Les six étapes de l'intervention d'un témoin

Étapes à suivre pour réussir une intervention en tant que témoin

Les six étapes décisionnelles suivantes permettent à un témoin d’intervenir de la meilleure façon qui soit. À force de les répéter (par exemple, en discutant des scénarios présentés dans la Bibliothèque de perfectionnement professionnel), ces étapes viendront tout naturellement.

  1. Reconnaître que l’on est devant une situation figurant dans le spectre de l’inconduite sexuelle. Plus précisément, se poser les questions suivantes :
    1. Quel est le contexte? Quelle est la relation entre les personnes impliquées? Que s’est-il passé juste avant l’incident?
    2. Qui a le plus de pouvoir dans cette situation? Par exemple, la personne au cœur de cette situation peut-elle partir librement? Est-ce que quelqu’un subit des pressions? Est-ce que chacun a donné son consentement?
    3. Quels sont les effets sur la personne concernée? Par exemple, en quoi sa santé physique et mentale est-elle affectée? D’autres vont-ils voir la personne différemment à cause de ce qui se passe?
  2. À la lumière des réponses à ces questions, reconnaître que quelque chose ne va pas ou que la situation est inacceptable.
  3. Prendre ses responsabilités et se poser les questions suivantes :
    1. Si personne n’intervient, que risque-t-il de se produire?
    2. Est-ce que quelqu’un d’autre est mieux placé que moi pour intervenir?
    3. Quel serait le but de mon intervention?
  4. Évaluer ses options d’intervention (voir les stratégies d’intervention d’un témoin pour en savoir plus). On peut combiner plusieurs des stratégies suivantes pour obtenir un meilleur résultat :
    1. Adopter une approche directe;
    2. Distraire;
    3. Déléguer;
    4. Attendre un peu avant d’intervenir;
    5. Manifester sa désapprobation de façon non verbale.
  5. Déterminer les risques d’une intervention :
    1. Y a-t-il des risques pour moi? Y a-t-il des risques pour les autres (p. ex. représailles contre la personne qui reçoit de l’aide)?
    2. Comment puis-je aborder la situation sans hostilité afin de ne pas l’aggraver?
    3. Y a-t-il une option comportant de faibles risques?
    4. Comment pourrais-je réduire les risques?
    5. Y a-t-il d’autres renseignements qui me permettraient de mieux évaluer la situation?
    6. Comment puis-je offrir plus d’options à la personne affectée par la situation?  
  6. Intervenir :
    1. Un témoin qui désire intervenir efficacement doit toujours faire ce qui suit :
      1. approcher les personnes d’une manière amicale et calme, et se montrer curieux au lieu d’adopter un ton accusateur;
      2. s’assurer de sa propre sécurité et demander de l’aide s’il semble trop risqué de s’impliquer personnellement, ou si la situation dégénère.
    2. Dans tous les cas, une intervention réussie du témoin procurera plus d’options à la personne affectée par l’inconduite sexuelle. Il convient de noter que l’intervention d’un témoin est considérée comme une intervention de « premiers soins » dans les cas d’inconduite sexuelle, et qu’elle ne peut malheureusement pas s’attaquer aux causes profondes de l’incident.
    3. Il convient également de noter que le choix de la stratégie employée (ou des stratégies employées) par le témoin dépend du contexte et de son propre degré de confiance. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’existe pas de mauvaise intervention de la part d’un témoin, car tout geste de sa part vaut mieux que de ne rien faire du tout. Avec la pratique et l’expérience, il devient plus facile d’intervenir en tant que témoin et, comme avec toute technique ou habitude, les gens deviennent plus à l’aise et imaginatifs dans leur façon de désamorcer les situations.

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