Reconnaître la violence familiale et y réagir

La violence familiale est un comportement qu’une personne adopte pour dominer ou contrôler une autre personne avec qui elle entretient ou entretenait une relation intime.

Les éléments suivants devraient alerter l’observateur averti. Posez des questions, mais ne tirez aucune conclusion hâtive.

Voici des signes indicateurs qu’une personne subit peut-être des mauvais traitements au foyer :

  • Blessures évidentes telles que des ecchymoses, un œil au beurre noir, des fractures, une perte auditive  — la victime attribue souvent ces blessures à une « chute », à sa « maladresse » ou à un « accident ».
  • La personne porte des vêtements hors saison, par exemple un chemisier à manches longues et un col roulé – ou encore des lunettes de soleil et un maquillage nettement plus prononcé que d’habitude.
  • Elle s’absente d’une façon inhabituelle ou elle arrive en retard au travail, ou encore elle travaille après les heures pour éviter d’être à la maison.
  • Son rendement au travail change (problèmes de concentration, erreurs, lenteur, travail de qualité variable).
  • Signes inhabituels d’anxiété et de peur.
  • La personne demande des permissions particulières (p. ex. partir plus tôt).
  • Elle s’isole; elle est inhabituellement tranquille et évite les autres.
  • Détresse ou apathie émotive, tendance à pleurer pour un rien, dépression et pensées suicidaires.
  • La personne minimise et nie l’existence d’un harcèlement ou de blessures.
  • Elle reçoit un nombre inhabituel d’appels, elle réagit violemment à ces derniers et elle hésite à converser avec l’interlocuteur ou à répondre aux messages téléphoniques. Il peut arriver que ce soient des collègues qui répondent au téléphone et reçoivent alors des messages grossiers ou insultants destinés à la personne subissant les mauvais traitements.
  • La personne est sensible aux propos concernant la vie familiale, ou laisse entendre que les choses vont mal à la maison — elle peut faire allusion à la mauvaise humeur et aux accès de colère de son conjoint (sa conjointe) et au fait qu’il ou elle consomme trop d’alcool ou de la drogue.
  • Le ou la partenaire ou conjoint(e) de la personne, ancien(ne) ou actuel(le), fait des visites personnelles perturbatrices au lieu de travail.
  • Des cadeaux et des fleurs sont livrés au bureau après une altercation entre les membres du couple, comprenant peut-être aussi des actes de violence physique.

Quelqu’un qui inflige des mauvais traitements à la maison peut fort bien « n’en donner aucun signe » dans son lieu de travail. Il peut s’agir d’un(e) excellent(e) employé(e) ou gestionnaire; quelqu’un, en somme, qui ne manifeste aucun comportement ouvertement violent dans son milieu de travail.

Singes indicateurs de l’existence d’un comportement abusif :

  • La personne est absente ou en retard à cause du conflit à la maison;
  • Elle appelle son (sa) partenaire ou communique avec lui (elle) à maintes reprises au travail;
  • Elle intimide les autres au travail;
  • Elle blâme les autres pour ses problèmes, en particulier son (sa) partenaire;
  • Elle nie l’existence des problèmes;
  • Elle accepte mal la critique et adopte souvent une attitude défensive si l’on conteste sa position;
  • Elle agit comme si elle était supérieure et plus importante que d’autres à la maison;
  • Elle contrôle les activités de son (sa) partenaire ou ancien(ne) partenaire.

Comprendre l’isolement en tant que dynamique de la violence familiale

Les personnes faisant l’expérience de la violence familiale sont souvent isolées de diverses façons. Celles qui sont témoins de comportements abusifs sont touchées et finissent par s’isoler, car elles estiment qu’il s’agit d’un problème privé et préfèrent faire face seules à leurs soucis. À mesure que les mauvais traitements s’accentuent, l’isolement de tous les intéressés s’accentue également. Plus l’isolement grandit, plus les risques de torts graves augmentent.

Mettre fin à l’isolement pour accroître la sécurité

NE vous cantonnez PAS dans la solitude, avec vos craintes et vos soucis, quand vous savez ou soupçonnez qu’un(e) collègue subit de mauvais traitements. Demandez de l’aide et des conseils pour vous-même, confiez vos inquiétudes à un surveillant, ou trouvez un organisme communautaire possédant l’expertise voulue pour intervenir.

Avec votre collègue : Abordez la personne concernée avec compassion et sollicitude. Il n’est pas nécessaire que vous « régliez » le problème pour lui apporter un soutien important.

Les collègues perçoivent souvent les signes indicateurs de mauvais traitements, mais ils ne savent peut-être pas quoi faire. Ces signes ne signifient pas automatiquement qu’il y a traitements abusifs, mais ils donnent l’alerte. N’ignorez pas vos inquiétudes. Ne tirez pas de conclusions hâtives. Si la personne est quelqu’un que vous connaissez, vous êtes peut-être la personne la mieux placée pour intervenir et mettre fin à son isolement en lui parlant.

  1. VOYEZ CE QUI SE PASSE. Écoutez votre intuition quand vous sentez que quelque chose NE VA PAS. Reconnaissez les signes indicateurs de traitements abusifs.
  2. PARLEZ-EN. « Je m’inquiète à ton sujet. » Citez les signes d’avertissement que vous avez observés. Surmontez votre hésitation à aider la personne. NE tirez PAS de conclusions hâtives.
  3. VÉRIFIEZ L’ÉTAT D’ÂME DE LA PERSONNE. Posez des questions. « Est-ce que ça va? » « Veux-tu en parler? »

    Voici quelques exemples :

    • « J’ai entendu ton partenaire crier après toi au téléphone. Est-ce que ça va? Veux-tu en parler? »
    • « J’ai constaté que tu as du mal récemment à respecter tes échéances. « Est-ce que quelque chose te dérange? » « Veux-tu en parler? »
    • « J’ai vu que tu as des ecchymoses. Je me fais du souci pour toi. Est-ce que ça va? »
    • « Tu avais l’air troublé après cet appel téléphonique aujourd’hui. Je suis là, si tu veux en parler. »

Rappelez-vous que vous n’avez pas pour rôle d’être un thérapeute ou de « régler » la situation. Tendre la main à quelqu’un, manifester de l’empathie et offrir un soutien, voilà autant de comportements qui peuvent faire toute la différence! Votre but, c’est de créer un contexte où la personne trouvera du soutien. Votre collègue sera sans doute plus à l’aise s’il ou si elle peut vous parler en privé, par exemple dans un bureau fermé ou un endroit éloigné des autres, où personne d’autre ne pourra l’entendre ou l’apercevoir.

Aiguiller, ou signaler, ou les deux

Vous pouvez aider votre collègue en lui faisant connaître les ressources qui existent contre la violence familiale dans votre milieu de travail et dans votre collectivité.

Vous avez l’obligation de signaler la situation s’il existe une menace évidente pour le milieu de travail, ou si un incident de violence familiale se produit au travail.

Si vous savez ou soupçonnez que des enfants sont maltraités, vous devez communiquer avec la Société d’aide à l’enfance. Assurez-vous que votre collègue comprend que c’est là votre devoir en vertu de la loi.

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