne puisse pas imputer le déclin de la population de Tétras des armoises qu'à un seul facteur (Braun, 1998), l'augmentation des activités de l'industrie pétrolière qui s'est manifestée dans le sud de l'Alberta à partir de la fin des années 1970 jusqu'au début des années 1980, et de nouveau au cours des années 1990, a coïncidé avec la baisse de la population de Tétras des armoises (Braun et al.,2002). En hiver, le Tétras des armoises évite les secteurs où l'on exploite de l'énergie en Alberta (Carpenter et al., 2010). En outre, les mères et leurs poussins évitent les paysages dominés par les activités humaines, et les risques de perte de toute une nichée sont 1,5 fois plus grands lorsqu'un puits est visible à un kilomètre ou moins d'une zone d'élevage des poussins (Aldridge et Boyce, 2007). Toutefois, les effets de l'exploitation de l'énergie sur la population ne sont probablement pas la seule conséquence de la transformation de l'habitat par l'élimination du couvert végétal, car l'exploration et l'extraction comprennent également la construction et l'exploitation d’installations de forage, de chevalets de pompage, de postes de pompage et de stations de compression, ainsi que la construction de routes, de pipelines et des lignes de transport d'électricité qui desservent ces installations (consulter également les sections « Perte ou dégradation de l'habitat en raison de l’aménagement de routes », « Installations produisant du bruit », « Bruit des véhicules » et « Structures verticales »).

La construction de routes a des répercussions sur le Tétras des armoises puisqu'elle élimine et fragmente l'habitat potentiel, et qu’elle crée des corridors dont profitent les mammifères prédateurs (Aldridge, 1998b; Braun, 1998). L'accès par les humains qui en découle, dans les secteurs auparavant non perturbés, peut également détériorer l'habitat en détruisant la végétation importante (p. ex. conduite de véhicules tout-terrain hors route) et en créant des perturbations causées par le bruit (voir la section « Bruit des véhicules »). On a signalé que le Tétras des armoises évite les lisières anthropiques, qu'elles soient créées par des routes, des sentiers ou des terres cultivées agricoles (Aldridge et Boyce, 2007; Carpenter et al., 2010). Les nouvelles routes facilitent aussi la propagation d'espèces exotiques envahissantes (p. ex. brome des toits – Bromus tectorum) qui détériorent ultimement l'habitat du Tétras des armoises (Knick et al., 2011). Un grand nombre de routes sont construites pour desservir les installations d'extraction du pétrole.

Le pâturage est l'une des principales activités agricoles menées dans l'ensemble des prairies restantes au Canada. Selon son intensité, le broutage peut modifier la structure de l'habitat et la composition des espèces, tant en milieu sec qu'en milieu riverain, et dégrader l'habitat riverain (Rasmussen et Griner, 1938; Patterson, 1952; Autenrieth et al.,1982; Call et Maser, 1985). L'élimination de trop de végétation influe sur le caractère convenable de l'habitat s'il y a augmentation de l'exposition du Tétras des armoises aux prédateurs (voir également la section « Augmentation de la pression exercée par les prédateurs ») et aux phénomènes météorologiques extrêmes (Aldridge, 1998b). Le pâturage excessif peut provoquer le piétinement des pousses d'armoises, nuisant à la santé de ces plantes là où le bétail se rassemble (Owens et Norton, 1992; Connelly et al.,2000; Adams et al.,2004), et réduire le sous-étage herbacé nécessaire pour protéger les sites de nidification (Dobkin, 1995). Un broutage intensif peut réduire la quantité de plantes herbacées non graminoïdes annuelles et vivaces dans les prairies (Hayes et Holl, 2003). Pour éviter de tels effets, on recommande d’éviter le broutage de plus de 40 % de la croissance herbacée annuelle (Braun, 2006, Michalsky et Peat Hamm, 2009).

Il semble qu'un taux de broutage raisonnable peut être bénéfique au Tétras des armoises puisqu'un broutage léger, comparativement à une absence de broutage, permet d’assurer une plus grande diversité végétale (Stohlgren et al.,1999) et peut faire augmenter l'abondance des plantes herbacées non graminoïdes nécessaires à la survie des poussins (Thorpe et Godwin, 2003; Adams et al., 2004). Le broutage intensif mène à la sélection naturelle de plantes à croissance basse ou à port couché (Milchunas et Lauenroth, 1993), ce qui offre un couvert de qualité inférieure pour le Tétras des armoises, particulièrement pour ce qui concerne le camouflage et le couvert des nids. Un broutage modéré, comparativement à une absence de broutage, entraîne une dominance accrue des graminées courtes, ce qui permet aux plantes herbacées non graminoïdes de prospérer, mais provoque une réduction de la hauteur de la végétation et donc du couvert pour le Tétras des armoises (Thorpe et Godwin, 2003).

Les modifications de la composition et de l'abondance des guildes de prédateurs et de proies, découlant de modifications anthropiques apportées aux écosystèmes d'armoise, peuvent avoir des incidences importantes sur la productivité du Tétras des armoises (Aldridge et Brigham, 2003; Bui et al., 2010). L'abondance de certains prédateurs (p. ex. coyote, Grand-duc d'Amérique) a augmenté dans le sud des prairies (Vriend et Gudmundson, 1996; Houston et al., 1998; Hyslop, 1998). Plusieurs éleveurs et agriculteurs présents aux réunions de consultation tenues en 2013 sur le Tétras des armoises ont affirmé que les populations de prédateurs, particulièrement les espèces telles que le coyote, le raton laveur et le renard véloce, avaient connu une croissance marquée, et que cette augmentation était la principale cause du déclin des effectifs de Tétras des armoises.

Un taux de prédation élevé est habituellement un symptôme secondaire des lacunes d'un habitat altéré et fragmenté qui n'offre pas assez de protection contre les prédateurs et dont la grande quantité de lisière, de corridors de déplacement linéaires (p. ex. routes, clôtures) ou de perchoirs pour les rapaces peut accroître l'efficacité de recherche des prédateurs (Sargeant et al., 1993; Greenwood et al.,1995; Braun, 1998; Aldridge, 1998b; Connelly et al., 2000; Stephens, 2003; voir également la section « Dégradation du couvert végétal en raison de la surcharge de bétail et du surpâturage »). Par exemple, le risque d'exposition aux prédateurs aviaires augmente à moins d'un kilomètre d'une ligne de transport d'électricité (Braun, 1998; consulter également la section « Structures verticales »). Le risque de prédation peut augmenter si les tétras doivent parcourir de longues distances, car ils dépensent beaucoup d'énergie pour trouver de la nourriture et un abri dans un habitat dégradé (Gregg et al.,1993; Fisher et al.,1996; Pyle et Crawford, 1996). La pression exercée par une prédation accrue mène à un faible taux de réussite de nidification, à un faible taux de survie des poussins et ultimement à un faible recrutement au sein de la population reproductrice malgré un niveau d'effort de reproduction élevé (Aldridge, 2000; Connelly et al.,2004; Aldridge, 2005).

