Claire Anderson à l’événement FWD – Western Canada Media Conference

Discours

Kelowna (Colombie-Britannique)
4 juin 2026

Claire Anderson, Conseillère, la Colombie-Britannique et le Yukon
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)

Le discours prononcé fait foi

Je suis heureuse de me joindre à vous aujourd’hui et je suis reconnaissante de pouvoir le faire sur le territoire traditionnel non cédé de la Nation Syilx Okanagan. Je sais que la Nation Syilx Okanagan a signé la déclaration de la Nation Okanagan en 1987, confirmant qu’elle était le peuple autochtone non conquis de ce territoire et qu’elle n’avait jamais renoncé à ses droits sur la terre et ses ressources.

Je suis reconnaissante à la Nation Syilx d’assurer l’intendance de ces terres, et je me réjouis de me réunir avec vous sur son territoire non cédé. Merci aussi à la Western Association of Broadcasters et à la British Columbia Association of Broadcasters de m’avoir invitée à prendre la parole à l’occasion de cette nouvelle conférence conjointe, Forward (FWD).

Son nom décrit bien tellement d’aspects de notre industrie de radiodiffusion et de l’état d’esprit qu’il faudra adopter pour garantir sa réussite au fil de son évolution. Nous avons utilisé ce mot-là exactement pendant nos instances sur la modernisation du cadre réglementaire de la radiodiffusion, appelant le processus « la voie à suivre ». Notre approche en matière de réglementation nécessite une réflexion axée sur l’avenir, parce que l’industrie de la radiodiffusion change constamment, guidée par la concurrence mondiale, les technologies nouvelles et émergentes, et les habitudes changeantes des consommateurs.

Comme certains et certaines d’entre vous s’en souviennent peut-être, ma collègue, la conseillère Joanne Levy, a pris la parole lors de la Western Association of Broadcasters Conference l’année dernière. Dans son allocution, elle a parlé de l’importance de travailler ensemble et d’accueillir de nouvelles idées et façons de faire les choses. Assurer à long terme l’efficacité du système de radiodiffusion nécessitera que tout le monde dans l’industrie de la radiodiffusion collabore, comme le font les deux organisations qui nous accueillent aujourd’hui.

Au CRTC, nous sommes très conscients de l’importance que revêt notre industrie de la radiodiffusion pour les Canadiens et la société canadienne. Elle nous divertit. Elle nous fournit de l’information cruciale lors d’urgences. Elle raconte nos récits et fait partie intégrante du tissu culturel de notre pays. Et elle appuie le gagne-pain de milliers de créateurs, de producteurs et de radiodiffuseurs canadiens.

Dans leur ensemble, nos instances sur la modernisation de la radiodiffusion ont suscité plus de 1 700 interventions. Des directeurs et des producteurs nous ont parlé de l’importance du contenu canadien pour la diffusion de nos récits, dans nos décors, avec nos personnages et nos thèmes, qui nous représentent en tant que nation. Des créateurs de l’industrie nous ont dit tenir à s’assurer que tout changement que nous apporterions se ferait en prenant en considération leur place dans le processus de production. Et beaucoup d’entre vous nous ont fait part des difficultés auxquelles l’industrie fait face.

Compte tenu de toute cette rétroaction, et conformément au mandat qu’on nous a confié, nous travaillons assidûment à créer un cadre réglementaire pour veiller à la production de contenu canadien et autochtone de grande qualité et en faciliter la découvrabilité.

Aujourd’hui, j’aimerais vous expliquer ces efforts et vous parler des façons dont nous pouvons aller de l’avant ensemble.

Mais, je fais une petite parenthèse sur l’annonce du gouvernement hier, dont beaucoup d’entre vous sont sans doute au courant. Nous attendons d’en savoir plus au sujet des nouvelles instructions de politique que le gouvernement publiera, et sommes prêts à les mettre en œuvre. Pour l’instant, j’aimerais vous en dire plus au sujet du travail que nous avons accompli jusqu’ici.

Moderniser le cadre de radiodiffusion du Canada

Comme beaucoup parmi vous le savent, nous avons commencé ce travail au moment de l’adoption de la Loi sur la diffusion continue en ligne par le Parlement pour modifier la Loi sur la radiodiffusion. Les modifications exigeaient de nous que nous modernisions nos règles et règlements régissant l’industrie de radiodiffusion pour y inclure les radiodiffuseurs en ligne.

