Résultats obtenus dans le cadre du Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe
Depuis 2017, les ministères et organismes du gouvernement fédéral sont guidés par Il est temps : la Stratégie fédérale pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe (la Stratégie fédérale pour prévenir et contrer la VFS) dans leurs efforts en vue de prévenir la violence fondée sur le sexe (VFS), d’aider les victimes, les personnes survivantes et leurs familles, et de promouvoir un système de justice réactif.
Reconnaissant l’importance de coordonner les efforts pour contrer la VFS à l’échelle nationale, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriauxFootnote 1 ont lancé le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe en 2022. Le Plan d’action national pour mettre fin à la VFS repose sur cinq piliers et des fondements : Soutien aux personnes victimes et survivantes et à leur famille, Prévention, Un système judiciaire réactif, Mise en œuvre des approches dirigées par les Autochtones, et Infrastructure sociale et environnement.
On compte 13 accords bilatéraux pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe conclus entre le fédéral, et les provinces et les territoires pour que les différentes administrations mettent en œuvre le Plan d’action national pour mettre fin à la VFS. En conséquence, les activités de prévention et de soutien aux victimes et aux personnes survivantes sont multipliées afin de réduire la VFS. Ces efforts sont déployés en collaboration avec les partenaires autochtones, les organismes communautaires, le milieu de la recherche et les prestataires de services. Ensemble, nous mettons en place des solutions visant à changer les attitudes, les comportements et les conditions néfastes qui favorisent la violence.
L’élimination de la VFS au Canada requiert des efforts de longue haleine. Il faut du temps, de la volonté et une action collective partout au pays. Des progrès sont réalisés, ce qui prouve que des efforts coordonnés peuvent apporter des changements réels et durables.
Coup d’œil sur les efforts et leur incidence
Les investissements réalisés dans le cadre du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS sont le résultat d’une approche soutenue visant à agir sur l’ensemble de la société. L’objectif est d’éliminer la violence fondée sur le sexe, en insistant sur la prévention, l’équité et les solutions menées par les Autochtones.
Investissements et résultats au titre du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS
Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC) a versé 225 millions de dollars aux provinces et aux territoires dans le cadre de 13 accords bilatéraux de prévention et d’élimination de la violence fondée sur le sexe en 2023-2024 (75 millions de dollars) et en 2024-2025 (150 millions de dollars).
Au total, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont investi plus de 1,3 milliard de dollars pour prévenir la VFS et y mettre fin en 2023-2024 (plus de 559 millions de dollars) et en 2024-2025 (plus de 750 millions de dollars).
Principaux résultats
Accès accru aux services pour les victimes et les personnes survivantes
En 2024-2025, plus d’un million de personnes au Canada ont pu avoir accès à des services comme du counseling, un logement, de l’information juridique et du soutien en situation de crise, et à des programmes communautaires, ce qui traduit une capacité accrue d’offrir des services et une plus grande sensibilisation du public aux soutiens disponibles. Le nombre de personnes ayant accès à des services et à des ressources liées à la VFS a considérablement augmenté au cours des dernières années.
De quelle façon ces investissements soutiennent les communautés
Dans la région de l’Atlantique, le programme Safer Spaces offre des logements de transition d’urgence aux jeunes adultes ayant survécu à l’exploitation sexuelle ou à la traite de personnes, et qui tentent de sortir du commerce du sexe. Les personnes participantes qui séjournent dans les logements de ce programme bénéficient d’un soutien complet pour stabiliser leur vie et prendre des mesures afin de retrouver leur autonomie personnelle.
Le programme renforce la confiance et le sentiment d’autonomie des personnes qui y participent :
« Mon expérience dans cette maison a été mouvementée, mais je suis très reconnaissante de l’avoir vécue. Cette maison m’a appris qu’il est normal d’avoir ses propres valeurs, ses propres attentes, ses propres limites et sa propre vie. En arrivant ici, j’avais perdu mon identité, mais le personnel de la maison n’a cessé de m’aider à devenir la personne que je suis aujourd’hui. J’espère que les autres personnes se sentiront en sécurité, heureuses et aimées, car c’est ce que j’ai vécu. »
La prévention d’abord
Même si les dernières statistiques montrent que la VFS est répandue et persistante et qu’elle touche des collectivités partout au Canada, il faut absolument prévenir la violence avant qu’elle ne se produise. L’intensification des efforts de prévention est un domaine prioritaire du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS. Dans l’ensemble, les activités de prévention ont toujours dépassé les exigences minimales de financement (46 % par rapport aux 25 % requis).