Habituellement associée à l'habitat mésique (modérément humide), l'armoise argentée est présente à des densités modérées à élevées d’armoise sur les formes de relief alluviales et dans les secteurs où la nappe phréatique est élevée et où se produisent des inondations occasionnelles (McNeil et Sawyer, 2001, 2003; voir également l'examen de Thorpe, 2002). L'écoulement naturel de l'eau dans un secteur peut être modifié par les fossés, les barrages ou les ouvrages de retenue artificiels, tels que ceux créés pour abreuver le bétail et irriguer les terres cultivées, ce qui peut réduire la fréquence et l'ampleur des inondations et le volume du débit réservé en période de sécheresse (McNeil et Sawyer, 2003; White, 2007). De plus, si des habitats humides riches en plantes herbacées non graminoïdes sont peu accessibles aux mères et à leurs poussins, ils devront peut-être passer plus de temps à satisfaire leurs besoins nutritionnels dans des habitats qui posent plus de risques de mortalité (Aldridge, 2005). Dans le sud-est de l'Alberta, le nombre d’ouvrages de retenue des eaux a quadruplé entre 1951 et 2001 (McNeil et Sawyer, 2003). Le nombre de barrages situés à 3,2 km ou moins d'un lek dans le sud de la Saskatchewan a augmenté de 20 % de 1950 à 2004, et le nombre de réservoirs, formés par ces barrages, a plus que doublé (Watter et al., 2004). Le bétail exploite souvent davantage les abords des réservoirs, y dégradant l'habitat d’armoises (Canadian Sage-Grouse Recovery Team, 2001). Les réservoirs de plus de 50 hectares peuvent éliminer des habitats d'élevage des poussins, des leks et des habitats d'hivernage (Braun, 1998). D'autres obstacles des réseaux hydrographiques naturels qui ne sont pas nécessairement associés au débit réservé (comme les plateformes surélevées, les fossés, etc.) peuvent intercepter puis rediriger les eaux de ruissellement et modifier la productivité de l'armoise en amont des pentes des écosites d'armoises.

Par le passé, le sud des Prairies canadiennes était peuplé de très grandes populations de bisons (Bison bison), d'antilopes d'Amérique (Antilocapra americana) et de wapitis (Cervus elaphus) (Hood et Gould, 1992; Rangeland Conservation Service Ltd., 2004). L'intensité variable du broutage de ces animaux et les incendies ont créé un paysage morcelé (England et DeVos, 1969; Hood et Gould, 1992; Bradley et Wallis, 1996). Plusieurs études ont mis l'accent sur les effets des incendies et de l'extinction des incendies dans les régions comportant des habitats d'armoise tridentée (p. ex. Kaufman, 1990; Nelle et al., 2000; Rhodes et al., 2010); cependant, il faut acquérir une meilleure connaissance de la relation entre les incendies et les habitats d'armoise argentée au Canada (consulter le résumé dans Adams et al., 2004).

Par le passé, on avait recours à des produits chimiques et au feu pour réduire le couvert arbustif, surtout l'armoise, afin de favoriser la production d’espèces fourragères pour le bétail (consulter le résumé dans Connelly et al., 2004). Néanmoins, cette pratique ne représente pas une menace importante en ce moment, et il est difficile de déterminer si elle est susceptible de représenter une menace à l'avenir au Canada.

Depuis 2006, le flux de gènes entre les populations de Tétras des armoises de l'Alberta, du nord du Montana et de la Saskatchewan semble suffisant (Bush et al., 2011), mais il est possible que les pertes ou l'évitement de l'habitat attribuables aux activités humaines pourraient fragmenter les populations et causer une perte de la diversité génétique à l'avenir.

Les femelles et leurs poussins qui recherchent de la nourriture dans des cultures (p. ex. des champs de luzerne) peuvent être blessés ou tués par la machinerie agricole (Patterson, 1952; Aldridge, 2000). De même, une circulation accrue sur les routes et les sentiers (p. ex. en raison de l'accroissement des activités d'exploration et d'extraction du secteur de l'énergie) peut augmenter le nombre de collisions des oiseaux avec des véhicules (Aldridge, 2005). Les Tétras des armoises peuvent aussi mourir lorsqu'ils entrent en collision avec des clôtures, des lignes de transport d'électricité (Patterson, 1952; Aldridge, 2000; Stevens et al., 2012) et d'autres structures, telles que des pylônes de transport d'électricité et des tours de réseau cellulaire ou de communications (Call et Maser, 1985; Beck et al., 2006). En outre, les éoliennes érigées dans l'habitat du Tétras des armoises ou à proximité présentent un risque de mortalité pour ces oiseaux (D. Eslinger, Alberta Sustainable Resource Development, comm. pers.; Manville; 2004).

Les objectifs en matière de population et de répartition pour le Tétras des armoises sont établis pour trois différentes périodes : 1) immédiatement, 2) à court terme et 3) à long terme.

  1. L'objectif immédiat est de freiner le déclin de la population adulte du Tétras des armoises au Canada.
  2. L'objectif à court terme est de renverser le déclin de la population et d'augmenter le nombre de leks utilisés en Alberta et en Saskatchewan.
  3. L'objectif à long terme est d'assurer une population de Tétras des armoises stable (ou croissance), composée

Étant donné que la population actuelle de Tétras des armoises est petite et concentrée dans des zones géographiques relativement petites, il est important de noter que les événements fortuits, tels qu'une éclosion d’infections causées par le virus du Nil occidental, une violente tempête hivernale, ou des conditions météorologiques froides ou humides pendant la période de reproduction, peuvent avoir des effets exceptionnellement nuisibles sur l'ensemble de la population canadienne restante au cours d'une année donnée. Par conséquent, l'objectif immédiat est d'interrompre le déclin de la population, puis d'assurer la croissance de la population adulte de Tétras des armoises à un nombre croissant de leks utilisés, et ce, aussitôt que possible (c.-à-d. à court terme; voir la section 8 pour obtenir de plus amples détails).

À l'heure actuelle, il n'est pas possible de quantifier avec certitude le nombre de Tétras des armoises adultes nécessaire pour assurer l'autosuffisance de la population canadienne. Dans le présent programme de rétablissement modifié, les objectifs à long terme en matière de population correspondent aux objectifs en matière de population abordés dans les programmes de rétablissement du Tétras des armoises de 2001 et de 2008[3], qui ont été fondés sur les estimations annuelles de la population effectuées en 1987 et en 1989 en Alberta (voir l'annexe B) ainsi qu'en 1987 et en 1988 en Saskatchewan (voir les données pour « 1987 » et « 1988a » à l'annexe C).

