Comment faire face au changement et au changement éventuel : un entretien avec le secrétaire parlementaire Greg Fergus

Présenté en collaboration avec le renouvellement de la fonction publique : Au-delà de 2020

Comment faire face au changement et au changement éventuel : un entretien avec le secrétaire parlementaire Greg Fergus

Durée : 8 minutes, 24 secondes.
Le téléchargement prendra peut-être un moment. Pour maximiser la fonctionnalité de cette page, veuillez activer le JavaScript.

« C’est vraiment incroyable, ce que la fonction publique a été capable de réaliser. »

Cela fait environ un an et quelques mois que la pandémie a été déclarée. Celle qui a bouleversé notre monde et chamboulé nos vies. Ma collègue et moi sommes côte à côte avec Greg Fergus, le secrétaire parlementaire du premier ministre, du président du Conseil du Trésor et de la ministre du Gouvernement numérique.

En d’autres circonstances, nous pourrions être assis côte à côte dans un bureau. Une salle de conférence. Peut-être même un café. Mais nous sommes en juin 2021, et nous nous trouvons là où nous sommes depuis 16 mois : devant nos ordinateurs, et ce ne sont que nos images côte à côte qui parlent à travers le cyberespace.

« Pensez à tout ce qui s’est passé au cours des 16 derniers mois, à toute la transition vers le travail virtuel, aux changements incessants dans nos vies à la maison. Rappelez-vous les angoisses de la pandémie, la dévastation d’apprendre la mort de George Floyd, la lutte contre le racisme envers les Noirs, la discrimination sous toutes ses formes et tous les effets en cascade de cet événement. Il y a eu tant de choses, et à travers tout cela, la fonction publique a su prendre le virage si rapidement. »

Il s’émerveille de la souplesse et de l’agilité de l’imposante machine que représente le gouvernement du Canada.

Une fonction publique remarquable

« Nous avons une fonction publique remarquable. Et tout au long de la pandémie, je pense que les Canadiens ont pris conscience de l’importance des fonctionnaires et de la chance que nous avons d’avoir une fonction publique aussi professionnelle, capable de s’adapter en un clin d’œil et de changer complètement sa façon de travailler.  »

« Nous avons une fonction publique remarquable. Et tout au long de la pandémie, je pense que les Canadiens ont pris conscience de l’importance des fonctionnaires et de la chance que nous avons d’avoir une fonction publique aussi professionnelle, capable de s’adapter en un clin d’œil et de changer complètement sa façon de travailler. »

Fergus a passé 25 ans en politique. Il explique qu’il a mobilisé la fonction publique à plusieurs titres. Il comprend que le Canada ne pourrait parvenir à faire son travail sans les fonctionnaires, tant au pays que sur la scène internationale. À l’écran, son sourire en dit long; c’est clair, la fierté qu’il manifeste est sincère.

« Mes paroles et mes actions en tant que politicien, décideur et leader communautaire ne signifient rien sans la fonction publique qui les soutient. Je lui en suis vraiment reconnaissant. Nous travaillons ensemble comme les rouages d’un système et la façon dont nous avons su nous transformer a été vraiment incroyable. »

« En tant que fonctionnaire, je sais que je fais partie des privilégiés. Nous avons la possibilité de travailler à domicile. Nous avons eu le privilège de conserver nos emplois et de subvenir aux besoins de nos familles. » Mais Fergus comprend que cela a été un défi de taille pour un grand nombre de personnes.

« 70 % des fonctionnaires travaillent à domicile et, bien sûr, comme tout le monde, ils doivent faire face aux problèmes de santé et de sécurité liés à une pandémie, prendre soin de leurs familles et essayer de répondre à toutes les exigences de la vie. Et malgré tout cela, la fonction publique a réussi à lancer de nouveaux programmes, à modifier les programmes existants et à s’assurer que tous les services dont les gens ont besoin continuent d’être accessibles pendant cette crise. »

Comme beaucoup d’entre nous, Fergus ressent de l’optimisme et de l’espoir alors que nous nous remettons lentement de la pandémie, mais il a aussi réfléchi aux événements de ces 16 mois. Il mentionne : « Je pense qu’il ne serait pas juste de parler de victoires et de réussites alors que tant de gens ont connu tant de dévastation, mais il serait également faux de ne pas réfléchir à ce qui s’est passé et à la façon dont nous avons réagi. ».

Leçons à retenir de la pandémie

« Je crois sincèrement que la pandémie nous a donné un aperçu de ce qui est possible. Ce dont nous sommes capables individuellement, mais surtout, collectivement. »

Il est clair qu’il y a réfléchi, alors je profite de l’occasion pour lui demander quelles sont les leçons qu’il a tirées de la pandémie et comment elles pourraient s’appliquer à la fonction publique. Il prend un moment de réflexion avant de répondre. « Pour moi, les leçons se gagnent à la dure ».

