Promouvoir la diversité et l’inclusion au pays et à l’étranger

par : une fonctionnaire enthousiaste | | Partagez

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David Da Silva, Conseiller en affaires politiques et publiques au Haut‑commissariat du Canada au Kenya
David Da Silva, Conseiller en affaires politiques et publiques au Haut‑commissariat du Canada au Kenya

Chaque jour, partout dans le monde, des personnes de diverses orientations sexuelles et de genre se battent pour vivre librement, ouvertement et sans crainte. De nombreux gouvernements dans le monde continuent d’entraver leur progrès en adoptant et en maintenant des lois qui nuisent aux membres de la communauté LGBTQ2+. Grâce au travail acharné des Canadiens marginalisés et de leurs alliés, le Canada est devenu un endroit où l’on s’efforce d’accroître la diversité et l’inclusion au sein de la société. Dans l’équipe de La vie en numérique, nous avons eu l’occasion de nous asseoir avec un champion de ce progrès, David Da Silva, pour entendre ses réflexions sur la promotion de la diversité et de l’inclusion, tant au pays qu’à l’étranger.

Comme il me l’a dit fièrement, David est fonctionnaire pour Affaires mondiales Canada depuis 20 ans. En tant que diplomate canadien, son travail l’a amené à des endroits comme Manille, Beyrouth et Caracas. Il est aujourd’hui à Nairobi, où il a été haut-commissaire par intérim du Canada au Kenya, et il travaille maintenant au Haut-commissariat à titre de conseiller en affaires politiques et publiques. David préconise de vivre de façon authentique dans sa vie de tous les jours et dans sa carrière. Il est un homme de couleur ouvertement gai qui a travaillé dans différents pays comme diplomate. Dans certains des pays où il a travaillé, il y a des lois et des sentiments hostiles à la communauté LGBTQ2+. Son identité et la nature de son travail lui ont donné une expérience unique de promotion de la diversité et de l’inclusion.

La mission au sein de la mission

« L’emploi est captivant, étonnant et distrayant. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, ce qui, je crois, fait partie de l’attrait de l’emploi. »

« À titre d’agent politique, de chef de mission et maintenant de conseiller en affaires politiques et publiques, mon travail était et est d’aller sur le terrain pour dire à quel point la diversité est fantastique. »

Vous vous demandez peut-être ce qu’un agent d’un Haut-commissariat ou d’une ambassade fait au quotidien. Je sais que c’était mon cas. « À titre d’agent politique, de chef de mission et maintenant de conseiller en affaires politiques et publiques, mon travail était et est d’aller sur le terrain pour dire à quel point la diversité est fantastique », a expliqué David.

Il parle de son séjour au Venezuela, où le sentiment anti-LGBTQ2+ est généralisé. Son équipe a œuvré auprès de groupes LGBTQ2+ pour voir à ce qu’ils aient les connaissances et les compétences nécessaires pour défendre leurs droits dans ce pays. Ils ont aidé la société civile à utiliser la constitution du Venezuela pour veiller à ce que les droits de la personne de tous les Vénézuéliens, y compris les personnes LGBTQ2+, soient respectés. Ils ont également collaboré avec des journalistes pour faire en sorte que leurs reportages sur les enjeux liés à la communauté LGBTQ2+ soient neutres, plutôt que fondés sur les préjugés anti-LGBTQ2+ habituels, afin de contribuer à changer la perception du public.

Si vous vous êtes déjà demandé comment un privilège peut être utilisé pour aider les autres, David vous donne un exemple exceptionnel. Il a reconnu que son poste de diplomate lui procure des privilèges et il a utilisé ce pouvoir pour changer la dynamique d’une situation dangereuse. « J’ai fait savoir au ministère des Affaires étrangères que moi, diplomate queer, j’allais participer à un défilé de la fierté gaie au centre-ville. J’ai mentionné que je m’attendais à ce que la police vénézuélienne respecte les règles, notamment celle de protéger tous les diplomates. Sachant que des diplomates participeraient au défilé, le Ministère allait demander à la police d’y penser à deux fois avant d’encourager ou d’autoriser la violence contre les participants au défilé. Essentiellement, j’ai utilisé mon privilège pour protéger les gens autour de moi, rendant la marche illégale sécuritaire. »

Lorsqu’il travaille à l’administration centrale à Ottawa, entre deux affectations, son équipe et lui poursuivent leur travail pour promouvoir la diversité et l’inclusion. Ils ont fait des progrès importants pour les fonctionnaires LGBTQ2+ dans le domaine de la protection diplomatique. Cette protection remonte au XVIIIe siècle, donc certains aspects sont souvent désuets dans divers pays, notamment la définition du ménage du diplomate, qui ne reconnaît généralement qu’un conjoint de sexe opposé et des enfants biologiques. David explique que les mesures de protection familiale diffèrent d’un pays à l’autre. Selon leur définition de la famille ou des partenaires, le pays peut offrir des immunités diplomatiques complètes, partielles ou nulles aux partenaires de même sexe ou à tout enfant qui n’est pas biologiquement lié au diplomate. « Si j’étais affecté au Kenya et marié à une femme, celle-ci jouirait d’une immunité diplomatique complète. Cependant, si j’amenais mon partenaire de même sexe au Kenya, celui-ci ne serait pas reconnu comme mon conjoint et n’aurait aucune protection. Donc, mon partenaire de même sexe serait théoriquement à risque d’arrestation, d’expulsion, d’intimidation, de harcèlement ou pire encore. C’est mauvais pour mon conjoint, évidemment, mais c’est aussi mauvais pour la diplomatie. »