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement
Stratégie générale Menace ou élément limitatif Description générale des approches de recherche et de gestion Priorité
Gestion des populations et protection de l'espèce Menaces liées à la petite taille de la population
  • Évaluer l'efficacité potentielle des différentes méthodes d'accroissement de la population (translocation, l'élevage en captivité et reproduction en captivité); élaborer des lignes directrices visant l'accroissement de la population de Tétras des armoises.
  • Continuer à assurer l’augmentation de la population actuelle de Tétras des armoises, puis rajuster les méthodes, au besoin, selon l'évaluation et les lignes directrices susmentionnées.
Élevée
Gestion des populations et protection de l'espèce Mortalité accidentelle
  • Évaluer, améliorer et mettre en œuvre les approches visant à réduire la mortalité accidentelle attribuable à des collisions contre les clôtures et à des collisions avec des véhicules, ainsi que les pertes de nids et de femelles nicheuses en raison du passage de la machinerie agricole.
  • Au besoin, imposer des règlements conçus pour réduire la mortalité accidentelle.
Élevée
Gestion des populations et protection de l'espèce Augmentation de la pression exercée par les prédateurs
  • Évaluer l’efficacité relative de différentes mesures de gestion des populations locales des prédateurs courants (oiseaux ou mammifères) du Tétras des armoises ou de ses nids, et mettre en œuvre les mesures de gestion les plus efficace, dans la mesure du possible.
Moyenne
Suivi et évaluation Toutes les menaces
  • Élaborer et mettre en œuvre un programme normalisé de suivi à long terme de la population à l'échelle de l'aire de répartition canadienne de l'espèce, en incorporant idéalement les relevés printaniers des leks, les inventaires hivernaux et les indices de productivité et de recrutement connexes, pour évaluer les progrès réalisés en matière de rétablissement de la population.
Élevée
Évaluation, gestion, conservation et protection de l'habitat Menaces de perte ou de dégradation de l'habitat
  • Perfectionner et mettre en œuvre des plans de protection de l'habitat, de protection des sites, d'intendance et de gestion mettant l’accent sur des approches volontaires et collaboratives et axées sur les résultats plutôt que sur la mise en oeuvre d’outils normatifs.
  • Apporter des améliorations à l'habitat lorsque l'adéquation ou la qualité de l'habitat est faible (p. ex.habitat-puits).
Élevée
Évaluation, gestion, conservation et protection de l'habitat Menaces liées aux perturbations (chroniques)
  • Mettre en œuvre, évaluer et perfectionner les mesures de protection contre les perturbations pour atténuer ou éliminer les perturbations chroniques qui se soldent par l'évitement de l'habitat, pour chaque stade du cycle de vie annuel du Tétras des armoises.
  • Envisager la suppression ou le déplacement de structures verticales situées trop près des habitats de leks.
Élevée
Évaluation, gestion, conservation et protection de l'habitat Perturbations et menaces de perte ou de dégradation de l'habitat
  • Élaborer et mettre en œuvre des protocoles de remise en état des secteurs faisant l'objet de travaux d'aménagement dans les habitats qui, autrement, pourraient répondre aux besoins du Tétras des armoises.
Moyenne
Recherche Perturbations, perte ou dégradation de l'habitat, mortalité accidentelle
  • Meilleure compréhension des relations causales entre la taille de la population du Tétras des armoises et les activités humaines (p. ex. activités industrielles, agriculture, structures de gestion des eaux et recherches sur le terrain), y compris les seuils s'appliquant aux activités.
Élevée
Recherche Dégradation de l'habitat, climat, changements à la dynamique écologique
  • Mener des recherches plus approfondies sur l’écologie du Tétras des armoises et sur les effets du climat, de la pression exercée par les prédateurs et des changements relatifs aux autres processus naturels.
Élevée
Recherche Maladies dans le contexte de la petite taille de la population
  • Faire le suivi continuellement de la présence de maladies (p. ex.virus du Nil occidental) et de parasites, au besoin, dans les populations de Tétras des armoises, et élaborer des mesures d'atténuation, si possible.
Élevée
Recherche Toutes les menaces
  • Élaborer des modèles de population pour estimer la persistance de la population de Tétras des armoises (p. ex. analyse de la viabilité de la population).
Moyenne
Recherche Menaces de perte ou de dégradation de l'habitat
  • Déterminer des sites potentiels ainsi que la faisabilité de la restauration et de l'amélioration des prairies à armoise au sein ou à proximité de l'habitat essentiel du Tétras des armoises.
Moyenne
Recherche Réduction de la diversité génétique dans le contexte de la petite taille de la population
  • Effectuer un suivi périodique de la diversité génétique et du flux génétique entre les populations canadiennes et américaines de Tétras des armoises et en faire l’évaluation.
Faible
Communication, collaboration et engagement Toutes les menaces
  • Susciter et maintenir un appui général (intervenants des secteurs agricoles et industriels, grand public et médias) des efforts de conservation et de rétablissement du Tétras des armoises.
  • Collaborer avec différentes compétences (du Canada et des États-Unis) pour assurer/favoriser la gestion de l'habitat et la prise de mesures de conservation et de protection à l'appui des déplacements annuels du Tétras des armoises au Canada.
Élevée
Communication, collaboration et engagement Toutes les menaces
  • Communiquer des renseignements sur la gestion du Tétras des armoises aux gestionnaires des terres, à l'industrie, aux adeptes d’activités de loisir et à d'autres parties intéressées pour favoriser l'intendance de l'espèce.
  • Encourager les éleveurs à maintenir ou à surpasser une norme élevée d'intendance des grands pâturages libres au sein des prairies à armoise.
Élevée
Planification de la conservation Toutes les menaces
  • Intégrer les efforts visant le rétablissement du Tétras des armoises aux programmes généraux visant les espèces des prairies et aux initiatives de conservation des prairies.
Élevée

Étant donné la faiblesse de son effectif au Canada, le Tétras des armoises court un risque élevé de disparition provoquée par un événement catastrophique, notamment une sécheresse ou une éclosion d’infections par le virus du Nil occidental, ou par des mortalités accidentelles. Des mesures d'atténuation, notamment une diminution des limites de vitesse, devraient être instaurées et appliquées au sein de l'habitat essentiel du Tétras des armoises pour prévenir la mortalité accidentelle dans la mesure du possible. La petite taille de la population a également suscité la prise de mesures directes en matière de gestion de la population (translocation des adultes en Alberta depuis 2011). Cette mesure de gestion fait actuellement l’objet d’un suivi et d'une évaluation minutieuse dans le cadre d'efforts de recherche concertés entre le gouvernement de l'Alberta et l'Université de Calgary. Le potentiel et la faisabilité d'autres méthodes, notamment l'élevage en captivité et la reproduction en captivité, seront également étudiés pour élaborer et adopter des lignes directrices visant l'augmentation de la population de Tétras des armoises au Canada, tout comme des mesures locales de gestion des prédateurs aux sites encores occupés par des vestiges de petites populations de Tétras des armoises et où des mesures de translocation et de réintroduction sont susceptibles d’être mises en œuvre.

Pour déterminer si des progrès sont réalisés vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition (voir la section 5), un protocole normalisé et à long terme de relevés et de suivi de la population devrait être mis en œuvre dans l'aire de répartition canadienne de l'espèce. Les relevés printaniers annuels sur les leks doivent se poursuivre, afin de conserver un indice de l’état et des tendances de la population. Tous les leks utilisés et, dans la mesure du possible, les leks abandonnés devraient être suivis, selon les normes acceptées en la matière (Connelly et al., 2004). Des techniques de dénombrement hivernal devraient être élaborées pour obtenir des données de référence sur la répartition et déterminer un indice du recrutement et de l’état des populations. Les efforts devraient porter sur le jumelage des données issues des dénombrements printaniers sur les leks et des dénombrements hivernaux, afin d'obtenir des indices de la productivité et du recrutement annuels des populations de Tétras des armoises par des moyens non intrusifs.

En matière de gestion et de protection de l'habitat, il faudrait viser l’élaboration de plans d’intendance de l’habitat, en collaboration avec les gestionnaires des terres et les propriétaires fonciers, pour assurer la subsistance et la protection durables de l'habitat du Tétras des armoises (voir aussi la section « Communication, collaboration et engagement »).

L'Alberta et la Saskatchewan ont récemment mis à jour leurs lignes directrices sur les restrictions des activités et de l'utilisation des terres dans l'habitat du Tétras des armoises, et les activités d'utilisation des terres devraient faire l’objet d’un suivi pour assurer le respect des lignes directrices. Une évaluation périodique de toutes les mesures de protection contre les perturbations devrait être effectuée pour s'assurer que les mesures tiennent compte des recherches en cours et des nouvelles informations (pour voir un exemple, consulter la section 7.3). Dans la mesure du possible, les protocoles de remise en état de l’habitat dans les secteurs en développement situés dans un secteur d’habitat convenable pour le Tétras des armoises peuvent être examinés; toutefois, la gestion de l'habitat devrait surtout cibler les secteurs actuellement occupés par le Tétras des armoises, afin de veiller à ce qu’ils ne subissent aucune perturbation.

Le broutage est un processus naturel nécessaire au maintien d’écosystèmes de prairies diversifiés et sains (Plan d'action pour la conservation des prairies de la Saskatchewan, 2008). Une gestion du pâturage qui vise la prévention de la détérioration ou l’amélioration de la santé écologique de l’habitat profite à de nombreuses espèces à l’échelle du paysage (Adams et al., 2005). Afin de gérer efficacement le pâturage du bétail, il est nécessaire d'exploiter et d'entretenir les infrastructures telles que les clôtures, les sources d'eau et les stations de salage afin d’atteindre l'objectif en matière de santé des grands pâturages. Le bétail ne broute pas de manière uniforme, il en résulte un patchwork de zones de broutage faible, élevé ou modéré, qui offre une très grande diversité biologique, ce qui permet de répondre aux besoins de la faune et des espèces en péril en matière d'habitat. Ainsi, un régime de pâturage léger à modéré et l'entretien des infrastructures connexes constituent une pratique de gestion bénéfique de l'habitat essentiel du Tétras des armoises.