La réforme d’un cadre vieux de dizaines d’années n’a rien de simple. Les modifications nécessaires étaient considérables et complexes. Nous avons agi rapidement en publiant un plan réglementaire dans les jours suivant l’adoption de la Loi.

Notre démarche compte trois grands objectifs.

Premièrement, les Canadiens partout au pays devraient pouvoir trouver, écouter et regarder facilement du contenu canadien et autochtone de grande qualité. Un contenu qui présente nos récits selon nos perspectives uniques et sincères — des récits auxquels peuvent s’identifier des publics d’horizons et d’expériences divers et qui permettent à ces mêmes publics d’apprendre des perspectives d’autres personnes au pays. Ce contenu comprend celui de langue française, les nouvelles, les drames, les documentaires et les autres types de programmation. 

Deuxièmement, le système qui produit ce contenu devrait être durable, résilient sur le plan financier et capable de s’adapter à l’évolution des technologies et aux dynamiques du marché.

Et troisièmement, les cadres que nous établissons doivent être clairs et prévisibles, et s’accompagner de règles transparentes tant pour les plateformes traditionnelles que celles en ligne, afin d’assurer l’équité et la cohérence.

Gardant ces objectifs à l’esprit, nous avons agi le plus rapidement possible pour rendre nos décisions.

Moderniser la politique relative à l’audio du Canada

J’aimerais commencer par nos progrès concernant l’audio.

Comme vous le savez peut-être, nous avons déterminé qu’il fallait créer un nouveau fonds pour les nouvelles locales à la radio. L’objectif était d’affecter du financement au renforcement de la production de nouvelles locales par les stations de radio commerciale dans les petites communautés. Parce que nous savons que dans ces communautés, la radio est parfois la seule source de nouvelles locales.

Pour nous attaquer à cette situation, nous avons approuvé le cadre permettant l’établissement du Fonds pour les nouvelles de la radio commerciale, en plus de lancer une consultation pour simplifier les règles imposées aux stations de radio et réduire le fardeau réglementaire. Lors de cette consultation, les radiodiffuseurs ont communiqué un large éventail de points de vue sur des questions comme la durée des licences et la façon de simplifier nos processus.

Nous avons donc agi et, l’automne dernier, nous avons annoncé que nous effectuerions une transition vers l’établissement de licences de radio sans date d’expiration, dans la majorité des cas. Nous avons aussi facilité l’ouverture de nouvelles stations et accru l’efficacité d’exploitation de celles déjà en place.

L’objectif de ces changements est simple : donner plus de temps et de ressources aux stations pour qu’elles puissent se concentrer sur ce qui est plus important, c’est-à-dire servir leurs communautés. De cette manière, les stations pourraient, par exemple, produire plus de nouvelles, soutenir les talents de leur région ou moderniser leur équipement pour suivre l’évolution technologique.

Parallèlement, nous travaillons à une vaste consultation portant précisément sur la politique relative à l’audio. Nous examinons la radio et la diffusion audio continue ensemble, et déterminons comment nous pouvons continuer à soutenir la création, la présentation et la découverte de musique et de contenu audio canadiens et autochtones.

Nous nous posons des questions importantes, comme les suivantes : comment définissons-nous le contenu canadien dans le domaine de la musique et quelle est la meilleure façon de le soutenir? Comment pouvons-nous modifier nos règlements pour surmonter les difficultés que pose un système en évolution constante et saisir les occasions qu’il présente?

Plusieurs intervenants, dont des radiodiffuseurs traditionnels et en ligne, des artistes, des associations de créateurs et des maisons de disque, nous ont fait part de leurs points de vue, dont pendant une audience publique l’automne dernier.

