Officier du renseignement

Description du travail

Les officiers du renseignement assurent le soutien de l’activité liée au renseignement militaire dans le cadre des opérations, à la planification et à la prise de décisions à tous les échelons du commandement. Leur travail a un impact direct sur la sécurité militaire et nationale ainsi que sur les relations publiques et politiques du gouvernement.

Leurs principales responsabilités sont les suivantes :

  • Cerner et analyser l’information qui pourrait avoir une incidence sur des opérations militaires ainsi que sur des politiques et des objectifs nationaux
  • Commander, diriger et contrôler une unité, une section ou une équipe du renseignement
  • Exploiter et administrer des systèmes de technologie de l’information
  • Donner des conseils au sujet des systèmes perfectionnés de surveillance et de collecte du renseignement et participer à la planification de leur utilisation
  • Protéger les documents ayant une cote de sécurité élevée
Transcription

Je suis le major Raphaël Guay, de Chicoutimi, Québec, officier du renseignement présentement à l’École du renseignement militaire des Forces canadiennes à Kingston, en Ontario.

Et je suis la capitaine Patricia Fournier, originaire de Val-d’Or en Abitibi Témiscamingue. Je suis officier de renseignement au Commandement du renseignement des Forces armées canadiennes à Ottawa.

FOURNIER : L’époque où nous avions seulement à connaître notre ennemi, le nombre de bataillons dont il disposait et sa façon de combattre est révolue. À titre d’officiers du renseignement, notre travail est de prédire l’avenir dans un monde asymétrique, où les ennemis peuvent nous surprendre et nous faire du mal tous les jours. Il ne suffit pas de savoir ce qui se passe au sol, dans les airs ou en mer. Nous devons connaître et comprendre l’environnement opérationnel : la météo, le terrain, l’ennemi, les gens et la politique.

FOURNIER : En fait, dans le métier du renseignement, je me suis fait dire par un de mes commandants : « Dis-moi ce que je ne sais pas. Il y a une nouvelle dans les médias, je suis capable de lire le journal comme n’importe qui. Mais, ce que je ne suis pas capable de faire, c’est d’aller chercher dix sources différentes, de l’analyser et de me dire le ‘pourquoi’ de cet évènement-là. Ça va être quoi l’impact sur les Forces armées canadiennes, ça va être quoi l’impact sur mes troupes déployées, ça va être quoi l’impact sur mes décisions futures. » Donc, nous, c’est d’aviser pour aider le commandant à mieux comprendre cette situation-là.

GUAY : Des incidents domestiques aux catastrophes naturelles, aux activités en ligne inspirées par la terreur aux situations de crise émergentes dans les pays en développement, les dirigeants politiques et militaires du Canada doivent comprendre ce qui se passe maintenant et ce qui va se passer dans le futur.

GUAY : Le renseignement, c’est un art et aussi une science. La science, c’est comment utiliser toute la technologie qu’on a à notre disposition, pour aller chercher l’information, la classer, la rechercher, la trier. L’art du renseignement, c’est comment est-ce qu’on va utiliser notre intuition, notre expérience, nos connaissances, la doctrine, la tactique pour prédire qu’est-ce qui va arriver sur le terrain. Mais dans tous les cas, ça prend du courage professionnel pour se mouiller, se commettre et dire : « voici qu’est-ce que je pense, au meilleur de mes capacités, qui va arriver. » Si on a une image incomplète de la situation, mais que les forces amies doivent prendre une décision maintenant sur leurs actions, une image incomplète maintenant va être plus utile qu’une image parfaite venue trop tard.

GUAY : L’expérience la plus gratifiante que j’ai eue dans ma carrière comme Officier du renseignement, c’est lorsque j’étais, en 2009, en Afghanistan. Qu’est-ce qui était vraiment le plus exceptionnel, c’était de voir comment toutes les capacités pouvaient travailler ensemble en synergie pour atteindre les résultats.

FOURNIER : L’aspect le plus cool, c’est de rencontrer des gens extraordinaires à tous les jours. À chaque jour, j’ai la chance de faire des nouvelles connaissances, de découvrir des nouvelles parties du monde, de toujours en apprendre plus et de toujours parfaire vos connaissances.

GUAY : Après avoir terminé votre formation militaire de base, la formation spécialisée pour devenir un officier du renseignement commence à l’École du renseignement militaire des Forces canadiennes à Kingston, Ontario. Lorsque vous quitterez Kingston, vous serez sans doute affecté à une base des Forces armées canadiennes. Vous travaillerez avec l’Armée de terre, la Marine, l’Aviation ou les Forces d’opérations spéciales. À titre d’officier du renseignement, vous pourriez transmettre de l’information à un auditoire très haut placé tôt dans votre carrière.

GUAY : Un jeune gradué de l’école, qui va arriver, qui va prendre en charge son équipe, doit être capable de reposer sur l’expérience très grande de ses sous-officiers supérieurs, que ce soient des spécialistes en renseignement humain, en interrogation, en imagerie, puis il va devoir se fier sur leur expertise de leur domaine respectif tout en mettant ça ensemble pour adresser les besoins de notre commandant, de notre équipe inter-armes, puis d’orchestrer le travail de son équipe pour atteindre les résultats.

GUAY : Vous pourriez commander un centre du renseignement toutes sources ou une unité de collecte de renseignement, être officier supérieur de liaison du Canada dans une ambassade ou conseiller en renseignement dans un commandement militaire.

GUAY : Ça fait maintenant un peu plus de 10 ans que je suis officier du renseignement puis qu’est-ce que j’ai vraiment adoré de ma carrière jusqu’à maintenant, c’est toutes les opportunités que j’ai eues. La première, de servir à Valcartier dans une brigade de l’armée, où est-ce qu’on peut vraiment vivre la camaraderie, l’esprit de corps qu’on retrouve seulement dans une brigade. Ensuite, j’ai eu la chance d’aller vivre à Washington pendant 3 ans avec ma famille, travailler avec toutes les grosses agences de renseignement américaines. J’ai encore d’autres opportunités devant moi, où est-ce que je vais pouvoir déménager avec ma famille et servir à l’intérieur de mon pays, dans différentes villes puis même encore dans d’autres pays.

FOURNIER : J’espère qu’est-ce que je fais, même si c’est à petite échelle – une goutte d’eau dans l’océan, ben ça prend plein de gouttes d’eau pour faire bouger l’océan et j’espère être une de ces gouttes d’eau-là qui fait avancer les vagues parce que j’y crois sincèrement.

Aperçu

Environnement de travail

Les officiers du renseignement travaillent généralement dans un environnement administratif, mais ils participent aussi à des opérations locales, nationales et internationales dans diverses conditions.

Solde et perfectionnement professionnel

Le salaire de départ pour un officier du renseignement entièrement formé est de 51 000 $ par année. Cependant, en fonction de l’expérience et de la formation antérieures, le salaire de départ pourrait être plus élevé. Pendant les différents échelons des officiers subalternes, des promotions régulières ont lieu fondées sur l’achèvement de la formation requise et la durée du service en tant qu’officier. Une fois qu’ils sont promus au grade de lieutenant de vaisseau ou capitaine, leur salaire atteint environ 74 000 $ par année.

Ils commencent généralement leur carrière en occupant un poste d’officier de quart, d’analyste stratégique ou d’officier des opérations de renseignement en vue d’acquérir de l’expérience en étant supervisés. Les officiers du renseignement qui manifesteront le dévouement, les aptitudes et les prédispositions nécessaires auront accès à des possibilités d’avancement, de promotion et de perfectionnement.

Emplois civils équivalents

  • Analyste ou spécialiste du renseignement
  • Analyste des politiques
  • Spécialiste de la gestion de l’information
  • Conseiller et enquêteur en sécurité et policier et enquêteur

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Formation

Qualification militaire de base des officiers (QMBO)

Après votre enrôlement, vous commencerez la qualification militaire de base des officiers de 15 semaines à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec. Les sujets abordés comprennent les connaissances militaires générales, les principes du leadership, les règlements et coutumes des Forces armées canadiennes (FAC), le maniement des armes de base et les premiers soins. Vous aurez la possibilité de mettre en application les compétences militaires nouvellement acquises dans le cadre d’exercices d’entraînement portant sur la protection de la force, l’instruction appliquée, la navigation et le leadership. Vous participerez également à un programme rigoureux de sports et de conditionnement physique. Le cours de QMBO est offert en anglais ou en français et sa réussite constitue un préalable à la poursuite de l’instruction.

À la suite de la formation de base des officiers, une formation en seconde langue officielle peut vous être offerte. La formation peut durer de deux à neuf mois selon vos compétences en langue seconde.

Phase commune de l'Armée canadienne

Après l’instruction de base, vous fréquenterez l’École d’infanterie au Centre d’instruction au combat, située à Gagetown, au Nouveau-Brunswick. Vous tirerez parti de l’instruction en matière de leadership que vous avez reçue pendant la formation de base des officiers, en plus d’acquérir les compétences requises pour tous les soldats des armes de combat, y compris des techniques plus poussées liées au maniement d’armes, aux manœuvres en campagne et aux tactiques de la section.

Instruction professionnelle

Le cours élémentaire d’officiers du renseignement est offert à l’École du renseignement militaire des Forces canadiennes, à Kingston, en Ontario. Ce cours dure environ six mois et vous permettra d’acquérir des compétences pratiques et des connaissances théoriques dans le domaine du renseignement et d’apprendre l’analyse stratégique, l’évaluation des menaces et le soutien de l’activité liée au renseignement. L’accent est mis sur le leadership, l’administration, l’expression écrite, les exposés oraux ainsi que les aspects théoriques des opérations de renseignement et leur exécution. Vous apprendrez également à superviser et à diriger une section du renseignement pendant des opérations tactiques.

Instruction spécialisée

Vous pourriez avoir la possibilité d’acquérir des compétences spécialisées par l’intermédiaire de cours magistraux ou d’une formation en cours d’emploi, y compris les sujets suivants :

  • Analyste du renseignement de défense stratégique
  • Cours avancé d’officier du renseignement
  • Contre-ingérence
  • Interrogateur
  • Exploitation des sources
  • Analyse d’images

Vous pouvez également travailler dans les contextes suivants : renseignement humain, contre-ingérence, renseignement lié au choix des objectifs et plusieurs autres.

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Programmes d'enrôlement

Enrôlement direct

Si vous détenez déjà un diplôme universitaire, les FAC détermineront si votre programme d’études remplit les  critères du poste et vous pourriez être envoyé directement à une formation en cours d’emploi après avoir obtenu votre qualification militaire de base. Cette qualification et la qualification d’officier sont requises avant toute affectation.

Études payées

Programme de formation des officiers de la Force régulière (PFOR)

Puisqu’un diplôme universitaire est exigé pour accéder à ce poste, les FAC subventionneront les candidats retenus afin qu’ils suivent un programme d’études menant à l’obtention d’un baccalauréat dans une université canadienne. Vous recevrez un salaire à temps plein, ce qui comprend les soins médicaux et dentaires ainsi que des vacances avec plein salaire; en retour, vous devrez travailler pour les FAC pendant un certain temps.

En règle générale, les candidats retenus dans le cadre du PFOR sont admis à titre d’élèves-officiers au sein du système des collèges militaires canadiens, où ils font des études liées au cheminement de leur carrière militaire. Dans certains cas, les FAC peuvent subventionner les élèves-officiers afin qu’ils suivent un programme d’études pertinent menant à l’obtention d’un baccalauréat dans d’autres universités canadiennes. Les élèves-officiers qui étudient dans d’autres universités canadiennes suivent généralement leur formation pendant l’année universitaire normale et participent à une instruction militaire supplémentaire pendant l’été. Si vous décidez de poser votre candidature pour participer à ce programme, vous devez présenter une demande aux FAC ainsi qu’à l’université canadienne de votre choix. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez les Études payées.

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Option temps partiel

Ce métier est disponible à temps partiel au sein des environnements suivants : Marine, Force aérienne, et Armée.

Servir dans la Force de réserve

Cette possibilité d’emploi à temps partiel est offerte auprès de la Première réserve à certains endroits au Canada. En règle générale, les membres de la Force de réserve servent à temps partiel au sein d’une unité militaire dans leur communauté et peuvent effectuer leur service pendant qu’ils sont aux études ou qu’ils occupent un emploi civil. Ils sont payés durant leur instruction. Ils ne sont pas assujettis aux affectations ni aux déménagements militaires. Toutefois, ils peuvent se porter volontaires pour déménager à une autre base ou pour être déployés au Canada ou à l’étranger dans le cadre de missions militaires.

Emploi à temps partiel

Les officiers du renseignement peuvent servir auprès de la Marine royale canadienne, de l’Armée canadienne ou de l’Aviation royale canadienne. Leur travail consiste à fournir un soutien en analyse du renseignement militaire pour les opérations, la planification et la prise de décisions. Ce travail a un impact sur la sécurité militaire et nationale, et sur les relations politiques et publiques du gouvernement. Lorsqu’ils sont employés à temps partiel ou à titre d’occasionnels à temps plein, ils effectuent habituellement leur service dans des unités des FAC à différents endroits au Canada.

Instruction de la Force de réserve

Les membres de la Force de réserve reçoivent le même niveau d’instruction que leurs homologues de la Force régulière. Ils commencent généralement leur instruction avec leur unité d’attache, pour s’assurer qu’ils répondent aux normes militaires professionnelles de base. Après l’instruction de base destinée aux officiers, l’unité d’attache s’occupera de prévoir de l’instruction additionnelle permettant l’acquisition des compétences spécialisées. Les officiers du renseignement sont formés pendant environ six mois à l’École du renseignement militaire des Forces canadiennes à Kingston, en Ontario, en vue de leur qualification.

Environnement de travail

En règle générale, les membres de la Force de réserve effectuent leur service à temps partiel au sein de leur unité d’attache, le soir et la fin de semaine, suivant un horaire établi. Toutefois, ils peuvent également effectuer leur service en occupant des postes à temps plein au sein de certaines unités pour des périodes déterminées, selon la nature des tâches à exécuter. Ils reçoivent 85 pour cent du taux de rémunération de la Force régulière, ont droit à des avantages sociaux raisonnables et peuvent être admissibles à contribuer à un régime de pension.

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