Les recherches dont l’objet est d’approfondir les connaissances sur la relation entre le Tétras des armoises et les activités humaines sont essentielles au raffinement des mesures de protection et d'atténuation visant le Tétras des armoises et son habitat. Par exemple, de nombreux ouvrages de régularisation directe et indirecte des eaux ont été construits dans les Prairies et en modifient l'hydrologie naturelle. Il faudrait étudier davantage leurs incidences sur la productivité du Tétras des armoises, particulièrement en ce qui concerne le maintien de l'armoise et des habitats mésiques (prés). Tous les programmes, politiques et incitatifs liés à l'agriculture ou à l'industrie pétrolière devraient être passés en revue pour déterminer s'ils nuisent aux efforts de rétablissement des populations de Tétras des armoises. Il faudrait également étudier exhaustivement les effets des processus naturels modifiés (notamment le climat et la prédation) sur le Tétras des armoises pour comprendre les effets cumulatifs de tous les facteurs de stress environnementaux et anthropiques qui touchent la viabilité de la population de Tétras des armoises.

Selon certaines études, le Tétras des armoises utiliserait de l'habitat-source (gain net de population) et de l'habitat-puits (perte nette de population) (Aldridge et Boyce, 2007). Depuis 2004, seulement 11 % de la superficie du paysage du sud de l'Alberta peut être considéré comme de l'habitat-source pour la nidification et 5 %, comme de l'habitat-source pour l'élevage des oisillons (Aldridge, 2005). Par conséquent, la majorité de l'habitat utilisé par le Tétras des armoises dans cette région est de l'habitat-puits. Les habitats-sources devraient être protégés et gérés de façon à maintenir ou à accroître la productivité annuelle. Une évaluation des habitats-puits devraient menée en vue de déterminer quels facteurs y limitent la productivité et de rechercher les possibilités collaboration avec les utilisateurs des terres en matière de mise en œuvre de mesures de restauration ou d’améliorer des habitats de prairies à armoise.

Il faut effectuer un suivi de l’impact lié à la concrétisation de certaines menaces sanitaires susceptibles d’avoir des effets mortels ou néfastes sur les populations de Tétras des armoises, et particulièrement le virus du Nil occidental, et en effectuer l’évaluation, ainsi qu’élaborer des mesures d'atténuation en cas d’éclosions d’infections (dans la mesure du possible). De même, il importe de faire un suivi périodique de la diversité génétique et du flux de gènes au sein des populations afin de maintenir la viabilité des petites populations sur le plan génétique (K. Bush, comm. pers. – dans Lungle et Pruss, 2008).

Les efforts de rétablissement connaîtront plus de succès si l’ensemble des secteurs intéressés appuie les mesures de conservation. Il faut poursuivre l’élaboration de documents d’information et de sensibilisation qui permettront de sensibiliser davantage tous les publics à la conservation et au rétablissement du Tétras des armoises. Les efforts d'information et de vulgarisation devraient cibler tous les utilisateurs des terres et les inciter à protéger et à mettre en valeur l'habitat du Tétras des armoises, et à réduire les perturbations qui nuisent à l’espèce. Dans la mesure du possible, les utilisateurs des terres devraient participer directement aux projets de conservation. Par exemple, des pratiques de gestion bénéfiques de pâturages pourraient être élaborées en concertation avec les éleveurs, en vue d’assurer la viabilité de l’industrie tout en offrant au Tétras des armoises les meilleurs habitats de reproduction, d'élevage des poussins et d’hivernage possible. Les initiatives communautaires assurent le partage de la propriété, des buts et des succès.

Les enjeux relatifs à l’aménagement des terres qui concernent la gestion de l'habitat du Tétras des armoises peuvent aussi s'appliquer à d'autres espèces sauvages des prairies. C'est pourquoi les mesures visant les populations de Tétras des armoises devraient être coordonnées avec les autres projets ou programmes visant la gestion durable de l’écosystème de prairie. La participation du Canada à la stratégie globale de conservation du Tétras des armoises de la Western Association of Fish and Wildlife Agencies, ou WAFWA (Stiver et al., 2006) est une priorité majeure en matière de collaboration à la conservation du Tétras des armoises et des écosystèmes d'armoise au Canada et aux États-Unis. Entre autres collaborations relatives au rétablissement de l’espèce, on compte la Northern Sagebrush Steppe Initiative, une initiative conjointe de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Montana (un protocole d'entente a été renouvelé en 2012 pour harmoniser la gestion et la recherche des trois compétences), le plan d'action South of the Divide de la Saskatchewan (en cours d’élaboration) et le projet MULTISAR (Alberta Multiple Species at Risk) de l'Alberta (en cours).

Le paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril (2002) définit l'habitat essentiel comme « L'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce. »

Le Tétras des armoires est considéré comme une espèce à très haut risque de disparaître du Canada; l’effectif actuel de la population est considérablement inférieur à l’effectif visé par les objectifs en matière de population et de répartition pour cette espèce. Les habitats convenables dans lesquels le Tétras des armoises est plus susceptible d'avoir récemment (2000 à 2012) été observé durant l’une ou l’autre des étapes de son cycle de vie (p. ex. accouplement, nidification, élevage des poussins ou hivernage), ainsi que d’autres leks ayant été utilisés pour la dernière fois dans les années 1980 ou 1990 qui sont actuellement entourés d’habitat convenable intact, représentent l’habitat essentiel à la survie et au rétablissement de l'espèce au Canada.

L'habitat essentiel du Tétras des armoises est entièrement désigné dans le présent programme de rétablissement modifié pour les habitats de nidification, d'élevage des couvées et d'hivernage (c.-à-d. les habitats utilisés à longueur d’année), qui entourent généralement tous les leks qui ont été utilisés entre 2000 et 2012 ainsi que certains leks supplémentaires situés dans les environs et qui ont été utilisés pour la dernière fois durant les années 1980 ou 1990. Les emplacements et caractéristiques de l'habitat essentiel sont désignés en se fondant sur la meilleure information accessible, y compris les observations de terrain documentées de l’espèce de l’Alberta et de la Saskatchewan, les résultats de la modélisation de l'habitat, et d'autres renseignements scientifiques sur les besoins en matière d'habitat saisonnier pour l'espèce. Les approches qui suivent ont été utilisées pour désigner : 1) l'habitat essentiel de lek et 2) l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année (pour la nidification, l’élevage des couvées et l'hivernage) du Tétras des armoises en Alberta et en Saskatchewan.

L’habitat essentiel de lek (figure 2, annexe D) a été désigné antérieurement dans le document intitulé Remplacement de la section 2.6 du programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada(Agence Parcs Canada, 2009). Tous les leks récemment utilisés (où au moins un Tétras des armoises mâle a été observé en parade entre 2000 et 2012) ont été désignés comme habitat essentiel de lek; au total, on compte 18 emplacements de lek en Alberta et 11 emplacements de lek en Saskatchewan. Dans le présent programme de rétablissement modifié, 12 autres leks ayant été utilisés pour la dernière fois durant les années 1980 ou 1990 sont également désignés comme habitat essentiel; trois de ces leks se trouvent en Alberta, et neuf de ces leks se trouvent en Saskatchewan (voir Agence Parcs Canada, 2009 pour connaître les détails sur la façon dont l’emplacement et la superficie des leks ont été déterminés sur le terrain dans chaque province).

