Message de la SM : Le Coeur et la Raison — 30 mars 2020

Chers amis, chères amies et collègues de Patrimoine canadien,

Je sentais le besoin de m’adresser à vous en ma capacité de sous-ministre, bien sûr, mais surtout à titre de concitoyenne. Le genre de situation que nous traversons est inconnu dans l’histoire récente de notre pays stable et prospère. Nous avons certes entendu nos parents et grands-parents parler de la grande dépression du début du siècle dernier ou encore nous avons vécu, par le biais des romans ou des films de nos artistes et auteurs prolifiques, les défis de la pandémie de grippe de 1918, des deux guerres mondiales et d’autres conflits plus récents.

Cependant, outre ces narrations, notre génération n’a connu que prospérité et abondance exception faite, bien sûr, de nos sœurs et frères autochtones de même que des membres de certaines autres communautés marginalisées. Dans ce contexte, nous sentons la nécessité, voire le devoir, de ne ménager aucun effort pour aider nos concitoyens dans le besoin. Ce mantra de service et d’entraide fait partie de notre génome à titre d’employés de la fonction publique. Je retrouve en chacun de vous ce sens profond du devoir qui nous unit et nous pousse à imaginer des solutions et à agir. Il nous est tellement difficile, voire impossible, de demeurer immobiles, encabanés et isolés dans nos maisons en pensant à tous nos partenaires dont les moyens de subsistance se détériorent d’heure en heure.

Cet élan du cœur nous pousse tous à continuer fidèlement d’exécuter nos tâches professionnelles avec ferveur et détermination. Il est vrai que les communautés que nous servons, que ce soit dans le domaine des arts, de la culture, des médias, des sports ou de l’implication communautaire, ont besoin de notre soutien, notre énergie, notre imagination pour trouver des solutions concrètes. Les communautés que nous servons ont besoin que nous canalisions toutes nos énergies pour accélérer la livraison de nos subventions et contributions, afin de leur permettre de maintenir leurs entreprises à flot. Ces mêmes communautés ont aussi besoin que nous mettions notre capacité créative au profit de solutions qui leur permettront de sortir de cette crise. Pour ce faire, notre ministère doit demeurer opérationnel malgré les directives de nos différents paliers de gouvernement qui exigent (à juste titre pour le bien-être de tous) que nous restions isolés, chacun chez soi, pour contenir ou préférablement éviter la contagion.

C’est dans ce contexte que, la semaine dernière, avec le soutien de notre comité de gestion, j’ai invoqué notre plan de continuité des activités afin que nos capacités humaines, informatiques et opérationnelles soient strictement dédiées, pour l’instant, à ce service critique et aux services qui le soutiennent et qui y sont connexes. Pour ceux et celles d’entre vous qui devez respecter la directive de ne pas se présenter sur les lieux de travail et de ne pas accéder au réseau informatique, cette décision est difficile à accepter, je le comprends. Votre cœur et votre sens du devoir vous dictent le contraire, car vous désirez continuer à contribuer. Permettre de désengorger le réseau informatique est une contribution essentielle. Préserver votre santé et vous tenir prêts à travailler lorsque vos collègues auront besoin d’un repos ou devront prendre soin de leurs proches est une contribution essentielle. Soutenir moralement vos collègues par un texto ou un appel de soutien est une contribution essentielle. Cette crise sera longue et nous risquons tous, à un moment ou à un autre, de devoir participer activement à l’effort collectif ou de laisser d’autres y participer activement. C’est en équipe que nous aurons la résilience nécessaire pour continuer notre œuvre de service.

La raison m’a dicté de procéder ainsi. J’ai dû demander à mon cœur de se mettre au diapason de ma raison. J’ai confiance que votre sens du devoir vous permettra, à vous aussi, de réconcilier votre cœur et votre raison. Nos partenaires ont besoin de vous tous et toutes. Les contributions, qu’elles soient actives ou momentanément passives, s’avèrent absolument nécessaires à notre œuvre collective de service.

Prenons soin de nous, de nos proches, de nos collègues, de nos voisins et de nos concitoyens, car nous sommes tous et toutes essentiels et essentielles.

Hélène Laurendeau
Sous-ministre, Patrimoine canadien

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