Série de questions-réponses de La vie en numérique : l'art du possible

par : une fonctionnaire enthousiaste | | Partagez

Neil Bouwer
Neil Bouwer, vice-président, l’École de la fonction publique du Canada

Neil Bouwer se dit être du genre à apprendre par essai et erreur. Pourquoi parlons-nous de styles d’apprentissage? Parce que Neil est le vice-président de la Direction générale de l’innovation et du perfectionnement des compétences à l’École de la fonction publique du Canada (EFPC). Mes collègues et moi avons eu l’occasion de discuter, en vidéoconférence bien sûr, avec Neil sur l’Académie du numérique, le perfectionnement professionnel, les projets phares et plus encore.

(Remarque : Pendant que vous lisez ces questions-réponses, imaginez Neil assis devant l’arrière-plan d’un feu de foyer crépitant, comme c’était le cas lors de notre entrevue sur Teams. C’était exactement ce qu’il nous fallait pour créer une atmosphère chaleureuse au travail pour passer à travers l’hiver froid canadien.)

Bonjour Neil, enchanté!

Enchanté!

Avant de passer aux questions plus techniques, commençons par quelques questions sur vous. Travaillant à l’EFPC et avec l’Académie du numérique, vous êtes entouré d’occasions d’apprentissage – quel est votre environnement d’apprentissage idéal, d’après vous?

Étant donné que j’apprends par la pratique et que j’aime essayer de nouvelles choses, je pense que le meilleur environnement d’apprentissage pour moi est un espace sûr où je peux expérimenter et tenter des choses de façon réfléchie. Un environnement d’apprentissage n’est pas créé pour une seule personne. D’après moi, un excellent milieu d’apprentissage est un endroit où je peux échanger des idées et essayer des choses avec d’autres personnes motivées à apprendre. Bref, comme être dans un bac à sable avec des amis.

Sur le plan de l’apprentissage, quelle est votre devise?

(Neil rit) J’aurais aimé avoir lu ces questions avant!

Je dirais que si vous voulez exceller, vous devez innover. Et innover implique l’apprentissage, la réussite et l’échec. Je ne sais pas si c’est une devise percutante, mais je pense que si vous voulez exceller dans ce que vous faites, vous devez être à la fine pointe, être avant-gardiste et pour y arriver, il faut passer par un processus d’apprentissage.

Je ne pense pas que j’aurais pu trouver une devise sur le coup, alors merci pour ça! J’ai une dernière question avant d’entrer dans le vif du sujet : quel est le meilleur conseil que vous avez jamais reçu sur l’apprentissage?

« Trop souvent, nous voyons les intellectuels, les écrivains, les commentateurs, les universitaires et les praticiens de premier plan comme étant inaccessibles, comme s’il était impossible de les inviter à parler devant un groupe ou à partager ce qu’ils saven. »

Mon doux! Je pense que le meilleur conseil est de ne pas s’autocensurer quand on veut communiquer avec des gens dans l’industrie. Trop souvent, nous voyons les intellectuels, les écrivains, les commentateurs, les universitaires et les praticiens de premier plan comme étant inaccessibles, comme s’il était impossible de les inviter à parler devant un groupe ou à partager ce qu’ils savent. C’est un ancien mentor qui m’a fait remarquer que la plupart des gens s’autocensureront eux-mêmes et cela limitera l’efficacité de leur apprentissage et de leur travail.

C’est un très bon conseil, et nous devrions tous essayer de nous en souvenir. Parlez-nous un peu de votre rôle à l’EFPC.

Bien sûr! Je suis le vice-président de l’École de la fonction publique du Canada et je suis responsable de l’innovation et du perfectionnement des compétences. Cela signifie que je me concentre sur les domaines de l’excellence et de l’administration publique, en particulier sur les domaines d’apprentissage qui mettent l’accent sur l’avenir du gouvernement.

Du côté du perfectionnement des compétences, j’ai un groupe appelé l’Académie du numérique qui voit les compétences et les mentalités numériques comme un outil pour le leadership et la gestion de l’ère moderne. J’ai aussi un groupe qui s’occupe des compétences transférables et qui essaie de tirer les meilleures pratiques d’affaires d’un peu partout pour les appliquer à la modernisation du secteur public.

L’autre partie de mon équipe s’occupe de l’innovation dans le secteur public, où, en gros, nous essayons de présenter des pratiques émergentes aux projets de démonstration et aux projets phares à la fonction publique. Ce sont des domaines où nous n’avons pas le temps d’élaborer un cours, ou peut-être que les enjeux ou les domaines sont si nouveaux qu’il n’y a personne qui sait comment les mettre sur pied ou les enseigner. Nous nous engageons plutôt dans des projets phares comme l’intelligence artificielle.

