Allocution prononcée par l’honorable Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté : Annonce concernant le lancement d’un volet réservé aux réfugiés visant à offrir l’asile aux défenseurs des droits de la personne en danger qui ont fui la persécution dans leur pays d’origine

Discours

Ottawa (Ontario)

Le 16 juillet 2021

Tel que prononcé

Bonjour tout le monde. Il est essentiel de reconnaître que je me joins à vous depuis le territoire traditionnel autochtone des Mississaugas de Credit et des Haudenosaunee. Je souhaite également souligner la présence de plusieurs invités spéciaux pour l’annonce d’aujourd’hui; deux d’entre eux nous joignent par vidéoconférence depuis l’Europe.

Andrew Anderson, directeur exécutif, Front Line Defenders, et Gerald Staberock, président du conseil d’administration de ProtectDefenders.eu. Naturellement, nous avons aussi la chance d’avoir avec nous Rema Jamous, représentante du HCR au Canada, Kamali Powell de Rainbow Railroad et Peter Schaller du Centre canadien du PEN International. Nous vous remercions tous, non seulement pour votre présence aujourd’hui, mais aussi pour votre travail et votre soutien inébranlable pour faire progresser les droits de la personne grâce à la réinstallation des réfugiés.

Le Canada possède une longue et fière tradition d’accueil des personnes les plus vulnérables du monde, une tradition que le gouvernement a maintenue et renforcée. Notre volume de réinstallations de réfugiés effectuées annuellement a plus que doublé depuis 2015. Nous avons mis sur pied et mené à bien de nombreuses initiatives historiques, notamment l’Opération visant les réfugiés syriens, qui a permis de réinstaller plus de 70 000 personnes au Canada.

Ils font désormais partie de communautés réparties dans l’ensemble du pays, notamment l’entrepreneur en restauration Rasul Alabrak à la tête du Damascus House à London, en Ontario. J’ai récemment eu l’honneur de rencontrer Rasul et sa famille – je recommande vivement les brochettes mixtes, d’ailleurs. Le gouvernement a également établi et élargi des voies d’immigration pour les yézidis, les survivants de Daech, les anges gardiens et de nombreuses autres populations vulnérables.

En 2020, au plus fort de la pandémie, dans un monde aux frontières fermées, le Canada a quand même pu accueillir environ un tiers de tous les réfugiés réinstallés dans le monde. Il y a quelques semaines, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, j’ai présenté trois nouvelles mesures destinées à renforcer ce fondement. Le projet pilote de mobilité économique, tout d’abord, qui reconnaît les talents et les compétences des réfugiés en les accueillant dans le cadre de volets de l’immigration économique.

Le projet pilote s’allie avec succès avec des chefs d’entreprise qui parrainent des réfugiés afin de leur offrir des emplois ciblés. Cette collaboration contribue à rendre les entreprises canadiennes plus concurrentielles, mais elle donne également aux réfugiés parrainés une longueur d’avance. C’est pourquoi j’ai été enchanté de dévoiler la prochaine phase du projet, qui permettra de réinstaller 500 réfugiés et leurs familles.

Deuxièmement, nous nous sommes engagés à bonifier le Programme de parrainage privé de réfugiés, de renommée mondiale, en lançant un appel aux propositions visant à améliorer les services de soutien fournis par les répondants privés et à faire en sorte que les réfugiés puissent pleinement tirer parti de cette aide. Et puis troisièmement, nous avions annoncé que le Canada doublerait presque le nombre de personnes protégées, qui passera de 23 500 à 45 000 cette année.

Cela signifie que les personnes les plus vulnérables peuvent rapidement devenir des résidents permanents, se réunir avec leur famille et s’établir dans leur communauté. Lorsque le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, compare le Canada à une lumière vive, on sait qu’il est sincère. Cette lumière brille grâce à la générosité des Canadiens qui jouaient un rôle central dans l’accueil de réfugiés au sein de leurs communautés.

Cela reflète notre vraie nature à nous les Canadiens – nous sommes ouverts, compatissants et généreux. Grâce aux Canadiennes et aux Canadiens, nos efforts changent les choses. Toutefois, le travail n’est pas terminé. Nous vivons dans un monde de plus en plus complexe et incertain, où les droits de la personne et la démocratie elle-même sont menacés. Le concept de la réinstallation évoque des personnes qui ont été involontairement évacuées de leur domicile en raison de guerres, de conflits et de persécutions.

Cependant, nous ne devons pas négliger ceux qui témoignent de ces tragédies humaines, qui se mobilisent par le biais de manifestations et de reportages afin que le reste d’entre nous puisse être informés, mais qui, ce faisant, risquent d’être persécutés, arrêtés, torturés et même tués. En conséquence, de plus en plus de journalistes et de défenseurs des droits de la personne sont contraints de quitter leur pays fin d’échapper aux menaces auxquelles ils font face.

