Stagiaire Horizons Sciences : Philippe Pelletier

Stagiaire Horizons Sciences : Philippe Pelletier

Dans le cadre de son travail pour un groupe de conservation de Québec, Philippe Pelletier lutte contre la propagation de plusieurs plantes toxiques et envahissantes dans la région de La Haute-Yamaska située à 80 km à l’est de Montréal. Certaines d’entre elles sont grandes, agressives et résistantes. Par exemple, la sève de la célèbre berce du Caucase peut provoquer de graves brûlures. Les racines de la renouée du Japon peuvent pousser à travers le béton. Le roseau commun européen pousse avec une telle vigueur qu’il étouffe les plantes indigènes qui se trouvent sur son chemin.

Philippe Pelletier avec des bâches qui empêcheront la croissance de plantes indésirables.
Philippe a tout d’abord été embauché en tant que stagiaire coordonnateur de programme par la Fondation Séthy, située à Granby, principale ville de la région. Ses revenus étaient subventionnés par le programme de stages en technologies propres de Collèges et instituts Canada (CiCan), financé par le programme Horizons Sciences d’Environnement Canada. Aujourd’hui, il est gestionnaire de projet à temps plein auprès de la petite, mais active organisation sans but lucratif.

La fondation n’avait pas les moyens d’embaucher Philippe sans le financement de CiCan, déclare Isabelle Tétrault de Séthy, qui a supervisé son travail. Selon elle, il est bien organisé, disposé à prendre des responsabilités et intègre rapidement les renseignements. « Il a vraiment un esprit brillant et logique. Il comprend rapidement le lien entre ce qu’il apprend et ce qui se passe, » dit-elle.

Né à Châteauguay, au Québec, Philippe a grandi dans l’Estrie et a passé la majorité de son enfance à jouer dehors et à construire des forts en bois dans les forêts près du Mont Orford. Sa mère, diplômée en biologie, lui a enseigné les noms des oiseaux et des végétaux forestiers. Il était également un lecteur assidu de l’ouvrage «  Les Débrouillards  », un magazine de science générale destiné aux enfants, et regardait « Découverte  », la série scientifique télévisée et populaire de Radio-Canada. Il a toujours aimé la nature. « Mais si j’avais grandi dans un milieu différent, j’aurais pu éprouver des intérêts différents, » dit-il. Philippe a terminé le programme d’études environnementales de l’Université de Sherbrooke, qui englobait la biologie, la chimie et la géologie ainsi que le droit de l’environnement, la politique et l’économie. Tout au long de son stage chez Séthy, il a été formé par la Dre Hélène Godmaire, spécialiste des espèces envahissantes et directrice du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes (CQEEE) qui est un partenaire de la Fondation Séthy. Les connaissances qu’il a acquises grâce à elle sont l’une des raisons pour lesquelles il a été embauché à temps plein.

Philippe est un excellent ambassadeur auprès des municipalités locales.

- Isabelle Tétrault, Coordonnatrice de projet, Fondation Séthy.

Le programme sur les espèces envahissantes de Séthy vise à trouver des moyens d’éliminer ou de contrôler la propagation de plantes exotiques particulièrement agressives sans recourir aux pesticides. Parmi les méthodes utilisées figurent le déracinement et la destruction des plantes indésirables, le retrait des graines, la coupe répétée, l’inhibition des nouvelles pousses à l’aide de bâches, et la plantation de plantes indigènes à croissance rapide telles que le saule et le sumac.

Au cours de son stage, Philippe a organisé des sites de démonstration en vue d’indiquer aux agriculteurs locaux certaines méthodes visant à contrôler les espèces envahissantes, telles que le grand roseau européen qui s’enracine parfois dans les canaux d’irrigation. Le nerprun, un arbuste dense et arborescent pouvant atteindre six mètres de haut, représente une autre espèce problématique. Les graines qu’il produit durant l’été peuvent être dispersées à grande échelle par les oiseaux et les animaux. Philippe a également fait l’inventaire des sites où l’on peut découvrir des plantes envahissantes. Par exemple, on peut trouver la renouée du Japon, un arbuste résistant pouvant atteindre quelques mètres de haut et plusieurs mètres de large, dans environ 80 parcelles à Granby et dans les alentours. « Je dois convaincre les gens d’arracher la plante et j’ai le devoir de leur donner les outils pour le faire, » dit-il. Il est difficile d’éliminer la renouée, souvent confondue avec du bambou, car la plante se régénère grâce à ses tiges rampantes souterraines. Si une racine ou une tige est coupée, même un petit morceau peut rapidement devenir un nouveau plant. « La situation peut très facilement s’aggraver, » affirme-t-il.

Conjointement avec le CQEEE, il a aussi organisé un conseil sur les espèces exotiques réunissant des représentants issus de huit municipalités de la région. Les membres échangent des idées afin d’élaborer un plan destiné à éviter la propagation d’espèces envahissantes à l’avenir. « L’argent est toujours une source d’inquiétude, » dit Philippe. « Mais les mesures visant à empêcher le problème sont souvent moins coûteuses que celles qui sont destinées à le contrôler. » « Philippe est un excellent ambassadeur auprès des municipalités locales, » confie Mme Tétrault de la Fondation Séthy. Il est fort possible que certaines d’entre elles adoptent de nouvelles réglementations à l’égard du retrait et de l’élimination des plantes envahissantes.

Étant donné qu’elles sont extraordinairement prospères, les espèces envahissantes posent un problème important à la biodiversité. Il se peut même que certaines espèces de flore et de faune indigènes disparaissent, si leurs habitats naturels sont modifiés par des plantes envahissantes étrangères. « Nous voulons contrôler ces plantes afin qu’elles ne stressent pas les écosystèmes trop rapidement, » dit Philippe. « Certaines de nos espèces indigènes peuvent être en mesure de concurrencer ces espèces envahissantes sur le long terme. Nous leur faisons donc gagner du temps. »

De nombreuses espèces envahissantes au Canada ont été initialement rapportées d’Europe en Amérique du Nord en tant que plantes d’ornement. On les trouve dans les jardins publics et privés de nombreuses régions du Canada et des États-Unis.

L’une de ces espèces, particulièrement inquiétante de surcroît, est la gigantesque berce du Caucase rapportée du Caucase dans les jardins botaniques d’Europe au milieu du 19e siècle. Elle a ensuite été importée en Amérique du Nord malgré ses caractéristiques peu attrayantes. Une exposition à la « plante poison » peut engendrer des cloques douloureuses et des cicatrices pouvant durer jusqu’à six ans. Elle déclenche également une photodermatose, soit une allergie aux rayons du soleil à long terme. Ressemblant à la carotte commune de très grande taille et mesurant généralement de trois à quatre mètres de haut, elle produit des semences à foison. Un plant peut produire jusqu’à 120 000 graines, chacune pouvant être transportée très efficacement par le vent ou l’eau.

Toutes les parties de cette plante vivace et toxique, qui dispose de racines primaires profondes, contiennent des « furanocoumarines », des substances chimiques toxiques souvent développées par les plantes comme moyen de défense contre les prédateurs. La berce du Caucase prospère dans les plaines inondables, les bords de rivière, les prairies et les forêts claires.

Pour éliminer la plante en toute sécurité, les spécialistes enfilent des combinaisons et des masques conçus pour la manipulation de matières dangereuses.

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