ARCHIVÉ – Discours – Notes d’allocution prononcée par l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme lors de la conférence « L’époque du St. Louis : Se rappeler le passé, Aller de l’avant »

Ottawa (Ontario)
Le 1er Juin 2009

Tel que prononcé

* * * * *

Merci beaucoup.

Au nom de notre gouvernement et du premier ministre Stephen Harper, je souhaite la bienvenue à chacun d’entre vous et surtout aux survivants qui sont ici, particulièrement les délégués internationaux. J’aimerais remercier nos partenaires, le Département d’État des États–Unis, le ministère des Affaires étrangères de la France, le Holocaust Museum des États–Unis et le Mémorial de la Shoah. Je tiens à remercier en particulier notre partenaire canadienne et hôte conjointe, l’association B’nai Brith, pour son travail remarquable dans l’organisation de cet événement.

Cette conférence marque la fin de plus de deux ans de travail au Canada, dans le cadre de nos efforts afin d’adhérer au Groupe de travail pour la coopération internationale en matière de sensibilisation, de commémoration et de recherche au sujet de l’Holocauste (ITF). C’est également le résultat de dizaines d’années d’efforts constants de la part de chercheurs, d’enseignants, de survivants de l’Holocauste et d’établissements publics, et un événement qui témoigne de la richesse des connaissances que nous possédons au Canada et partout dans le monde au sujet de l’Holocauste.

Des conférences comme celle-ci sont essentielles et la participation du gouvernement l’est aussi, mais si en fin de compte nous voulons, en tant que société, tirer des leçons du passé et éviter de répéter le rapport entre l’antisémitisme et la violence antisémite, il faut que ce soit notre société civile entière qui apprenne du passé, car le gouvernement ne peut agir seul.

Mesdames et Messieurs, le premier ministre a un engagement profond à l’égard des activités de sensibilisation, de commémoration et de recherche liées à l’Holocauste, engagement qui, je pense, a été en partie reconnu hier soir quand il a reçu du Centre Simon Wiesenthal le prix du leadership international Simon Wiesenthal. Ce prix reconnaît ses efforts et son leadership à l’égard de la sensibilisation à la réalité historique de l’Holocauste, mais aussi à l’égard de la lutte contre les manifestations modernes de l’antisémitisme.

Cette année marque le 70e anniversaire du voyage du St. Louis. Comme nous le savons, ce navire a pris la mer à partir de l’Europe en 1939, mais n’a pu accoster à sa destination originale de Cuba. Bien qu’un groupe de membres éminents de la société canadienne ait fait des pressions sur le gouvernement canadien, le St. Louis n’a pas pu trouver asile lors de ce voyage et protéger ses passagers de la persécution par le régime nazi. Maintenant, les Canadiens ici sauront exactement quelle forme a prise la réponse du gouvernement du Canada de l’époque, le gouvernement du Dominion.

J’estime particulièrement opportun de me trouver devant vous aujourd’hui en tant que ministre de l’Immigration, car c’est un sous-ministre du portefeuille de mon prédécesseur, l’homme responsable de l’immigration au Canada, qui a eu ces mots tristement célèbres à l’égard des réfugiés juifs demandant la protection du Canada : « Aucun, c’est encore trop. »

Nous connaissons tous le tragique destin de beaucoup des passagers du St. Louis qui, après avoir cherché asile chez nous, aux États-Unis et à Cuba, ont fini par périr dans la Shoah une fois le navire de retour en Europe. Bien que le St. Louis ne soit jamais entré dans les eaux canadiennes, il est devenu un symbole de l’antisémitisme qui a sévi au Canada et ailleurs à l’époque de l’Holocauste.

Aujourd’hui cependant, notre gouvernement adopte une approche de tolérance zéro à l’égard de l’antisémitisme, qui devient l’inspiration derrière les initiatives que le Canada entreprend maintenant. Cette conférence et le projet dont elle fait partie soulignent, espérons–le, notre adhésion imminente au Groupe de travail. J’espère être à Oslo à la fin du mois prochain pour voir cela se réaliser. J’ai aussi l’intention de me rendre à Prague dans le même temps pour représenter le Canada au 10e anniversaire de la conférence originale sur les biens de l’époque de l’Holocauste, un sujet très important pour le Canada, puisque notre pays a accueilli un nombre disproportionné de survivants à la suite de la Deuxième Guerre mondiale.

Nous aidons à renseigner les Canadiens sur l’incident du St. Louis ainsi que sur les attitudes et événements qui l’entourent. Et dans le cadre de ces efforts, je suis heureux d’annoncer aujourd’hui que notre gouvernement, par l’entremise de son Programme de reconnaissance historique pour les communautés, consacrera 984 000 $ pour aider B’nai Brith Canada à créer et gérer un groupe de travail national en matière de sensibilisation, de commémoration et de recherche au sujet de l’Holocauste.