Figure 2. Chaque township de l’Alberta et de la Saskatchewan présenté (carrés d’environ 10 km x 10 km; tracés en gras) contient de l’habitat essentiel de lek du Tétras des armoises (superficie totale de 12,5 km²). Afin d’éviter que le Tétras ne soit dérangé pendant la période de reproduction, les emplacements précis des leks ne sont pas indiqués. Cependant, le nombre de leks que renferme chaque township est indiqué; on compte 41 leks au total dans toute l’aire de répartition canadienne du Tétras des armoises (voir aussi l’annexe D pour connaître la répartition des leks dans le quadrillage de 10 km x 10 km de référence). L’information sur la dispersion des femelles des leks aux nids (Aldridge et Brigham, 2001; Tack, 2009) et sur le nombre estimatif de femelles reproductrices par lek a été utilisée pour prédire la distance maximale des nids par rapport à chaque lek récemment utilisé. Les distances maximales des nids ont été délimitées autour de chaque lek avec des zones circulaires, lesquelles ont été fusionnées pour constituer l’aire de répartition de nidification récente (2000-2012) au Canada. Si des emplacements plus détaillés sont nécessaires à des fins de rétablissement de l’espèce, les parties concernées peuvent communiquer avec Environnement Canada (Région des Prairies et du Nord) pour obtenir de plus amples informations.

La figure 2 est une carte présentant l'habitat essentiel pour les leks pour le Tétras des armoises dans le sud-est de l'Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 2

Ainsi, au total, 41 sites de leks convenables (21 en Alberta et 20 en Saskatchewan) sont désignés comme étant l'habitat essentiel de lek, habitat de reproduction essentiel pour la survie et le rétablissement du Tétras des armoises; la superficie totale de l’habitat essentiel de lek est de 12,5 km². Le nombre total de sites de leks désignés comme étant de l’habitat essentiel (41 leks potentiels) est supérieur au nombre de leks devant être utilisés annuellement (36 leks) pour respecter les objectifs à long terme en matière de population et de répartition, ce qui permet de tenir compte de l'incertitude relative à la prédiction de la réoccupation des leks abandonnés (on ne peut prédire avec exactitude quel leks seront réoccupés au cours des prochaines années) ainsi qu’à une certaine variation annuelle dans le choix des leks par l’espèce.

Tout l’habitat situé dans les limites des 41 leks indiqués, qui sont utilisés depuis longtemps par le Tétras des armoises en parade, est désigné comme étant de l'habitat essentiel. Bien que la caractéristique la plus importante de ces leks est leur occupation récurrente passée, voici les caractéristiques biophysiques générales de ces leks, afin d'aider à les repérer sur le terrain :

Les occurrences d’activités se déroulant dans un lek ou à proximité ou de structures anthropiques situées dans un lek ou à proximité sont associées à une probabilité moindre de fréquentation récurrente du site par le Tétras des armoises, même si le site est par ailleurs convenable, le plus vraisemblablement parce que l’espèce évitera de les fréquenter. Ainsi, la présence du Tétras des armoises est associée à une faible occurrence de ces facteurs anthropiques, c.-à-d. que les conditions ou attributs qui suivent sont d’importantes caractéristiques fonctionnelles de l’habitat de lek :

Dans le présent programme de rétablissement modifié, un modèle prédictif fondé sur les occurrences a servi à la désignation de l'habitat essentiel utilisé par le Tétras des armoises pour la nidification, l'élevage des couvées et l'hivernage (c.-à-d.l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année). L'un des avantages des modèles prédictifs est qu'ils permettent de désigner l'habitat convenable non seulement dans les secteurs où les données sur les occurrences du Tétras des armoises sont accessibles, mais aussi dans les secteurs où ces données ne sont pas accessibles actuellement.

Le modèle mis à jour utilisé pour le présent programme de rétablissement modifié suit les approches précédentes de désignation de l'habitat convenable pour le Tétras des armoises en Alberta (Aldridge, 2005; Aldridge et Boyce, 2007; Agence Parcs Canada, 2009; voir aussi Carpenter et al., 2010), mais il inclut des modifications et des améliorations qui ont permis de l’appliquer à une étendue géographique beaucoup plus grande (Aldridge et Gummer, 2010; Gummer et Aldridge, 2010; Agence Parcs Canada et Environnement Canada, données non publiées). L'analyse du modèle (Agence Parcs Canada, données non publiées) a lié les emplacements de nids de Tétras des armoises (113 nids; de 2001 à 2004) aux variables de l'habitat et a permis de déterminer que les femelles nicheuses choisissent des parcelles relativement grandes au couvert arbustif modéré et distribué de façon hétérogène (dominé par l'armoise argentée), qu'elles préfèrent les secteurs relativement humides et qu'elles évitent les couverts végétaux verts et luxuriants. Pour valider ce modèle mis à jour de l'habitat de nidification, on a utilisé un autre ensemble de référence d’occurrences connues (116 nids; de 1998 à 2010) de Tétras des armoises, ensemble qui n'avait pas été utilisé pour l’élaboration du modèle, et le modèle a réussi à prédire avec beaucoup de justesse l’emplacement de ces autres nids connus. De plus, ce modèle d'habitat a également été utilisé pour comparer des occurrences de Tétras des armoises à d'autres étapes du cycle de vie (p. ex. élevage des couvées et hivernage) et il a démontré que l'habitat de nidification modélisé comportait aussi une grande proportion des occurrences connues du Tétras des armoises aux stades d’élevage des couvées (80 % à 99 %, 791 emplacements) et d’hivernage (88 % à 95 %, 208 emplacements). Ce résultat confirme que l'habitat modélisé fournit une bonne représentation d'un habitat convenable utilisé à longueur d’année par le Tétras des armoises.

L’habitat essentiel utilisé à longueur d’année (pour la nidification, l’élevage des couvées et l’hivernage) par le Tétras des armoises a été désigné par l’application du modèle d’identification de l’habitat convenable à l’aide du calcul des combinaisons optimales d’au moins deux des caractéristiques biophysiques suivantes :

Ces zones ont été cartographiées à l’aide d’un système d’information géographique. À l’intérieur des limites des zones cartographiées, l’habitat non convenable (les établissements humains, les cultures annuelles, les prairies de fauche non indigènes, les cours d’eau et les plans d’eau, les routes leurs abords) a été repéré au moyen de données d’imagerie satellitaire indépendante et retiré de la représentation cartographique de l’habitat essentiel. Les zones restantes d’habitat essentiel ont été cartographiées pour la partie ouest (figure 3) et pour la partie est (figure 4) de l’aire de répartition 2000-2012 de l’espèce, et correspondent à l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année par le Tétras des armoises au Canada. Ces zones couvrent une superficie de 2812 km² de terres (1410 km² en Alberta et 1402 km² en Saskatchewan) et chevauchent 8360 quarts de sections (4026 en Alberta et 4334 en Saskatchewan). Au sein des zones cartographiées (figures 3 et 4), les établissements humains, les cultures annuelles, les prairiesde fauche non indigènes, les cours d’eau et les plans d’eau, les routes leurs abords (c.-à-d.terres situées dans une marge de 15 m de la route) que l’imagerie satellitaire n’a pas permis de repérer et qui n’ont donc pas pu être retirés de la représentation cartographique (voir paragraphe précédent) ne sont pas considérés comme étant de l’habitat essentiel.

Les occurrences d’activités ou de structures anthropiques sont associées à une probabilité moindre d’occupation du site par le Tétras des armoises, même s’il est par ailleurs convenable, le plus vraisemblablement parce que l’espèce évitera de le fréquenter. Ainsi, la présence du Tétras des armoises est associée à une faible occurrence de ces facteurs anthropiques, c.-à-d. que les conditions ou attributs qui suivent sont considérées comme étant d’importantes caractéristiques fonctionnelles de l’habitat hors leks (pour la nidification, l’élevage des poussins et l’hivernage) :

L'habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement modifié est considéré comme suffisant pour l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition à long terme. L'habitat essentiel comprend l'habitat récemment occupé ainsi qu'une quantité importante d'habitat historiquement occupé. Il est important d'en prendre note, puisque l'habitat historiquement occupé est l’habitat le plus susceptible de fournir un habitat essentiel pour le rétablissement de la population du Tétras des armoises par recolonisation, s'il est adjacent aux sites qui sont actuellement occupés ou l’ont été récemment.

