Stephen B. Simpson au congrès annuel de la British Columbia Association of Broadcasters - 2016

Discours

Penticton (Colombie-Britannique)
19 mai 2016

Stephen B. Simpson, Conseiller régional de la Colombie-Britannique et du Yukon
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes

Au congrès annuel de la British Columbia Association of Broadcasters

Priorité à l’allocution

Merci de m’avoir invité une fois de plus à votre congrès annuel et de m’offrir l’occasion de faire le point sur les activités du CRTC.

Avant de vous parler de nos activités récentes, j’aimerais d’abord féliciter la British Columbia Association of Broadcasters [BCAB], qui sert ses membres depuis près de 70 ans. Votre association a toujours su bien promouvoir les intérêts des diffuseurs privés de la Colombie-Britannique, en plus de contribuer à des programmes de renforcement communautaire dans toute la province.

En raison de l’intégration verticale, il y a presque toujours une affaire devant le Conseil qui, d’une manière ou d’une autre, met en cause l’un des grands diffuseurs. Il est donc difficile pour les titulaires de licences d’interagir avec les conseillers sans que l’un ou l’autre compromette le processus.

C’est essentiel que les radiodiffuseurs et les télédiffuseurs puissent compter sur des associations régionales et nationales solides et efficaces pour collaborer avec le Conseil et son personnel.

Cela étant dit, je vous garantis que le CRTC est résolu à épauler les radiodiffuseurs et les télédiffuseurs privés et qu’il est conscient des enjeux auxquels sont confrontés les petits diffuseurs. Plusieurs des points que je vais aborder ce matin le démontrent.

La radiodiffusion

J’aimerais d’abord parler de radiodiffusion et féliciter les radiodiffuseurs de la région pour les résultats qu’ils ont obtenus au cours de la dernière année. C’est toute une réalisation, compte tenu de l’évolution récente de l’industrie de la radiodiffusion.

Beaucoup de choses ont changé depuis le début du millénaire, à commencer par le lancement du iPod en 2001. La radio satellite est arrivée au Canada quelques années plus tard, et elle a continué d’élargir ses activités depuis. Rapidement aussi, la radiodiffusion sur Internet a mené à des innovations comme Pandora et Spotify. Parallèlement, les téléphones intelligents se sont imposés comme des sources d’information et de divertissement. Grâce à ces téléphones dans leurs poches et leurs sacs à main, soudainement, les Canadiens ont eu accès à un éventail de contenu en ligne, tout en se déplaçant.

À cette révolution technologique déjà difficile à gérer est venue s’ajouter la tempête parfaite qu’a été la « grande récession » de 2008, dont le Canada est encore tranquillement en train de se remettre. Il ne fait pas de doute que cette période a été difficile pour plusieurs dans le monde des médias.

Les résultats financiers des radiodiffuseurs canadiens pour 2015, qui ont été publiés par le CRTC il y a quelques semaines, indiquent que leurs revenus sont demeurés stables au cours des cinq dernières années. Dans les circonstances, c’est vraiment toute une réalisation.

Les revenus publicitaires régionaux et nationaux ont atteint 1,58 milliard de dollars l’an dernier. Les bénéfices avant intérêts et impôts ont augmenté de près de 0,5 p. 100, atteignant 303,4 millions de dollars. Les revenus des stations de radio multiculturelles ont même augmenté davantage au cours de cette période, en hausse de 1,5 p. 100.

En Colombie-Britannique et dans les territoires, les revenus totaux pour 2015 ont connu une baisse d’environ 0,75 p. 100 par rapport à l’an dernier. Par contre, les bénéfices avant impôts ont connu une hausse de 2,5 millions de dollars, comparativement à une baisse de 7,5 millions de dollars en 2014. La rentabilité globale est demeurée presque inchangée, à 8,3 p. 100.

Je suis bien conscient que ces chiffres sont loin de ceux de « l’âge d’or de la radio ». Mais je suis prêt à parier que plusieurs entreprises de l’Ouest canadien adoreraient afficher des revenus et des bénéfices semblables pour l’année 2015. Vous méritez donc nos félicitations pour votre bon travail.

Les avantages de la radio

La principale raison de ce succès est sans doute que vous jouez un rôle crucial à l’échelle locale, au cœur de vos collectivités. Vous bénéficiez du fait que vos stations et vos animateurs sont des références en matière d’actualités locales. Vos auditeurs vous écoutent pour entendre la musique qu’ils aiment, mais aussi pour s’informer sur les nouvelles, la météo, la circulation, les sports et les activités locales.