Composé de chercheurs, d’experts du domaine juridique et d’enseignants, ce groupe comprendra des survivants de l’Holocauste et des membres de la communauté juive. Il appuiera l’approfondissement de la recherche sur la tragédie du St. Louis, préparera et publiera du matériel pédagogique sur la responsabilité civile pour les élèves du secondaire, et aidera à former les enseignants canadiens chargés d’enseigner l’histoire de l’Holocauste.

Cette action par le Canada démontre que nous ne nous bornons pas à suivre ce que font les autres pays, mais que nous avons l’intention d’être un chef de file dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, tout comme nous l’avons été dans notre décision de nous retirer du processus d’examen de Durban, irrémédiablement antisémite. Nous faisons ainsi la promotion des valeurs fondamentales du Canada que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit, et montrons notre leadership dans plusieurs autres efforts, notamment dans notre appui aux établissements de communautés vulnérables afin d’améliorer leur sécurité.

Comme vous le savez, en 2003, tous les parlementaires de la Chambre des communes et du Sénat ont adopté un projet de loi pour désigner un jour commémoratif national de l’Holocauste ou Yom ha-Shoah. Nous avons agi ainsi parce que nous tous qui sommes élus comprenons la nécessité de choisir un jour pour se rappeler ce crime singulier contre l’humanité entière.

En 2007, je me suis rendu à Prague pour appuyer notre demande officielle d’adhésion au Groupe de travail et ce mois-ci, à la séance plénière de ce groupe à Oslo, le Canada présentera sa demande d’adhésion à part entière à l’ITF. Nous aimerions remercier nos pays de liaison, la France et les États-Unis, d’avoir appuyé nos efforts.

En cherchant à devenir membre à part entière, le Canada s’engage à agir et à appuyer les efforts du Groupe de travail en vue de mobiliser tous les habitants de la Terre, d’enseigner aux générations futures les leçons de l’Holocauste et de prévenir les actes de génocide. Notre participation à l’ITF sera une occasion d’approfondir les leçons de l’Holocauste et d’apprendre comment les autres pays agissent dans leurs initiatives à cet égard. Nous avons aussi l’impression d’avoir beaucoup à apporter à la communauté internationale et au Groupe de travail. Je suis persuadé que beaucoup d’entre vous auront des observations à faire au sujet de l’orientation que nous prenons à cet égard, et je suis impatient de les connaître.

Je devrais ajouter, sur une note personnelle, que j’étais en Israël la semaine dernière et que j’ai passé plusieurs heures à Yad Vashem, mais que ce ne fut pas assez long pour pouvoir apprécier à sa juste valeur ce magnifique nouveau musée. Ce voyage en Israël faisait suite à un voyage récent que j’ai fait à Kyiv en novembre de l’année dernière, où j’ai visité le site de l’Holocauste à Babi Yar et y ai déposé une couronne de fleurs. C’est là que 33 000 Ukrainiens juifs ont péri. Quelques semaines plus tard, j’étais à Mumbai où j’ai visité la Nariman House, le centre Lubavitch de Mumbai. J’ai été étonné de constater que la haine ayant motivé la violence que j’y ai vue était essentiellement la même qui avait été à la base des assassinats de masse à Babi Yar.

Comme j’entrais à Tel Aviv la semaine dernière, je suis passé en voiture devant la discothèque où des dizaines de jeunes Juifs ont été massacrés il y a une dix ans simplement parce qu’ils étaient Juifs. Et j’ai songé que, tout comme la haine qui a inspiré les assassinats à Babi Yar se perpétue aujourd’hui dans un endroit comme Mumbai, c’est la même haine qu’on se rappelle à Yad Vashem et qui inspire la violence que l’on voit en Israël et partout dans le monde aujourd’hui.

Nous devons donc tirer des leçons du passé, et c’est justement le but de cette conférence. L’année dernière, à la commémoration de Yom ha-Shoah, le premier ministre Stephen Harper a dit au sujet de l’Holocauste que ce génocide était « si prémédité et grotesque dans sa conception, si monstrueux et barbare dans son ampleur, et si systématique et efficace dans son exécution, qu’il est sans pareil dans les annales du mal. »

Des rassemblements comme celui-ci montrent qu’il y a de l’espoir d’enrayer la haine qui a conduit à l’Holocauste et qui incite à la violence contre les Juifs aujourd’hui, un espoir renouvelé non seulement par la lutte contre l’antisémitisme, mais aussi par la promotion d’une compréhension véritable et durable de la dignité humaine qui peut protéger tous les êtres humains à l’avenir.

Le Canada continuera de travailler pour faire en sorte que le souvenir de l’Holocauste ne se perde jamais. Je suis convaincu que cette conférence contribuera à commémorer l’Holocauste et à y sensibiliser la population dans ce pays et à l’étranger.

Je vous souhaite d’excellentes discussions et délibérations et je suis impatient d’entendre parler de la recherche qui surgira de vos efforts.

Merci beaucoup.

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