Stagiaire Horizons Sciences : Edouard Ronveaux

Au début, la sensibilisation communautaire rendait Edouard Ronveaux nerveux. Cependant, il est ravi que ses tâches en tant que stagiaire analyste chez Borealis GeoPower Inc. à Calgary, aient impliqué des discussions avec des groupes et des propriétaires individuels sur la façon dont sa recherche pouvait identifier des sources d’énergie géothermique. Après tout, le message était important. Né à Vernon, en Colombie-Britannique, ce géologue bilingue a été embauché en tant qu’analyste géospatial par l’entreprise d’énergie renouvelable, par le biais du stage en énergies propres de Collèges et instituts Canada, financé par le programme Horizons Sciences d’Environnement Canada.

Edouard Ronveaux au « cercle de feu »
Borealis GeoPower a été en mesure d’embaucher Edouard grâce à ce financement, déclare Craig Dunn, géologue en chef de l’entreprise et mentor d’Edouard. « Dans de nombreux cas, le financement détermine si nous pouvons ou non embaucher quelqu’un, » dit-il. « Un simple coup de pouce nous permet de faire avancer des projets plus rapidement. » Le travail de l’entreprise vise le développement de projets géothermiques à haute température dans l’Ouest canadien. L’énergie géothermique, qui emploie la chaleur émise sous la surface de la Terre, est une forme propre d’énergie qui produit peu de gaz à effet de serre, sinon aucun. Elle peut être utilisée comme source fiable d’énergie pour chauffer les foyers et les commerces ou alimenter un réseau électrique. Son empreinte environnementale est l’une des plus faibles de toutes les sources d’énergie.

Le Canada est le seul pays du « cercle de feu du Pacifique » à ne pas avoir développé l’énergie géothermique comme source importante d’énergie, affirme Edouard. Connu pour ses tremblements de terre et ses éruptions volcaniques, le cercle de feu est la partie du monde la plus active sur le plan sismique. Ayant une forme ressemblant davantage à un fer à cheval qu’à un cercle, il englobe les côtes ouest des Amériques du Nord, du Centre et du Sud, et les côtes Est de l’Asie, notamment le Japon, la Malaisie, l’Indonésie et le sud de la Nouvelle-Zélande.

Borealis GeoPower possède actuellement deux permis d’exploration géothermique provinciaux et poursuit la réalisation de son programme de forage. L’un des points névralgiques sur le plan géothermique près de Valemount, en Colombie-Britannique, se situe à proximité de la surface de la Terre dans le sillon des Rocheuses, une longue vallée de 1 400 km allant du Montana vers la frontière avec le Yukon. Le sillon, qui sépare la chaîne Columbia et les Rocheuses, a été créé par des failles sous-jacentes provoquées par d’anciennes collisions entre les plaques tectoniques. L’autre, près de Terrace, en Colombie-Britannique, se trouve dans une zone connue pour ses sources thermales, située dans un bassin au-dessus de roches volcaniques fortement découpées par des failles.

Aujourd’hui employé à temps plein par l’entreprise, Edouard s’est intéressé à l’énergie verte lors de ses études de baccalauréat à l’Université de la Colombie-Britannique. Il a obtenu un diplôme en géologie et sciences de l’environnement puis une maîtrise des systèmes d’information spatiale (SIS) à l’Université de Calgary.

Les compétences d’Edouard en matière de SIS et d’imagerie 3D étaient exactement ce dont Borealis GeoPower avait besoin pour la cartographie d’avant-garde de sites d’exploration géothermique, déclare M. Dunn. Edouard est capable de rassembler un large éventail de jeux de données et d’en faire une « carte bancable », confie M. Dunn, qui supervise le travail d’Edouard. « Pour prendre un exemple précis, nos données d’imagerie thermique sont générées telles des dossiers déchiquetés du FBI qu’Edouard a pu reconstituer, » ajoute-t-il.

