ARCHIVÉ – Discours – Allocution de l’honorable Jason Kenney, C.P., député, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme adressée lors d’un souper en l’honneur des observateurs des élections ukrainiennes

Ottawa (Ontario) 31 janvier 2010

Tel que prononcé

Merci à tous.

Je suis très heureux d’être parmi vous ce soir, alors que vous vous apprêtez à traverser l’Atlantique pour aller remplir une mission extraordinaire, une mission qui est très importante pour tous les Canadiens, qui est importante à l’égard de nos principes démocratiques et qui est importante pour le peuple de l’Ukraine.

Vous allez exprimer concrètement la croyance profonde du Canada en ses valeurs fondamentales que sont la liberté, la démocratie, les droits de l’homme et la primauté du droit et votre mission souligne également le soutien particulier et de longue date que le Canada a démontré pour la liberté et la démocratie du peuple ukrainien. Vous savez que ces valeurs n’ont pas toujours fait partie de la vie des Ukrainiens et le Canada peut être fier d’avoir été le premier pays occidental à reconnaître l’indépendance de l’Ukraine en 1991, faisant suite à une longue période d’oppression totalitaire.

Lors d’un discours prononcé l’an dernier, le premier ministre Harper a affirmé, et je cite : « Nous, les Canadiens, avons pris position contre l’oppression en Ukraine et ailleurs dans le monde. Nous avons défendu les principes fondamentaux de liberté et des droits de l’homme. Nous avons soutenu le peuple courageux de l’Ukraine, celui des républiques baltes et celui des autres nations captives du centre et de l’est de l’Europe. Aujourd’hui, ces peuples sont libres, ils vivent dans des pays libres et ils sont reconnaissants aux dirigeants des pays occidentaux qui ont maintenu une attitude ferme face aux communistes et à leurs apologistes durant cette période. »

Les Canadiens considèrent qu’ils doivent honorer cette obligation toute particulière par conséquent, cette nouvelle mission souligne notre soutien continu des principes démocratiques des démocraties émergentes comme celle de l’Ukraine.

Je reviens tout juste de Pologne où j’ai représenté le Canada à la commémoration du 65e anniversaire de la libération des camps de concentration d’Auschwitz et une fois sur place, on a le sentiment très clair de ce qui peut arriver dans le contexte d’un régime totalitaire, où le pouvoir de l’État écrase la dignité de la personne humaine.

J’ai éprouvé ce sentiment encore plus vivement lorsque j’ai visité Kyiv en novembre 2008, pour participer à la commémoration solennelle du 75e anniversaire de l’Holodomor, un autre terrible crime contre l’humanité au cours duquel des millions d’Ukrainiens ont perdu la vie, lors d’une propagande délibérée organisée par le pouvoir politique. Le Canada peut être fier d’avoir été le premier grand pays occidental à reconnaître le caractère particulièrement malveillant de l’Holodomor, ce génocide par la famine qui a eu lieu dans les années 1932 et 1933.

Alors voilà la toile de fond historique à laquelle vous serez confrontés lorsque vous visiterez l’Ukraine, un pays qui a vécu ce que Jean-Paul II appelait le siècle des larmes du XXe siècle. Mais le pays est maintenant en pleine émergence et aspire à la prospérité, à la démocratie, à la stabilité et à la souveraineté et nous, en tant que Canadiens, appuyons les Ukrainiens et leurs aspirations, tout comme nous avons défendu leurs droits de déterminer leurs propres alliances stratégiques.

À ce propos, le premier ministre Harper a déclaré il y a deux ans : « La décision de l’Ukraine de rechercher des alliances est une décision qui doit être bénéfique uniquement à la nation souveraine de l’Ukraine. »

C’est pourquoi le Canada s’est engagé à fournir, et ce, depuis de nombreuses années, une formation militaire aux forces armées ukrainiennes par l’intermédiaire du Programme d’aide à l’instruction militaire. Et c’est pour cette raison également que le Canada a accueilli le président Yushchenko à la session conjointe de son parlement en 2008, la première fois, je crois, qu’un chef d’État ukrainien était invité à participer à une session conjointe du parlement d’un pays du G8.

Il existe donc une relation bilatérale particulière, un esprit de solidarité particulier, qui sont reflétés dans le programme continu d’aide au développement de l’Ukraine de l’Agence canadienne de développement international, l’Ukraine étant le seul pays d’Europe à bénéficier d’un soutien continu de l’ACDI dans son cheminement vers la prospérité et une démocratie stable.

Cette aide est particulièrement importante en ce moment, telle que démontrée par la contribution de 2,2 millions $ de l’ACDI à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), destinée à renforcer le système électoral ukrainien. Je crois que la plupart des changements que vous constaterez là-bas, une nouvelle liste électorale, de nouveaux règlements, auront été développés, en partie, grâce à l’assistance technique d’agences internationales telles que l’OSCE, dont le Canada a été un partenaire de premier plan. En fait, nous sommes le quatrième plus important fournisseur d’assistance technique en Ukraine.

Je sais que ma collègue, la ministre Oda, pourra élaborer plus longuement sur ce point. Lorsque j’étais en Ukraine avec le sénateur Andreychuk, en novembre 2008, nous avons annoncé, par exemple, un projet de l’ACDI de 4 millions $ destiné à soutenir la réforme de la fonction publique. Donc nous nous impliquons là-bas de maintes façons, non pour dicter nos méthodes, mais pour aider l’Ukraine à atteindre ses propres objectifs de transparence en vue de devenir un gouvernement plus responsable.

Le Canada démontre sa relation spéciale avec l’Ukraine également dans sa volonté d’aider l’Ukraine à répondre à ses besoins énergétiques, actuels et futurs. En ce sens, Énergie atomique du Canada limitée a signé en 2008 un protocole d’entente avec le Ministère des combustibles et de l’énergie de l’Ukraine et un groupe de travail bilatéral sur la faisabilité d’un programme d’énergie nucléaire civil CANDU pour l’Ukraine a été créé. Ces questions sont très importantes à long terme pour l’Ukraine et le Canada est à ses côtés pour offrir son expertise et son assistance.

Cette relation particulière s’illustre également dans le fait que le Canada, représenté par l’ancien ministre du Commerce international Stockwell Day, a signé une entente avec l’Ukraine en septembre dernier afin d’entreprendre des négociations sur un accord de libre-échange, car malgré plus d’un siècle de liens personnels et culturels très proches entre le Canada et l’Ukraine, clairement authentifiés par l’imposante communauté de 1,3 million de Canadiens d’origine ukrainienne, nous n’avons pas encore réussi à établir de solides relations économiques.

Je sais que cela constitue une priorité pour un grand nombre d’organisations au sein de la communauté ukrainienne canadienne. Cela constitue certainement une priorité pour le gouvernement du Canada et c’est pourquoi nous sommes très heureux d’avoir entrepris ce processus pour négocier des liens commerciaux plus importants au moyen d’un accord prospectif de libre-échange.

Les détails de ce processus ont été résumés récemment lors de la signature d’un plan bilatéral en septembre dernier, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui détermine une démarche axée sur le progrès et le renforcement de cette relation particulière. Il s’agit d’une entente signée par Lawrence Cannon et son homologue, le ministre suppléant des Affaires étrangères à ce moment, et j’aimerais féliciter sincèrement l’ambassadeur Ihor Ostash et souligner son remarquable leadership ainsi que son talent de visionnaire. C’est un homme déterminé qui a contribué à concrétiser un grand nombre de ces réalisations.

L’une des prochaines étapes que nous espérons réaliser dans le cadre du plan de relations bilatérales est un accord sur la mobilité des jeunes, lequel facilitera les voyages d’études et de travail des jeunes Ukrainiens au Canada et des jeunes Canadiens en Ukraine. Bien sûr, ces échanges ne sont pas nouveaux, ils existent déjà. Je crois en fait que depuis plus de vingt ans, un programme d’internat formidable permet à de brillants jeunes universitaires ukrainiens de venir travailler dans les bureaux de la Colline parlementaire pendant six mois, afin d’apprendre les rouages du système canadien, de développer de nouvelles amitiés et de nouveaux réseaux.

Je sais que des centaines de jeunes Ukrainiens ont bénéficié énormément de cette expérience et qu’un certain nombre d’entre eux travaillent maintenant au parlement ukrainien. Je ne serais pas surpris que certains d’entre eux soient candidats aux élections auxquelles vous assisterez comme observateurs.

Donc l’ensemble de tous ces efforts, ainsi qu’une longue série de visites officielles de haut niveau, telles que celle de Son Excellence, la Gouverneure générale en Ukraine le printemps dernier et bien sûr, la visite du président Yushchenko au Canada en 2008, tout ceci démontre que le Canada, plus que tout autre pays occidental, entretient un engagement profond et continu envers l’Ukraine et son peuple. Pour ces raisons, notre gouvernement ainsi que la ministre Oda avons décidé de nous associer à vous, afin d’organiser cette visite de l’équipe canadienne d’observation des élections.

Il s’agit bien sûr d’une visite indépendante d’une équipe d’observateurs indépendants et je sais que vous avez tous appris beaucoup au cours des deux derniers jours sur la situation et le contexte particuliers, très particuliers, auxquels vous serez confrontés.

Je sais que plusieurs d’entre vous sont des observateurs d’élections expérimentés, ayant voyagé dans de nombreux pays différents, afin d’offrir le niveau de crédibilité et d’objectivité que le Canada sait présenter sur la scène internationale. Toutefois, je veux que vous sachiez que cette mission est particulièrement importante, l’une des missions canadiennes comptant le plus d’observateurs, précisément parce qu’elle reflète la priorité des relations Canada-Ukraine.

Donc à vous tous qui partez ce soir, je vous dis, au nom du gouvernement et au nom de tous les Canadiens, j’aimerais dire un gros merci d’avoir décidé d’offrir vos services en tant qu’observateurs de ces élections historiques en Ukraine. C’est une démarche très importante qui met en valeur nos valeurs démocratiques et qui va aider le peuple ukrainien à avoir confiance aux résultats de ses propres élections.

Vous montrerez ce que le Canada a de meilleur à offrir par vos services en Ukraine, mais vous assurerez au peuple ukrainien que les résultats de l’élection seront une réflexion juste et objective de la volonté démocratique du peuple ukrainien.

Merci aux gens de Canadem d’avoir organisé cet événement à court préavis. Ils sont très expérimentés dans ce domaine et merci à chacun d’entre vous qui avez choisi de représenter le Canada à un moment critique de l’histoire de nos bons amis en Ukraine. Bonne chance et bon voyage. Merci beaucoup.

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