Mis ensemble, le perfectionnement des compétences et l’innovation dans le secteur public sont en quelque sorte un nouveau secteur de l’École de la fonction publique du Canada où nous essayons d’aider les fonctionnaires à comprendre l’art du possible et à prendre des mesures concrètes pour expérimenter avec les technologies émergentes.

Quelles initiatives sont en cours à l’École pour s’améliorer et innover en matière d’apprentissage?

Tout d’abord, l’École a pris la décision de moderniser sa plateforme d’apprentissage.

C’est intéressant! J’aimerais en apprendre plus à ce sujet.

C’est un projet rare à l’échelle de l’organisation qui est élaboré selon les normes numériques modernes, et nous espérons qu’il fonctionnera bien dans tous les ministères et organismes. La plateforme permettra d’avoir des formes d’apprentissage plus souples. Ce sera une sorte de plateforme de gestion de contenu moderne. Il y aura également un meilleur travail en coulisses de l’analyse des données, « Où les cours sont-ils plus efficaces? Où les gens abandonnent-ils ou progressent-ils? », afin que nous puissions créer une meilleure expérience utilisateur et itérer nos produits pour mieux répondre aux besoins des étudiants.

J’ai vraiment hâte de voir la plateforme. (Note de la rédaction : La plateforme est enfin là! Visitez gcxchange pour en apprendre davantage.)

Il y a eu beaucoup de changements au cours des deux dernières années. Comment l’apprentissage a-t-il évolué à l’École au cours de cette période, et quels ont été certains des défis ou des moments encourageants?

« Je pense vraiment que le leadership a évolué, et que l’un des grands défis en matière de leadership de notre temps au gouvernement est la façon dont nous allons aller de l’avant et consolider certains des gains que nous avons réalisés dans les pratiques numériques, la flexibilité pour les employés et les pratiques de travail efficaces, tout en ne revenant pas aux anciennes pratiques qui, en fin de compte, étaient peut-être moins efficaces. »

Tout d’abord, permettez-moi de dire que je pense vraiment que le leadership a évolué, et que l’un des grands défis en matière de leadership de notre temps au gouvernement est la façon dont nous allons aller de l’avant et consolider certains des gains que nous avons réalisés dans les pratiques numériques, la flexibilité pour les employés et les pratiques de travail efficaces, tout en ne revenant pas aux anciennes pratiques qui, en fin de compte, étaient peut-être moins efficaces.

À l’École, nous étions très bien placés pour faire face à la pandémie, dans le sens où tous nos employés avaient des téléphones et des ordinateurs portables, nous avions déjà commencé la migration vers Microsoft Office 365, et nous étions déjà une organisation décentralisée à bien des égards allant vers un avenir sans papier, etc. Je me sens très chanceux d’avoir été à l’École pendant cette période.

Nos étudiants avaient besoin de s’adapter un peu plus. Ils sont habitués à venir en classe, dans une cohorte, et tout à coup, les choses se passent en ligne et ça a entraîné quelques répercussions. Le nombre de personnes qui assistent à nos activités d’apprentissage a explosé. Nous étions déjà heureux d’avoir 100 personnes dans une salle et maintenant nous en avons 1000 sans problème. Cependant, l’apprentissage est plus court, plus autonome, plus modulaire, et plus axé sur les besoins de l’utilisateur. Je pense aussi que les gens apprécient différentes formes d’apprentissage. Que ce soient des blogues, des podcasts, des microproduits d’apprentissage comme sur notre plateforme Trajets en bus, des vidéos sur notre chaîne YouTube, ou d’autres outils d’apprentissage. Je pense que les gens veulent plus de formats d’apprentissage accessibles et souples, et la demande de ce genre d’apprentissage augmente pendant la pandémie, donc nous avons décidé de relever le défi.

Quels sont certains avantages et inconvénients que vous constatez avec l’apprentissage à distance par rapport à l’apprentissage en personne?

Je pense qu’il y a beaucoup d’avantages à l’apprentissage à distance. C’est plus facile d’accès et ça prend moins de temps. Il n’est pas nécessaire de conduire et de trouver un stationnement, d’arriver à un moment précis et de se sentir mal à l’aise d’arriver en retard, donc c’est beaucoup plus flexible en termes de participation en direct. C’est plus facile de choisir l’élément qui vous intéresse vraiment. Vous voulez peut-être assister à une seule séance d’une conférence, donc c’est un peu malcommode d’aller à Toronto pour assister à une seule séance. Alors qu’avec le travail à distance, vous pouvez mieux choisir les types d’apprentissages que vous voulez faire; ce qui est incroyable.