Un autre de vos grands avantages, c’est que vous êtes des experts en contenu canadien. Vos stations font le pont entre les Canadiens en tant que consommateurs et citoyens et les Canadiens en tant que créateurs.

En appuyant et en diffusant le travail de nouveaux artistes talentueux, vos stations jouent un rôle crucial dans la définition de la culture et de l’identité canadiennes. Le contenu canadien nous offre une occasion en or d’établir un créneau distinctif dans un monde toujours à l’affût de nouveaux artistes talentueux.

Récemment, la moitié des 10 artistes qui trônaient au sommet des palmarès radiophoniques américains étaient des Canadiens. Voilà une réalisation dont notre industrie musicale peut être extrêmement fière.

La diversité culturelle représente un autre créneau important. La région du Lower Mainland est l’un des secteurs les plus multilingues et multiculturels au pays; elle accueille plus de 20 000 nouveaux arrivants chaque année. Cela représente une superbe occasion d’affaires.

Le CRTC reverra bientôt son cadre stratégique sur les services des radios multiculturelles. À cette occasion, nous allons nous assurer que la politique tient compte de l’évolution démographique des communautés multiculturelles du Canada.

Autre signe qui témoigne de cette soif de diversité : le CRTC a reçu 12 demandes pour l’exploitation de stations de radio destinées à des publics autochtones dans des marchés importants — dont deux demandes à Vancouver.

Nous sommes également heureux de constater que certains d’entre vous ont profité de la souplesse de notre approche en commençant à exploiter la radio HD. Cette technologie vous permet de diffuser le contenu d’une, deux ou trois nouvelles stations locales sur le même poste que votre signal principal. La radio HD a le potentiel d’accroître la diversité des services radiophoniques offerts aux Canadiens.

Toute cette activité reflète à la fois l’évolution de notre société et la vigueur de l’économie de la Colombie‑Britannique, qui encore cette année est en voie d’arriver en tête des provinces au chapitre de la croissance.

Le défi de la radio

Ainsi, ce n’est pas l’accès à divers publics et artistes d’envergure mondiale qui pose problème aux radiodiffuseurs, mais plutôt le fait que la musique peut maintenant être offerte de multiples façons. Les services de diffusion audio en ligne ouvrent la voie à une foule de modèles d’affaires qui chamboulent rapidement les règles du jeu pour les diffuseurs traditionnels.

Les organismes de réglementation ne peuvent pas endiguer ce tsunami, notamment parce que les applications musicales sont partout — de la cuisine à l’auto.

Il ne serait tout simplement pas possible, ni recommandable, d’essayer de protéger le secteur culturel contre ces tendances, même si on essayait de toutes nos forces.

Au CRTC, nous reconnaissons que le contenu créatif engendre des possibilités économiques. Nous comprenons que notre rôle est d’instaurer les conditions qui permettront aux gens comme vous de créer et de déployer des programmes et des modèles d’affaires novateurs qui assurent la continuité de votre réussite.

Le Canada et son industrie musicale évoluent, ce qui ouvre la porte à de nouveaux publics et à de nouveaux marchés, ici et ailleurs dans le monde. Les diffuseurs doivent être capables de s’adapter et de faire preuve de souplesse pour demeurer concurrentiels.

Par exemple, on s’attend à ce que 60,1 p. 100 des nouveaux véhicules de la planète soient équipés d’un système connecté à Internet d’ici 2017, une hausse de 11,4 p. 100 en seulement quatre ans. Aux États-Unis et en Europe de l’Ouest, ce taux pourrait dépasser 80 p. 100 dès l’an prochain.

Qu’allez-vous faire pour que vos stations se démarquent dans ce lot presque infini d’options?

Les associations nationales et régionales comme la BCAB ont un rôle important à exercer en vue de représenter vos intérêts, non seulement auprès des organismes gouvernementaux comme le CRTC, mais aussi auprès de l’industrie automobile, des fabricants d’appareils et des fournisseurs de service sans fil. Vos associations sont les mieux placées pour veiller à ce que les stations radiodiffusées soient faciles à trouver sur le tableau de bord des voitures connectées et que les puces FM dans les téléphones intelligents soient activées.

Vous savez probablement que Patrimoine canadien a lancé un examen important du contenu canadien et des lois qui régissent l’industrie de la diffusion. Vos associations peuvent agir pour s’assurer que vos points de vue seront entendus lors de cet examen.