« Nous exerçons des pressions en faveur d’accords de libre-échange et de la protection des droits de la personne. Pourquoi ne pas faire pression pour nos propres employés, nos propres fonctionnaires, en leur accordant l’immunité et la protection diplomatiques? » 

Alors, comment son équipe a-t-elle travaillé pour régler ce problème? Ils ont sondé les missions canadiennes partout dans le monde pour leur demander de faire pression auprès de leur gouvernement hôte pour accroître la reconnaissance diplomatique et la protection des partenaires LGBTQ2+ et de leurs personnes à charge. « Nous exerçons des pressions en faveur d’accords de libre-échange et de la protection des droits de la personne. Pourquoi ne pas faire pression pour nos propres employés, nos propres fonctionnaires, en leur accordant l’immunité et la protection diplomatiques? » Leur équipe a créé une carte qui permet aux diplomates de voir quels pays ont accepté de respecter certaines immunités. Ils peuvent ensuite utiliser cette carte pour choisir une affectation en fonction de leur tolérance au risque. « Beaucoup de pays sont plus tolérants que vous ne le pensez. Ils ne vous accordent peut-être pas toutes les immunités officielles, mais ils vous accordent des immunités partielles, et vous savez quoi? Dans bien des cas, c’est suffisant. »

Les fondements de la diversité et de l’inclusion

Compte tenu de sa contribution unique à l’amélioration de la diversité et de l’inclusion au sein du gouvernement, je voulais savoir si David avait des conseils pour aborder ce genre de travail. Il n’est pas surprenant qu’il ait des conseils, sous la forme de trois principes.

Respecter le point de vue de chacun

N’oubliez pas que chaque personne apporte des convictions et des expériences qui lui sont propres.

« Les a priori vous empêchent de voir toute la couleur de la riche mosaïque d’expériences des gens. »

Montrer autant que parler

Les politiques et les campagnes peuvent influer sur le changement des conditions extérieures, mais il est plus compliqué de changer un système de convictions personnelles. Peu importe ce que vous voulez faire, le fait d’essayer d’imposer un changement de convictions est une tâche incroyablement fatigante sur le plan émotionnel et pourrait ne pas être un objectif réaliste. La meilleure chose à faire, c’est de vivre sa vie comme on le ferait normalement. Le fait de montrer la diversité et l’inclusion de façon authentique permet d’éliminer les stéréotypes et de normaliser divers modes de vie.

« Si quelqu’un est homophobe, la meilleure chose à faire est de lui montrer que mon partenaire et moi sortons et parlons de nos belles vacances. En voyant cela, ils se rendent compte que ce n’est pas différent de ce que font les autres. »

Utiliser ses privilèges

« Comment utilisez-vous vos privilèges afin de créer des espaces pour les personnes qui n’ont pas le pouvoir d’en créer pour elles-mêmes? »

Si vous avez le pouvoir ou l’expérience pour le faire, dénoncez les commentaires racistes, homophobes ou capacitistes lorsque vous les entendez. Créez des espaces plus sûrs pour les personnes qui ont moins de privilèges, et dites-leur qu’elles peuvent s’adresser à vous pour obtenir du soutien si elles se trouvent dans une situation inconfortable.

Être fidèle à soi même pas à pas

Vous n’avez peut-être pas remarqué (ou peut-être l’avez-vous remarqué, mais je vais quand même le souligner) les multiples occurrences des mots « diversité et inclusion » dans cet article. C’est devenu un mot à la mode au sein du gouvernement, et je pense qu’il est important de réfléchir à cette expression et à ce qu’elle signifie. À mon avis, les réalisations de David au cours des 20 dernières années en matière de promotion de l’acceptation et de la sécurité pour divers groupes sont l’essence même de la diversité et de l’inclusion au sein du gouvernement. Accroître et promouvoir la diversité et l’inclusion signifie donner aux membres marginalisés de la société la possibilité d’être eux-mêmes, de vivre leur vie de façon authentique et sans crainte.

« Quand on est forcé de rester dans un cadre, le monde rétrécit, et on finit par vivre dans cet univers noir et blanc où l’on ne se sent pas à sa place. » 

Tout au long de notre conversation, David a insisté sur l’importance d’être soi-même. « Quand on est forcé de rester dans un cadre, le monde rétrécit, et on finit par vivre dans cet univers noir et blanc où l’on ne se sent pas à sa place. » Lorsqu’on permet aux gens d’être eux-mêmes, on crée un milieu de travail plus fort et plus stimulant. La capacité de David d’être lui-même est peut-être ce dont il est le plus fier dans sa carrière. « Je ne sais pas si je peux dire que j’en suis fier, parce que c’est ma personnalité, mais après 20 ans à vivre ainsi, je trouve que c’est vraiment génial de pouvoir défier les attentes et les normes simplement en étant moi-même. »

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