En 2020, le nombre de journalistes assassinés en raison de leur travail de journalisme a doublé. Pour ceux qui défendent les droits de la personne y compris les journalistes et les défenseurs des droits de la personne, les universitaires et les travailleurs humanitaires, le risque pour la sécurité personnelle est bien réel. Les personnes s’exposant à de grands risques au nom de la démocratie, de la responsabilité, de la liberté et des droits de la personne sont celles qui ont le plus besoin de notre protection.

Que ce soit les régimes autoritaires ou le crime organisé, les menaces n’ont jamais été aussi importantes. Cela signifie que les personnes qui défendent les droits de la personne ont plus que jamais besoin de notre protection, et il s’agit exactement de ce que nous allons leur offrir. Nous annonçons la création d’un volet réservé aux réfugiés au Canada, afin d’offrir un refuge sécuritaire aux défenseurs des droits de la personne qui sont à risque et qui ont fui la persécution dans leur pays d’origine.

Aujourd’hui je suis fier d’annoncer le lancement d’un volet réservé aux réfugiés visant à offrir l’asile aux défenseurs des droits de la personne en danger qui ont fui la persécution dans leur pays d’origine. Le Canada devient le premier pays au monde à offrir une voie d’accès à la résidence permanente réservée aux défenseurs des droits de la personne. En lançant ce nouveau volet pour les réfugiés, nous envoyons un message clair dans le monde.

Face à des dangers croissants, le pays continuera de soutenir les défenseurs des droits de la personne. Grâce à cette initiative, nous prévoyons réinstaller 250 réfugiés pris en charge par le gouvernement par année, y compris les membres de leur famille, et leur fournir le soutien nécessaire afin que le Canada soit leur nouveau foyer. Une attention particulière sera notamment accordée aux personnes plus à risque, telles que les femmes et les membres de la communauté LGBTQ2.

Nous ne pouvons pas accomplir ce travail seuls. Nous y parviendrons en nous associant à ceux qui abattent déjà un travail remarquable sur le terrain, des partenaires comme ProtectDefenders.eu et Front Line Defenders, ainsi que l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés pour les réfugiés et d’autres organisations canadiennes. Ensemble, ces organismes nous aideront à cibler les défenseurs des droits de la personne qui ont besoin d’être réinstallés.

Permettez-moi de prendre un moment pour souligner le travail de plusieurs organisations canadiennes qui ont joué un rôle déterminant dans la conception de ce programme en apportant leur expertise, notamment Amnistie internationale, le Conseil canadien pour les réfugiés, les Journalistes canadiens pour la liberté d’expression, le réseau Scholars at Risk du Caire, le Centre canadien du PEN International et Rainbow Railroad.

Je suis très heureux que des représentants de deux de ces organisations se joignent à nous aujourd’hui, soit Peter Schaller du Centre canadien du PEN International et Kamali Powell de Rainbow Railroad. Tous deux ainsi que leurs organisations illustrent à quel point les Canadiennes et Canadiens dévoués peuvent soutenir les défenseurs des droits de la personne persécutés dans le monde entier, qu’il s’agisse de militants ou de combattants membres de la communauté LGBTQ2 persécutés ou encore de personnes défendant la liberté d’expression.

Comme nous le savons tous, la pandémie mondiale a touché tous les programmes y compris nos programmes de réinstallation des réfugiés. Nous savons que le temps est compté, c’est pourquoi nous prendrons des mesures d’urgence afin de faire venir ces personnes au Canada. Nous avons aussi la possibilité de traiter certains cas dans le cadre du Programme de protection d’urgence pour lequel des lettres d’exemption d’intérêt national peuvent être délivrées afin d’exempter ces cas des restrictions de voyage actuelles, lorsque c’est nécessaire.

Nous travaillerons de concert avec nos partenaires provinciaux et territoriaux, les municipalités, les organismes d’aide à l’établissement et des partenaires comme les organismes de défense des droits de la personne que j’ai déjà mentionnés, afin de déterminer les collectivités où ces personnes seront envoyées. Permettez-moi d’aborder le dernier point, mais non le moindre. Afin de protéger ces personnes des persécutions auxquelles elles ont échappé, nous ne divulguerons pas où ces défenseurs des droits de la personne s’installeront.

En terminant, permettez-moi de souligner à quel point je suis fier de cette initiative et de toutes les organisations qui nous ont soutenus pour en arriver là. (Inintelligible) la compassion et l’expertise du Canada en nous permettant d’offrir aux défenseurs des droits de la personne qui ont besoin de protection et à leurs familles, une voie vers la résidence permanente dans un pays qui a un brillant bilan en matière de réinstallation des réfugiés.

Je tiens à souligner que dans un monde où les frontières sont fermées, nous devons voir plus loin et réfléchir à ce que nous pouvons faire afin de mieux protéger certaines des personnes les plus vulnérables de la planète. Ce travail n’est jamais facile ni simple, mais il demeure nécessaire, et les Canadiennes et les Canadiens connaissent et partagent la responsabilité de poursuivre ce travail. Merci. Thank you. Je vais maintenant demander à Rema Jamous de prononcer quelques mots, puis à Andrew, de Front Line Defenders, et enfin à Gerald Staberock, de ProtectDefenders.eu, de prendre la parole.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :