Joanne Levy au Yorkton Film Festival
Discours
Yorkton (Saskatchewan)
23 mai 2026
Joanne Levy, Conseillère, le Manitoba et la Saskatchewan
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)
Le discours prononcé fait foi
Merci de m’avoir invitée à prendre la parole aujourd’hui et de votre accueil chaleureux. Avant de commencer, j’aimerais souligner que nous sommes réunis sur le territoire visé par le Traité 4, ainsi que sur les terres ancestrales des peuples Cris, Saulteaux, Dakota, Lakota, Nakota et de la nation métisse. Je les remercie et je rends hommage à leurs Aînés.
C’est fantastique de me trouver de nouveau à Yorkton. Pour ceux et celles que je n’ai pas encore eu le plaisir de rencontrer, je m’appelle Joanne Levy, conseillère pour le Manitoba et la Saskatchewan au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, ou le CRTC.
Tous les ans, ce festival nous donne l’occasion de nous réunir en tant que communauté et de célébrer ce qui rend notre région aussi unique. Comme vous le savez bien, nous, dans les Prairies, avons nos propres histoires à raconter, nos propres traditions créatives. Et depuis presque 80 ans à ce jour, le Yorkton Film Festival célèbre qui nous sommes et la place spéciale que nous occupons au Canada.
Donc, je souhaite remercier les organisateurs et les organisatrices de nous donner une telle occasion et de m’avoir invitée à dire quelques mots.
Parce qu’il s’agit d’un moment important pour la radiodiffusion, tant ici, dans les Prairies, qu’ailleurs au pays. Avec l’essor des services de diffusion continue, le système de radiodiffusion a changé rapidement ces dernières années.
Depuis l’adoption de la Loi sur la diffusion continue en ligne, le CRTC travaille rapidement à moderniser ses cadres réglementaires de radiodiffusion. Ce travail consiste, entre autres, à déterminer comment les radiodiffuseurs en ligne devraient contribuer équitablement à notre système, ainsi que la meilleure façon dont le système peut soutenir le contenu canadien et autochtone. L’objectif est de s’assurer que nos créateurs peuvent continuer à raconter leurs histoires tout au long de la prochaine ère de radiodiffusion canadienne.
Aujourd’hui, j’aimerais approfondir certaines des mesures importantes que nous avons prises récemment. Parmi celles-ci figurent les mises à jour que nous avons apportées au système de points pour le contenu canadien, le recalibrage du soutien financier à la création de contenu canadien et autochtone, ainsi que le cadre que nous avons établi pour garantir que le contenu soit plus facile à trouver, à regarder et à aimer.
Décision concernant le contenu canadien
Le CRTC est un tribunal quasi judiciaire indépendant. C’est-à-dire que toutes nos décisions sont fondées sur le dossier public que nous constituons à l’aide de consultations, d’instances publiques et de mesures de sensibilisation. Peu importe la question que nous étudions, tout le monde a la possibilité de se prononcer et d’éclairer nos décisions.
Et nous avons établi un dossier public rigoureux lors de nos récentes instances sur la radiodiffusion.
En fonction de ce dossier, nous modernisons notre cadre réglementaire pour disposer d’un système de radiodiffusion durable. Un système qui repose sur des règles claires et prévisibles. Un système qui continue de produire du contenu canadien de grande qualité, dans lequel les Canadiens demeurent au cœur de leurs récits.
J’ai apporté quelques diapositives aujourd’hui, parce que je veux vous expliquer certains des changements que nous avons apportés. Ils sont considérables dans certains cas, alors les producteurs devraient se familiariser avec eux.
D’abord, la certification du contenu canadien continuera à se faire selon un système de points qui reconnaît l’emploi de talents canadiens. Nous gardons le système de points, parce qu’il a bien fonctionné dans le passé et qu’il nous aide à garantir que les postes clés en création soient occupés par des Canadiens. Le système favorise aussi les dépenses de production et de postproduction au Canada.
Nous voulions aussi nous assurer que les nouvelles règles tiennent compte des réalités de la production moderne. La définition actualisée englobe donc un plus grand éventail de rôles de création, dont ceux qui ont évolué dans les années récentes. Nous avons aussi instauré des points bonis pour certains types de contenu. Quoique ce ne soit pas obligatoire, la programmation fondée sur des livres canadiens, ou qui comprend des personnages, des synopsis ou des décors autochtones, peut être admissible à des points bonis pouvant aider une production à obtenir la certification.
Et bien que nous soyons conscients que l’intelligence artificielle peut servir d’outil, la définition actualisée précise aussi que de véritables Canadiens devraient occuper les postes clés en création, non pas l’IA.
Et finalement, dans notre nouveau monde de diffusion continue en ligne, nous voulions favoriser la collaboration et les partenariats entre les radiodiffuseurs et les entreprises, les producteurs et les créateurs canadiens. Parce que nous voulons nous assurer que, peu importe avec qui un producteur ou un créateur travaille, cette personne a la possibilité de garder le contrôle créatif et la propriété de ses productions.
Le nouveau système de points, comme vous pouvez le voir, est considérablement mis à jour par rapport à l’ancien.
La certification de contenu canadien sera un élément important que les producteurs devront avoir à l’esprit lorsqu’ils élaborent un projet. Nous voulons que les créateurs canadiens continuent de raconter des histoires canadiennes et qu’ils puissent en récolter les fruits lorsque leurs productions se révèlent des réussites.
Le système de points à l’écran touche maintenant les productions en direct. Il y en a une autre pour les productions d’animation et il y a des aspects importants dans la décision pour chacune d’elles. Prenez donc le temps de mieux connaître le nouveau système de points, si ce n’est déjà fait.
Appuyer la création et la découvrabilité des contenus
Cette décision n’a pas été l’aboutissement de nos efforts, loin de là. Il s’agit d’une étape dans la modernisation de notre cadre de radiodiffusion. Nos décisions s’appuient les unes sur les autres. Et nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire.
De fait, plus tôt cette semaine, nous avons publié deux décisions importantes. Elles établissent de nouvelles règles sur la façon dont les radiodiffuseurs traditionnels et en ligne contribuent à la création de contenu canadien et autochtone. Ces nouvelles règles rééquilibrent la façon dont la programmation canadienne et autochtone est appuyée. Les radiodiffuseurs dont les revenus de radiodiffusion canadiens annuels sont supérieurs à 25 millions de dollars contribueront au système d’une manière équitable qui reflète leur taille et leurs modèles d’affaires.
Les radiodiffuseurs canadiens devront verser 25 % de leurs revenus, ce qui représente dans bien des cas un allégement de leurs obligations actuelles. Les radiodiffuseurs non affiliés en ligne devront maintenant verser 15 % de leur revenu au contenu canadien et autochtone, y compris au contenu de langue française. Ce pourcentage comprend la contribution de base que nous avons exigée en 2024.
Les grands radiodiffuseurs, ceux qui font partie de groupes de propriété de radiodiffusion dont le revenu annuel est de 100 millions de dollars et plus, doivent verser au moins 30 % de leur dépense à des partenariats renforcés. Il s’agit de partenariats dans lesquels les producteurs canadiens indépendants ou les radiodiffuseurs doivent détenir la majorité des droits d’auteur de la programmation. Cet aspect de la décision s’appuie sur la décision antérieure concernant le contenu canadien dont j’ai parlé et permettra aux producteurs canadiens de continuer à jouer un rôle important dans le contenu qu’ils créent.
Au total nous nous attendons à ce que ces exigences permettent d’offrir un financement durable de plus de 2 milliards de dollars par année pour appuyer la programmation canadienne. Il s’agit bien sûr d’un minimum et non d’un maximum. Nous nous attendons à ce que de nombreux joueurs continuent de dépenser plus que le minimum requis.
Ces décisions ont également permis de mettre en place un cadre sur la découvrabilité pour appuyer la disponibilité et la visibilité des services et du contenu canadien et autochtone. Ce cadre comporte des principes et des objectifs clairs et est conçu pour permettre aux gens de trouver plus facilement ce contenu sur les plateformes qu’ils utilisent. Le CRTC examinera périodiquement ce cadre pour s’assurer qu’il demeure pertinent et efficace.
Grâce à ces décisions, nous avons terminé la majorité du travail de base essentiel à la mise en œuvre de la Loi modernisée pour le volet audiovisuel. Mais cela ne signifie pas que notre travail est terminé. Nous publierons d’autres décisions dans les prochains mois pour poursuivre la modernisation de notre cadre réglementaire.
Conclusion
Je crois maintenant que le moment est venu de conclure. Car après tout, qu’il soit question de certification du contenu canadien ou de mécanisme de financement, le CRTC se concentre sur un objectif que nous partageons tous : veiller à la production de contenu canadien de grande qualité, que ce contenu réussisse et soit accessible aux auditoires, d’ici et de partout dans le monde.
Alors que nous poursuivons notre travail et que nous publions d’autres décisions, je vous invite à demeurer mobilisés et à communiquer avec nous si vous avez des questions. Les experts du CRTC sont disposés à discuter de vos questions, de vos préoccupations et de clarifier les règles et ce qu’elles signifient pour votre entreprise, vos productions ou votre travail.
Nous sommes tous ensemble dans cette aventure. Et c’est ensemble que nous pouvons saisir l’occasion et veiller à ce que le contenu et les créateurs canadiens continuent d’être appuyés aujourd’hui, et pour les générations à venir.
Merci.
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