De toute évidence, la ministre Joly est tournée vers l'avenir, tout comme nous l'avons été au CRTC. Nous avons effectué des examens importants pour adapter notre cadre politique aux réalités nouvelles et émergentes. Ceux-ci sont liés à des technologies perturbatrices et à la façon dont les Canadiens y réagissent ou les adoptent. Il semble y avoir un bon alignement entre les questions soulevées par la ministre et notre propre travail au cours des dernières années.

La télévision

Ce qui s’applique à la radio s’applique aussi à la télévision.

Entre autres à cause de la concurrence des entreprises en ligne, les revenus publicitaires ont fortement baissé ces dernières années, ce qui a mis une pression additionnelle sur les télédiffuseurs. Selon les dernières données financières, les revenus des stations de télévision privées du Canada ont décliné de 2,6 p. 100 l’an dernier, ce qui correspond à près de 50 millions de dollars.

Malgré tout, le Conseil croit fermement que le système canadien de télévision devrait encourager la création d’une programmation canadienne captivante et variée.

L’importance de la télévision pour les Canadiens a été clairement soulignée lors des discussions entourant l’initiative Parlons télé, qui a permis au CRTC de discuter avec 13 000 citoyens. En cours de route, nous avons pu cerner plusieurs défis auxquels sont confrontés les télédiffuseurs locaux, régionaux et nationaux dans un contexte médiatique de plus en plus fragmenté.

De manière croissante, les Canadiens utilisent les plateformes numériques pour s’informer, se divertir et même diffuser du contenu qu’ils ont créé. Grâce à une foule d’appareils, ils ont maintenant accès à des centaines de postes de télévision et à d’innombrables options en ligne, n’importe où et à n’importe quel moment.

Dans ce méandre d’information et de nouvelles, on compte sur les journalistes pour recueillir l’information et interpréter les faits afin de les analyser de façon cohérente et en profondeur. Ils nous informent et nous aident à donner un sens au monde qui nous entoure.

La télévision locale

En septembre dernier, nous avons entrepris un examen de la programmation télévisuelle locale et communautaire afin de veiller à ce que :

  • les Canadiens aient accès à des émissions produites localement et reflétant leurs réalités locales sur différentes plateformes;
  • les producteurs indépendants professionnels et non professionnels, ainsi que les membres de la communauté, aient accès au réseau de télédiffusion;
  • le système canadien de télédiffusion produise et diffuse des émissions de nouvelles et d’information pertinentes à l’échelle locale.

Plus de 2 600 Canadiens nous ont fait part de leurs points de vue sur ces enjeux, par l’entremise d’interventions officielles ou de leurs commentaires sur notre forum en ligne. Ils nous ont rappelé à quel point ils tiennent aux émissions d’information et de nouvelles produites par les quelque 85 stations conventionnelles privées et les 160 stations communautaires que l’on trouve dans les municipalités de tout le pays.

Nous avons aussi pu constater l’attachement des citoyens envers leurs stations de télévision locales lors des huit jours d’audiences qui ont eu lieu du 25 janvier au 3 février. Les Canadiens ont indiqué aux conseillers qu’ils attachent une grande valeur aux émissions locales d’information parce qu’elles leur permettent d’établir un lien direct avec leurs collectivités. Les nouvelles locales les aident aussi à comprendre l’actualité internationale et à participer à la vie politique, économique et culturelle du Canada. Voilà des points forts dont les diffuseurs devraient tirer profit.

Puisque nous sommes à mettre la dernière touche à notre décision sur la programmation télévisuelle locale, je ne peux vous en dire plus pour l’instant. Nous devrions pouvoir annoncer les résultats au cours des prochaines semaines.

Les choix du consommateur

L’initiative Parlons télé a aussi entraîné un autre changement important dans l’univers télévisuel, soit un nouveau forfait de base qui ne coûte pas plus de 25 $ par mois.

Depuis le 1er mars, les entreprises de distribution par câble et par satellite offrent ce type de forfait, qui est axé sur des émissions de nouvelles et d’information locales que les Canadiens nous ont dit apprécier tout particulièrement, ainsi que sur des canaux d’intérêt public, comme CPAC, et des émissions canadiennes et américaines populaires, dont des séries dramatiques et humoristiques.

Les consommateurs peuvent s’inscrire à d’autres canaux de façon individuelle OU par l’entremise de forfaits comprenant jusqu’à 10 canaux.

À compter du 1er décembre 2016, les canaux seront offerts À LA FOIS sur une base individuelle ET par l’entremise de forfaits comprenant jusqu’à 10 canaux.