Plus précisément, suivant le deuxième pilier du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS, le financement des activités de prévention a permis d’élargir la portée des initiatives d’éducation, de sensibilisation et d’intervention précoce visant à mettre fin à la violence avant qu’elle ne se produise. En 2024-2025, plus de 27 400 ressources de prévention ont été distribuées suivant le deuxième pilier du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS, ce qui a permis à plus de 377 000 personnes au Canada d’avoir accès à des programmes, à des services de soutien et à des outils axés sur la prévention. Ces ressources les ont aidées à comprendre ce qu’est la VFS, mais également les conditions et les systèmes qui permettent aux inégalités de se perpétuer. Ces initiatives ont contribué à sensibiliser la population à la VFS, à promouvoir des relations saines et à modifier les attitudes et les comportements néfastes dans la collectivité.
De quelle façon ces investissements soutiennent les communautés
Environ 26 établissements d’enseignement postsecondaire situés dans un secteur de la région des Prairies se servent des fonds versés au titre du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS pour financer le programme « Comprendre la violence sexuelle et y réagir ». Au moins une université a intégré ceci à son programme de formation obligatoire sur la prévention destinée aux personnes qui s’inscrivent à un programme d’études, environ 3 000 personnes par année.
Cette formation de 35 minutes comprend des contrôles interactifs et porte sur des questions comme le consentement, les caractéristiques de la violence sexuelle, les déséquilibres de pouvoir et l’intersectionnalité, les statistiques, les fondements de la culture du viol, les mythes courants, les traumatismes et leurs effets sur le cerveau, la manière de réagir aux révélations, le rôle de témoin actif et les stratégies de prévention.
En dotant les étudiantes et les étudiants de connaissances et de compétences pratiques, cette formation contribue à créer des communautés universitaires plus sûres et plus solidaires.
Le système de justice du Canada soutient les victimes et les personnes survivantes
Sur la scène internationale, le Canada a la réputation de s’être doté d’un cadre juridique rigoureux pour contrer la VFS. Pourtant, pour de nombreuses victimes et personnes survivantes, il est traumatisant de passer par le système judiciaire, notamment au moment de signaler une agression à la police, puis de témoigner devant les tribunaux. Seules 6 % des agressions sexuelles et 36 % des agressions physiques sont signalés à la policeFootnote 2 . Il est difficile d’apporter des changements au système judiciaire canadien, car il dépend de plusieurs ordres de gouvernement dont les compétences se chevauchent. Au cours de la période 2024-2025, les mesures visant à soutenir le développement et la mise en œuvre d'un système judiciaire réactif ont permis de fournir plus de 230 ressources et d’offrir un accès aux services à 38 000 personnes dans le cadre de ce pilier.
De quelle façon ces investissements soutiennent les communautés
Dans de nombreuses administrations, le financement du système judiciaire a permis d’améliorer l’accès à la justice. Ainsi, les victimes, les personnes survivantes et leur famille se voient offrir des moyens de s’y retrouver dans des procédures judiciaires complexes. Par exemple, une organisation ayant reçu du financement a mis sur pied une clinique régionale de consultation juridique qui offre des services gratuits, qui est pleinement opérationnelle et qui fonctionne à plein régime, et qui a aidé près de 500 personnes, dont plus de 100 femmes immigrées et réfugiées. La forte demande de services montre à quel point les victimes et les personnes survivantes ont un besoin criant d’assistance juridique et combien il est important d’améliorer la réactivité du système partout au Canada.
La clinique ne se contente pas d’améliorer l’accès aux services de justice, elle aide aussi les professionnelles et les professionnels qui accompagnent les victimes et les personnes survivantes à approfondir leurs connaissances. L’une des personnes offrant des services dans la région de l’Atlantique a déclaré ceci :
« Je comprends désormais mieux la complexité de ce système, en particulier dans le contexte de la violence conjugale. Cette présentation m’a confirmé l’importance de mettre la clientèle en relation avec l’aide juridique et le programme d’orientation en justice familiale. »
Le système judiciaire pourrait à nouveau inspirer la confiance. Il suffit de veiller à ce que les victimes et les personnes survivantes soient soutenues par des professionnelles et professionnels qualifiés, sensibles aux traumatismes et outillés pour les mettre en relation avec les bonnes ressources, au bon moment.
Renforcement des approches menées par les Autochtones
D’importants investissements sont consacrés aux initiatives menées par les Autochtones, car les femmes et les filles autochtones sont touchées de manière disproportionnée par la violence fondée sur le sexe. Ces initiatives portent sur la prévention, le soutien aux victimes et aux personnes survivantes, les activités liées à la justice et la promotion d’approches fondées sur la distinction, communautaires et dirigées par les communautés. Les investissements dans les approches menées par les Autochtones ont façonné les mesures prises à l’échelle locale et régionale pour contrer la VFS et ont permis à plus de 186 000 personnes, en 2024-2025, d’accéder à des ressources adaptées à leur culture.
De quelle façon ces investissements soutiennent les communautés
Les bénéficiaires du financement font état de communautés plus fortes et plus saines, où les familles autochtones se sentent plus en sécurité, plus reliées aux autres et mieux soutenues. Ces efforts permettent de rétablir la confiance, de renforcer les relations et de favoriser la guérison des séquelles persistantes laissées par les préjudices coloniaux.
Au moyen d’ateliers et de rassemblements ancrés dans la culture, les communautés ont approfondi leur compréhension de la violence fondée sur le sexe et de ses causes profondes. En conséquence, un plus grand nombre de personnes survivantes et de familles autochtones ont accès à des services de soutien adaptés à leur culture et tenant compte des traumatismes subis, et les communautés déploient leurs propres efforts de prévention et de guérison.
Un territoire a réuni des Aînées et Aînés, des adultes et des jeunes provenant de deux territoires pour un atelier de terminologie en langue inuite portant sur la traduction du vocabulaire lié à la violence fondée sur le sexe et aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées. Les discussions visaient à approfondir la compréhension de ces concepts et de leurs répercussions sur les communautés marginalisées, tout en offrant un espace sûr, inclusif et accueillant favorisant les échanges et les questions, d’une manière culturellement appropriée.
En tout, 75 mots ont été traduits dans cinq dialectes. Pour de nombreuses personnes participantes, cet atelier revêtait une dimension profondément personnelle, bon nombre d’entre elles ayant vécu les réalités abordées sans toujours avoir, dans leur langue, les mots pour l’exprimer. Il a par ailleurs mis en lumière l’importance d’utiliser une terminologie appropriée pour aborder des enjeux comme la violence fondée sur le sexe, la discrimination et l’itinérance, afin de mieux refléter les expériences et les besoins des communautés inuites et inuvialuites.
Infrastructures sociales et environnement favorable
Pour les femmes en particulier, la violence entre partenaires intimes est l’une des principales causes d’itinérance. Ce sont 85 % des établissements d’hébergement pour victimes de violence qui ont indiqué que le manque de logements abordables à long terme était l’un des principaux problèmes auxquels faisaient face les résidentesNote de bas de page 3.
Quand on travaille ensemble pour contrer les inégalités socio-économiques, l’économie s’en porte mieux. En effet, on réduit ainsi les coûts liés à la santé, à la justice et aux systèmes sociaux et on améliore la participation économique des victimes de VFS. Les investissements dans les maisons d’hébergement et les maisons de transition, les centres de ressources familiales et les programmes communautaires, entre autres, sont essentiels pour soutenir les victimes et les personnes survivantes qui reconstruisent leur vie. Au cours de l’année 2024-2025, plus de 28 200 personnes ont pu bénéficier de ces ressources, leur permettant ainsi de retrouver leur bien-être et leur sécurité.
De quelle façon ces investissements soutiennent les communautés
Dans plusieurs communautés, le financement sous le Plan d’action national pour mettre fin à la VFS a aidé des maisons d’hébergement à rester pleinement opérationnelles, améliorer leur environnement physique et leurs infrastructures, et moderniser les équipements essentiels pour garantir la sécurité et répondre à la demande croissante. Les victimes et les personnes survivantes ont joui d’une nette amélioration de leur stabilité et de leurs relations.
Dans le Nord, une initiative a mis en place un programme mobile de sensibilisation afin d’offrir du soutien et d’accroître la sécurité au centre-ville.
La fourgonnette permet d’offrir du soutien sur le terrain aux personnes vulnérables, dont plusieurs sont des femmes et des membres de la communauté 2ELGBTQI+. Elle va à la rencontre des personnes là où elles se trouvent, ce qui contribue à réduire les obstacles à l’accès au soutien et à créer des espaces plus sûrs. Le programme accorde la priorité à la sécurité des femmes et permet d’orienter les personnes vers les services appropriés. La sécurité culturelle et émotionnelle est au cœur de l’ensemble des services, qui sont offerts par une équipe entièrement composée de personnes autochtones et des Premières Nations et qui intègrent des pratiques culturelles, telles que les aliments et la médecine traditionnelle.
Au cours d’une période de cinq mois, cette communauté a enregistré plus de 5000 interactions et distribué plus de 3000 produits d’hygiène, 3000 vêtements pour l’extérieur, près de 15 000 produits alimentaires, 9500 boissons et 950 produits visant à réduire les méfaits.
Des bases solides et une mise en œuvre rapide
Les accords de financement bilatéraux flexibles qui sont en vigueur dans chaque province et territoire créent les structures de gouvernance, de responsabilisation et de prestation nécessaires pour passer rapidement de la planification à la mise en œuvre. Les investissements ont augmenté en vitesse, ce qui a permis de lancer des centaines d’actions concrètes au Canada, venant ainsi en aide à plus de 29 400 personnes en 2024-2025. Le leadership coordonné assure une approche cohérente et multisectorielle qui s’appuie sur des expertises et des perspectives diverses.
De quelle façon ces investissements soutiennent les communautés
Dans certaines administrations, le financement a permis d’examiner les pratiques actuelles, ce qui a mené à des constatations clés et à des recommandations axées sur l’avenir, qui transforment déjà la prestation des services de première ligne. Des organismes ont pu offrir de la formation sur l’atténuation des risques liés à la VFS au personnel de première ligne, en leur fournissant des outils fondés sur des données probantes pour mieux reconnaître les signes avant-coureurs, intervenir plus tôt et soutenir les personnes survivantes avec assurance et constance. Dans les régions nordiques, une partie de l’effectif indique se sentir davantage préparé, mieux outillé et plus confiant pour soutenir les personnes survivantes, tandis que les personnes survivantes reçoivent des soins plus uniformes, culturellement sûrs et offerts en temps opportun.
« Notre équipe a eu accès à des formations solides pour développer de nouvelles compétences et accroître sa capacité à soutenir les personnes survivantes de la VFS ayant des besoins complexes. Aucun de ces projets importants n’aurait vu le jour sans le soutien financier supplémentaire du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS. »
Ces améliorations à l’échelle des systèmes contribuent déjà à une coordination accrue entre les services, à une meilleure harmonisation avec les objectifs nationaux et à la progression de tous les piliers du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS.
Efforts continus
Les investissements réalisés dans le cadre du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS ont déjà permis de réaliser des progrès concrets, par exemple, rendre les services plus accessibles, lancer un plus grand nombre d’initiatives de prévention, renforcer les programmes menés par les Autochtones, et mieux sensibiliser et renseigner. Les mesures prises sont fondées sur des données probantes. Elles contribuent à créer un avenir avec moins de victimes de violence fondée sur le sexe. Même si les statistiques nationales ne reflètent pas encore ces changements, les efforts continus ouvrent la voie à un avenir plus sûr et plus équitable pour toutes et tous.
Pour obtenir plus de renseignements sur les mesures prises par le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, veuillez consulter les pages Web suivantes :