Figure 3. Répartition modélisée de l'habitat essentiel utilisé à longueur d’année (pour la nidification, l'élevage des couvées et l'hivernage) dans la partie ouest de l'aire de répartition récente du Tétras des armoises, dans le sud-est de l'Alberta et dans le sud-ouest de la Saskatchewan (Agence Parcs Canada et Environnement Canada, données non publiées). L’aire de répartition contient l’habitat essentiel de l’espèce. Toutefois, les établissements humains, les cultures annuelles, les champs de foin cultivés, les cours d’eau et les plans d’eau, les routes ou leurs abords couverts par les zones d’habitat essentiel modélisées ne sont pas considérés comme étant de l’habitat essentiel. Une version à plus grande échelle de cette figure peut être obtenue auprès d’Environnement Canada.

La figure 3 est une carte de l'habitat essentiel pour l'hivernage, la nidification et d'élevage des poussins du Tétras des armoises, obtenue par modélisation, pour la partie ouest de l'aire de répartition de l'espèce au Canada, qui comprend le sud-est de l'Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 3

Figure 4. Répartition modélisée de l'habitat essentiel utilisé à longueur d’année (pour la nidification, l'élevage des couvées et l'hivernage) dans la partie est de l'aire de répartition récente (2000-2012) du Tétras des armoises en Saskatchewan (Agence Parcs Canada et Environnement Canada, données non publiées). L’aire de répartition contient l’habitat essentiel de l’espèce. Toutefois, les établissements humains, les cultures annuelles, les champs de foin cultivés, les cours d’eau et les plans d’eau, les routes ou leurs abords couverts par les zones d’habitat essentiel modélisées ne sont pas considérés comme étant de l’habitat essentiel. Une version à plus grande échelle de cette figure peut être obtenue auprès d’Environnement Canada.

La figure 4 est une carte de l'habitat essentiel pour l'hivernage, la nidification et l’élevage des poussins du Tétras des armoises, obtenue par modélisation, pour la partie est de l'aire de répartition de l'espèce au Canada, qui comprend une partie du sud-ouest de la Saskatchewan. (Voir description longue ci-dessous.)
Description longue pour la figure 4

La destruction de l'habitat essentiel est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction « lorsqu’il y a dégradation [d’un élément] de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce ». La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps (Gouvernement du Canada, 2009).

On a convenu que les installations existantes et l’utilisation des terres à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel ou sur les terres adjacentes ont déjà des impacts sur l’habitat essentiel, à divers degrés; il en résulte que la qualité de l’habitat essentiel varie selon le site. Toutefois, étant donné que les populations de Tétras des armoises auront besoin que cet habitat essentiel conserve au moins son niveau de qualité actuel, toute dégradation d’une caractéristique biophysique provoquée par une activité supplémentaire, accrue ou nouvelle est considérée comme étant une destruction de l’habitat essentiel.

Selon le moment de l'année, une variété d’activités sont susceptibles d’entraîner la destruction de l'habitat essentiel de lek ou l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année (pour la nidification, l'élevage des couvées et l'hivernage) du Tétras des armoises. Ces activités peuvent avoir lieu à l’intérieur ou à l’extérieur de l’habitat essentiel s’il y a destruction à l’intérieur de l’habitat essentiel.

Un décret d’urgence visant la protection du Tétras des armoises a été pris en raison des menaces imminentes auxquelles le Tétras des armoises est exposé au sein de l’habitat nécessaire à sa survie ou à son rétablissement. Ce décret contient des interdictions qui s’appliquent à un certain nombre de subdivisions légales[4] de terres de la Couronne (fédérales ou provinciales) et les réserves routières reliant ces subdivisions, qui incluent et entourent tous les leks (sites d’accouplement) fréquentés par les Tétras des armoises mâles au cours d’au moins une année entre 2007 et 2012. Ces subdivisions légales, énumérées dans les partie 1 et 2 de l’annexe 1 du décret d’urgence, chevauchent de l’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement. Lorsque le décret d’urgence aura pris effet, les restrictions établies dans le décret d’urgence primeront sur celles qui sont établies dans le présent programme de rétablissement, dans la mesure où elles visent la même activité, et tout défaut de se conformer au décret d’urgence constituera une destruction de l’habitat essentiel.

En plus des activités interdites par le décret d’urgence, les activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel incluent notamment :

Le Tétras des armoises a besoin d'avoir accès à un habitat de prairie à armoise toute l'année pour se nourrir et s’abriter. L’élimination des prairies à armoise à tout moment de l'année entraîne une perte directe d'habitat, une réduction de la disponibilité de la nourriture et une réduction du couvert nécessaire à la protection des nids, ainsi qu’une augmentation de l'exposition du Tétras des armoises à la prédation et aux mauvaises conditions météorologiques. Les activités qui augmentent la proportion de sol nu, qui diminuent la proportion de plantes herbacées non graminoïdes ou qui éliminent des parties de plants d'armoise à un point tel que très peu de feuilles demeurent sur les plants dégradent l'habitat au point qu’il n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par le Tétras des armoises. Ces formes de destruction de l'habitat peuvent avoir de graves répercussions sur les populations de Tétras des armoises, particulièrement lorsque les effectifs des populations sont dangereusement faibles.

Par exemple, dans l'habitat essentiel de lek ou l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année, à tout moment de l'année :

Les activités qui modifient l'hydrologie naturelle de l'habitat peuvent avoir un impact négatif sur les conditions du site favorables à la croissance et à la régénération de l’armoise argentée ainsi qu'à la production de plantes herbacées non graminoïdes, réduisant ainsi la disponibilité de la nourriture et la facilité du Tétras des armoises à trouver sa nourriture.

Par exemple, dans l'habitat essentiel de lek ou l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année, à tout moment de l'année :

La construction ou l'installation d'une nouvelle infrastructure ou d'un nouvel élément d’infrastructure qui créent des perturbations sonores à long terme, continues ou intermittentes (c.-à-d. chroniques), à l'intérieur de l’habitat essentiel de lek ou de l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année, entraîneront vraisemblablement l'évitement de cette partie de l’habitat essentiel par le Tétras des armoises et, donc, la destruction fonctionnelle de l'habitat essentiel.

Par exemple, dans l'habitat essentiel de lek et dans l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année, à tout moment de l'année :

L'exploitation d'une infrastructure ou l'exécution d'activités qui entraînent des bruits de plus de 45 décibels (pondéré A) pouvant être entendus dans toute partie de l'habitat essentiel de lek durant la période de parade nuptiale et d’accouplement peut mener à l'abandon à long terme du lek et, par conséquent, à la destruction fonctionnelle de l'habitat essentiel de lek.

Voici quelques exemples d'activités qui détruisent l'habitat essentiel de lek, si elles se produisent à proximité ou à l'intérieur de l’habitat essentiel de lek lorsque le Tétras des armoises s’y trouve, c'est-à-dire du moment de la parade nuptiale de fin de journée jusqu’au moment de la parade nuptiale de début de journée (c.-à-d.de 1,5 heure avant le coucher du soleil et 1,5 heure après le lever du soleil, du 1eravril au 30 mai) :

L’aménagement de nouvelles structures anthropiques en hauteur entraîne des pertes directes d'habitat et des pertes fonctionnelles encore plus considérables d'habitat aux environs de la structure, puisque le Tétras des armoises évite tout habitat situé près de structures où les rapaces sont susceptibles de se percher.

Par exemple, dans l'habitat essentiel de lek ou dans l’habitat essentiel utilisé à longueur d’année, ou dans un secteur situé à moins de 1 km de l’habitat essentiel de lek, à tout moment de l’année :

Exemples de structures anthropiques hautes, susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel et situées à l’extérieur des zones décrites au paragraphe précédent et à plus de 1,0 km et à moins de 3,2 km de l’habitat essentiel de lek :

Les clôtures installées à l'intérieur ou près des leks sont susceptibles d'améliorer l'efficacité de chasse des prédateurs de l’espèce, oiseaux ou mammifères, et représentent un risque accru de prédation pour le Tétras des armoises qui fréquente les leks. Par conséquent, de telles structures sont susceptibles d'entraîner l'évitement de l'habitat de lek ou une réduction importante de la qualité de l'habitat, ce qui se traduit par une destruction fonctionnelle de l'habitat essentiel de lek.

