Stagiaire Horizons Sciences : Mesha Boyer

Durant son enfance à Cornwall, en Ontario, Mesha Boyer raconte qu’elle était une « petite intendante » de l’environnement. Avec son club local Girls' Guide (Les Guides), elle a participé à des opérations de nettoyage des berges du fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui, dans le cadre de son emploi auprès de l’Institut des Sciences de l’Environnement du fleuve Saint-Laurent, elle demeure déterminée à faire tout son possible pour restaurer le fleuve.

Mesha a été embauchée par l’institut sans but lucratif en tant que stagiaire assistante de coordination de projet dans le cadre de l’initiative de nettoyage du grand fleuve Saint-Laurent, qui a permis le retrait spectaculaire de 12 tonnes de déchets du lit et des rivages en 2016. Son stage a été appuyé par le programme de stages en technologies propres de Collèges et instituts Canada (CiCan), financé par le programme Horizons Sciences d’Environnement Canada.

En tant que diplômée du programme de techniciens de l’environnement, Mesha comprend parfaitement les objectifs de notre entreprise. Elle voue également une passion pour les enjeux environnementaux et les technologies vertes.

- Christina Collard, Directrice du programme, Administration et financement, Institut des sciences environnementales du fleuve Saint-Laurent.

Des plongeurs locaux du club Seaway Valley Divers ont retiré du port et du fleuve des pneus envasés, des vélos sans leurs rayons, des paniers d’achat, des tuyaux métalliques corrodés, des congélateurs et des machines de bureau. Des volontaires du programme « Adoptez une rue » et des organisations locales telles que le Club Boys and Girls d’Akwesasne ont passé la rive au peigne fin pour retirer des bouteilles, des tasses et même des meubles abandonnés. Les débris issus du nettoyage ont été séparés en deux catégories : les matériaux récupérables et les déchets.

Mesha a participé au recrutement et à l’organisation de quelque 400 volontaires, et leur a offert une formation en matière de sécurité et un appui technique. Elle a également tenu un registre de la collecte des cinq journées de nettoyage et enregistré les renseignements dans la base de données du Grand nettoyage des rivages canadiens. Le nettoyage de l’année dernière a été une telle réussite que l’Institut du fleuve Saint-Laurent reçoit des appels d’autres communautés canadiennes et des États-Unis, affirme Karen Cooper, directrice des communications de l’institut. « Nous sommes considérés comme un modèle, » se réjouit-elle.

Mesha a obtenu un diplôme de technicienne de l’environnement au campus de Cornwall du Collège Saint-Laurent sur la rive nord du fleuve. Le programme comprend des études en chimie, biologie, écologie, mathématiques et statistiques, ainsi qu’en écologie d’eau douce, écotoxicologie, gestion des déchets et des évaluations sur le terrain. Dans le cadre du programme de placement professionnel du collège, elle a acquis une expérience professionnelle précieuse comme agent de conformité chez Lafleche Environmental Inc., une entreprise de gestion des déchets.

Mesha Boyer devant le port du fleuve Saint-Laurent, à Cornwall, site où le nettoyage de l’an dernier a été effectué.

« En tant que diplômée du programme de techniciens de l’environnement, Mesha comprend parfaitement les objectifs de notre entreprise, » déclare Christina Collard, de l’institut. « Elle voue également une passion pour les enjeux environnementaux et les technologies vertes. » L’institut a embauché plusieurs stagiaires par le biais de CiCan et d’ECOCanada, et par des agents d’exécution du programme Horizons Sciences.

Après avoir étudié le graphisme pendant un an au campus de Kingston du Collège Saint-Laurent, Mesha a fait une pause et occupé un éventail de postes dans les secteurs du tourisme, du commerce, de la photographie et de la logistique. Elle a voyagé au Canada et donné naissance à un fils (elle est mère célibataire). Peu après, elle est retournée au collège Saint-Laurent pour étudier les technologies environnementales. Pendant cette période, elle a présidé « l’équipe verte » de son école, qui a organisé la collecte de plus de six tonnes de déchets électroniques dans la ville de Cornwall. Cette activité fut un bon exercice de préparation au projet de nettoyage du fleuve.

Mesha estime que l’enjeu le plus important du nettoyage était de transmettre le message à la communauté locale. « Le nettoyage sera réitéré cette année et nous visons à impliquer jusqu’à 1 000 volontaires tout au long de l’été, » dit-elle. Cette fois-ci, il comprendra également un volet éducatif, ajoute-t-elle. Un film inspiré du nettoyage de 2016, « A Great River Runs Through Us », est mis à la disposition des écoles et des groupes de jeunes. « Bien sûr, le meilleur moyen de tenir le fleuve et la communauté exempts de débris, dit Mesha, est avant tout d’empêcher les dépôts de détritus. Pour ce faire, nous devons changer les mentalités à l’égard des déchets. »

Mesha est fière du travail accompli par le comité de nettoyage, qui comprend des membres d’organisations soucieuses de l’environnement à Cornwall et la Nation Mohawk à Akwesasne. « Aucune des personnes qui siègent au comité ne lutte pour la reconnaissance, » affirme-t-elle. « Nous sommes tous des partenaires égaux qui valorisons le travail des uns et des autres. Cela permet de regorger de créativité et de donner à notre travail l’occasion de prospérer. »

En collaboration avec la Nation Mohawk à Akwesasne qui chevauche les frontières de l’Ontario, du Québec et des États-Unis, le nettoyage du Grand fleuve Saint-Laurent de Cornwall n’était pas sans difficulté.

« Nous voulions retirer tous les déchets du secteur, mais nous sommes conscients que les sédiments présents dans cette partie du fleuve sont largement contaminés par l’héritage de l’utilisation industrielle, » déclare Mesha Boyer de l’Institut des sciences environnementales du fleuve Saint-Laurent.

Cornwall était un centre industriel pendant plus de 100 ans, et bien que les rejets de mercure dans le fleuve ont été interrompus, l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs qualifie cette partie du fleuve comme un « secteur préoccupant ». Créée il y a 10 ans, la Stratégie de gestion des sédiments de Cornwall vise à restreindre le mouvement des sédiments dans des lieux particuliers du lit du fleuve. Cette politique est destinée à contrôler les activités qui seraient susceptibles de déranger le lit, dans l’espoir que des sédiments plus propres enfouiront davantage les dépôts pollués.

« Il existe des zones sensibles au sein du secteur préoccupant qui sont surveillées en permanence par l’institut, » affirme Mesha. « Le retrait des débris de ces zones nécessite des procédures rigoureuses de manipulation des matières dangereuses que nous avons examinées, mais pour lesquelles nous ne sommes pas équipés. Par conséquent, l’accès à environ 1,2 kilomètre de la zone ciblée était interdit, mais nous avons quand même été en mesure de nettoyer plus de 5 kilomètres de rivage. »

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