Crever notre bulle et voir le soleil

Chaque matin, je me réveille dans mon tout nouveau quartier qu’aucun GPS ne peut trouver. Je promène mon adorable petite chienne et j’attends impatiemment qu’elle fasse ses besoins. Je me choisis à la hâte des vêtements qui offrent un bon compromis entre la tendance mode et le confort, afin d’impressionner mon patron follement à la mode, tout en me laissant suffisamment de temps et de mobilité pour courir après l’autobus qui m’amène au travail. La routine est régulière et familière, et mon environnement a créé une bulle autour de moi sans même que je le réalise. Mais de temps à autre, dans la vie, il se présente un événement qui crève cette bulle confortable — un rappel que je reçois toujours avec reconnaissance.

« La lutte pour obtenir un gouvernement ouvert est souvent une lutte — au sens littéral — pour beaucoup de gens dans le monde. »

La semaine dernière, avec mon équipe, j’ai assisté au Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), qui réunissait ses 79 pays membres à Ottawa cette année. Ma bulle a éclaté le matin de mon premier jour au Sommet, quand le ministre des Transports de l’Afghanistan a déclaré dans son allocution qu’un jour, 40 de ses collègues ont été assassinés au cours d’une journée de travail ordinaire. J’ai regardé mes collègues assis à mes côtés, que je considère comme des amis, et cela m’a rappelé que la lutte pour obtenir un gouvernement ouvert est souvent une lutte — au sens littéral — pour beaucoup de gens dans le monde.

Réflexions découlant du Sommet

« Les voix ignorées »

À 10 h 30, juste au moment où débute la table ronde, nous amorçons un échange sur « les approches à l’échelle locale pour donner les moyens d’agir aux communautés sous-représentées». Nos collègues étrangers assis autour de la table parlent des difficultés auxquelles ils se heurtent et donnent des exemples de réussite. Une dame originaire d’Austin, au Texas, interrompt la conversation pour soulever un point qui porte à réflexion : « S’agit-il vraiment de donner les moyens d’agir aux gens?, se demande-t-elle. Les gens détiennent un pouvoir, nous n’avons qu’à écouter les voix ignorées ». Et je dois avouer que mes deux jours au Sommet ont attiré mon attention sur les voix ignorées.

« Les gens font partie du processus »

« Rien n’est plus efficace que la mobilisation des personnes concernées. »

L’idée d’inviter des gens à faire partie du processus de recherche de solutions a été une révélation pour nous tous lors de notre table ronde. Qui est mieux placé pour trouver une solution viable à un problème que les personnes aux prises avec ce problème? Plusieurs participants à la table ont donné des exemples démontrant comment ils ont ouvert leurs processus à des groupes non classiques, afin qu’ils interviennent dans le débat. Par exemple, dans le cadre de la lutte contre l’itinérance à Austin, au Texas, on a enseigné aux sans-abri comment fonctionnent les budgets et les politiques à l’échelon municipal, de sorte qu’ils se sont trouvés bien outillés pour formuler des propositions à la Ville. Après tout, ils font ou ont fait l’expérience concrète de l’itinérance, et rien n’est plus efficace que la mobilisation des personnes concernées.

« Garder le contact avec le monde »

Pour garder le contact avec le monde, nous nous tournons vers les nouvelles, qui constituent notre principale source d’information. Cependant, le Sommet du PGO m’a rappelé que les nouvelles ne donnent qu’un portrait sommaire des autres pays et ne parlent bien souvent que de leur présence sur la scène internationale. Le Sommet m’a offert une occasion rare de voir de l’intérieur les mesures que ces pays prennent au niveau local pour améliorer leurs collectivités. C’est dans ce genre d’environnement qu’un véritable échange d’idées peut avoir lieu, et cela m’a rappelé que nous devrions tendre l’oreille chaque fois que nous le pouvons.

« Des priorités divergentes »

Au Sommet, je n’ai pas tardé à remarquer que les priorités diffèrent radicalement ici; alors que certains collègues parlent de programmathons et de solutions numériques, d’autres évoquent la pauvreté et la littératie. Je me suis alors demandé ce qu’il faudrait faire pour que tout le monde soit au même niveau au plan des priorités. Au fil du Sommet, des idées m’ont traversé l’esprit : bloquons-nous le développement d’autres pays parce que nous sommes trop axés sur l’avancement de la technologie, au lieu d’aider le monde à combler les besoins fondamentaux? À moins que, au contraire, les réussites obtenues à l’ère numérique ne permettent à leur tour de mettre l’ensemble de la planète sur la même longueur d’onde plus rapidement et plus efficacement? Les avantages d’un gouvernement ouvert prennent diverses formes, je suppose.

Cela débute par une secousse de votre bulle

Vivre dans une bulle ou un espace « confortable » présente plusieurs inconvénients. Tout au long du Sommet, il a été mentionné que les pays ouverts à la technologie numérique depuis des années sont maintenant « devancés » par les pays numériques émergents. Cela témoigne du fait qu’une situation désavantagée pousse un État à se dépasser, tandis qu’il est facile de s’asseoir sur ses lauriers et de se complaire dans la médiocrité.

« Les choses les plus importantes au monde sont celles qui me rappellent que le monde est incroyablement grand, et que mes problèmes et moi sommes intrinsèquement petits. »

C’est pourquoi je soutiens que les choses les plus importantes au monde sont celles qui me rappellent que le monde est incroyablement grand, et que mes problèmes et moi sommes intrinsèquement petits. Le Sommet du PGO a eu précisément cet effet pour moi, et mon équipe et moi en sommes partis avec l’idée d’appliquer ce que nous avions appris à notre propre travail et nos propres initiatives.

Il y a tant de choses dans le monde que nous pensons que nous ne pouvons pas voir, mais parfois, il s’agit simplement d’ouvrir les yeux.

 
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