Dans de nombreux cas, le financement détermine si nous pouvons ou non embaucher quelqu’un. Un simple coup de pouce nous permet de faire avancer des projets plus rapidement.

  - Craig Dunn, Géologue en chef et co-fondateur, Borealis GeoPower Inc., Calgary.

Bien qu’il soit né dans la magnifique vallée de l’Okanagan, Edouard a passé la plupart de ses jeunes années à l’étranger. Au début des années 1990, sa famille a déménagé à Nassau, aux Bahamas, car son père d’origine belge y travaillait dans le secteur de la distribution de moteurs d’avion. Cependant, la famille est retournée à Vernon pour les saisons de ski et les vacances d’été.

Il était ravi de revenir dans l’ouest du Canada pour ses études universitaires et le travail. Il apprécie tout particulièrement le travail sur le terrain près de Valemount, en Colombie-Britannique, une communauté près du fleuve Fraser. La recherche portait sur la zone située près des sources thermales de Canoe Reach, certaines des sources les plus chaudes du Canada. Travaillant 12 heures par jour, Edouard était un membre clé de l’équipe d’exploration qui collectait des échantillons d’écorce, de sol et d’eau, à la recherche de preuves indiquant la présence d’une activité géothermique près de la surface de la Terre.

L’analyse des échantillons a démontré que ces derniers étaient cohérents avec ceux qui ont été recueillis au cours des années précédentes. « Nous sommes convaincus qu’il y a une source géothermique importante ici, » déclare-t-il. Ses autres activités comprenaient la cartographie pour des projets éoliens et solaires, dans le cadre d’une consultation sur les énergies renouvelables à Calgary. « Les compétences que j’ai acquises quand j’étais stagiaire m’ont permis de développer une base solide pour mon travail en tant qu’analyste géospatial ou scientifique de l’environnement dans un vaste éventail de secteurs, » confie Edouard. « Et en travaillant pour une entreprise si novatrice, j’ai pu acquérir des connaissances de techniques uniques. »

Borealis GeoPower travaille actuellement sur un autre projet près de Terrace, en Colombie-Britannique, une ancienne ville forestière au bord du fleuve pittoresque Skeena. En partenariat avec la Première Nation Kitselas, le propriétaire majoritaire du projet, l’objectif est d’assurer la sécurité énergétique de la communauté locale de plus de 12 000 personnes et d’élaborer une source d’alimentation pouvant vendre de l’énergie au réseau électrique. Si cette source est créée, l’énergie géothermique représentera un avantage considérable pour les lieux éloignés de la Colombie-Britannique, dit Edouard. Étant donné qu’elle peut être utilisée pour chauffer les serres, elle peut également assurer la sécurité alimentaire des communautés isolées. M. Dunn est ravi de compter Edouard parmi les membres de l’entreprise. « C’est un type très brillant, » confie-t-il. « Eddie fait partie de la relève scientifique. C’est le genre de personne qui veut contribuer à faire avancer l’innovation au Canada. »

L’exploration de sources d’énergie géothermique implique le prélèvement d’échantillons de puits d’eau, de sol et d’arbres. Elle a également recours à l’imagerie thermique qui utilise les renseignements aériens recueillis par des drones et des avions à basse altitude. Les renseignements sont analysés et utilisés pour modéliser les sites potentiels avant d’entreprendre les activités de forage. Une bonne cartographie permet d’identifier les meilleurs sites de forage et de réduire le risque de les forer aux mauvais endroits.

Les éléments chimiques présents dans l’écorce peuvent indiquer la présence d’une activité géothermique près de la surface de la Terre. Les arbres disposent de vastes systèmes racinaires qui absorbent les minéraux engendrés par l’activité géothermique. Certains de ces éléments, tels que l’arsenic, le mercure et le zinc, sont concentrés dans l’écorce des arbres et peuvent contribuer à cartographier des zones de faille géologique. Le prélèvement d’échantillons d’écorce est une méthode d’exploration abordable et non invasive.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :