Stephen B. Simpson au 82e congrès annuel de la Western Association of Broadcasters

Communiqué de presse

Banff (Alberta)
9 juin 2016

Stephen B. Simpson, Conseiller régional de la Colombie-Britannique et du Yukon
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)

Priorité à l’allocution

Je vous remercie de m’avoir invité à participer à votre congrès. En particulier, j’aimerais vous remercier de m’avoir mis en tête de la liste des conférenciers de ce matin. Je trouverais difficile de faire mieux que James Cridland.

Je tiens à vous féliciter d’avoir reconnu l’importance primordiale du message de James, selon lequel les changements radicaux ne se dessinent pas simplement à l’horizon des médias traditionnels, mais s’opèrent déjà. Je suis encouragé de savoir que vous explorez de nouvelles avenues vers la prospérité pendant que les radiodiffuseurs et télédiffuseurs s’ajustent aux nouvelles opportunités que leur offre le monde d’aujourd’hui axé sur la technologie.

La Western Association of Broadcasters (WAB) joue un rôle essentiel dans l’éducation de ses membres à l’égard des enjeux émergents de l’industrie. Je vous félicite donc à votre tour de prendre le temps chaque année de produire un rapport à l’intention du CRTC.

Je veux aborder plusieurs sujets ce matin.

Pour commencer, parlons de la radio. Les résultats financiers des radiodiffuseurs canadiens pour 2015 indiquent que leurs revenus sont demeurés stables au cours des cinq dernières années. Les revenus publicitaires régionaux et nationaux ont atteint 1,58 milliard de dollars. Les bénéfices avant intérêts et impôts, quant à eux, ont augmenté de près de 0,5 %, atteignant 303,4 millions de dollars l’an dernier.

Il s’agit bien entendu de moyennes. Dans les Prairies, les revenus pour 2015 ont connu une baisse d’environ 1,8 million de dollars et une baisse correspondante de la profitabilité de 5,8 %.

Ces dernières statistiques illustrent un ralentissement lent, mais constant, qui est devenu évident au cours des dernières années. Le Rapport de surveillance des communications 2015 souligne que cela est dû, en partie, à l’utilisation croissante par les Canadiens des services de diffusion en continu.

En 2014, 52 % des Canadiens écoutaient des vidéos de musique sur YouTube, 22 % écoutaient la radio AM/FM en ligne, 18 % écoutaient de la musique personnalisée en continu et 21 % écoutaient des balados. Depuis 2009, le nombre d’adultes abonnés à des services de radio par satellite s’est accru de 8 %.

Je suis certain que James Cridland vous dira qu’il est impossible de remettre le génie dans la lampe. Vous pouvez néanmoins prendre appui sur les forces de votre secteur et continuer à faire croître vos entreprises en utilisant des stratégies différentes et nouvelles.

Vous bénéficiez d’un énorme avantage à l’effet que les stations locales et les animateurs sont des intervenants de confiance en matière de contenu local. Les auditeurs ouvrent la radio pour entendre plus que de la musique, pour obtenir les nouvelles, la météo, la circulation routière, les sports et les activités communautaires. Vous assumez également le rôle important de diffuser des alertes en cas d’urgence, comme vous l’avez fait lors des feux récents et de l’évacuation de Fort McMurray.

Un autre de vos grands avantages, c’est que vous êtes des experts en contenu réalisé par des Canadiens. Ce contenu nous offre une occasion en or d’établir un créneau distinctif dans un monde à la recherche de nouvelle musique.

Nous n’avons qu’à regarder les cinq finalistes de la catégorie « Meilleur artiste » des  Billboard Awards en 2016: trois d’entre eux sont des Canadiens.

Bien que ces artistes soient maintenant bien établis,  nous voyons aussi l’excellent travail que vous faites pour découvrir de nouveaux talents. Vous contribuez à présenter de la nouvelle musique et de nouveaux artistes à vos auditoires en les faisant passer à la radio et en les diffusant sur vos sites Web, ainsi qu’en soutenant vos scènes musicales locales.

L’accès à divers publics et artistes de qualité ne pose pas problème au Canada. Les services audio en ligne changent toutefois la donne pour les radiodiffuseurs traditionnels. Ceux-ci permettent aux utilisateurs de créer leurs propres listes de diffusion et de les partager avec leurs amis et sur les réseaux sociaux.

Les fournisseurs de services sans fil tiennent compte de cette tendance. À titre d’exemple, au Québec, Vidéotron offre des forfaits de cellulaire qui permettent aux abonnés d’accéder à des services d’écoute de musique en continu sans que cette utilisation soit comptabilisée dans leur limite d’utilisation de données. C’est ce qu’on appelle la tarification différentielle.

Le Conseil a reçu des interventions qui soutiennent que cela procure un avantage indu à certains services en continu aux dépens de radiodiffuseurs et d’autres parties. Au lieu de se pencher sur la tarification différentielle au cas par cas, il serait préférable d’établir une politique réglementaire claire et transparente. Cela offrirait une plus grande certitude aux consommateurs, aux fournisseurs d’applications et aux fournisseurs de service Internet et sans fil.

À la mi-mai, nous avons annoncé la tenue d’une consultation publique sur les pratiques liées à la tarification différentielle des forfaits de données filaires et sans fil. Nous tiendrons une audience publique sur la question à partir du 31 octobre.

Peu importe le résultat, les diffuseurs doivent être capables de s’adapter et de tirer profit des avancées technologiques. Notre rôle, au CRTC, est d’instaurer les conditions qui permettront aux gens comme vous de déployer des programmes et des modèles d’affaires novateurs qui assurent la continuité de votre réussite.

Nous sommes également heureux de constater que certains d’entre vous ont profité de la souplesse de notre approche en commençant à exploiter la radio HD. Cette technologie permet à une station de diffuser le contenu d’au plus trois nouvelles stations locales sur la même chaîne que celle du signal principal. La radio HD a le potentiel d’accroître la diversité des services radiophoniques offerts aux Canadiens.

Nos efforts seront soutenus par les résultats d’un examen du contenu canadien et des lois régissant l’industrie de la radiodiffusion, qui est entrepris par le ministère du Patrimoine canadien.

La ministre Mélanie Joly s’est tournée vers l’avenir, comme le fait le CRTC. Nous avons réalisé d’importants examens dans le but d’adapter notre cadre stratégique afin qu’il tienne compte des technologies perturbatrices et de la façon dont les Canadiens les adoptent.

Les questions soulevées par l’examen de la ministre semblent s’aligner sur le travail accompli par le CRTC au cours des dernières années. Les associations comme la WAB peuvent vous aider à vous faire entendre durant l’examen.

Ce qui s’applique à la radio s’applique aussi à la télévision.

Les revenus publicitaires de la télévision ont connu un recul marqué, ce qui est encore une fois dû en partie à la concurrence des entreprises en ligne.

Les dernières données financières montrent que les revenus des stations de télévisions privées du Canada ont décliné de 2,6 % l’an dernier, ce qui correspond à près de 50 millions de dollars. Cela est principalement dû au fait que les Canadiens ont maintenant accès à des centaines de postes de télévision et à d’innombrables options en ligne, n’importe où et à n’importe quel moment, grâce à une foule d’appareils.

Malgré ces circonstances changeantes, le Conseil croit fermement que le système de télévision canadien doit encourager la création d’une programmation canadienne captivante et variée.

Les Canadiens sont du même avis, selon ce que nous avons entendu lors de l’initiative Parlons télé à laquelle ont participé 13 000 Canadiens. Ces points de vue ont été réitérés l’automne dernier ainsi que lors d’audiences publiques tenues en janvier et en février dans le cadre de l’examen par le CRTC de la programmation de télévision locale et communautaire.

Les Canadiens ont affirmé qu’ils attachent une grande valeur aux bulletins de nouvelles locales, qui leur donnent une connexion à leur collectivité. Les nouvelles locales les aident aussi à comprendre l’actualité internationale et à participer à la vie politique, économique et culturelle du Canada. Voilà des points forts dont les diffuseurs devraient tirer profit.

Nous sommes en train de peaufiner notre décision sur la programmation télévisuelle locale et annoncerons bientôt les résultats.

Les Canadiens nous ont également fait part de leur désir d’avoir plus de choix, ce que nous leur avons fourni au moyen des nouveaux forfaits de télévision de base et d’options d’assemblage souples. Nous offrons aux consommateurs plus d’options et d’outils qui leur permettront de trouver les forfaits qui correspondent le mieux à leurs besoins.

Depuis le 1er mars, les entreprises de distribution par câble et par satellite offrent des forfaits de base à 25 dollars par mois, qui sont axés sur des émissions de nouvelles et d’information locales. Les consommateurs peuvent ensuite s’abonner à d’autres canaux de façon individuelle OU par l’entremise de forfaits comprenant jusqu’à 10 canaux.

À compter du 1er décembre, les canaux seront offerts À LA FOIS sur une base individuelle ET par l’entremise de forfaits comprenant jusqu’à 10 canaux.

Le CRTC a récemment lancé une instance pour le renouvellement des licences de certains câblodistributeurs.

En avril, nous avons demandé aux entreprises de nous fournir des renseignements sur leurs forfaits de base et sur les options d’assemblage souples, y compris sur les frais supplémentaires associés à des produits ou à des services que les consommateurs doivent acheter pour obtenir les forfaits.

Nous avons fait un suivi à la fin du mois dernier en annonçant que nous tiendrons une audience publique en septembre. Les plus importants fournisseurs de services de télévision au pays, qui desservent 78 % des abonnés, devront y décrire la façon dont les forfaits de base ainsi que les options d’assemblages souples sont mis en œuvre dans l’ensemble du Canada. Ce sera à eux de démontrer que leurs forfaits sont conformes à la directive du CRTC et dans quelle mesure ils profiteront aux Canadiens.

Les goûts des consommateurs ne sont pas les seules difficultés que doivent surmonter les télédiffuseurs. Un autre défi à relever dans ce monde où les choix sont omniprésents est celui de se démarquer.

Nous nous sommes attaqués à ce sujet en collaboration avec l’Office national du film du Canada lors d’un Sommet de la jeunesse et d’un Sommet de la découvrabilité, qui ont tous deux eu lieu le mois dernier à Toronto.

Le Sommet de la découvrabilité a rassemblé des créateurs de contenu, des universitaires, des responsables des politiques et des innovateurs qui ont participé à des discussions stimulantes sur la découvrabilité du contenu audiovisuel. Plusieurs séances d’information ont porté sur les comportements de la génération Y, la mise en marché et la publicité, les algorithmes et la mobilisation du public.

Parmi les conférenciers intéressants et avant-gardistes figurait Kevin Slavin du MIT Media Lab, qui a conclu le Sommet avec sa présentation sur « la découvrabilité du point de vue des machines, des humains et de toute la nature qui se trouve entre eux ». M. Slavin s’est bâti une carrière en sortant des sentiers battus. À titre d’exemple, il a été l’un des premiers concepteurs des jeux numériques auxquels on jouait dans le monde réel au moyen d’un GPS, y compris un jeu qui faisait la promotion de la semaine des requins du canal Discovery Channel.

Son message aux participants était qu’il faut connaître le monde, à savoir pourquoi nous accordons de l’importance à certaines choses, qui nous écoutons et comment, quelles conversations nous entretenons et comment nous nous répondons mutuellement, pour pouvoir bâtir un auditoire.

Bien que j’aie tenté de vous donner un aperçu de ses idées, croyez-moi quand je vous dis que je n’ai pas rendu justice à sa présentation. Nous publierons des vidéos et des transcriptions de toutes les séances d’information sur le site Web decouvrabilite.ca au cours des prochaines semaines. Je vous encourage à prendre le temps d’aller les voir.

Ce qui est clair est que les Canadiens créent du contenu de classe mondiale qui peut rivaliser avec ce qui se fait de mieux dans le monde. De plus, le public est avide de nouvelles émissions captivantes. En cette ère d’abondance, la découvrabilité réside dans l’élaboration de nouvelles approches et stratégies en vue d’établir des ponts entre le public et le contenu offert, et vice versa.

La seule constante qui semble émerger de tous ces changements dans le domaine de la radiodiffusion est la loyauté et l’attachement que les auditeurs éprouvent envers leurs stations de radio et de télévision locales.

C’est pour cela que je perçois l’avenir de votre industrie avec optimisme. Si vous maximisez votre créativité et continuez d’être attentifs aux besoins de vos publics locaux, je suis convaincu que le paysage médiatique canadien ne saura que s’améliorer grâce à vos efforts continus. Je vous souhaite beaucoup de succès en cours de route. Merci.

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