« Je pense que nous devons agir de façon sensée, et non pas comme nous l’avons toujours fait. Cela ouvre les portes à de belles possibilités. »

Sa réponse est lente, mesurée et réfléchie. « Je pense que nous devons agir de façon sensée, et non pas comme nous l’avons toujours fait. Cela ouvre les portes à de belles possibilités. »

« Nous ne devons pas faire preuve d’élitisme quant à l’origine d’une bonne idée. Celle-ci n’a pas besoin de monter jusqu’au haut de la hiérarchie. Nous devons trouver un moyen d’entendre ce qui se passe sur le terrain, et de prendre une bonne idée d’où qu’elle vienne sans tenir compte de la hiérarchie. »

« Je pense que nous devons être plus ouverts, en admettant que nous n’avons pas toutes les réponses, que nous pouvons faire des erreurs et que cela n’est pas une mauvaise chose. C’est génial quand on réussit du premier coup. Mais les leçons qui nous accompagnent toute notre vie sont celles où nous avons fait des erreurs. Si nous parvenons à dépasser cet état d’esprit selon lequel, parce que nous sommes le gouvernement, nous devons toujours avoir raison, nous pourrons nous concentrer sur la souplesse et l’agilité que nous savons être en mesure d’offrir. »

« Et je pense que nous devons être plus ouverts, en admettant que nous n’avons pas toutes les réponses, que nous pouvons faire des erreurs et que cela n’est pas une mauvaise chose. C’est génial quand on réussit du premier coup. Mais les leçons qui nous accompagnent toute notre vie sont celles où nous avons fait des erreurs. Si nous parvenons à dépasser cet état d’esprit selon lequel, parce que nous sommes le gouvernement, nous devons toujours avoir raison, nous pourrons nous concentrer sur la souplesse et l’agilité que nous savons être en mesure d’offrir. »

Il parle avec passion de la façon dont nous devrions être capables d’admettre nos erreurs. Il nous fait part de son expérience en tant que parent de trois enfants (maintenant adultes). « Mes enfants ne s’attendaient pas à ce que je sois parfait. Parfois, les choses ne fonctionnaient pas aussi bien que je l’avais espéré, et cela m’a aidé à devenir un meilleur parent. Nous devrions accueillir le changement et la croissance en chacun de nous », dit-il.

« C’est où je veux en venir quand je dis que la pandémie nous a donné cet avant-goût de ce qui est possible, poursuit-il. À de nombreuses reprises, la fonction publique a montré qu’elle pouvait utiliser avec succès un processus itératif. Vous essayez quelque chose, et cela ne donne pas les résultats escomptés, alors vous revenez en arrière, et très rapidement vous trouvez une solution qui fonctionne. »

« Bien qu’imparfaite, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) en est un bon exemple. La première version ne fonctionnait pas bien et ne répondait pas aux besoins des Canadiens, alors en deux semaines, elle a été ajustée, et un nouveau programme a été lancé. »

« Pour moi, c’est passionnant. C’était un processus itératif. Et j’aimerais voir le gouvernement faire cela régulièrement. Nous n’avons pas besoin de prendre trois ans pour concevoir un modèle parfait », dit-il.

Lutte contre le racisme et possibilité de changement

Alors que nous terminons l’entrevue, celle-ci se transforme en conversation. C’est surprenant, mais ça tombe bien. Nous parlons de nos expériences personnelles en tant que Canadiens racialisés, et la lettre que le sous-ministre Daniel Quan-Watson a rédigée au sujet de ses expériences du racisme au Canada est mentionnée. Beaucoup de fonctionnaires l’ont lue. Et Fergus aussi.

« J’ai pleuré, dit-il. C’était émouvant, mais ce n’est pas tout. J’ai vécu aussi ces expériences – tous ces souvenirs que j’avais enfouis, parce que nous devons survivre, et que nous ne pouvons pas rester accrochés à toutes ces choses. »

Je me demande ce que c’est que d’être un Canadien racialisé et une personnalité publique vers qui les gens se tournent pour obtenir des réponses. Et son honnêteté me donne le courage de lui demander comment il assume cette responsabilité, celle de dénoncer le racisme.

« Je l’assume de façon très imparfaite, répond-il. Parfois, j’ai l’énergie, et d’autres fois, je ne l’ai pas. Et ces jours-là, je me sens coupable de ne pas le dénoncer. Mais j’espère que si quelqu’un mesurait ma vie, il pourrait dire que j’ai plus souvent agi et donné mon avis sur le sujet, que le contraire. »

« Si vous ne faites rien, rien ne changera. Si vous avez une conversation à ce sujet, vous faites en sorte que les choses puissent changer. »

Fergus souligne que la responsabilité est partagée, « si vous ne faites rien, rien ne changera. Si vous avez une conversation à ce sujet, vous faites en sorte que les choses puissent changer. »

Après que nous avons terminé le clavardage vidéo, je pense à l’éventail des sujets que nous avons abordés. Une pandémie qui dure depuis plus de 16 mois. Une transformation complète de notre façon de travailler et de vivre. Le racisme systémique et le mouvement de lutte contre le racisme. Les luttes personnelles et collectives. Dans tout autre contexte, il est difficile d’imaginer le lien qui existe entre ces sujets. Mais en 2020, le contexte a été tout à fait particulier, et la pandémie ne nous a pas seulement poussés physiquement dans les limites de nos maisons, mais elle a aussi resserré les frontières que nous avions établies comme étant mutuellement exclusives : sur le plan du sexe, de la race et de la classe sociale.

Des frontières qui étaient peut-être confortables, mais qui ne sont plus pertinentes.

« Il y a ici un réel espoir, et la façon dont les fonctionnaires croient et ont confiance dans le gouvernement pour trouver une solution maintenant joue un rôle très important. Et je sais que les choses seront différentes. Je crois vraiment qu’elles seront meilleures. »

« Ces conversations sont difficiles et embarrassantes, déclare Fergus. Mais, il y a ici un réel espoir, et la façon dont les fonctionnaires croient et ont confiance dans le gouvernement pour trouver une solution maintenant joue un rôle très important. Et je sais que les choses seront différentes. Je crois vraiment qu’elles seront meilleures. »

 
Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :