L’honorable Tim Hodgson « Le retour en force du Canada dans l’énergie : un levier pour la sécurité énergétique mondiale » Ouverture de la Maison du Canada CERAWeek 2026 Houston, Texas
Discours
Le 23 mars 2026
Le discours prononcé fait foi.
Bonjour tout le monde. Bienvenue à la Maison du Canada! Welcome to Canada House!
C’est un honneur d’être ici à Houston pour représenter le Canada à l’occasion de la conférence CERAWeek, l’une des plus importantes conférences sur l’énergie au monde.
L’énergie a toujours été au cœur du rôle que joue le Canada sur l’échiquier mondial.
En effet, au tout début de notre histoire, le premier puits de pétrole commercial de l’Amérique du Nord se trouvait à Oil Springs, en Ontario. Ce puits a donné lieu à un boom pétrolier qui, à bien des égards, a contribué au développement du continent des deux côtés de la frontière canado-américaine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pétrole et le gaz de Turner Valley, en Alberta, ont permis de ravitailler les navires et les avions alliés, permettant à l’effort de guerre de traverser l’Atlantique.
Aujourd’hui, le Canada se lève encore une fois pour écrire un nouveau chapitre de notre histoire énergétique commune aux côtés des États-Unis – un chapitre dans lequel nous redoublons d’efforts pour respecter notre engagement à titre de superpuissance de l’énergie propre et conventionnelle, au profit de notre pays et de tous nos alliés.
Permettez-moi de m’expliquer lorsque j’affirme que nous sommes une superpuissance de l’énergie propre et conventionnelle.
Comme bon nombre d’entre vous le savent, le Canada possède la quatrième réserve prouvée de pétrole en importance au monde, soit 10 % des réserves mondiales. Plus de 97 % de ce volume se trouve dans les sables bitumineux prolifiques de l’Alberta. Le Canada compte également quatre champs pétrolifères importants au large des côtes de Terre-Neuve, et un autre – Bay du Nord – devrait entrer en service d’ici 2031, ajoutant ainsi un milliard de barils supplémentaires de réserves récupérables.
Nous sommes le cinquième producteur de gaz naturel en importance dans le monde, et nous possédons près de 1 368 billions de pieds cubes de réserves de gaz naturel commercialisable, qui pourraient durer 200 ans au rythme de production actuel. Nous travaillons fort, en ce moment même, pour que le monde puisse avoir accès à cette ressource.
Nous sommes également un pays nucléaire de niveau 1, un chef de file du captage, de l’utilisation et du stockage du carbone, et le quatrième producteur d’électricité renouvelable au monde.
C’est pourquoi, en ce qui concerne les discussions sur l’avenir de l’énergie pour l’Amérique du Nord et l’ensemble du monde, permettez-moi d’être très clair : le Canada a l’intention de jouer un rôle constructif en fournissant une énergie abordable, fiable et sûre aux Canadiens, aux Américains et à tous ses alliés.
Nous sommes donc ici aujourd’hui à Houston, avec notre propre pavillon, notre propre voix et notre propre message. Et ce message est simple : le Canada est de retour!
Le Canada aborde sa politique énergétique avec une ambition, un pragmatisme et un sentiment d’urgence renouvelés.
Notre gouvernement, de concert avec ses partenaires provinciaux et territoriaux et les peuples autochtones, fait des investissements historiques dans le renforcement et la modernisation de nos réseaux électriques afin d’électrifier la production conventionnelle, d’alimenter de nouvelles initiatives industrielles et manufacturières, d’exploiter de nouvelles mines et de renforcer notre souveraineté dans l’Arctique – tout cela au service de la sécurité, de l’abordabilité, de la fiabilité et de la prospérité de nos systèmes énergétiques, au profit de nos citoyens et de nos alliés partout dans le monde.
C’est exactement ce que nous avons l’intention de faire en ce qui concerne notre énergie à la fois propre et conventionnelle.
Sur le plan de l’énergie propre, il est indéniable que le Canada est sur une lancée.
Nous deviendrons bientôt le premier pays du G7 à déployer un petit réacteur modulaire. Ce projet combinera la technologie américaine de GE à l’expertise canadienne en matière de sûreté et d’exploitation nucléaires. Il s’agit d’un exemple éloquent de ce que l’innovation et les partenariats entre nos pays peuvent accomplir.
Et sur notre côte atlantique, nous progressons rapidement dans la mise en valeur de l’énergie extracôtière, en ouvrant l’accès à certaines des ressources éoliennes et énergétiques conventionnelles les plus puissantes au monde pour produire de l’énergie propre et catalyser des investissements dans le Canada atlantique et, possiblement, dans le nord-est des États-Unis.
En même temps, nous sommes tout aussi lucides quant à l’importance de l’énergie conventionnelle comme fondement de l’abordabilité, de la fiabilité et de la sécurité énergétiques pour l’Amérique du Nord et l’ensemble du monde. Au cours des deux dernières semaines, dans un contexte où l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, il n’a jamais été aussi manifeste que nos alliés ont besoin de pétrole et de gaz provenant de producteurs fiables comme le Canada.
Nous vous entendons, et nous serons là pour vous.
Le Canada est l’un des producteurs de pétrole et de gaz naturel les plus fiables et les plus responsables au monde, et il le restera pour les décennies à venir – non seulement dans notre propre intérêt économique, mais aussi afin de contribuer à la sécurité énergétique de l’Amérique du Nord, de l’Europe, de l’Asie et d’autres régions du monde.
C’est d’ailleurs pour faire notre part à titre de producteur digne de confiance que notre nouveau gouvernement a renvoyé la phase 2 de LNG Canada et Ksi Lisims LNG à notre Bureau des grands projets. Ces projets, de concert avec la phase 1 de LNG Canada, qui est maintenant en exploitation, ainsi qu’avec Cedar LNG et Woodfibre LNG, dont la construction est avancée, fourniront à nos alliés internationaux un approvisionnement fiable en gaz dans un monde de plus en plus instable. Il faut dire que LNG Canada – la seule installation d’exportation de gaz naturel liquéfié sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord – continue d’accroître sa production et vient tout juste d’atteindre 50 cargaisons. Au total, nous nous attendons à ce que l’offre canadienne de gaz naturel liquéfié atteigne près de 50 millions de tonnes par année d’ici la fin de la décennie, soutenant ainsi nos alliés du monde entier, plus particulièrement en Asie.
Nous appuyons également l’optimisation de l’oléoduc TMX, qui permettra à celui-ci d’atteindre une capacité de production de 1 190 000 barils par jour d’ici 2030, fournissant ainsi plus de pétrole brut canadien à nos alliés partout dans le monde.
Et nous sommes déterminés à aller plus loin.
C’est pourquoi nous avons signé un protocole d’entente avec l’Alberta pour renforcer notre coopération en matière d’infrastructure énergétique et de mise en valeur des ressources. En effet, le Canada et l’Alberta conviennent que nous devons débloquer et accroître la production et le transport des ressources naturelles dans l’Ouest canadien afin d’acheminer notre énergie et nos ressources naturelles à nos alliés, en collaboration avec les peuples autochtones et l’industrie.
D’ailleurs, j’arrive tout juste du pavillon de l’Alberta, et je dois dire que je suis vraiment fier de constater toute la force de la représentation canadienne à Houston cette année, non seulement pour ce qui est de l’Alberta, mais aussi de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador. Aux entreprises et investisseurs américains et internationaux présents dans la salle, je vous invite à en apprendre davantage sur ce que les quatre provinces ont à offrir, car – entre l’énergie conventionnelle, l’énergie nucléaire, les minéraux critiques et les énergies terrestres et extracôtières renouvelables – les possibilités sont énormes.
Le Canada n’est pas seulement de retour – il est ouvert aux affaires. Dans un monde qui semble de plus en plus dangereux et divisé, le Canada continuera de chercher à établir des relations commerciales mutuellement avantageuses dans le cadre de sa stratégie de renforcement de la sécurité énergétique et économique. Au cours des huit derniers mois seulement, le Canada a signé 20 accords de commerce et de sécurité sur quatre continents.
Le premier ministre Carney s’est fixé l’objectif ambitieux de catalyser 500 milliards de dollars d’investissements privés au Canada, et nous avons déjà connu des réussites au cours de la dernière année. En fait, compte tenu des possibilités qu’offre le Canada en matière d’affectation stratégique des capitaux – surtout dans les secteurs de l’énergie et des ressources naturelles, les investissements étrangers au Canada ont atteint leur plus haut niveau depuis des décennies.
Il ne s’agit pas de faire moins d’échanges avec nos amis américains, mais plutôt d’en faire plus avec tous nos alliés.
J’aimerais prendre un moment pour m’adresser directement aux Américains dans la salle. Vous savez sans aucun doute que non seulement le Canada et les États-Unis sont profondément intégrés en matière d’énergie, mais aussi que ce partenariat a été excellent pour nos deux pays.
Depuis des décennies, le libre-échange entre nos deux pays – du Pacte de l’automobile dans les années 1960 à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) aujourd’hui – nous a rendus plus forts, plus sûrs et plus prospères. Il a donné lieu à un mode de vie nord-américain qui fait l’envie du monde entier.
En ce qui concerne le pétrole, le gaz, l’uranium, les minéraux critiques et de nombreuses autres chaînes d’approvisionnement, vous n’avez pas de partenaire plus fiable et plus stable que le Canada côté énergie et ressources naturelles.
Et à nos amis et alliés de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique du Sud et d’ailleurs qui sont dans le public, je dirai la même chose : pour un partenaire fiable et stable qui dispose d’une abondance de ressources naturelles et énergétiques, et dont les gouvernements national et infranationaux veulent que leurs ressources soient exportées à leurs alliés, le Canada a ce qu’il vous faut.
Si certains pays considèrent l’énergie comme une force coercitive, le Canada la considère comme une force unificatrice.
C’est dans cet esprit que le Canada participe à la CERAWeek cette année. C’est le message que porte la Maison du Canada. Et c’est l’avenir énergétique que nous sommes prêts à bâtir.
Je vous souhaite à tous une conférence très enrichissante et fructueuse.
Merci beaucoup. Thank you very much.