Par exemple, dans l’habitat essentiel de lek ou à moins de 1,0 km de l'habitat essentiel de lek, à tout moment de l’année :

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Les progrès précis réalisés en vue d'atteindre les objectifs en matière de population et de répartition doivent être déclarés dans les cinq ans suivant l'achèvement du présent programme de rétablissement modifié.

Immédiatement :

À court terme :

À long terme :

L’élaboration des plans d'action se fera d’abord en Saskatchewan, où des initiatives d’élaboration d’un plan d'action sont en cours, et ensuite en Alberta. Pour la partie saskatchewanaise de l'aire de répartition de l’espèce, un plan d'action plurispécifique ciblant notamment le Tétras des armoises (c.-à-d. le plan d'action South of the Dividepour le sud-ouest de la Saskatchewan) sera achevé dans un délai d'un an suivant la publication de la version finale du présent programme de rétablissement modifié. Un plan d'action plurispécifique est également en cours d'élaboration pour le parc national des Prairies. En Alberta, un plan d’action sera élaboré collaborativement par toutes les compétences concernées. Enfin, des plans d'action concernant l'ensemble de l'aire de répartition canadienne de l'espèce seront achevés dans un délai de quatre ans suivant la publication de la version finale du présent programme de rétablissement modifié.

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Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à La directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairées du point de vue de l'environnement.

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Les habitats d’armoise argentée et le paysage de prairies associé soutiennent une grande variété de plantes et animaux dont beaucoup courent un risque d'extinction au Canada. Ainsi, il est prévu que les activités indiquées dans le présent programme de rétablissement modifié profiteront à plusieurs espèces et à l'environnement. Par exemple, le plan de conservation des oiseaux des fondrières des Prairies (Bird Conservation Plan for the Prairie Pothole Region) a relevé 28 espèces d'oiseaux prioritaires associées à des habitats arbustifs et aux premiers stades de la succession végétale. Parmi ces espèces, on retrouve de nombreuses espèces d'oiseaux en péril qui bénéficieront de la protection de la prairie à armoise, notamment des espèces en voie de disparition telles que le Moqueur des armoises (Oreoscoptes montanus) et la Chevêche des terriers (Athena cunicularia), des espèces menacées telles que la Pie-grièche migratrice (Lanius ludovicianus excubitorides), l'Engoulevent d'Amérique (Chordeiles minor), le Pipit de Sprague (Anthus spagueii) et la Buse rouilleuse (Buteo regalis) ainsi que des espèces préoccupantes telles que le Courlis à long bec (Numenius americanus) et le Hibou des marais (Asio flammeus).

De nombreuses plantes en péril vivent dans les écosystèmes de prairies à armoise, notamment des espèces en voie de disparition telles que l'abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus) et la cryptanthe minuscule (Cryptantha minima) ainsi que des espèces menacées telles que le yucca glauque (Yucca glauca) et le chénopode glabre (Chenopodium subglabrum). Parmi d'autres espèces en péril associées aux habitats d'armoise et de prairies, on retrouve des espèces en voie de disparition telles que la teigne du yucca (Tegeticula yuccasella), la teigne tricheuse du yucca (Tegeticula corruptrix), la fausse-teigne à cinq points du yucca (Prodoxus quinquepunctellus) et le grand iguane à petites cornes (Phrynosoma hernandesi), ainsi que des espèces menacées telles que le mormon (Apodemia mormo) et le renard véloce (Vulpes velox).

On a toutefois relevé une situation susceptible d'entraîner des effets négatifs. Comme on l'a indiqué plus haut, les stratégies de protection ou d'expansion de l'habitat d'armoise argentée favoriseraient toutes les espèces qui ont le même habitat que le Tétras des armoises. Par contre, une expansion trop importante des habitats d'armoise dense à l’intention du Tétras des armoises pourrait nuire au Pluvier montagnard (Charadrius montanus) et peut-être même au Chevêche des terriers dans les environs immédiats de leurs nids respectifs, parce que les deux espèces ont besoin d’une végétation très basse, de peu de grands arbustes (comme l'armoise argentée) et des superficies relativement élevées de sol nu. La mise en place de substrats de nidification (naturels ou artificiels) pour la Buse rouilleuse doit également se faire en tenant compte des emplacements d'habitats de Tétras des armoises dans les environs pour permettre la gestion simultanée des populations de Buse rouilleuse et de Tétras des armoises à l'échelle du paysage.

En résumé, les mesures de gestion et de conservation visant le rétablissement du Tétras des armoises profiteront à beaucoup d'espèces rares et fragiles et, d'une manière générale, contribueront à la conservation de l’habitat d'armoise au Canada.

Données de dénombrement de Tétras des armoises sur les leks et estimations annuelles de l'effectif de la population en Alberta
Année Nombre de leks vérifiés Nombre de leks utilisés Nombretotal de mâles Relevé effectué à l'échelle de l'aire de répartition? Nombre de mâles/lek utilisé Estimation de la population printanière (effectif minimala) Estimation de la population printanière (effectif maximalb)
1968 21 21 613 Non 29,2
1969 21 19 554 Non 29,2
1975 20 19 212 Non 11,2
1976 19 19 347 Non 18,3
1977 13 13 286 Non 22,0
1978 14 13 235 Non 18,1
1979 11 11 198 Non 18,0
1980 17 16 482 Non 30,1
1981 16 16 524 Non 32,8
1983 18 18 358 Oui 19,9 1074 1591
1985 15 14 208 Oui 14,9 624 924
1987c 13 13 400 Oui 30,8 1200 1778
1989c 12 12 344 Oui 28,7 1032 1529
1991 12 11 241 Oui 21,9 723 1071
1994 22 8 70 Oui 8,8 210 311
1995 27 12 110 Oui 9,2 330 489
1996 12 11 136 Oui 12,4 408 604
1997 31 8 122 Oui 15,3 366 542
1998 31 8 124 Oui 15,5 372 551
1999 31 9 117 Oui 13,0 351 520
2000 31 8 126 Oui 15,8 378 560
2001 32 9 114 Oui 12,7 342 507
2002 32 10 91 Oui 9,1 273 404
2003 32 9 96 Oui 10,7 288 427
2004 32 9 94 Oui 10,4 282 418
2005 32 9 95 Oui 10,6 285 422
2006 30 9 90 Oui 10,0 270 400
2007 30 10 90 Oui 9,0 270 400
2008 32 9 78 Oui 8,7 234 347
2009 33 10 66 Oui 6,6 198 293
2010 32 9 31 Oui 3,4 93 138
2011 11 8 13 Oui 1,6 39 58
2012 9 5 13 Oui 2,6 39 58

Données fournies par le ministère de l'Environnement et du Développement durable des ressources de l'Alberta.
a Les données sur le nombre de mâles présents dans les leks ont été extrapolées pour fournir une estimation brute du total de l'effectif des populations d'oiseaux reproducteurs au printemps (Aldridge, 1998a; Aldridge et Brigham, 2003; Connelly et al., 2004). L’estimation minimale de population suppose un rapport de deux femelles pour un mâle. Les estimations de population sont uniquement présentées pour les années où des relevés ont été effectués à l'échelle de l'aire de répartition (c.-à-d. que des relevés ont couvert toutes les régions où des leks étaient susceptibles d'être utilisés).
bL'estimation maximale de la population suppose le même rapport de 2:1 entre les sexes tout en supposant que seulement 90 % des leks sont connus et que seulement 75 % des mâles fréquentent des leks.
c Les objectifs en matière de population du premier programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada (Canadian Sage-Grouse Recovery Team, 2001) étaient fondés sur les dénombrements de mâles utilisant les leks de 1987 et de 1989. Les programmes de rétablissement subséquents font usage des mêmes objectifs en matière de population à long terme (voir Lungle et Pruss, 2008, ainsi que la section 5 du présent programme de rétablissement modifié).