Ces options plaisent aux consommateurs canadiens. Au cours des cinq premières semaines, plus de 66 000 Canadiens se sont abonnés au nouveau forfait de base. Environ le tiers d’entre eux ont profité des diverses options offertes en s’abonnant à des canaux individuels, à un petit forfait additionnel, ou à ces deux options. Certains Canadiens nous ont dit que les changements qu’ils avaient apportés à leurs services télévisuels leur permettraient d’économiser des centaines de dollars par année.

Certaines entreprises profitent également des nouvelles règles pour offrir des options favorables aux consommateurs, qui comprennent le forfait de base à moins de 25 $ par mois.

Le CRTC a récemment publié un avis invitant les câblodistributeurs à présenter leurs demandes de renouvellement de licence. Lors du processus de demande, ceux-ci devront répondre à une série de questions liées à la composition et à l’établissement des prix de leurs forfaits de base. Nous leur demandons de fournir des détails sur tout service ou produit additionnel que les consommateurs doivent acheter pour bénéficier du forfait de base. Les câblodistributeurs devront aussi préciser les modalités et les frais qui diffèrent de ceux des abonnements réguliers et justifier pour quelles raisons ils les appliquent. Les mêmes questions s’appliquent aux services offerts aux abonnés, qu’ils s’abonnent à de petits forfaits additionnels ou à des canaux individuels.

En dépit de certaines critiques et de reportages indiquant le contraire, l’objectif du CRTC n’a jamais été de faire en sorte que les abonnés aient accès à un plus grand nombre de canaux gratuitement. Le Conseil voulait offrir aux consommateurs les outils qui leur permettraient de trouver les forfaits qui correspondent le mieux à leurs besoins. Notre objectif était de leur offrir plus de choix.

C’est maintenant aux titulaires de licences de démontrer que leurs forfaits sont conformes à la directive du CRTC. Nous surveillons activement la façon dont l’industrie met en œuvre ces nouvelles règles.

S’adapter au changement

Évidemment, en cette ère d’abondance de contenu et dans un monde de choix, le défi consiste à se démarquer. Aussi, tel est l’enjeu sur lequel le CRTC s’est penché avec l’Office national du film du Canada. Vous vous souviendrez probablement que des discussions ont commencé l’automne dernier lors de deux activités préparatoires, dont l’une a eu lieu à Vancouver.

La semaine dernière, le Sommet de la découvrabilité s’est déroulé pendant deux jours à Toronto. Il a réuni des experts de divers domaines, dont des créateurs de contenu, des universitaires, des personnes responsables de l’élaboration des politiques et des innovateurs. Il a donné lieu à des discussions et des suggestions stimulantes sur la découvrabilité du contenu audiovisuel. Plusieurs séances intéressantes s’y sont tenues, notamment sur les comportements de la génération Y, la mise en marché et la publicité, les algorithmes et la mobilisation du public.

Je suis convaincu que ces échanges vont engendrer d’autres discussions chez les créateurs dans les mois à venir, ce qui pourrait leur permettre d’établir des stratégies, des approches, des modèles d’affaires et des outils inédits.

Les Canadiens créent du contenu de classe mondiale qui peut rivaliser avec ce qui se fait de mieux dans le monde. Le public est avide de nouvelles émissions captivantes. En cette ère d’abondance, la découvrabilité vise à établir des ponts entre le public et le contenu offert, et vice versa.

Conclusion

Comme je l’ai souligné plusieurs fois ce matin, à l’heure actuelle, les auditeurs et les téléspectateurs ont accès à un nombre quasi illimité d’options.

Nous ne sommes plus en 1960, en 1980, ni même en l’an 2000. L’univers radiophonique et télévisuel que nous avons connu dans notre jeunesse est révolu. Les plateformes et les goûts des gens évoluent constamment. C’est à vous d’établir la meilleure façon de composer avec cette nouvelle réalité du 21e siècle, pour que vos entreprises puissent non seulement survivre, mais prospérer.

La seule constante qui semble émerger de tous ces changements est la loyauté et l’attachement que les auditoires locaux éprouvent envers leurs stations de radio et de télévision locales. Je vois l’avenir de votre industrie avec optimisme. En continuant de maximiser votre créativité et d’être attentifs aux besoins et aux intérêts de vos auditoires locaux, vous pourrez continuer de faire prospérer votre industrie.

Je vous souhaite toute la réussite possible. Merci.

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