Stagiaire Horizons Sciences : Azim Shariff

Quand il était au lycée à Vancouver, Azim Shariff était un élève émérite en chimie, mathématiques et physique. Pour lui, la biologie était plus difficile mais elle l’intriguait davantage. Né à Richmond, en Colombie-Britannique, il a grandi dans la région métropolitaine de Vancouver. Ses visites hebdomadaires au Science World de Vancouver quand il était adolescent ont renforcé son intérêt pour la biologie.

« La biologie, c’est surtout Big Picture », déclare Azim qui, après avoir obtenu un baccalauréat en sciences à l’Université Simon Fraser, a effectué un stage comme chercheur dans le secteur de la faune aviaire auprès de la WildResearch Society de Vancouver. « Je voulais comprendre comment le corps humain, les organes et les cellules fonctionnent. »

Dans le cadre de ce stage financé par le programme Horizons Sciences d’Environnement Canada, son travail pour l’organisation de conservation portait sur la collecte de données concernant les oiseaux nocturnes insectivores de la famille de l’engoulevent. Celle-ci comprend notamment l’engoulevent d’Amérique et l’engoulevent de Nuttall. L’engoulevent d’Amérique est inscrit sur la liste des espèces menacées dans le Registre public des espèces en péril du Canada. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a jugé que l’on ne dispose pas de données suffisantes sur l’engoulevent de Nuttall.

Le financement offert par le programme de stages Horizons Sciences a permis à WildResearch, une petite organisation sans but lucratif, d’embaucher Azim pour son travail dans le cadre de l’étude sur l’engoulevent. Elly Knight, qui gérait le programme, a déclaré que « le financement a permis d’exécuter le programme de science citoyenne en 2015 et d’offrir à Azim l’occasion de travailler avec des ''citoyens scientifiques'' et de recueillir des données sur le terrain pour la protection des engoulevents. » Les citoyens scientifiques sont des membres du grand public qui participent volontairement à des recherches en vue d’appuyer les études scientifiques.

Azim Shariff mesurant un oiseau

Selon Mme Knight, Azim a apporté au projet une compréhension scientifique et une expérience dans la collecte de données et l’identification des oiseaux. « Il a également apporté de solides compétences interpersonnelles qui lui ont permis de construire des relations positives avec notre communauté dédiée à la science citoyenne. » Il a coordonné 125 volontaires, dont la plupart étaient des ornithologues de longue date, dans le cadre de la collecte et de la présentation de données. Il a organisé des séances d’orientation dans plusieurs villes de Colombie-Britannique, effectué un travail sur le terrain et analysé les données collectées. Les enregistrements audio des oiseaux ont été recueillis en Colombie-Britannique, en Alberta et à la Saskatchewan. Très distinctes, ces émissions vocales d’oiseaux sont actuellement étudiées par les scientifiques de l’Université de l’Alberta en vue de définir si les cris ont pour but la reproduction, la pariade ou le nourrissage. « L’espèce des engoulevents n’est pas très étudiée, » confie Azim. Les oiseaux font leurs nids dans des zones dégagées telles que les forêts récemment exploitées, les régions incendiées et les zones humides. Le déclin de leurs populations peut être attribué à la perte d’habitat, au nombre réduit d’insectes à manger, à l’utilisation de pesticides, à la plantation d’arbres et à la lutte contre les incendies. L’incendie de forêt majeur de Fort McMurray en 2016 et les coupes industrielles sont en réalité bénéfiques aux engoulevents, qui préfèrent construire leurs nids dans une nouvelle végétation plutôt que dans des forêts anciennes.

Le financement a permis d’exécuter le programme de science citoyenne en 2015 et d’offrir à Azim l’occasion de travailler avec des « citoyens scientifiques » et de recueillir des données sur le terrain sur la protection des engoulevents. Il a apporté de solides compétences interpersonnelles au projet, ce qui lui a permis de construire des relations positives avec notre communauté dédiée à la science citoyenne.

