Stagiaire Horizons Sciences : Eric Brunsdon

Quand il était petit, Eric Brunsdon retournait souvent des pierres pour voir quelles créatures rampantes vivaient en dessous. Dans la jolie petite ville de Hampton, au Nouveau-Brunswick, il capturait des têtards dans les flaques pour les élever dans des aquariums et observait le développement de leurs petits membres. Ainsi, une fois adulte, il n’a pas vraiment dû faire le grand saut pour devenir spécialiste des saumons. Il est désormais embauché en tant que biologiste des poissons par la Fédération du saumon atlantique à Saint Andrews, au Nouveau-Brunswick. Néanmoins, les parcours professionnels ne sont pas toujours directs, et le sien ne différait en rien. Premier scientifique de sa famille, le biologiste originaire de Hampton a tout d’abord étudié le commerce au campus de Fredericton de l’Université du Nouveau-Brunswick. Dans les deux ans qui ont suivi, il a décidé de se livrer à sa passion pour les animaux, en particulier ceux des espèces à sang froid. Jadis propriétaire d’un crapaud cornu d’Amérique du Sud nommé « Pacman », de petits boas et pythons, et actuel propriétaire d’un lampropeltis, Eric est passé du secteur du commerce à celui de la biologie.

Eric Brundson
Biologiste des plantes de l’Université du Nouveau-Brunswick et conseillère d’études indépendantes d’Eric, Linley Jesson l’a persuadé d’obtenir un diplôme de maîtrise. Il a ainsi effectué ses études à l’Université de Concordia de Montréal. Sous la tutelle des professeurs James Grant et Dylan Fraser, ses recherches visaient l’écologie et la protection des saumons de l’Atlantique, en particulier les interactions entre les poissons et leurs préférences en matière d’habitat. « Je voue une réelle passion pour les reptiles et les amphibiens, » affirme Eric. « Mais j’ai choisi les recherches sur le saumon de l’Atlantique en raison de son importance sur les plans économique et culturel. »

Le parcours professionnel d’Eric a pris un autre tournant lorsqu’il a été embauché par le biais du programme de stages Horizons Science d’Environnement Canada en tant que technicien environnemental chez Eastern Charlotte Waterways Inc. à Blacks Harbour, au Nouveau-Brunswick. Ravi d’être de retour dans sa province natale, il y a travaillé pendant un an. « C’est grâce aux compétences que j’ai acquises chez Eastern Charlotte Waterways et aux personnes que j’ai rencontrées que j’ai été embauché à la Fédération du saumon atlantique, » dit Eric. « En aucun cas ils ne m’auraient embauché avec si peu d’expérience et ayant mon domicile à Montréal. » Au Canada, la compétition à l’égard des postes de biologistes des poissons est féroce.

Je suis ravi de continuer à engager ces personnes très brillantes comme Eric, qui est un analyste phénoménal. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que cela m’a ouvert les yeux quant à nos besoins concernant ce poste et à la manière dont il est possible d’utiliser des programmes informatiques pour analyser des données de manière efficace.

- Donald Killorn, Directeur général, Eastern Charlotte Waterways.

Son travail chez Eastern Charlotte Waterways, une organisation de recherche sans but lucratif, lui a présenté les problèmes cruciaux d’habitat qui touchent la vie marine. Son principal travail de projet s’inscrivait dans le domaine de la pollution sonore dans la baie de Fundy, et s’axait sur la façon dont elle touchait les animaux marins, en particulier les baleines. Menée par le directeur général du groupe Donald Killorn, la recherche a quantifié les niveaux sonores dans cinq régions de la baie de Fundy, étudiant diverses sources sonores, telles que les traversiers, les bateaux de pêche et le vent. Eric était chargé de l’organisation des données, de leur analyse et de la rédaction des rapports. Il a participé à la rédaction du rapport « The Coastal Soundscape of the Outer Bay of Fundy », publié en avril 2016.

Depuis 2012, Eastern Charlotte Waterways a embauché quatre stagiaires par le biais des programmes Horizons Sciences. M. Killorn affirme que chacun d’entre eux a apporté des compétences essentielles à l’organisation. « Je suis ravi de continuer à engager ces personnes très brillantes comme Eric, qui est un analyste phénoménal. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que cela m’a ouvert les yeux quant à nos besoins concernant ce poste et à la manière dont il est possible d’utiliser des programmes informatiques pour analyser des données de manière efficace. » Le rapport « Coastal Soundscape » représentait un accomplissement extraordinaire pour une petite organisation non gouvernementale, ajoute-t-il. Eric déclare que le rapport a sensibilisé davantage le public à la pollution sonore sous-marine. « J’ai toujours pensé que la pollution sonore correspondait à des bruits soudains et aléatoires, et non à un bruit de fond continu, » dit-il. « Mais les bruits environnants ont également un réel impact sur la communication. »

Tandis qu’un poste à temps plein lui a été offert chez Eastern Charlotte Waterways à la fin de son stage, Eric a en revanche accepté un emploi à la Fédération du saumon Atlantique où il souhaitait travailler depuis quelque temps. Le stage représentait un tremplin vers son emploi idéal, se réjouit-il. Il s’attend à évaluer prochainement les répercussions des évasions aux sites aquacoles sur les populations de saumon sauvage. « J’en apprends encore. »

Le rapport « Coastal Soundscape of the Outer Bay of Fundy » est considéré comme la première étude exhaustive sur les niveaux sonores dans les eaux côtières de la baie de Fundy, qui couvrent le Port de Saint John et divers petits ports. Le rapport indique que la flotte de pêche mondiale s’est multipliée par quatre depuis 1992 et que les niveaux sonores des eaux profondes ont augmenté à un rythme de 3 à 5 décibels par décennie au cours des 50 dernières années.

L’été, la baie de Fundy abrite de nombreux animaux marins dont la vie peut être affectée par les bruits sous-marins qui se propagent de quatre à cinq fois plus vite dans l’eau que dans l’air. Parmi les visiteurs de la baie figurent les baleines à bosse, les rorquals communs et les petits rorquals, ainsi que les baleines franches de l’Atlantique Nord, actuellement en voie de disparition. Pour de nombreux mammifères marins, le son constitue le moyen de communication et de navigation privilégié. La pollution sonore limite sérieusement les capacités des animaux à situer des proies, des partenaires et des prédateurs.

La fréquence sonore est également importante. Par exemple, les appels à basse fréquence effectués par les cétacés à fanons sont similaires aux sons émis par de grands navires de transport.

Les données recueillies par des hydrophones ont révélé une variation considérable des niveaux sonores, en fonction des calendriers d’expédition, des voies de navigation des traversiers, des saisons de pêche, de la topographie et des fameuses marées de la baie de Fundy. En moyenne, les climats sonores ne dépassent pas les valeurs maximum établies par la Directive cadre sur la stratégie marine de l’Union Européenne, mais ces niveaux ont parfois été dépassés durant les périodes d’expédition de pointe. Les auteurs du rapport ont recommandé une surveillance annuelle des sons marins dans la baie ainsi que d’autres travaux de recherche sur les divers habitats et les communications des animaux marins.

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