« Les fonctionnaires de partout au pays et de l’étranger peuvent maintenant avoir accès à plus de cours, ce qui permet d’égaliser les chances entre les gens qui sont dans une grande ville ou dans la région de la capitale nationale et ceux qui ne le sont pas. »

Nous offrons aussi beaucoup d’activités d’apprentissage en petit format. Nous avons un cours où chaque semaine nous vous envoyons un courriel avec du travail d’apprentissage, qui vous prendra environ 20 minutes, sur une période de 6 à 9 semaines afin de compléter l’équivalent d’un cours. C’est une façon assez flexible d’apprendre! C’est également moins cher, donc vous pouvez participer à beaucoup plus pour beaucoup moins si vous le faites en ligne, surtout si c’est en autoapprentissage et modulable pour un large public. Les fonctionnaires de partout au pays et de l’étranger peuvent maintenant avoir accès à plus de cours, ce qui permet d’égaliser les chances entre les gens qui sont dans une grande ville ou dans la région de la capitale nationale et ceux qui ne le sont pas.

En ce qui concerne les inconvénients, parfois, on veut juste être en compagnie d’un autre être humain, particulièrement en situation de mentorat ou d’encadrement. De même que lorsque vous êtes dans un environnement de groupe où vous essayez de nouer des amitiés. Cela dit, nous essayons encore de nous habituer et nous pouvons toujours être très sincères et sociables sans être là en personne. Mais c’est sûr que parfois ça aide.

Ce sont de bons points. Nous sommes presque à la fin de l’entrevue, mais j’ai une question à propos de vos projets phares. Est-ce que l’École va à la recherche de ces projets précis, ou est-ce que les gens viennent vous voir et vous disent : « Regardez, nous avons ce projet excitant que nous aimerions que l’École présente »?

Merci de me donner l’occasion de parler des projets phares! C’est un mélange des deux. Nous avons une communauté d’environ 15 à 20 ministères qui collaborent tous dans cet espace. Nous partageons toutes nos ressources pour réaliser certains de ces projets phares et le groupe de leaders détermine sur quels projets nous travaillons.

Souvent, nous suivons les besoins de l’entreprise. Par exemple, en ce moment nous explorons des projets dans le domaine de l’AIPRP afin d’utiliser l’intelligence artificielle et l’automatisation pour rendre plus efficaces la découverte et la recherche de documents, ainsi que le caviardage des documents en utilisant des algorithmes qui aideront les gens à repérer les documents à caviarder.

Il y a d’autres domaines où les données sont à l’origine du projet. Le ministère de la Justice Canada a récemment publié des règlements lisibles à la machine, ce qu’ils font périodiquement, et nous utilisons l’analyse des données sur ces données et nous générons toutes sortes d’idées et de services intéressants. Avant, les avocats passaient des heures à peaufiner les règlements pour déterminer les normes et l’incorporation par renvoi. Nous avons automatisé ce processus et nous pouvons obtenir des estimations instantanées et très précises de ces documents en utilisant l’analyse de données.

Il y a aussi des exemples axés sur les priorités où quelqu’un travaille dans un domaine et veut faire progresser la réflexion dans ce domaine. Par exemple, la modernisation de la réglementation, où le gouvernement a demandé aux ministères d’être en mesure de faire l’inventaire des examens de règlements. Nous pensons pouvoir construire des outils fondés sur l’intelligence artificielle qui peuvent aider les ministères à faire le bilan des règlements, ce qui est une priorité pour le gouvernement. Il y a environ une douzaine de projets intéressants dans cette sphère.

Un domaine axé sur les capacités pour les projets phares peut être orchestré par exemple, par une équipe qui travaille avec Emploi et Développement social Canada sur la transformation de certains des nouveaux milieux de travail du GC en 3D pour s’adapter à la formation et la gestion du changement. Nous utilisons cette capacité pour rendre les environnements 3D et nous l’appliquons à nos événements d’apprentissage.

J’aimerais bien voir ça!

Si vous vous inscrivez à un événement d’apprentissage de l’École du Canada, vous trouverez des kiosques comme ceux en présentiel. Ils sont en 3D et ils tournent en l’air, et vous pouvez les tourner et ensuite sélectionner des parties du kiosque qui vous redirigera à un site Web, une vidéo ou quelque chose d’autre.

Ça a l’air fantastique! Merci beaucoup d’avoir pris le temps de discuter avec nous aujourd’hui, Neil. J’ai hâte de voir ce que l’École a de prévu pour l’avenir.


 
Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :