Parcours d'innovateurs du programme IDEeS : l’innovation canadienne et l’expertise ukrainienne permettent de développer des capacités d’ouverture de brèche dans les champs de mines
Vidéo / Le 18 mars 2026
Transcription
(MK) Le gouvernement ukrainien estime qu’environ 30 % du pays pourrait constituer une zone dangereuse, n’est-ce pas? Cela représente un problème majeur, surtout pour la population civile.
(AF) Notre contribution consiste à fournir un site d’essais fondé sur des décennies d’expertise concernant les menaces, les scénarios possibles et la conception de cibles afin que les résultats soient représentatifs des conditions réelles.
(BU) La lutte moderne contre les mines a énormément évolué. La plupart des pays occidentaux l’ignorent, parce que le concept de lutte traditionnelle contre les mines a pratiquement disparu avec le développement rapide des drones. Il y a donc une hausse des divers dispositifs explosifs de circonstance qui peuvent être largués des drones sur un territoire assez vaste, allant jusqu’à 15 kilomètres à l’arrière. Avec le développement et l’évolution constante des drones, la lutte contre les mines est devenue beaucoup plus dangereuse et compliquée, parce que maintenant, on n’utilise plus seulement des mines ordinaires, mais aussi tout plein de dispositifs explosifs de circonstance qui fonctionnent à l’aide de capteurs magnétiques et de capteurs d’inclinaison, entre autres. Il s’agit de dispositifs explosifs antipersonnel.
(JC) On a à notre disposition un drone commercial qui transporte nos capteurs. On a différents capteurs. En voici un. C’est un radar de pénétration du sol. Il nous permet de voir les objets enterrés. On peut aussi s’en servir pour faire la distinction entre différents types de mines terrestres. Pour l’imagerie de la caméra, on utilise l’IA, un programme d’apprentissage automatique qui détecte automatiquement les mines. On l’a fait lors de notre première journée ici. On a effectué un vol et survolé le champ de mines pendant 10 minutes et on a pu détecter toutes les mines qui se trouvaient à la surface.
(CK) Quand on a fait les essais à Toronto, l’air était beaucoup plus propre. Il n’y avait pas autant de poussière. Mais lorsqu’on a effectué le vol pour la première fois hier, j’ai constaté qu’il y avait beaucoup d’aérosols. J’ai appris qu’à l’avenir, pour améliorer le système, notamment la portion LiDAR, on doit systématiquement éliminer ces aérosols afin de rendre la technologie plus efficace sur un véritable champ de bataille. C’est le type d’apprentissage qu’on fait sur le terrain. Cela nous met au défi, mais c’est aussi inspirant; ça nous incite à penser aux améliorations qu’on peut apporter.
(JMF) On a une invention : c’est une mousse de polyuréthane à deux composants. Son action consiste à empêcher l’activation mécanique des mines terrestres. On ne fait pas exploser des mines terrestres; on essaie plutôt de désactiver l’actionneur mécanique en ciblant les détonateurs pour les rendre inopérants. Je vais vous donner un exemple. Voici une mine antipersonnel; si on marche dessus, on appuie sur ce bouton. Lorsqu’on y applique notre solution, qui sort sous forme liquide, elle se transforme en mousse très résistante. On peut alors marcher dessus sans problème, sans que ça active le détonateur. La mine est donc rendue inopérante.
(OH) Le produit n’est pas encore prêt pour la commercialisation. Trouver des partenaires est en fait l’un de nos objectifs ici : identifier quelqu’un qui serait intéressé à obtenir une licence pour notre technologie. Nous cherchons également du financement pour passer du NMT 4-5, où nous nous situons actuellement, au NMT 10, qui correspond à la pleine commercialisation ou à l’utilisation opérationnelle sur la ligne de front.
(NK) C’est ça qui est vraiment génial, je crois, du programme IDEeS : cette façon de réunir l’industrie et les Forces armées canadiennes pour résoudre des vrais problèmes en matière de défense. Et je tiens simplement à dire qu’on se sent particulièrement honorés que la délégation ukrainienne soit ici pour nous éclairer.
(PB) Je vois ces événements d’un très bon œil. C’est vraiment bien de pouvoir être invités ici et de pouvoir venir, de pouvoir voir même une ou deux technologies qui pourraient fonctionner; une technologie pourrait sauver au moins une personne et c’est déjà bien, et dans l’ensemble il y a des projets ici qui pourraient sauver mille personnes.