- Elly Knight, Gestionnaire de programme de relevés des engoulevents de WildResearch

Les parents d’Azim ont émigré au Canada depuis les Îles Fidji à différents moments et ont été unis dans le cadre d’un mariage arrangé. Son père, qui n’a pas fait d’études secondaires, est mécanicien et sa mère est électricienne. Les membres de la famille ont un vrai don pour la science. L’un de ses cousins canadiens enseigne la kinésiologie et un autre est étudiant en doctorat dans le domaine de la neuropsychologie clinique. À l’université, Azim s’est orienté vers la biologie. Au début, il souhaitait étudier la médecine, mais il s’est ensuite tourné vers l’écologie, inspiré par un cours d’écologie animale auquel il a participé en troisième année à l’Université Simon Fraser. David Green, son professeur et biologiste de la faune aviaire, a informé la classe de sa recherche doctorale en Indonésie, au cours de laquelle il a photographié un mammifère qui n’avait pas encore été décrit. Celui-ci ressemblait à un croisement entre un lémurien et un raton laveur. « C’était tellement plus intéressant que de travailler dans un laboratoire », affirme Azim, qui a depuis découvert combien il appréciait le travail sur le terrain. Azim suit actuellement un deuxième cursus en restauration écologique auprès de l’Institut de technologie de la Colombie-Britannique. Dès la fin de cette formation, il compte obtenir un diplôme de maîtrise en biologie. En attendant, il poursuit son travail pour WildResearch en tant que volontaire et occupe le poste de gestionnaire de programme pour une station de baguage des oiseaux à l’Observatoire des oiseaux de l’Île Iona, au nord de l’aéroport de Vancouver.

Azim déclare qu’il a acquis des connaissances en matière de programmes statistiques, d’analyses de données, de systèmes d’information spatiale et de gestion du temps. Mais pour lui, le plus important était d’apprendre à résoudre des problèmes imprévus. « Ce stage m’a permis de trouver le secteur dans lequel j’aspire à travailler et de comprendre ce que c’est que de travailler dans le domaine de la biologie de la conservation, » confie-t-il. « Je sais que je serais beaucoup plus heureux de travailler sur le terrain et cela correspond assez bien à mes compétences. »

Les termes « citoyens scientifiques » et « science citoyenne » sont relativement nouveaux. L’Oxford English Dictionary ne les a ajoutés qu’en 2014. Cependant, la pratique consistant à employer des volontaires pour collecter des données n’est pas nouvelle. L’organisme Audubon Society recueille des données d’ornithologues volontaires depuis plus de 100 ans. Cette méthode de collecte de données est également largement utilisée en astronomie. L’Oxford Dictionary définit la « science citoyenne » comme « un travail scientifique entrepris par des membres du grand public, souvent en collaboration avec des scientifiques professionnels et des institutions scientifiques, ou sous leur direction. » Néanmoins, la science citoyenne est contestée par certains scientifiques qui s’inquiètent de l’exactitude des données recueillies par les amateurs. Leur préoccupation première concerne le niveau de formation en matière de recherche et aux méthodes de surveillance. Le biais de participation volontaire serait un autre point à considérer.

« Tout le monde se préoccupe de l’exactitude des données collectées de cette manière, » affirme Azim Shariff, qui a coordonné des volontaires dans le cadre du relevé des engoulevents de la WildResearch society de Vancouver en 2015. « Tandis que les recensements annuels d’oiseaux sont utiles, il se peut que certains ornithologues accordent davantage d’attention aux espèces rares plutôt qu’aux espèces courantes. » Ce biais pourrait fausser les résultats. Des protocoles d’observation bien rédigés et facilement compréhensibles sont nécessaires en vue de garantir l’exactitude des données, dit-il.

La science citoyenne est particulièrement adaptée à la recherche sur les oiseaux, car de nombreux volontaires sont des ornithologues de longue date qui savent les identifier. Cependant, il se peut que des projets scientifiques complexes sur le plan technique présentent trop de difficultés. « À l’avenir, l’un des aspects les plus importants du travail de biologie de la conservation sera la capacité à communiquer des protocoles et des recherches scientifiques au public et à gérer des volontaires, » confie Azim. « Si l’on tient compte des montants nécessaires à un seul projet pour embaucher des professionnels pour chaque activité, il ne serait pas possible de financer tous les projets. Le relevé annuel des engoulevents s’est étendu et est désormais mené en Colombie-Britannique, en Alberta, à la Saskatchewan, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ainsi qu’au Nouveau-Brunswick.

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