Parmi les choses qu’on nous a exprimées clairement et sans détour figuraient l’importance vitale pour les gens de pouvoir découvrir des artistes canadiens et l’importance que continue à avoir le temps d’antenne dans la diffusion de la musique de ces artistes à leur public. C’est d’ailleurs quelque chose que nous avons entendu hier soir, à la réception d’accueil, lorsque les membres du groupe britanno-colombien The Washboard Union ont rendu hommage aux stations de radio de la province et du pays, comme ils l’ont fait récemment pendant leur tournée au Royaume-Uni, pour les remercier d’avoir diffusé leur musique. Le temps d’antenne est déterminant pour les artistes canadiens, qui sont tributaires des services que vous offrez dans vos communautés et régions. Dans les mois à venir, nous envisageons de lancer une base de données sur la musique canadienne pour faciliter ce processus crucial de l’écosystème de radiodiffusion. La base de données facilitera le repérage et le suivi de ce qui constitue du contenu canadien dans le secteur de l’audio. De plus, sous peu, nous examinerons des questions importantes liées à la musique autochtone, qui nécessite des définitions claires pour faire en sorte que tout soutien à l’avenir soit ciblé, utile et efficace.

Les décisions sur la politique relative à l’audio marqueront des étapes importantes dans le processus visant à établir un système de radiodiffusion sonore plus fort et adaptable.

Donc, voilà les prochaines étapes qui concernent précisément le secteur de l’audio. Comme vous en avez sûrement entendu parler, nous travaillons aussi à actualiser le cadre réglementaire régissant le contenu audiovisuel canadien et autochtone.

Actualiser la définition d’une émission canadienne

En novembre, nous avons actualisé la définition de ce qu’est une émission canadienne dans le domaine de l’audiovisuel, dans notre décision « La voie à suivre — Définir “émission canadienne” ».

Nous avons apporté des changements pour que la définition tienne compte de la façon dont le contenu est créé aujourd’hui, ainsi que des réalités de la production moderne. Nous avons donc changé certains éléments importants du système de certification du contenu.

Nous avons conservé un système de points, parce qu’il a bien fonctionné dans le passé et qu’il nous aide à nous assurer que les postes clés en création sont occupés par des Canadiens. Le système favorise aussi la rétention au Canada des dépenses de production et de postproduction.

Nous voulions également nous assurer que les nouvelles règles tiennent compte des réalités de la production moderne. Ainsi, la nouvelle définition reconnaît donc un plus large éventail de rôles de création, y compris ceux qui ont évolué récemment. Nous avons aussi instauré des points bonis pour certains types de contenu. Quoique ce ne soit pas obligatoire, les émissions fondées sur des livres canadiens, ou qui comprennent des personnages, des synopsis ou des décors autochtones, peuvent être admissibles à des points bonis pouvant aider une production à obtenir la certification.

Et bien que nous reconnaissions que l’intelligence artificielle (IA) peut servir d’outil, la définition actualisée précise aussi que les postes clés en création devraient être occupés par des humains, et non par l’IA.

Enfin, dans notre monde de plus en plus numérique, nous voulions promouvoir la collaboration entre les radiodiffuseurs en ligne et les producteurs, qui peuvent tirer parti du riche bassin de talents canadiens pour produire des contenus de qualité en anglais, en français et dans d’autres langues.

Financement et découvrabilité

La décision de mettre à jour la définition d’une émission canadienne n’était qu’une étape visant à créer un nouveau cadre de radiodiffusion.

Le mois dernier, nous avons rendu deux décisions concernant le secteur de l’audiovisuel : « La voie à suivre — Travailler à l’établissement d’un système canadien de radiodiffusion durable » et sa décision politique complémentaire « La voie à suivre — Soutenir la création et la distribution d’une programmation canadienne dans le secteur audiovisuel ».

Ces décisions visaient principalement à soutenir la création et la découvrabilité du contenu canadien et autochtone.

Elles précisaient de nouvelles règles visant à rééquilibrer les contributions des radiodiffuseurs traditionnels et en ligne dirigées vers les contenus canadiens et autochtones. Ces décisions ont également établi certaines attentes afin de rendre ces contenus accessibles et visibles aux auditoires et de permettre aux utilisateurs de les trouver plus facilement.

Conclusion

Alors que nous poursuivons notre travail et publions d’autres décisions, je vous encourage à rester mobilisés et à communiquer avec nous si vous avez des questions. Le personnel du CRTC, dont certains membres sont ici aujourd’hui, se fera un plaisir de discuter de vos questions et préoccupations.

Nous sommes tous ensemble dans cette aventure. Et ensemble, nous pouvons nous assurer que la programmation, la musique et les talents canadiens, tant sur nos ondes que sur nos écrans, sont produits, écoutés, regardés et appréciés pendant des générations. 

Merci.

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2026-06-08