Données de dénombrement de Tétras des armoises sur les leks et estimations annuelles de l'effectif de la population en Saskatchewan
Année Nombre de leks vérifiés Nombre de leks utilisés Nombretotal de mâles Relevé effectué à l'échelle de l'aire de répartition? Nombre de mâles/lek utilisé Estimation de la population printanière (effectif minimal) Estimation de la population printanière (effectif maximal)
1970 5 5 133 Non 26,6
1971 8 7 199 Non 28,4
1983 13 12 144 Non 12,0
1987a 45 29 497 Non 17,1 (1491) (2209)
1988a 39 31 593 Non 19,1 (1779) (2636)
1988b 129 42 873 Oui 20,8 2619 3880
1989 15 7 94 Non 13,4
1994 71 15 93 Oui 6,2 279 413
1995 56 16 105 Oui 6,6 315 467
1996 47 19 123 Oui 6,5 369 547
1997 26 10 61 Oui 6,1 183 271
1998 18 11 122 Oui 11,1 366 542
1999 27 8 101 Oui 12,6 303 449
2000 37 10 126 Oui 126 378 560
2001 19 10 106 Oui 10,6 318 471
2002 21 10 84 Oui 8,4 252 373
2003 17 10 81 Oui 8,1 243 360
2004 18 8 60 Oui 7,5 180 267
2005 11 8 62 Oui 7,8 186 276
2006 12 6 60 Oui 10,0 180 267
2007 13 6 56 Oui 9,3 168 249
2008 12 5 51 Oui 10,2 153 227
2009 12 5 45 Oui 9,0 135 200
2010c 5 2 42 Non 21,0
2011c 4 3 35 Non 11,7
2012 35 3 18 Oui 6,0 54 80

Données fournies par le ministère de l'Environnement de la Saskatchewan, le Centre de données sur la conservation de la Saskatchewan et l’Agence Parcs Canada. Voir les notes de bas de page de l'annexe B pour obtenir des descriptions des méthodes de calcul des estimations de l'effectif de la population.
a Les objectifs en matière de population du premier programme de rétablissement du Tétras des armoises au Canada (Canadian Sage-Grouse Recovery Team, 2001) ont été fixés selon les dénombrements de mâles utilisant des leks de 1987 et de 1988, en Saskatchewan, tel qu'il est indiqué dans le présent tableau et dans le programme de rétablissement de 2001. Les relevés effectués en 1987 et en 1988 ont ensuite été jugés incomplets; par conséquent, les estimations de l'effectif de la population pour ces années sont présentées entre parenthèses. Les objectifs en matière de population à long terme du programme de 2001 ont été conservés dans les deux programmes de rétablissement subséquents (voir Lungle et Pruss, 2008, ainsi que la section 5 du présent programme de rétablissement modifié).
b Après l’achèvement du programme de rétablissement de 2001, des données de dénombrement issues d'autres relevés de leks de 1988 ont été ajoutées au total annuel. En 2013, les données de dénombrement de 1988 ont été vérifiées par rapport à l'ensemble de données le plus complet et le plus à jour (c.-à-d. la base de données du Centre de données sur la conservation de la Saskatchewan), et les valeurs de l'an 1988 ont été corrigées en conséquence.
c Les relevés de 2010 et de 2011 ont été jugés incomplets, parce que des conditions météorologiques humides durant l'accouplement rendaient certains leks inaccessibles.

Carrés de 10 km x 10 km (du quadrillage UTM de référence) renfermant l’habitat essentiel de lek du Tétras des armoises au Canada
Code d’identification du carré de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référencea Province/Territoire Coordonnée UTM Estb Coordonnée UTM Nordb Propriété/tenurec Nombre de leks
12XV32 Saskatchewan 630000 5420000 Domanial et
non domanial
2
12WV83 Saskatchewan 580000 5430000 Domanial et non domanial 1
12WV84 Saskatchewan 580000 5440000 Domanial et
non domanial
1
12WV85 Saskatchewan 580000 5450000 1
13CQ72 Saskatchewan 370000 5420000 Domanial et non domanial 1
13CQ33 Saskatchewan 330000 5430000 Domanial et non domanial 1
13CQ63 Saskatchewan 360000 5430000 Domanial et non domanial 1
13CQ73 Saskatchewan 370000 5430000 Domanial et non domanial 5
13CQ14 Saskatchewan 310000 5440000 Domanial et non domanial 1
13CQ24 Saskatchewan 320000 5440000 Domanial et non domanial 1
13CQ05 Saskatchewan 300000 5450000 Domanial et non domanial 1
13BQ97 Saskatchewan 290000 5470000 Domanial et non domanial 3
12WV75 Alberta et Saskatchewan 570000 5450000 Non domanial 2
12WV62 Alberta 560000 5420000 Non domanial 1
12WV43 Alberta 540000 5430000 Domanial et non domanial 1
12WV63 Alberta 560000 5430000 Domanial et non domanial 1
12WV54 Alberta 550000 5440000 Non domanial 1
12WV15 Alberta 510000 5450000 Non domanial 2
12WV45 Alberta 540000 5450000 Non domanial 2
12WV65 Alberta 560000 5450000 Non domanial 1
12WV16 Alberta 510000 5460000 Non domanial 3
12WV26 Alberta 520000 5460000 Non domanial 3
12WV36 Alberta 530000 5460000 Non domanial 2
12WV66 Alberta 560000 5460000 Non domanial 1
12WV27 Alberta 520000 5470000 Non domanial 1
12WV57 Alberta 550000 5470000 Non domanial 1

a Code d’identification dans le système militaire de quadrillage UTM de référence; les deux premiers caractères correspondent à la zone UTM, les deux suivants (lettres) désignent le carré de 100 km x 100 km du quadrillage UTM de référence, les deux suivants (chiffres) désignent un carré de 10 km x 10 km de ce quadrillage. L’utilisation du code alphanumérique univoque du système militaire de quadrillage UTM de référence s’inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada. (Pour en apprendre davantage sur les Atlas des oiseaux nicheurs, consulter le site).
b Les coordonnées indiquées sont celles de la représentation cartographique de l’habitat essentiel, c.-à-d. du coin sud-ouest du carré de 10 km x 10 km du quadrillage UTM de référence contenant au moins une partie de l’habitat essentiel de lek. Elles sont données à titre indicatif seulement; le point correspondant ne fait pas nécessairement partie de l’habitat essentiel.
c Cette information est fournie à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les parcelles d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude qui détient les droits de propriété d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.


1 Le statut d’espèces en péril pour le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus) aux États-Unis devrait être déterminé en 2015.

2 Les leks sont des espaces ouverts où les Tétras des armoises mâles et femelles se rassemblent, les mâles exécute une parade compétitive et l’accouplement a lieu (Connelly et al., 2000; Walsh et al., 2010).

3 Canadian Sage-Grouse Recovery Team, 2001; Lungle et Pruss, 2008.

4 Selon le Système d’arpentage des terres au Canada, unité correspondant à ¼ de quart de section et ayant une superficie d’environ 16 ha ou 400 m x 400 m.

5 Habituellement, dans un pâturage où se trouve un habitat essentiel pour la nidification et d'élevage des poussins, le pourcentage de fourrage brouté devrait être de 25 % à 45 % de la végétation herbacée (à l'échelle du parcours de pâturage ou de l’écosite). Les régimes de pâturage qui prévoient un broutage léger au printemps ou qui repoussent le broutage à plus tard durant l'été ou l'automne et dont les parcours ont obtenu une « cote de santé » moyenne de « bonne » à « excellente » (Adams et al., 2004) sont plus susceptibles de fournir un habitat de haute qualité au Tétras des armoises et de prévenir la destruction de l’habitat essentiel.

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