ARCHIVÉ – Discours – Notes d’allocation prononcée par l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme à l’occasion d’une discussion ouverte avec la communauté somalienne

Ottawa (Ontario)
Le 22 février 2009

Priorité à l’allocution prononcée

* * * * *

Merci, et bon après-midi.

Je vous remercie, chers amis. Je suis ravi que vous ayez pris le temps de manifester votre préoccupation à l’endroit de Bashir. Je remercie mon collègue, John Baird, d’avoir contribué à la tenue de cette réunion et défendu cette cause avec énergie et leadership. Je remercie également les deux Mohammed, Bausia et Said, ainsi que mon bon ami Ahmed Hussein, qui ont porté ce problème à mon attention.

Ahmed et son organisation de jeunes Canadiens d’origine somalienne font un travail remarquable afin de donner voix au chapitre à cette communauté importante et croissante, éparpillée au Canada. Pour commencer, permettez-moi d’ajouter quelques mots sur l’affaire Bashir; ensuite, j’aimerais aborder certaines des questions soulevées par Ahmed.

Notre gouvernement est d’avis que les droits des Canadiens à l’étranger, nouveaux ou anciens, doivent être respectés. Peu importe qu’une personne possède la citoyenneté canadienne de naissance ou qu’elle ait été naturalisée, dès qu’elle prête le serment d’allégeance – je suis en mesure d’en parler comme ministre de la Citoyenneté – et qu’elle obtient la citoyenneté, elle a les mêmes droits que les Canadiens et bénéficie de la protection du gouvernement du Canada relativement à ses droits à l’étranger.

Cela dit, nous ne pouvons pas aller dans un pays étranger et intervenir dans son système judiciaire pour en faire sortir des personnes qui, selon nous, ne devraient pas être accusées, emprisonnées ou condamnées. En tout temps, plusieurs milliers de Canadiens sont emprisonnés à l’étranger. Selon moi, ce nombre dépasse 9 000 personnes en tout temps.

Toutefois, nous pouvons et nous devons exiger que, dans tous les cas, les gouvernements étrangers respectent leurs obligations juridiques en offrant des services consulaires aux personnes se trouvant sur leur territoire et en permettant l’application régulière de la loi . C’est ce que notre gouvernement a fait dans le cas de Bashir, et c’est ce qu’il continuera de faire.

Cela dit, John a mentionné que deux de nos ministres des Affaires étrangères ont participé directement au règlement de ce dossier. Ils ont demandé instamment aux autorités éthiopiennes de veiller à ce que Bashir soit transféré de la cour martiale à un tribunal civil afin d’obtenir un accès consulaire aux diplomates canadiens et d’avoir recours à un avocat compétent pour faire face aux poursuites judiciaires qui l’attendent.

Je me réjouis de leurs efforts et de ceux de notre collègue, Deepak Obhrai, secrétaire parlementaire aux Affaires étrangères. Soit dit en passant, il vient d’Afrique orientale. Il est originaire de la Tanzanie et connaît très bien l’Afrique orientale et ses institutions politiques.

C’est pour cela qu’il a visité l’Éthiopie et rencontré le premier ministre. C’est pour cela que, par la suite – en décembre, je crois –, il a également téléphoné au premier ministre d’Éthiopie pour donner suite à une lettre envoyée par le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

Nous avons donc abordé cette question au plus haut niveau afin d’obtenir l’assurance que ces mesures seraient prises et nous sommes d’avis qu’elles découlent des efforts de persuasion déployés par le gouvernement.

Je tiens également à remercier le Free Bashir Makhtal Working Group, et la communauté somalienne du Canada pour leurs efforts. Nous commençons enfin à déceler certains signes d’espoir dans cette affaire.

J’ai participé à un certain nombre de cas relevant des affaires consulaires très médiatisés de Canadiens emprisonnés à l’étranger. Par exemple, pas plus tard que ce matin, j’ai assisté, à Toronto, à une réunion avec la famille et l’avocat d’un Canadien musulman du nom de Hussein Celil.

Hussein est un citoyen canadien venu initialement de la Chine. Il y a trois ans, au cours d’une visite à sa famille en Ouzbékistan, il a été arrêté et extradé vers la Chine sans son passeport canadien.

Depuis trois ans maintenant, il est traité comme un non-Canadien par le gouvernement chinois qui lui a refusé l’accès consulaire.

Le premier ministre Harper a été critiqué pour avoir soulevé vigoureusement le cas de Hussein Celil auprès du gouvernement chinois. Il a été critiqué à cet égard par les partis de l’opposition, ainsi que par des groupes d’intérêts. Toutefois, je tiens à ce que vous sachiez que le gouvernement n’est pas moins énergique lorsqu’il réclame le respect des droits consulaires d’un Canadien musulman.

Qu’un Canadien soit musulman, chrétien, juif ou athée, qu’il soit immigrant ou né au Canada, il est un Canadien à part entière, doté des pleins droits associés à la citoyenneté canadienne et chargé de toutes les responsabilités connexes, et il bénéficie de la protection pleine et entière du gouvernement du Canada à l’étranger.

J’ai été très actif dans le dossier de Hussein Celil. J’ai également participé au dossier de Brenda Martin, dont vous avez peut-être entendu parler, et à d’autres cas très complexes relevant des affaires consulaires.

Je tiens à vous dire que chacun de ces cas est différent, que le système judiciaire, le contexte politique, l’environnement diplomatique, les accusations et les faits sont différents d’un cas à l’autre.

Il n’existe pas de formule toute faite susceptible d’être utilisée par le gouvernement ou ses diplomates pour défendre un cas relevant des affaires consulaires comme celui de Bashir.

Nous avons donc essayé de trouver les moyens les plus efficaces d’assurer le respect des droits de Bashir, et je pense que nous faisons des progrès. De plus, comme John l’a mentionné, nous continuerons de veiller à ce que ces droits soient respectés.

J’aimerais cependant préciser qu’il est important pour nous tous de reconnaître également que la situation de Bashir a malheureusement découlé, en fin de compte, de la violence et du chaos qui persistent en Somalie.

Je sais que beaucoup d’entre vous sont des Canadiens arrivés dans notre pays de la Somalie, en grande partie, probablement, comme réfugiés. Le Canada est fier d’avoir accueilli plus de 200 000 nouveaux arrivants de la Somalie, dont un grand nombre de réfugiés.

Nous sommes fiers, car ceux d’entre vous qui avez ces antécédents, qui êtes venus au Canada pour trouver votre voie, bâtir votre avenir et construire notre pays, témoignez des traditions les plus nobles du Canada en tant que refuge contre la persécution, la violence, les conflits et la guerre.

Je tiens à préciser que le gouvernement du Canada est fier de la contribution des Canadiens d’origine somalienne.
 
Nous reconnaissons également que la communauté somalienne du Canada a dû faire face à certains défis particuliers du fait qu’elle est constituée essentiellement de réfugiés.

C’est une communauté qui a connu des difficultés d’intégration, notamment de ses jeunes, dans certaines de nos villes. Nous reconnaissons cela.

Tout d’abord, le Canada s’est engagé à faire ce qu’il peut pour aider les personnes victimes de la violence et des conflits en Somalie.

C’est pour cela que, depuis le début de 2007, notre gouvernement a alloué plus de 35 millions de dollars à l’aide humanitaire, par l’intermédiaire de différents organismes multilatéraux comme la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Programme alimentaire mondial et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

C’est aussi pour cela que notre ministre de la Défense nationale a mis en position l’un de nos destroyers, le NCSM Ville de Québec, au large de la Somalie, afin d’assurer la sécurité des aliments importés dans la région par le Programme alimentaire mondial. Plus de 45 000 tonnes de vivres ont été distribuées pendant les trois mois où notre destroyer est demeuré au large des côtes de la Somalie.

C’est aussi pour cette raison que nous avons réclamé la formation d’un groupe de contact international mixte sur la Somalie.

Je vous dis tout cela parce que l’affaire Bashir est née de la violence en Somalie. La communauté internationale, dont le Canada, doit tout faire pour assurer la stabilité en Somalie afin d’éviter à l’avenir d’autres cas tragiques comme celui de Bashir.

Soit dit en passant, nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider la communauté somalienne du Canada à surmonter certains obstacles liés à l’intégration, surtout en ce qui concerne les jeunes à risque.

En outre, nous avons instauré bon nombre de programmes. Le Programme du multiculturalisme, dont je suis responsable, aide les groupes communautaires somaliens du Canada à faciliter la participation des jeunes aux programmes d’activités parascolaires, de stages et de mentorat, et à leur donner la chance de débuter dans un bon emploi.

En outre, notre programme d’intégration alloue des millions de dollars aux programmes d’établissement, comme les programmes de formation linguistique et d’insertion professionnelle, destinés aux Canadiens d’origine somalienne, par l’intermédiaire de plusieurs organismes au sein de cette communauté partout au Canada.

Toutes ces mesures sont importantes. Toutefois, nous sommes ici aujourd’hui pour dire au gouvernement éthiopien que nous nous attendons à ce que les droits légaux de Bashir Makhtal soient protégés intégralement. Nous attendons toujours que des accusations soient portées.

À ma connaissance, aucune accusation crédible n’a encore été portée contre lui et aucun élément de preuve n’a été retenu contre lui.

Je félicite les autorités éthiopiennes d’avoir enfin écouté le Canada et de traduire Bashir devant un tribunal civil plutôt que militaire, de lui accorder l’accès consulaire et de lui garantir les services d’un avocat.

Toutefois, nous voulons nous assurer que, d’une manière ou d’une autre, cette affaire sera réglée rapidement. En tant que Canadiens, nous espérons qu’une fois son cas réglé, il reviendra dès que possible au Canada.

Je vous remercie.

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